Retour par le Simmental, 2- 4 juin 2021

A Oey au début du Diemtigtal,  vallée latérale du Simmental, accueil sympathique à l’ office du tourisme,  et nous voilà en balade le long du « Hausweg » du bas de la vallée. Nous découvrons Diemtigen, village ayant eu le prix Wakker décerné par « Patrimoine suisse » en 1986. En résumé, ce prix est basé sur une architecture respectant le bâti existant, un développement et une gestion respectueuse du paysage et de l’environnement. Nous admirons les fermes bernoises grandioses, leurs magnifique toit et façades peintes.

Bien que soleil et nuages se succèdent, nous décidons de poursuivre notre randonnée jusqu’au petit lac d’Ägelsee puis par  l’alpage de Tschugge nous offrant de splendides vues sur le Simmental et le Diemigtal. De bonnes averses et quelque 500m. supplémentaires de dénivellé montée et descente plus tard, il nous reste le retