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Autriche 2025, Salzbourg et la région du Salzkammergut, 9 – 14 mai 2025

Quelques jours à visiter cette ville nous laissent des souvenirs comme si nous y étions une semaine. La vieille ville est de dimension idéale pour l’arpenter à pied, nous trouvons des places de concert pour le jour même, il fait beau, nous profitons au maximum, partant le matin de notre camping pour n’y retourner que pour dormir.

Première soirée, premier pas en ville juste entre la maison de résidence de Mozart et celle de Christian Doppler, le ton est donné. La cathédrale baroque du 17ième siècle est très impressionnante; son dôme est si haut que nous peinons à pencher la tête assez en arrière pour en voir le plafond. Nous pouvons y apprécier un concert d’orgue, la cathédrale en comporte six plus un petit transportable.

La luminosité et la perspective très marquée des peintures sont une découverte pour nous. Dans les salles de résidence du palais, nous apprécions les sols en marbre, ou le magnifique parquet.

Rappelons juste que les archêvèques avaient le pouvoir séculier et religieux, et tenaient à le montrer en exhibant leur richesse. Bien que ni spécialiste de l’histoire de l’empire austro-hongrois, ni de musique classique, nous aimons nous plonger dans la spécificité des lieux que nous visitons.

Château Mirabell

Ainsi, nous écoutons un concert de musique de chambre de Mozart dans la salle du palais Mirabell où Mozart a joué, un concert donné par un duo de jeunes pianiste et violoniste, et finalement nous aurons la grande chance qu’un choeur de près de 100 choristes accompagné d’un grand orchestre soit de passage à la cathédrale pour y jouer le requiem de Mozart. La sonorité est tout-à-fait particulière.

Plus terre-à-terre, nous identifions la bonne adresse pour les tourtes et les « boules de Mozart », (Fürst), et une vraie brasserie (Sternbrau), jardin en cour intérieur, salle pleine de charme pour le soir, saucisse de veau maison et choucroute au cumin à se relever la nuit. Les vins autrichiens ont été laissés bien au sud, ici la bière est reine comme le montre notre recherche infructueuse d’un bar à vins en sortant du concert (vu qu’ici nous ne sommes pas intéressés par les vins italiens des pizzérias! ). Toutefois, en avance, nous fêtons l’anniversaire de Pierre-Olivier dans un établissement au choix de vins tellement étendu que les cépages autrichiens y sont représentés (das Magasin).

La visite de la forteresse dominant la ville nous plonge dans le Moyen-Age. Les salles des appartements sont peintes, les plafonds sont bleus pour représenter le ciel mais aussi parce que cette couleur était la plus coûteuse, à nouveau la richesse devait être très visible, éblouissant les invités. Une poutre porteuse, horizontale au milieu du plafond a 16 mètres de long, construite en imbriquant plusieurs poutres entre elles, taillées en escaliers de façon très spécifique.

Après un après-midi et deux jours intenses à arpenter et visiter quartier de la cathédrale, forteresse, maison de naissance de Mozart , nous sortons de la ville pour monter en téléphérique sur la montagne Untersberg, à 1700m.

Sommet le plus haut des environs, la vue y est plendide sur la plaine de la Salzbach et Salzbourg, les Alpes au sud, et quelques autres sommets plus proches. La base de cette montagne abrite un lac souterrain collectant les eaux de ruissellement, fournissant les 80% des besoins en eaux de Salzbourg. Il fait frais, quelques restes de neige, un pic nic et hop, sitôt descendus, nous voilà en route pour la résidence Hellbrun et ses jardins aux jeux d’eau (toujours en bus pour nous faciliter la vie).

Hellbrun comporte des bassins et fontaines datant de plus de 400 ans pleins de surprises. Des jets d’eau sortent de la gueule et des bois de cerfs à votre passage, les invités attablés à la grande table en pierre au jardin se voyaient arrosés en fin de soirée (arrosée aussi) par un jet d’eau sortant de leur tabouret, et il n’était pas de bon ton de se lever! Le tabouret de l’archévêque, lui, est entouré par les jets mais ne le mouillait pas…..

Nous sommes en plein dans l’époque du maniérisme: le but était de surprendre ses invités, de les étonner, sur une base de décors intégrant la mythologie grecque ainsi que la mode italienne d’où venait bon nombre d’artistes et d’architectes. Des petits théâtres mettant en scènes des personnages animés ainsi qu’une grande scène de plusieurs mètres et certainement plus de 100 personnages animés fonctionnent encore, et tous sont des automates hydrauliques.

Un réservoir situé 10 mètres plus haut, des moulins, et toutes sortes de mécanismes sont en arrière-plan et encore aujourd’hui l’énergie hydraulique est la seule utilisée. Le plus surprenant est peut-être la salle où des imitations de chants d’oiseaux sont produites par un mécanisme de moulin à eau, de pistons et de sifflets placés dans des récipients d’eau plus ou moins remplis. Dans cette salle-grotte au décor de forêt, nous entendons les chants mais ne voyons absolument rien du mécanisme.


Des animations nous paraissent complètement kitsches, comme un monstre qui tire la langue, mais l’aspect technique est époustouflant.

Ailleurs un chapeau triangulaire monte et descend, propulsé par le jet d’une fontaine, symbolisant le pouvoir qui monte et retombe inexorablement.

Une salle dans une des grottes du jardin a l’air de tomber en ruines: elle est en parfait état, voulue ainsi pour symboliser que toute chose a une fin.
Nous visitons ces jardins en même temps qu’une classe d’adolescents, les guides se font un plaisir d’actionner plus de fois qu’il n’en faut les différents « jets surprises », visite assez ludique, à faire par temps chaud!

Après ce séjour en ville, nous nous déplaçons au bord du Wolfgangsee, un des nombreux lacs glaciaires de la région de Salzkammergut, littéralement « ensemble de fiefs du sel ». La richesse grâce au sel, similitude avec l’histoire de notre région du Chablais vaudois! Soleil et magnifiques couleurs du lac terminent cette journée relax.

Le lendemain, traversée du lac avec un ferry pour piétons et cyclistes, puis nous visitons St. Wolfgang (on en sort pas dans la région!), mignon mais très touristique, et continuons à pédaler le long du lac, vers l’ouest. Nous avons idée de tenter la montée vers le Schwarzensee, un petit lac situé à quelque 300-400 mètres plus haut. Beaucoup de tours sont proposés, juste que c’est tout-à-fait iconoclaste de ne pas avoir d’assistance électrique. Nous grimpons au Schwarzensee par une magnifique forêt. J’avais crû suivre une boucle vélo, mais c’était un circuit pédestre. C’est beau, raide, caillouteux et nous poussons quelques kilomètres. Mais à l’arrivée, le lac est splendide, entouré de clairières, de petits ruisseaux, relativement peu de monde, un couple de canards comme compagnons de pic-nic.

L’endroit respire la sérénité, moment superbe. Nous descendons par la route vélos et voitures, asphaltée, raide aussi, nettement moins bucolique que notre montée! Retour par le bord du Wolfangsee, malgré le tourisme, toute une roselière est protégée, on ne peut y pénétrer qu’à pied, sur un chemin limité. Une très belle journée, que nous terminons en chargeant Monsieur Vélo et Luciférine de charbon, brochettes, fraises et asperges de la région!

Autriche 2025, les roseaux du lac de Neusiedl, le froid et la pluie, 4 – 9 mai 2025

Rust: une petite bourgade aux belles maisons baroques, tout près de la roselière qui borde le grand lac de steppe de Neusiedl.

Rust

Le paysage est plat, la température descend, le ciel est gris.

Nous trouvons notre cabanon dans les roseaux, que nous rejoignons par un dédalle de passerelles en bois. Les crapauds invisibles se font de plus en plus bruyants. Sur la terrasse, une impression d’être immergés dans la vie de ce marais dominé par un ciel aux tons pastels gris nuancés de turquoise. Un endroit pour  aquarelliste, je sors la nuit pour imaginer les magnifiques levers et couchers de soleil potentiels.

Plus qu’un temps de visite ou de vacances lacustres, ce sera un temps de joyeuses retrouvailles et de discussions avec notre fils, qui était en congrès à Vienne.

A Rust, dégustation de vins (caveau Gabriel); la famille vigneronne  tiend un local de dégustation avec un petit buffet froid, les vins sont servis en 1/16 de litre, très intéressant pour bien découvrir  des cépages en buvant très raisonnablement.

Weingut Gabriel à Rust

Le cabanon triangulaire a une sorte de mezzanine atteignable par une échelle et de nombreuses poutres, du charme et quelques bosses si on mesure plus du mètre-septante.

La minuscule cuisine est complétée par un barbecue sur la terrasse, et la douche est dans un autre tout petit cabanon. Les ventilateurs, les moustiquaires, tout est pensé pour le chaud, mais malheureusement pour nous, nous apprécions le petit chauffage disponible. Nous tentons une balade le long de la roselière, jusqu’à Mörbisch aux infrastructures touristiques trop présentes mais absolument fermées, ambiance de station désertée.

Jours de pause,  froid méditatif, ciel qui aurait pu avoir de merveilleuses nuances par une autre météo, le thermomètre a passé de 29 degrés à 7, les crapauds se taisent, les oiseaux sont discrets, peu de cigognes nous survolent et seules les oies et leurs oisons restent au bord de la route, en se chauffant sur le goudron.

Après cette pause dans ce cocon de roseaux, nous partons avec notre hanneton autour du lac, le paysage est vraiment plat, le lac brun, car riche en sédiments, le ciel gris, seules les vignes colorent ce tableau très pâle.

Une incursion en Hongrie nous dépayse immédiatement à Sopron, ville très ancienne où nous trouvons grâce à une habitante le bistrot comme on les aime: tout simple, avec des clients locaux.

Sopron

Puis nous faisons route vers l’ouest pour traverser la Styrie. Des montagnes et des cols, quelques stations de moyenne altitude à l’entre-saison et un temps froid et humide. Le projet de vélo le long de la Mur, affluent de la Drave, est abandonné pour cause de pluie et nous continuons par les routes de montagnes jusqu’à Bad Ischl et la confiserie Zauner où Sisi aurait eu l’habitude de se rendre.

En tout cas, cet établissement familial datant de 190 ans vaut le déplacement pour son choix, sa présentation, l’ambiance « bonbonnière ». Kaiser par ci, Sisi par là, les références impériales sont nombreuses, quelques bâtiments splendides.

De plus, un parking est aménagé pour les camping cars à l’entrée de la ville; sous le charme de la bourgade et ayant conduit notre quota, nous y faisons étape et apprécions cet imprévu.

Autriche 2025, remise en selle, 23 avril – 3 mai, 2025

Après un hiver aux belles randonnées à peaux de phoque pour l’un, à soigner sa rouille et ses bobos pour l’autre, et surtout à profiter du soleil pour les deux, nous nous réjouissons de bouger à nouveau.
Tout d’abord un petit séjour dans l’Ain, dans les marais de la Dombes avec nos petits-enfants. Camping car et tente pour 3 jours, petit séjour tranquille? Et bien pas vraiment, un sacré défi, réussi en s’étant bien amusé et en ramenant tout le monde et le matériel en bonne forme après avoir eu la pluie et le froid pendant plus de 24 heures, suivi heureusement du soleil pour la visite du « Parc des Oiseaux ».


Puis le départ par un temps pluvieux pour l’Autriche, par Münich vu que le tunnel du Saint Bernard est fermé suite à une avalanche. Ravis de retrouver notre Hanneton, mais pas la circulation si dense qu’à Saint Gall nous nous dirigeons vers Wittenberg où une ferme accueille les camping cars. Endroit insolite, doux mélange de chantiers sentant les projets, ambiance très relax peu accordée ni à l’architecture traditionnelle de la ferme ni à l’aspect résidentiel des villas proches. Nous sommes accueillis en toute simplicité: mettez-vous où vous voulez et les douches, la machine à laver et la crousille sont dans ce container; en sus un message lancé comme une évidence: « si vous vous mettez dans la prairie, je vous sortirai demain » . Alors il pleut, il fait froid et nous sommes précisément dans la prairie pour éviter de gêner la sortie de deux autres véhicules. Après quelques manoeuvres, la situation finale est notre Hanneton bloqué par une cale s’étant enfoncée dans la prairie et coincée dans le logement devant une roue, donc en position tout-à-fait verticale et des plaques de désensablement inutiles dans ce terrain déjà bien creusé. Notre hanneton est fixé dans la pente. Nous dormons sur nos deux oreilles après avoir eu le propriétaire au téléphone pour confirmer que nous acceptions son offre. Le lendemain, à peine les deux yeux ouverts, hop voilà notre hanneton remis sur le chemin en quelques secondes, remorqué par le pick-up du propriétaire. Notre homme s’est montré d’une efficacité et d’un dynamisme génial, et en plus n’a rien voulu en remerciements, ni vin, ni chocolat. Sortir les camping cars avant de partir semble une routine absolument rôdée.

Le lendemain, route vers Salzbourg, circulation dense, bouchons, autoroute fermée pour cause d’accident, et nous arrivons finalement vendredi après-midi à Dellach im Drautal, en Carinthie au bord de la Drave. Du vert, des forêts, un parcours encaissé entre les montagnes et la neige pas loin, tel est notre traversée nord-sud de l’Autriche en quelques mots.
Pourquoi cette vallée de la Drave?
Pour nous remettre au vélo de façon douce et facile, en découvrant une région qui nous est totalement inconnue et rejoindre notre fils qui se trouve à Vienne pour quelques jours. De plus, c’est l’extrême sud de l’Autriche, on peut rêver soleil, chaleur,…

Samedi 26 avril, il est temps de se ravitailler puis départ à vélo remontant le cours de la Drave jusqu’à Lienz, jolie petite bourgade, avec un rayon de soleil pour déguster notre première tranche de tourte.

La piste cyclable est plate, démarre en campagne pour continuer en forêt, parfois très près du cours d’eau, une jolie mise en jambes de 35 km. Des pentes verdoyantes, ponctuées de leurs hameaux et chapelles perchées sur leur promentoire nous dominent à droite et à gauche, laissant entrevoir des sommets alpins enneigés au second plan. Retour en train, la gare est à deux pas de notre camping.
Le dimanche, nous partons en aval, toujours le long de la piste cyclable longeant la Drave, à nouveau avec un pic nic absolument minimaliste, arrivant donc à Spital prêt à réitérer la dégustation d’une tranche de tourte. Le choix est incroyable, et voyager c’est découvrir les spécialités, cela vaut donc la peine de limiter les victuailles dans les sacoches! La première partie de ces 50 kilomètres est en forêt, le long de l’eau, puis nous avons traversé de jolis villages, les vergers ont remplacé les pâturages. Sur les rares tronçons de petite route, les quelques voitures croisées prêtent une grande attention à nous laisser bien de la place. Les pommiers sont en pleine floraison, les jardins souvent très colorés et soignés, le gazon est coupé.

Encore une gâteau …

Le palais Renaissance et la ville de Spital ne nous ont pas emballés, mais qu’importe, le parcours était beau, le soleil est venu et à nouveau, il a été très simple de rentrer en train, bien que nous n’ayons pas pu charger sur nos téléphones nos cartes de séjour comme prévu. Amabilité, transport compris dans la taxe de séjour, train avec place pour les vélos, une offre touristique bien ficelée! Ceci nous décide à rester dans ce camping, où nous sommes quasi seuls.
Le lundi, nous prenons le train pour nous rendre toujours plus en aval, donc à l’est. Longue journée de vélo et de train, nous rentrons avec notre omnibus alors que nous sommes à plus de 140 km de notre camping. Nous sommes collants, fatigués mais le restaurant du village recommandé est enfin ouvert. Alors, oui les portions sont généreuses, le vin rouge, du cépage Zweigelt est bon et la météo a été excellente.

Comme le plafond nuageux est définitivement dissipé, nous partons en train vers les sources de la Drave, en Italie à San Candido pour redescendre à Lienz à vélo, après s’être baladé dans cette petite station cossue et avoir admiré les contreforts des Dolomites en arrière plan.

Quelques touristes, quelques cyclistes mais un parc de vélos à louer donnant à penser qu’en haute saison, la circulation cycliste n’a rien à envier aux autoroutes! Payage de montagne, l’architecture est toutefois dépaysante, du bois mais aussi des maisons peintes, toujours des chapelles, une religion catholique très présente. Des scieries jalonnent le parcours, ce que nous avions déjà observé plus en aval, ainsi que des installations hydrauliques. Mais de merveilleux tronçons sont sauvages, nous roulons juste au-dessus de la rivière, traversant de nombreux petits couloirs d’éboulement ou d’avalanches. Du vent de face, descente en pente douce et quelques petites montées, nous aurons quand même bien pédalé pour perdre 600 mètres d’altitude.

Mercredi, journée touristique, balade vers le Weissensee, un petit lac à 1000m d’altitude. Paysage de carte postale, pensions familales, fermes, de nombreux pontons facilitant la baignade; nous sommes seuls, l’ambiance est à la préparation de la saison. L’endroit est bucolique, mais toujours très organisé, soigné (prix européen tourisme et environnement). De retour à basse altitude, nous longeons le Millstätiger See, à l’infrastructure touristique trop présente à notre goût sur sa rive nord pour nous installer au bord du Faaker See. Les petits lacs sont très nombreux, ces trois auront été notre sélection. C’est le lac le plus chaud du pays, à nouveau des roseaux comme sur les rives de la Drave, des oiseaux, une campagne verdoyante mais en partie urbanisée. Il fait plus de 25 degrés, je vais me tremper au lac en fin d’après-midi. Le passage entre la pluie-neige et l’été aura été rapide.


Jeudi nous reprenons Luciférine et Monsieur Vélo, qui roulent à merveille et recoivent même des compliments en route: « Oh, schön, nicht elektrisch » pour un splendide dernier tronçon le long de la Drave, de Spital à Villach. Hormis au départ, le tracé suit l’eau au plus près, est jalonné de quelques bancs et tables de pic-nic romantiques.

Etape parfaitement plate, pas longue et pourtant une nouvelle dégustation de tranche de tourte s’impose comme récompense à Villach dans une ambiance estivale… « on dirait le sud ». Les cavaliers veillissent décidemment plus vite que nos montures d’acier, mais qu’importe, nous nous sommes remis en selle, avec plaisir cette semaine.
Vendredi, départ par les petites routes d’abord dans la région Schilcher, puis vers la Styrie du sud-est appelée Toscane styrienne.

Arrêt dans le Schilcher dans un « Buschenschank » pour midi: ferme comportant aussi la production vinicole servant leurs produits. Jardin, accueil, têtes marbrées maison, huile de graines de courge, une spécialité, tout est charmant, le vin moins convaincant! Puis nous longeons la frontière slovène et parcourons la route sud des vins de la Styrie. Point de vue, collines couvertes de vignobles, domaines cossus, haies ou petites forêts, petit parcours charmant perdu au milieu de l’immense campagne agricole. A Ehrenhausen et le soir, nous aurons l’occasion de déguster d’autres excellents cépages comme les Pinot (Burgunder) gris et blanc, Merlot, et Blaufränkisch.

Danemark, le vent de la Baltique, 29 août -10 septembre 2022

De retour à Hirtshals, départ pour Skagen, la rencontre des deux mers. Comme d’autres, je ne résiste pas à continuer à marcher, même dans l’eau sur la bande de sable séparant la mer du Nord et la Baltique.  Les vagues s’entrechoquent mais l’océan est peu formé. Beaucoup de monde, et subitement devant nous sur le sable, il est là, solitaire, tranquille ; impossible de respecter la distance de sécurité de 50 mètres recommandée pour ne pas le déranger, le cordon de plage est bien trop étroit.  

Une autre rencontre imprévue …

Skagen, fresques sociales au musée

August Hagborg, 1879
P.S. Krøyer pêche infructueuse
P.S. Krøyer

Au bord de la Baltique, à peine plus au sud, escale dans les dunes, à Kanalvejen

Ålbaek, fish & ships au port

Près d’Ebeltoft (Blushoj), nous nous installons dans un camping en terrasses où nous contemplons le phare et les voiliers, depuis notre place. Notre voisin est un habitué, très sympathique, qui alerte Pierre-Olivier le matin suivant, je me sors des plumes au plus vite :  les marsouins nagent au large. L’endroit est superbe, mais la plage a des algues et des cailloux.

Qu’importe, nous partons visiter Ebeltoft à vélo, il fait grisouille, alors hop pour le musée du verre soufflé. La démonstration par une souffleuse est intéressante, polissage, technique pour obtenir un verre à bulles, bien des étapes en plus du travail du souffleur de verres de nos laboratoires, coincé dans son minuscule atelier ….Le reste du musée ….c’est-à-dire presque rien! Juste de quoi se demander pourquoi du bel art moderne n’est jamais présenté, remplacé par des complications intellectuelles perdant le visiteur.

La ville est mignonne, rues pavées, maisons à colombages colorées, petites cours, boutiques d’artistes, terrasses.

Mairie de 1789, encore en fonction

Une autre ballade pour aller à une belle plage, de cailloux aussi mais presque sans algues, l’eau est encore agréable. En chemin nous ramassons quelques mirabelles plutôt que de leur rouler dessus.

L’ambiance du camping est particulièrement chaleureuse, le soir subitement le « da, da » retentit, un voisin a ses jumelles, et finalement toute une équipe contemple les marsouins depuis chez nous ; évidemment c’est le soir de grillade (première viande depuis le départ !) et nous nous mettons à table là au milieu.

En route pour Faaborg, départ du ferry pour l’île d’Aero, encore des rues pittoresques, des maisons de commerçants témoignant de la navigation marchande du 19ème siècle. Une artiste céramiste a mis une table de plus devant son échoppe, pour y vendre à vraiment petits prix les jouets de ses petits-enfants, ayant passé à une autre étape.  Le seconde-main est vraiment présent partout. Terrasses sympathiques, il fait beau, un glacier attirant bien du monde, enseigne alléchante, nous tentons pour la seconde fois la spécialité des glaces danoises, soft-ice recouvertes de paillettes…Énormes, avec une base de crème glacée au goût peu défini, elles ont beaucoup de succès mais après l’essai en taille moyenne ou enfant, on ne nous y reprendra plus malgré notre gourmandise reconnue!

Ile d’Aero, 30 – 40 km de long : une oasis encore plus calme que le reste du pays. Championne du développement durable (prix européen de l’île responsable 2021), panneaux solaires thermiques pour le chauffage, bus gratuit, encore plus de vente d’objets en self-service par des particuliers avec une petite tirelire : habits, bibelots, pommes, miel, confitures, (et bocaux vides ramenés) sont présentés sur des étagères  devant les portes d’entrée. Parfois, une corbeille de pommes gratuites ! mais la saison touche à sa fin, nombreuses au sol mais pas toujours bonnes.

Ah, le vélo, sa lenteur, porte ouverte sur les découvertes spontanées

Aeroskoping: le plus charmant des  ports, la quintessence en terme de maisons à colombages colorées biscornues, roses trémières devant les portes, bougies et objets décoratifs sur les rebords de fenêtres. Un glacier proposant des glaces aux fruits artisanales, riches en fruits, absolument exceptionnelles, l’antidote aux glaces danoises courantes.

Une soirée en haut de falaises de roche tendre, riche en fossiles, endroit idyllique …sauf les nuages de poussière à chaque passage du paysan qui sème.

Le lendemain, samedi, grande résolution de tour à vélo mais une panne de gaz nous occupe. Sans solution le week-end, nous visitons Marstal, un des autres petits ports de l’île, plongeon dans l’histoire de la marine marchande à voiles. Petit paradis hors taxe, les grands voiliers amenant céréales de Russie, charbon d’Angleterre, poissons de Bergen, bois de Finlande et de Suède y faisaient escale. Port d’attache d’un peintre de navires et de paysages du Groenland (Jens Erik Carl Rasmussen) et d’un auteur (Carsten Jensen) relatant cette époque (Nous, les noyés) et la vie du peintre, (le dernier voyage), deux livres que je glisse dans ma « to-read list ». Incroyablement riche mais de présentation désuète, le musée bat le record du nombre d’illustrations et d’objets par mètre cube, avec l’odeur de vieux en prime, ce qui participe à nous plonger dans ce siècle maritime aventureux. 

Cabanes de plage

Dimanche soir

Le magicien d’Alice, version brune, bien dodu dans une prairie ne nous porte pas chance. Le moteur qui remonte notre marchepied fonctionne (ouf, nous pouvons rouler) mais fait un bruit horrible de vieille ferraille pendant un bon moment, à chaque utilisation avant de se taire (Re-Ouf!). Nous utilisons ce marchepied car notre hanneton est haut, vu que sa garde au sol a été surélevée pour lui permettre d’utiliser de mauvaises routes ou chemins. Premier réel incident, je regarde le compteur : 99’999 km ! (Pas triché,  ….promis). Nous n’avions pas de champagne à bord pour fêter les 100’000 km sans pannes ! 

Lundi 5 septembre

Retour à notre petit problème de gaz (bonbonne de réserve suisse sensée être pleine s’avérant vide) et à notre intention de tour à vélo. Le gaz c’est le casse-tête pour qui aime varier ses destinations démontrant la non-harmonisation européenne où elle serait juste pratique et ne porterait pas atteinte à la spécificité culturelle !  Problème résolu grâce à l’extrême gentillesse de la famille gérant le camping de Soby. Nous ne pouvons toutefois pas échapper au fait de revenir avec une bonbonne danoise, enrichissant notre collection. Après s’être renseigné sur la possibilité de remplir une de nos bonbonnes, avoir cherché sans succès sur internet une bonbonne d’occasion, ils nous fournissent une bonbonne danoise à conditions spéciales. Devant tant de dévouement, nous leur demandons une place dans leur camping, mais l’ordinateur est lent ce jour, le camping minuscule bien plein, alors la propriétaire me suggère d’aller me mettre sur la plage et de revenir pour tout besoin telle que la lessive ! (Sans nous acquitter d’un emplacement). Cela va avec le verger de pommiers juste à côté…

Nous pouvons finalement pédaler, contre le vent sur plus de 30 km pour constater que le lundi est jour de fermeture du glacier testé le premier jour. Drame, c’était l’objectif.

Mardi, en retournant au port d’Aeroskoping pour prendre le ferry, RE-drame : le glacier a deux jours de fermeture hebdomadaire…Lundi et mardi.

Svendborg, petite balade admirative sur le quai des voiliers en bois.

Fort de Langeland : une ancienne base de l’armée danoise, donc de l’OTAN, convertie en musée dédié à la guerre froide. Les efforts militaires déployés pendant cette période, l’importante perception du risque, le recrutement important de jeunes Danois dans des unités sur terre, sur eau, de protection aérienne et impliqués à l’étranger mais également le scepticisme de certains militants pacifistes y sont abordés. Malheureusement, nous souffrons du peu de traductions en anglais ou allemand. La guerre froide et les risques de guerre présentés comme une page tournée laissent songeurs…

La météo maussade nous pousse vers le sud, et nous nous retrouvons du coup plus vite que prévu en Allemagne. Aie, plus de « Roggeri » (fumoir de poissons) ouvert, les petits achats de maquereaux fumés n’ont pas été possibles. Cette côte du Danemark ne peut laisser personne insensible au charme de ses petits ports. Par contre, les champs à l’intérieur des terres sont un peu monotones à notre goût et nous n’avons pas vu de belles plages de sable comme au bord de la mer du nord. Nous ne sommes toutefois pas allés aux destinations réputées pour la baignade, nous sommes en septembre et depuis notre retour de Bergen, la météo a tourné en lumières automnales.

Nous gardions un excellent souvenir des plages de la Baltique allemande longées lors de notre voyage à vélo, qui date quelque peu (2010). Mais dans cette baie de Neustadt en Holstein, les campings sont denses, la côte construite, nous trouvons une ferme accueillant les nomades de notre style ; la pluie nous fait renoncer à flâner dans les rues de Lübeck. Pendant ce temps, vers Lausanne, l’eau monte dans la cour de notre ancienne maison, chez notre fille et sa famille. Autant rouler pour profiter du soleil quand il sera revenu en Suisse.

Arrêt à Seebourg, puis à Bald Waldsee, patrie des campings cars Hymer, (tout près du lac de Constance). Au moins, nous pouvons savoir quelle pièce est à commander avant de donner notre Hanneton pour réparation du marchepied, ce sera certainement un gain de temps énorme.

Nous nous réjouissons beaucoup de retrouver toute notre famille à Amden où nous avons organisé un week-end de regroupement familial. Amden? Juste logique entre Bretigny, Innsbruck (notre fils est en congrès) et Paris.

Les dunes de la mer du Nord puis un saut à Bergen, 14-29 août 2022

La fête chez nos amis : une belle soirée sans vent, une halle à bateaux transformée en halle de fête, un orchestre , des food trucks, un bon mélange  de générations, des Québecois prêts à venir skier chez nous,  un bar à cocktail et un barman pro, une nouvelle occasion de boire un bon vin blanc allemand.

Le lendemain de la fête, en selle pour le château Renaissance de Glücksburg. A l’époque, mariages plutôt que réseaux sociaux, Christian IX, un de ses propriétaires surnommé le père de l’Europe, a établi de nombreux liens entre familles royales, de la Suède à la Grèce grâce à ses nombreuses filles.

Puis départ pour Flensburg, ville sympathique, ses quais sentent les vacances, j’adore toujours autant les vieux voiliers en bois.

Nous dégottons un mini-bistrot dans une ruelle pour un petit dîner. Quelques tables aguichées sur une mini-terrasse en bois, un ou deux plats proposés, très simples, la fille du patron aide au service, une ado, ce n’est même pas 15h et elle est déjà rentrée de l’école. Un petit coin hors du temps, alternatif et propret sans être bobo-chic. Par contre, durant ce voyage, nous constatons que l’utilisation vaisselle non jetable n’est pas du tout répandue dans les snacks, dommage.

Une nuit bien au calme le long d’un chenal du port et nous partons pour la côte ouest, au sud de Hvide Sande.

Nous campons entre lagune et mer, d’un côté les kite-surfs, de l’autre la dune et la plage s’étirant sas fin le long de cette côte. La piste cyclable EV12 (piste nationale N°1) serpente entre la bruyère, les monticules et les résidences de vacances, en deçà de la dune, bucolique, un peu ensablée parfois. Ce cordon de sable créé par le vent aurait totalement fermé la lagune en un lac si une écluse n’avait pas été aménagée à Hvide Sande. L’atmosphère de ce port développé il n’y a qu’un siècle lors de l’aménagement de l’écluse est particulière, entre port de pêche industrielle et station touristique.  Tout le monde se rend au magasin de poissons, le fumoir est sur place.

Le plaisir de voyager c’est d’essayer de comprendre ce qu’on voit….alors cette structure sur 4 pieux, en partie dans l’eau?

Ce bateau peut soit flotter et être autonome pour se déplacer, soit être stabilisé par les pieux, soit être totalement surélevé, reposant totalement sur ses 4 pieux, posés sur le fonds de la mer. Son équipement de grue sert à la construction des socles, et à la pose des mâts et des pâles d’éoliennes en mer, travaux exigeant grande précision et stabilité. Il est vrai que le paysage en est couvert. Ce sera notre apprentissage du jour avant de pédaler pour rentrer à notre Hanneton, tout en grimpant pour voir la mer de temps à autre.

L’architecture en briques de Ringkobing, les entrées surélevées, une ambiance au passé industriel.

En reprenant la route vers le nord, la flore se modifie, moins de bruyère, moins de vert, des herbes sèches, des falaises de sable nous offrant une place 5 étoiles près du phare de  Bovbjerg à Ferring avec vue sur la mer et coucher de soleil, mais soirée à l’intérieur; il vente, et nous ne sortons de toute façon pas la table sur les emplacements dans la nature.

Nous partons voir le phare et …un panneau propose un parcours vélo panoramique. Adjugé, nous pédalons à l’intérieur des terres, d’églises blanches en collines, les rouleaux de paille attendent dans les champs d’être amenés vers les fermes. Là, le tableau serein et grandiose perd de son charme ; alors que les fermes sont de belles bâtisses en briques, immenses, elles sont affublées de longs hangars à cochons, l’odeur de la mer n’arrive pas en étouffer les émanations.

Nous passons près de plages calmes, ambiance de lac mais d’eau salée, puis à Lemvig, petite station balnéaire. La boucherie y est très alléchante, le porc sous toutes ses formes ! Mais le coup d’oeil jeté dans un hangar ne nous a évidemment pas convaincu.

Il paraît que notre altitude ne dépassera pas 53mètres et pourtant que de minuscules grimpettes, raides, du gravier parfois aussi, nous rentrons bien fatigués (route 409 , 50 km), passant à nouveau vers le phare et les falaises de sable les plus élevées du Danemark. L’érosion œuvre, un bout de la piste cyclable doit être contourné car il n’existe plus, tombé en bas de cette falaise. Des panneaux parlent de naufrages, nous rappelant que l’ambiance chaude et ensoleillée n’est pas la règle, et que l’hiver doit être extrêmement rude. Pour le moment, de bonnes vagues, des pêcheurs à la ligne le soir, notre voisin ramène 4 maquereaux mais aucun baigneur ou presque, donc nous aurons à nouveau pédalé et contemplé la mer sans s’y baigner, alors qu’elle a 20°, une hérésie !

Le lendemain, avant de continuer notre route toujours vers le nord, nous nous baladons dans la dune, le long d’un des tracés balisé « Vélo ». A pied, c’est splendide, les rosiers rugueux ont des fruits mûrs, des « gratte-à-culs » gros comme de petites tomates, les argousiers sont pleins de baies orange. Mais cyclistes, choisissez l’itinéraire en deçà de la lagune et non cette piste entre mer et lagune, car nous malaxons le sable …

Rester car c’est beau, partir, découvrir plus loin, s’arrêter un peu pour flegmer, trouver de l’eau, aller en camping nous offrant quelques services utiles, comme la machine à laver ….notre vie est pleine de questions « existentielles », sans réponse correcte ou fausse  mais juste le risque d’y consacrer trop de temps!

Question courses et gastronomie, nous apprécions les tomates danoises, serres ? actives ou passives ? en tout cas moins de légumes et fruits espagnols que chez nous, moins de fruits et de salades en général et, comme nous voyageons pour apprécier les différences et les spécificités de chaque endroit, nous optons pour la cure de poissons, sans la prétendre « bien sous tout rapport, écologiquement ». Nous nous régalons, et voyons les fumoirs, les structures de tri à l’arrivée des bateaux. Nous mangeons donc du poisson local, la plupart comme le maquereau et le hareng, de source sauvage, le saumon, lui étant de production en aquaculture. Au moins, c’est clairement dit quand nous nous intéressons à la question.

Nos hésitations nous mènent à Norre Vorupor, une station balnéaire aux nombreuses résidences de vacances dispersées dans les dunes, un parking où se regroupent les surfeurs, dormant dans van, bus ou voiture, aie ! Des sanitaires publics entretenus participent clairement à ce regroupement bohème, nous admirons la propreté de l’endroit, l’ordre, l’absence de bruit le soir.  Nous sommes les vieux et les seuls sans surf ! Comme bien d’autres, nous allons admirer le coucher du soleil après notre souper, classique mais splendide, rigolote cette immersion dans une zone touristique tellement différente de ce que nous connaissons au sud. Beaucoup de glaces, dégustées en bon pull, des snacks, d’anciens bateaux de pêche rénovés grâce à un projet européen, un grand choix de poissons présentés frais encore dans les caisses remplies de glace ou déjà fumés, le fumoir jouxtant à nouveau le magasin.

Le lendemain, de fortes averses nous font apprécier notre Hanneton comme un palace, puis de magnifiques éclaircies même en ce jour le plus maussade depuis notre départ.

A la plage surnommée « cold Hawai », à Klitmoller, pas de vagues, mais du bon vent. Nous admirons le ballet des véliplanchistes dont les planches ont des dérives à foil et de surfeurs tenant une petite voile sans mât ni câbles, composée de 2 parties, leur donnant des allures de papillons volant sur l’eau. Leur position sur leur petit surf est celle d’un snowboardeur, les pieds ne changeant pas de côté suivant l’amure.

aBeau ballet mais nous décidons de changer de décor, cap sur l’île de Fur dans la lagune de Limfjorden.

Camping en terrasses avec vue, il se dégage de cette île un calme des plus sereins,…un peu farceur, son tour à vélo s’avère peu plat et passablement ensablé! Les plages de galets sont jonchées de coquillages, de coques de couteaux (coquillages allongés) et même de coques d’huîtres. Ce serait un des derniers endroits d’huîtres sauvages. Je vais me baigner le soir, le sable est argileux, nager rend l’eau opaque. Cette île a une géologie particulière, couches de sédiments et de diatomées bien visibles, son argile avait été exploité.

Nous nous rapprochons du week end et d’Hirtshals, et après quelques contacts, nous décidons d’aller passer le week end chez notre fils Joseph, à Bergen. Auparavant, nous marchons dans les dunes autour du phare de Rudbjerg Knude. L’érosion de la côte est impressionnante, il reste le cimetière, l’église a dû être détruite car elle était en mauvaise posture. Un touriste allemand me parle de maisons où il a passé ses vacances dans sa jeunesse qui sont à la mer, de splendides résidences à baie vitrée sont très près de la falaise de sable. Beaucoup de monde se promène dans cette dune, toboggan de sable fin marrant, présenté comme une curiosité naturelle. La luminosité du sable extrêmement fin, la météo splendide masque le côté dramatique de l’endroit et de cette érosion ; le réchauffement climatique augmente les tempêtes….Le phare est une telle attraction touristique, qu’il a été « sauvé » en étant déplacé de 80 mètres en 2019 malgré son poids de 700 tonnes, pour éviter qu’il ne s’effondre. Plus assez visible, trop entouré des dunes, il n’est plus en fonction.

Pour la nuit, nous sommes restés loin de la falaise …

Nous filons au nord et les plages deviennent de plus en plus idylliques, du joli sable, sans cailloux, eau claire, pas de vagues, un peu d’air rendant les 28 degrés agréables, arrêts baignades, notamment au nord de Lokken, en pensant chaque fois que ce sera le dernier de la saison. Bon, Pierre-Olivier ne demanderait pas mieux, il a la fausse impression que l’eau devient fraîche….20° selon le relevé quotidien publié.

A Hirtshals, port qui n’a pas plus d’âme que lors de nos derniers passages, nous confions notre Hanneton aux bons soins d’un parking d’hôtel rôdé à la démarche et à nous le buffet de poissons du ferry, la nuit à bord.

Le lendemain, vendredi, dîner avec Joseph sur un banc en ville pendant sa pause de midi, lunettes de soleil requises, cela mérite d’être souligné à Bergen ! Excellente soirée chez lui, Il nous héberge, c’est aussi sympathique que petit, la vue est splendide le lendemain matin, encore du soleil.

Samedi, grimpette à Ulriken, quelque 1300 marches d’escaliers, (leur descente l’après-midi demandera plus de patience à mes coéquipiers), quelques nuages, puis à nouveau du soleil avant de repasser une seconde soirée ensemble. Le lendemain dimanche, nous reprenons le ferry en milieu de journée et le laissons préparer sa semaine de travail sur le terrain.

Bergen avec le sommet d’Ulriken à droite, vers l’antenne

Départ pour le Danemark, 3 – 13 août 2022

Un mois au chalet à vivre sur la terrasse en shorts,  une grosse flegme vu la chaleur, quelques baignades à Frience, d’excellentes retrouvailles avec les copines du travail, aussi en vacances définitives, et nous voilà repartis avec notre hanneton et nos vélos pour des excursions à la journée, plus indiquées pour le moment. 

Un arrêt à Scherwiller (Alsace), histoire de dormir après une dégustation de vins bio.

Après une soirée à Göttingen, où nous y prendrions même l’habitude d’y manger au café de l’hôtel de ville, nous arrivons sur la côte ouest allemande de la mer du nord.

Bösum: charmante découverte, vent, soleil, bateaux de pêche, plages et lagunes aménagées, Strandkorb alignées sur le sable, restaurant de poissons, vente directe de maquereaux et harengs fumés, vinaigrés ou aigre-doux, tous les symboles de la mer du nord dans cette petite station touristique groupée autour de son phare rouge et blanc.

6 août:  c’est parti pour une journée vélo, vers le nord le long de l’EV12 (Eurovélo de la mer du nord), balisée à l’intérieur de la digue, mais nous reviendrons par l’extérieur, beaucoup plus intéressant. La digue est recouverte de prairie, peuplée de moutons. A l’extérieur, le terrain est drainé, de petits « murets » de branchages et de paille retiennent les sédiments déposés, des petits canaux et quelques stations de pompage permettent de maintenir ces terres non inondées, ou moins inondées à marée haute. Les moutons,   comme les échassiers et de nombreuses hirondelles, profitent de ce magnifique espace. Même si ce temps sec et la fin de l’été ne sont pas les meilleures conditions pour admirer les fleurs, nous en admirons quand même, toutes adaptées à cet environnement salé. Ambiance contemplative à souhait: une piste cyclable droite et plate, des moutons partout, parfois la mer, parfois que des polders,(ou koog, ou vasières ), une pause dans une Strandkorb  et une lumière qui varie vite, avec beaucoup de soleil, des nuages, quelques gouttes et toujours du vent. Notre but du jour sera l’embouchure de l’Eider, traversée par un tunnel routier, sorte de tuyau de béton hors de l’eau, sur lequel la piste cyclable et piétonne est aménagée. D’un côté du passage, une écluse, que la route traverse également sur un pont levis. Ces écluses le long de la côte sont fermées en tout cas lors de forts vents d’ouest, de tempêtes pour protéger l’intérieur du pays des inondations.

A Husum, nous arrivons le dernier jour de la fête du port, beaucoup de monde, quelques carrousels, « street food », musiques, il fait bon même le soir. Un théâtre de marionnettes extrêmement simple: un conteur, 3 marionnettes sur bâton, un décor et une histoire de pirates a un franc succès auprès des petits mômes; quel plaisir à l’époque des écrans! Quant à nous, soirée de musique celte.

Le lendemain, la presqu’île de Nordstrand à vélo, la piste est à l’extérieur de la digue, nous pédalons parmi des centaines de moutons, « piétinez-bien », vous solidifiez les terres gagnées sur la mer! La digue ne date que de 1980, auparavant les inondations étaient plus fréquentes. Etant en haute saison, contrairement à nos habitudes, et le long d’une côte touristique, j’avais réservé un emplacement dans un camping, ce qui s’est avéré totalement inutile. Nous avons une magnifique place car à l’abri du vent et toute proche de la mer, c’est-à-dire qu’on donne droit sur la digue!

Le parking du quai d’embarquement à Nordstrand sera une place tout aussi calme. Excursion en bateau pour l’île d’Amrum,  et sa plage de 10km de sable blanc. Nous choisissons de marcher dans les dunes, le long des sentiers bien aménagés pour préserver ce biotope si fragile. La bruyère en fleurs, la multitude de mini-collines de sable, la plage blanche tellement large, deux phares et une belle forêt, le coup de foudre pour moi.  Nous finissons par tant marcher (Norddorf -Nebel par les dunes) que je ne me suis pas baignée!  Nous avons trop chaud avec nos souliers de randonneurs! On ne se change pas, souliers, sac à dos, mini-pharmacie, eau, pic-nic,….nous avons tout! La  baignade se mériterait aussi, il faut brasser le sable hyper fin sur des centaines de mètres avant de se mouiller.  A marée basse, en fin de journée, notre reprenons le bateau à regret. Il se faufile et se tortille pour suivre le balisage, touchera une fois le fonds et excellente surprise, nous passons à côté de quatre phoques se prélassant sur un banc de sable.

Hameaux fermiers, une vingtaine d’habitants par îles

Nos tout petits pas de hanneton, nous mènent à Ribe, plus ancienne ville du Danemark. Maisons à colombages colorées,  paraissant très anciennes, d’autres toute blanches qui sont en fait les plus anciennes, épargnées par le grave incendie du 17ième siècle , comme nous l’apprend la visite nocturne à pied guidée par un veilleur de nuit. Petite ville très touristique mais au charme fou, c’était le principal port de commerce danois au Moyen-Age. Nous soupons dans une des plus anciennes auberges, biscornue à souhait.  Un parking est à disposition des camping cars pour 2 nuits tout près du centre, superbe accueil qui favorise la tentation du restaurant!

L’anneau métallique supérieur montre le niveau de la plus grande inondation de la ville (+ 6m en 1634)

Excursion en tracto-bus  à l’île de Mando. L’accès est un chemin en graviers plus ou moins inondé suivant la marée. A posteriori, faisable à vélo et en camping car , moyennant de choisir la bonne tranche horaire relativement à la marée. L’île est si petite qu’un transport collectif est de toute façon judicieux. Nous marchons dans l’eau tiède, vraiment tiède, pas juste pour moi, de la mer du Nord. Un bras de moins d’un mètre de profond nous sépare d’un banc de sable où des formes arrondies vues aux jumelles doivent être des phoques. La marée basse laisse apparaître des milliers de monticules de sable moulés, déjection de vers. Il y a des baigneurs, on se lézarde au soleil, juste un peu d’air, une météo des plus agréables à défaut d’être habituelle, et saine pour la planète.

Le centre des visiteurs de la merdes Wadden, Vadehavs centret, présente le plus grand marais d’Europe, étape lors de leur migration pour 12 millions d’oiseaux, de façon artistique et instructive, en anglais et allemand en plus du danois évidemment. Nous contemplons surtout les photos, vidéos conscients de notre capacité très limitée à retenir des noms d’espèces! N’étant pas à la saison des migrations et n’ayant pas vu les phoques de près, ce qui au moins a l’avantage de ne pas les déranger, nous complétons notre vision réelle du paysage en se détendant devant ces présentations artistiques.

Le thermomètre ayant l’abonnement au 29 degrés, nous partons nous baigner la fin de l’après-midi au sud de l’île de Romo. Après avoir marché un bon moment dans le sable parmi les chars à voiles, nous réalisons que les baigneurs sont encore plus loin, et que leurs véhicules sont parqués sur la plage. Le Hanneton s’offre donc un moment de rêve de retour aux US, à nous le sable. Ainsi nous atteignons finalement l’eau, et elle est tempérée pour ne pas dire tiède. La marche continue, c’est tout aussi plat dans l’eau que sur la plage, mais nous pouvons finalement nager, sans toutefois être parvenus à n’avoir plus pied. Nous quittons cette île très touristique pour dormir dans un camping à la ferme, à recommander aux petits enfants tellement le bac ou plutôt la parcelle de sable est grande et nombreux sont les tracteurs à pédales.

Le prétexte à ce périple au Danemark est une invitation par des amis rencontrés sur le cargo nous menant à Halifax en 2019 à leur fête de mariage. Nous nous installons donc parmi les autres invités venus avec caravane ou camping car sur leur terrain, à Dollerup (Allemagne).

Bergen, retrouvailles

Nous déménagerons le 12 août, cela nous laisse le temps de vite profiter de l’ouverture de la frontière norvégienne pour aller voir notre fils Joseph à Bergen. Départ le 15 juillet pour une halte extrêmement gourmande en Valais, à Bürchen, vive les Smartbox.

L’Allemagne le week end, c’est l’autoroute avec très peu de camions, mais un énorme trafic. Première nuit, au sud de Hambourg, arrêt au Vogelgarten de Walsrode, sorte de zoo d’oiseaux, dans une vaste forêt servant aussi de halte pour les migrateurs. La forêt est grande, nécessitant une promenade de quelques heures pour en profiter alors ce sera pour une autre fois. L’endroit calme est idéal pour une nuit d’étape. Le jour suivant, arrêt à Langballigau, près de Flensburg, la Baltique, les petits pains au poisson, l’ambiance de bord de mer, avant de retrouver nos amis Henning et Bianca qui nous font une visite de leur nouveau chantier: une ancienne ferme et ses annexes en cours de rénovation pour faire un camping à l’américaine (très grandes places avec des coins pour le feu) et des appartements de vacances. Leur camion aménagé, quasi home-made, que nous connaissions depuis notre traversée partagée de l’Atlantique, leur sert de domicile pendant les périodes de chantier.


Nous visualisons bien les futurs appartements de vacances et l’emplacement du camping. L’ambiance est dynamique,  nos amis sont architectes et charpentiers,  la famille au sens large est impliquée, complétée par un compagnon charpentier très engagé, ne se déplaçant de chantier en chantier qu’à pied ou en stop avec son minuscule bagage dont le portable est exclu. Ceci dans le but de compléter sa formation.

Le soleil et une chaleur inhabituelle baignent les bords de la Baltique depuis plusieurs semaines, mais pour notre soirée, il souffle sur la grillade.

Il n’y a pas foule pour embarquer….sur le ferry parti du Danemark. Nous nous réveillons tôt pour admirer Stavanger et la côte…..Surprise, ciel gris,  bruine, brouillard, on reprend la grasse matinée.

Nous retrouvons Joseph près du port et de son université. On transbahute dans sa voiture louée, chaises,  cadeaux de Noël encombrants et autres fins de déménagement,  la répartition des affaires familiales est un cycle perpétuel qui se ralentit ….
Installation à « Middtun motel et camping », à 10-15 km du centre, pratique pour rejoindre Bergen à vélo  après un galop d’essai assez catastrophique pour trouver le meilleur parcours. Nos monstres électriques sont bien confortables pour grimper au-dessus du centre, où habite Joseph. Première soirée, grillade dans son mini jardin à la vue panoramique sur Bergen. Excellente soirée de retrouvailles, encore absolument imprévisible il y a une dizaine de jours. Joseph va bien, après cette période si longue  d’absence de vie sociale et de télé-travail, ce démarrage d’une nouvelle activité professionnelle en étant cloîtré. Drôle de revoir certains de nos meubles, différentes  vaisselles  de nos mamans ou des objets que nous leur avions offerts.  Mélancolie, nostalgie ? Surtout joie de leur voir une nouvelle vie, dans notre famille.


Le lendemain, nous tentons une sortie avec le petit  voilier d’un de ses amis, mais le moteur boude. Souper à nouveau chez lui, dans sa cabane comme disent ses amis, boisée à l’intérieur comme à l’extérieur. Le quartier est chic, avec cette vue incroyable , la belle lumière du soir, mais l’habitation est une ancienne petite maison peu rénovée.

Excursion à Rosendal, en bateau, visite de la roseraie, splendide pendant que Joseph travaille.

Son amie Victoria est arrivée, son bagage resté à Paris. Nos soirées festives, le retour à notre Hanneton prenant quasiment une heure, le jour qui n’en finit pas, l’absence de moments de pluie,   (oui pendant la semaine de déluge en Suisse)…bien des raisons  pour lesquelles j’ai totalement négligé le blog que j’aime écrire.

Vue incroyable depuis le haut du funiculaire, Floyen.

La marche  vers Ulriken est remise à une autre année car les nuages sont bas, le temps un peu incertain. Mais en fin de journée ….baignade devant l’université, en pleine ville, l’eau n’est pas froide (20C) mais Pierre-Olivier a décidé de garder les affaires (!). Souper en terrasse dehors, c’est l’été, enfin presque .

Week end du 24-25 juillet: départ en bateau pour le Sogneford, le plus profond et le plus long des fjords, magnifique.

Arrêt à Aurland, stop incontournable à la boulangerie locale et bio, car nous suivons Joseph dans ses habitudes de terrain. Nous démarrons notre grimpette par une bonne heure de petite route bien au soleil, sous une canicule plutôt méditerranéenne que norvégienne pour continuer par un bon chemin très raide dans une forêt fort variée. Les bouleaux, parmi bien d’autres essences,  et les framboises s’estompent pour laisser l’espace aux saules de Laponie, arbustes très bas vert tendres, myrtilles, mousses et cailloux. Vers 1000m. d’altitude, nous atteignons Joasete, l’alpage où Joseph et toute l’équipe du projet de recherche ont un de leurs endroits d’étude. La vue sur le fjord 1000m. plus bas est magnifique, l’endroit est peu pentu, quelques sommets bien doux nous entourent, ainsi que quelques bons gros moutons. Une grande sérénité, beaucoup d’espace, une palette de verts et de gris, nous sommes conquis. La météo est au beau, un peu orageuse le soir. La cabane servant de logement aux petites équipes de 2-3 chercheurs séjournant sur l’alpage pour des périodes de quelques jours a été mise à disposition par le paysan possédant les moutons et une ferme située dans la montée. Petite cabane où les souvenirs familiaux du paysan ont laissé un grand nombre d’objets insolites,  meublée d’une étagère avec quelque vaisselle, 4 lits n’ayant pas tous la taille adulte, un petit poêle sur lequel Pierre-Olivier prépare notre fondue.  Nous passons une excellente soirée, sans prolongation car les 3h30 de montée directe, le lever matinal pour rejoindre le port, et la chaleur du début de la montée nous font vite bien dormir. Arrivés bien collants, nous avons dû remonter le lit du ruisseau à sec, pour trouver un filet d’eau, sommes-nous au Maroc? Le paysan est en soucis pour ses moutons, ce problème est tout-à-fait nouveau si tôt dans la saison.

Pendant ce temps, notre fille Nathalie et sa famille étrennent leur tente sous des sceaux d’eau en Suisse.
Joseph nous montre le carré de terrain expérimental et son appareillage. Leur terrain est quadrillé en petits emplacements dont les traitements varient. Par exemple, pour simuler le réchauffement climatique, des mottes de sol sont transplantées à une altitude inférieure, dans un autre terrain expérimental situé vers la ferme.  D’autres mottes proviennent, elles, du terrain situé quelque 400m. plus haut. L’effet du bétail est étudié par l’adjonction d’azote simulant le fumier et par coupage de la végétation aux ciseaux simulant l’action de brouter.  Sur chaque emplacement, une chambre le plus hermétique possible est posée les jours de mesure, la concentration en gaz carbonique et en oxygène étant suivie dans le temps par un nombre inimaginable de mesures extrêmement rapprochées permettant de dégager des courbes de simulation. La chambre est obscurcie pour pouvoir différencier l’effet de la photosynthèse de celui de la respiration.  La caractéristique vraiment impressionnante de telles études est le côté bricolage sur le terrain, couplé à une gestion informatique extrêmement complexe d’un nombre  inimaginable de mesures brutes.  C’est en tout cas, cette dualité que je ressens comme scientifique d’une autre génération, dualité qui va comme un gant à des jeunes aimant l’aventure du plein air tout en se formant à une recherche scientifique pointue très professionnelle. Maîtrise de modèles mathématiques, physique, statistiques, programmation, mesures de concentrations de gaz se mêlent et se complètent pour modéliser les échanges de carbone et prédire l’évolution de l’écosystème alpin et de son impact sur le bilan de CO2 dû aux perturbations climatiques actuelles et à venir. Mais le promeneur et  Bob le mouton foulent ces mousses et arbustes en toute rêverie, le paysan , lui, est bien intéressé de l’évolution qu’il devra donner à ses activités.

Retour par la ferme , histoire d’acheter quelques saucisses de chèvre et dîner près de LA boulangerie, avant un  retour en bateau tout aussi ensoleillé.

Moment loufoque: nous prenons un kayak de l’organisation « greenkayak » et pagayons dans Bergen pour collecter les déchets. Collecte très pauvre, pas de photos en route, nous ne nous sentions pas assez experts pour prendre du matériel sensible avec nous! Mais j’adore les manoeuvres et  demi-tour entre les voiliers amarrés du port.

Visite du charmant musée en plein air du vieux Bergen, « Glamle Bergen museum », réunissant d’anciennes maisons déplacées dans ce petit coin de Bergen nord, tout près de l’eau, pour les sauver de la démolition.

Retour à vélo par la Fjell veien (route de la montagne) revenant au centre par les hauteurs  le long d’un itinéraire piéton-cycliste très agréable, surplombant la ville.  Nous avons la chance de visiter le bateau d’un ami de Joseph, réplique d’un ancien voilier,  lieu d’habitation, comme bien d’autres bateaux de la marina.
Après cette bonne semaine, c’est le moment de partir six jours de notre  côté avec notre Hanneton.  Nous traversons quelques hauts plateaux, entre Flåm et Aurland par la route d’été aux points de vue époustouflants, et nous arrêtons à Undredal, le village de production des fromages de chèvres « blancs »,  par opposition à la spécialité norvégienne de fromage de chèvre sucré, brun, au goût de caramel nommée « brunnost » que peu d’étrangers apprécient apparemment.

A Undredal, la terrasse du camping est au bord du fjord, à raz l’eau. Par la route 50, contournant le parc du glacier d’Harvanger par l’est, nous traversons à nouveau un plateau d’altitude, l’occasion d’une magnifique balade vers des cascades, glanant quelques premières baies arctiques et myrtilles, peu de fruits sont déjà mûrs. Le vert des saules de Laponie est très doux, le sol est meuble mais un bon sentier donne envie de partir pour quelques jours. Le temps est beau, parfois nuageux.

A Hausgastol, nous prenons le train pour Finse et continuons à vélo sur le plateau le long de l’ancienne route ayant servi à la construction du train, actuellement la piste cyclable la plus populaire du pays. Névés proches, calotte glaciaire au loin, végétation basse, fraîcheur, nombreux petits lacs d’altitude, toute une ambiance nordique. Une famille repeignant sa maison de vacances nous explique qu’ils pratiquent le ski de fonds surtout et le ski sailing sur les lacs, c’est-à-dire du windsurfing à ski. Nous redescendons à Hausgastol à vélo, la gare nous offre une place calme pour la nuit, l’occasion d’échanger avec quelque autre vacancier norvégien. Le train se réserve si longtemps à l’avance que nous avons eu des billets grâce à une famille norvégienne nous faisant profiter de leurs billets non utilisés, encore un de ces coups  de chance comme seuls les voyages nous en offrent.

Nous rentrons en longeant le fjord d’Harvanger par le nord, nous arrêtant à la chute  Voringfossen avant Eidfjord, à Ulvik à  une splendide terrasse au bord du fjord  bordé par les vergers et à Oystese pour acheter du cidre. Cette côte est riche en vergers de pommiers, mais la saison débute en septembre; par contre nous nous régalons  de cerises (spécialité de Laerdal) et de framboises.

Pour notre dernière soirée norvégienne, nous campons sur l’île de Sotra, à Skogtun, avec une vue incroyable sur les îles, les rochers, les pins. Le ciel est bleu, la lumière étincelante, mais l’impression d’être au sud disparaît dès qu’on sort: il souffle et fait frais, bon pull pour nous, tenue de plage pour les locaux.

Après un dernier déjeuner chez Joseph, rentrés avec Victoria de leur trek autour du glacier d’Harvanger, nous prenons le ferry, 3 jours plus tard, nous mangeons notre traditionnelle fondue de retour. Le Hanneton  se vide, les cartons se remplissent, et moins d’une semaine après notre retour, nous emménageons dans notre nouveau logement.

Moscou, le retour, la flegme vers le soleil

Se familiariser avec Moscou a été un peu plus difficile, les touristes voyageant individuellement doivent être très rares:
  • Trouver un plan papier nous a amenés à visiter le hall de l’hôtel Métropole, magnifique 5*,
  • La persévérance pour trouver l’office de tourisme ouvert nous a conduit vers un petit bureau, une seule personne mais très efficace et aimable,
  • De l’aide spontanée nous a été proposée dans le métro par des passants, et devant notre perpléxité à la lecture des noms de rue principalement en cyrillique
  • Le monde dans les métros, le bruit partout, les routes à 8 pistes en pleine ville, comment peut-on s’y habituer?
La météo, crûe, venteuse et humide durant notre visite guidée à pied a eu l’énorme avantage de diminuer la foule sur la place rouge. Voir le mausolée de Lénine, visiter le Kremlin, par beau temps cette fois, ont naturellement été parmi les temps forts de notre séjour. Nouveauté: les grands jardins ouverts en 2017 sur la colline constitiuée par la démolition de l’un des grands édifices staliniens, un hôtel à plusieurs milliers de chambres.

Hôtel stalinien détruit, remplacé par une colline et des jardins.

Quelques autres vues de Moscou.

Le port, où nous sommes arrivés en bateau.


Les stations de métro sont vraiment intéressantes, « palais pour le peuple », vénérant les différentes activités économiques, ou honorant la pensée soviétique par des fresques, des statues ou d’autres oeuvres d’art de l’époque stalinienne.


Musarder dans le long centre commercial Goum, attenant à la place rouge :

  • Charme de cet immense bâtiment de tout temps destiné au commerce, toits en verres, allées et traverses intérieures, arcades et splendide longue façade en font le charme,
  • A l’origine, chacun pouvait venir y vendre quoi que ce soit, et tous les Moscovites le fréquentaient comme le marché central de nourriture et d’objets. Les prix diminuant à l’étage supérieure.
  • Puis pendant la seconde guerre, il servit de logements aux familles ayant perdu le leur; retrouvant sa vocation commerciale en 1945,
  • Pour notre jeune guide, il est synonyme de queues interminables durant son enfance, une spécialité stalinienne bien présente dans les souvenirs. Dans les années 80s, le manque de nourriture a conduit à l’émission de coupons. Accompagner sa maman leur donnait droit à plus de pain et c’était toujours l’endroit où chacun venait se ravitailler,
  • Maintenant plus de queue du tout, le défilé des enseignes luxueuses alignant les grands noms de la parfumerie, de la couture et de la joaillerie ainsi que l’absence totale d’autres marques incitent chacun à musarder pour contempler les décorations absolument superbes, adaptées à la saison. Courges, bicyclettes de toutes sortes décorées avec des feuilles mortes, bottes de foin, fruits, toute la beauté campagnarde automnale était présente dans ce temple du luxe capitaliste, juste en face du mausolée de Lénine.

Notre objectif en arrivant à Moscou était de trouver des cartons pour nos vélos. N’ayant pas trouvé de billets de train pour rentrer de Moscou, nous avions prévu l’avion. La compagnie Swiss nous avait informés qu’elle en exigeait des cartons mais n’en fournissait pas, nous suggérant de voyager avec! Grâce à la jeune femme très compétente de l’office du tourisme, nous avons eu l’adresse d’un club de cyclistes, situé tout près du centre. Logé dans une cave, avec une porte donnant sur une cour intérieure fermée nous sommes arrivés par chance devant la grille en même temps que le balayeur, qui après s’être éloigné sans nous aider, s’est ravisé, est revenu vers nous pour nous ouvrir et nous montrer la cage d’escaliers, véritable trappe obscure. Un jeune était présent, à qui nous commençons à expliquer d’où nous venons. Le commentaire a été immédiat: « il vous faut des cartons, je vais vous en chercher ». Et voilà, juste la pluie pour le retour à notre hôtel et l’étape « trouver des cartons » était paquetée!

La seconde étape a été un peu plus longue et a nécessité d’envahir le hall de notre petit hôtel: démonter les vélos pour les faire entrer dans les cartons, colmater les espaces avec nos habits de façon à vider certaines sacoches pour diminuer nos bagages de soute. Après plusieurs essais et répétitions pour « emballer mieux », nos cartons étaient pleins, scotchés et nous étions prêts pour nous rendre à l’aéroport avec un taxi XL.

Auparavant nous avons bien profité de nos soirées en allant écouter l’orchestre philarmonique de Carélie et sa pianiste. Concert unique, au Tchaikovski hall pour lequel nous avons trouvé des billets dans l’après-midi même, convaincus par la caissière qu’il n’y avait pas de dress code. Oups…je suis restée assise à l’entracte pour ne pas trop me montrer, la salle était bien élégante par son architecture et son public! Le concert était vraiment exceptionnel, la pianiste Ekaterina Mechetina couverte de fleurs par le public, a multiplié les prolongations. Le programme incluait du Glinka (j’ai adoré), du Rachmaninov et du Tchaikovsky. Pour notre dernière soirée, nous avons été emballés par la troupe de danse folkloriques Djel, ses chorégraphies extrêmement dynamiques des différentes régions de Russie, les costumes colorés de cette troupe de plus de 50 danseurs dont des étoiles aux performances techniques et sportives époustouflantes.

En Russie, aller au spectacle est vraiment à mettre à tout programme de voyage.

Puis ce fut le départ pour l’aéroport où nous avons dû couper tous nos scotchs pour faciliter les quelques secondes d’inspection par le caniche de service et emballer au moyen du plastique fin, disponible au mètre et à prix exagéré, les sacoches et sac restants.

A Cointrin, dans un petit coin tranquille, Pierre-Olivier a remonté les vélos, j’ai remis nos affaires dans les différentes sacoches pour prendre le train pour Lausanne.

Merci à Nathalie d’être venue nous chercher à la gare et à Maxime d’avoir cuit d’excellentes pâtes « maison », la montée de nuit au chalet à Gobet où nous avons pu dormir dans notre hanneton nous aurait vraiment rallongé la soirée et fait souper au milieu de la nuit!

Ce voyage:
  • Un plongeon dans l’histoire du 20ième siècle encore incroyablement présente,
  • La visite approfondie de Berlin, Gdansk, Tallin, St Petersbourg et Moscou,
  • Le voyage à vélo, toujours une bonne leçon de lenteur, de persévérance, nous plongeant dans la campagne en y mesurant les immense et incroyables contrastes relativement aux villes: absence d’infrastructure, de magasins, de points de rencontre, habitat vétuste dans les pays baltes mais présence de belles maisons et jardins très soignés et sophistiqués en Pologne, où l’agriculture était aussi très mécanisée. L’obligation de faire ses emplettes dans les villages est très instructive, après avoir appris à reconnaître un magasin!
  • La traversée de toutes sortes de forêts, denses et variées en Pologne, plus lumineuses au nord et de campagnes aux très nombreuses cigognes souvent parsemées d’étangs,
  • Côté chiffres: 2450 km à vélo, 87 jours de voyage dont 35 de vélo, à raison de 70km par jour de moyenne, 16 à 20 kg de bagages par vélo, 20 nuits sous tente, nécessitant toujours d’enfiler des habits humides le matin, des innombrables aboiements de bergers allemands derrière les clôtures mais que deux réels affrontements avec des chiens en liberté agressifs, pleins de bonnes glaces en Pologne, une semaine à Tallin, une à St Petersbourg, 5 jours en croisière et une petite semaine à Moscou et …4 jours de repos, généralement dédiés à la lessive,
  • Par contre, la Baltique si peu profonde, souvent riche en planctons ou autres micro verdure la rendant verte est peu avenante pour la baignade, bien que pas froide du tout même en septembre..Disons que l’un de nous deux a eu un peu de peine à prendre le temps de se baigner, à être au bon moment avec la bonne météo vers les plages. Quant aux arrêts gourmands, aux terrasses ensoleillées, là, mieux vaut ne pas y penser, pas à cause du manque de soleil mais par manque de restaurants et autres terrasses.
La tête pleine de cette histoire vivante, explosant d’informations à digérer, bien refoidis à Moscou, nous sommes vite partis en Sicile avec comme seul but la baignade et la détente au soleil, bref, des vacances « flegme ». Du soleil, nous en avons eu, mais de fortes pluies aussi nous laissant bien du temps pour compléter notre voyage par quelques lectures sur Marx, la Révolution d’Octobre ou l’histoire de la Grande Guerre.

Pas de bons wifi dans les campings, nos occupations entre les deux voyages et peut-être un peu de flegme sont nos excuses pour cet énorme retard dans nos nouvelles. Nous sommes de retour avec la preuve que notre hanneton est étanche!

St Petersbourg, 07-18 septembre

Pour les cyclistes: Ce n’est pas « the place to be » même si la plupart des automobilistes s’arrêtent aux passages piétons et si aucun ne manifeste de l’agressivité envers les cyclistes, comme certaines sources le mentionnaient.
Nous avons roulé de la gare Baltic jusqu’à notre B&B et c’est tout!
Meme les livreurs de nourriture sont à trottinette ou à pied.

Nous avons apprécié

  • Le soleil pour nos balades et le free walking tour guidé, apparemment le beau temps n’est pas une spécialité de l’endroit!

  • De prendre deux jours pour visiter l’Ermitage, et d’admirer les Impressionnistes dans leur nouvelle présentation ouverte il y a quelques mois. La chapelle du palais venait aussi de ré-ouvrir, quelle chance!

  • Le contact facile avec les passants, toujours prêts à prendre le temps de nous renseigner. Avec P.-Olivier, la recherche du petit restaurant sélectionné est toujours une opération menée avec persévérance, qui peut prendre du temps ou s’avérer plus compliquée que prévu quand par exemple plusieurs rues ont un nom très similaires en russe, ou que le restaurant a déménagé entre temps. La quête du café précis est une manière de visiter les différents quartiers.
  • Au chapître nourriture encore, les bons petits restaurants géorgiens, et les vins de cette région.
  • Les églises orthodoxes.

  • Les ballets, Cendrillon dans une version des plus classiques au théâtre Mikhailovsky du même style

    et Petrouchka dans une chorégraphie hyper-avantgardiste au théâtre immense et non moins moderne Mariinski II avec un orchestre superbe.

  • Les jardins de Peterhof.

  • Les rencontres avec Elena, une amie de Joseph, qui s’est prêtée au jeu de toutes nos questions sur la vie en Russie, celles avec d’autres clients au restaurant nous donnant des adresses, ou nous conseillant pour notre commande, comme ce couple né ici et y revenant souvent après l’exil et la carrière scientifique de l’autre côté de l’Atlantique
  • Les gares de métro, et le message de leur architecture, dédiée aux travailleurs

Même si nous nous y attendions, nous avons été impressionnés par l’animation de cette ville, plus calme à 8h. du matin qu’à 3h!

Les premiers jours, encore estivaux, des motos d’eau sur notre petit canal en pleine nuit, de la musique partout, des volumes sonores incroyables sortant de certaines voitures, des cortèges de Harley Davidsson, et même des visites de ville proposées en grosse moto!

D’accord, nous venons de notre alpe, mais d’autres métropoles sont provinciales en comparaison! Les heures d’ouverture des magasins, ou plutôt le peu d’heures de fermeture témoignent de la même frénésie! Malgré cette animation perpétuelle, nous nous sommes sentis en sécurité partout, même la nuit, même dans le métro.

Nous laissons chacun étudier les informations des professionnels mieux documentés sur les « grands classiques » et l’histoire de cette ville, créée pour le commerce avec l’Europe, nécessitant de mettre définitivement hors du territoire les Suédois, et d’avoir des chantiers navals importants. A chacun aussi de cheminer dans ses propres réflexions devant un changement aussi rapide et radical d’un mode de vie et d’organisation soviétiques à une ville où le culte de certains aspects de l’empire russe traditionnel, des arts classiques russes, de la culture américaine et de la frénésie de consommation et d’animation se côtoient allègrement.

Danse classique une place, tous les samedis en été

Centre commercial ouvert tous les jours et tard le soir

Expo de vieilles américaines

Danses et chants classiques dans la rue

Ecran d’ordi aux toilettes diffusant euro News

Camionnette stand de vente de café et d’alcool fort

Génératrice pour le frigo.

Militaires jouant de la musique russe très moderne, style rock, collectant de l’argent pour une oeuvre sociale. Le public se montrait très généreux

En tout cas, certaines réflexions d’Elena, jeune cheffe de projets informatiques, accessoirement guide et enseignante de langues et notre passage chez la coiffeuse du quartier (toujours instructif, décidemment comme à Tromso), se résument à: travailler beaucoup n’est pas un problème, c’est ce qu’il faut faire pour avancer, il n’y a pas de chômage chez les jeunes, chacun peut trouver un bon travail, un appartement s’il le veut. Le développement durable, la qualité de vie, le slow-life, c’est sur une autre planète….Mais, bien des personnes ici adorent St-Petersbourg car la vie y est relax, tranquille, moins axée sur l’argent, les affaires que celle à Moscou! Et bien, nous sommes heureux de savoir que nous quitterons demain la vie provinciale avec notre bateau sur la Volga!

Et encore quelques vues:

Ville de superlatifs: La colonne Alexandre est le plus lourd bloc de granit du monde, et n’a pas de fondation, il ne tiend que par la gravité

Tallinn-St Petersbourg, 1-7 septembre

Nous partons de Tallinn heureux de nous remettre en selle après cette semaine de visite. Nous sommes restés plus longtemps que prévu à Tallinn, en plus du fait que la ville nous a beaucoup plu, j’avais un refroidissement et le téléphone portable de P-O y a succombé. Or Maps.me nous dépanne parfois même si la route Euro Vélo est généralement bien indiquée. Les logements, même les campings ne sont pas signalés comme tels sur le terrain, Booking.com ou d’autres sites équivalents sont donc utiles. Nous avons donc dû le remplacer, mais attention, faire ce genre d’achat chez un vrai concessionnaire pour que la garantie soit valable en Suisse aussi.
Nous longeons les quais d’embarquement pour les ferries, puis la mer par une piste cyclable sympathique, traversant parfois des parcs. Bien à l’est de Tallinn, nous nous perdons dans la campagne, faisant une boucle involontaire, quelle frustration ! Une signalisation sur le terrain à Kallavere me semblait illogique, je crois que l’erreur a été de la suivre! Une vieille dame nous avait d’ailleurs crié toute une diatribe, assez mécontente, était-ce au sujet du chemin? Nous sommes à moins de 15 km de Tallinn mais dans un autre monde. Fermes abandonnées, vieux bâtiments en briques grises en mauvais état, hameaux désolés, quelques traditionnels bergers allemands agressifs derrière leurs clôtures. Nous croisons deux voitures, dont une conductrice élégante qui nous aide fort aimablement: il y a un golf au bord de cette zone, complètement anachronique! Le problème de cette étape est sa longueur et qu’il n’y a pas de logements avant Pudisoo. Nous visions une de ces places pour tentes aménagées par les forestiers (appelées RMK) mais l’envie de confort nous amène à dormir chez une famille louant des chambres. Et oui, les bivouacs, c’est sympa, mais accueillir le crépuscule, son humidité, éventuellement ses moustiques, les pluies et la fraîcheur nocturnes en se glissant directement dans notre sac de couchage nous fait réaliser que nous n’avons plus 20 ans et donne des airs de paradis à une douche! La mère de famille qui nous accueille habite avec ses 4 enfants une maison dans un immense jardin; mettant à disposition une cuisine extérieure sous un couvert.


Notre logeuse nous dit que le samedi les RMK peuvent être envahis par des Russes venus faire la fête, décidemment, la perception de la Russie par les Estoniens ne change pas en progressant à l’est, même si la langue russe est de plus en plus présente.


Suit une étape de forêts de pins, en bordure de mer, où nous rencontrons deux bernoises venant de St Petersbourg à vélo. Les étapes depuis la frontière, pour ne pas être trop longues, sont clairement 1) suivre la grande route jusqu’au motel Oasis à Gurlevo, 2) rejoindre le B&B Homestay Elena à Sergiyevskoye fameux pour ses Pierogi, 3) rejoindre Peterhof puis St-Petersbourg. Pour elles, ce trajet est faisable malgré la circulation plus dense et rapide, à défaut d’être agréable ou beau. Le trajet est clairement sans aucune échappatoire possible en transports publics. Quelques jours plus tard, en roulant vers la frontière, le brouillard du matin et la circulation diminuent ma motivation. Entretemps, à Viinistu, l’hôtel fermé nous sert un bon souper, nous fournit une chambre avec balcon et vue sur le port et un petit déjeuner traditionnel donc extrêmement copieux.

Le personnel est là, c’est leur jour de congé, ils font la fête, sauna mobile sur une remorque, trempette dans le port; mais ils nous ont acceptés car nous sommes à vélo; et ceci pour un excellent rapport qualité/prix sans pareil! L’hôtel est une ancienne usine de poissons, comme le musée, dont l’architecture soviétique est accentuée le lendemain par un épais brouillard, typique et fréquent dans ce village!

Que de contrastes en parcourant Käsmu, Vosu, villages de pêcheurs devenus villages de villégiature, les ruines d’une base militaire russe de sous-marins, un chemin de forêts ayant juste un panneau montrant loups et sangliers au départ pour finalement arriver à un camping non signalé sur la route, perdu dans la forêt

(L’unique marcheuse vue nous y mène même maps.me n’en indiquait pas l’accès) puis le lendemain à Toolse vers un hôtel Spa de luxe, en béton, imposant, au dessus de la mer. Logés dans un cabanon au camping attenant à l’hôtel, nous prenons une journée de repos et lessive, temps maussade, vive le Spa!

La dernière étape en Estonie, jusqu’à Narva se fera dans le brouillard, un peu le long de la grande route et en campagne, en passant par Sillamae, la ville qui n’existait pas sur les cartes: détruite, repeuplée par des Russes et des prisonniers mieux traités qu’en Sibérie, c’était l’ endroit de production des matériaux radioactifs pour la bombe atomique.

Après 1991, tout ce monde a perdu son travail, après avoir perdu sa santé, et une sérieuse protection de l’environnement pour empêcher la contamination de la mer a été entreprise (der Spiegel, 7 sept. 2016). Nous sommes passés devant l’hôpital et quelques locatifs en piteux état et de magnifiques jardins témoignant de l’importance de la ville avant les guerres.

A la mémoire des soldats soviétiques morts en 1944

Dernier arrêt au soleil le long de la magnifique plage se terminant par le canal de la Narva, frontière avec la Russie.

A Narva, souper au chateau de la forteresse, vue sur les murailles d’Ivangorod, partie russe de la ville. L’office du tourisme est à moins de 100 mètres du grillage de la frontière, met à disposition un ordinateur pour nos recherches sur les transports publics russes. En fait, en Estonie l’information est qu’il n’y a qu’ un train international pour rejoindre St Petersbourg (malpratique car arrivée à minuit) et des bus. Aucun des deux types de transport ne prenda nos vélos avec certitude. L’astuce que nous découvrons finalement est qu’il faut passer la douane à pied, à 4h. du matin pour se rendre à la gare d’Ivangorod à 2 kilomètres et partir par l’omnibus russe du matin, acceptant nos vélos sans problèmes. Ainsi, nous passons la douane en quelques minutes, et trouvons le bâtiment de la gare dans la nuit noire. Un employé ouvre une fenêtre à l’étage, nous confimant ainsi que nous sommes bien à la gare, et quelques minutes après nous fait entrer dans la salle d’attente.

Quasi seuls au départ, le train se remplira progressivement à l’approche de St-Petersbourg. La contrôleuse très aimable nous rassure: nos vélos ont leur place même si certains passagers râlent un peu, nous avons des billets pour eux, 60cts pour 3 heures de train!

Ainsi le matin, nous rejoignons notre charmant mini hotel, en plein centre. 6 chambres à un étage d’un très vieil immeuble. Mais ce grand appartement, lui, est impeccable, entretenu, propre, une cuisine est à notre disposition, du café et du thé en permanence à discrétion. Une dame est là en permanence, s’affairant pour tenir ce ménage impeccable (B&B Pio).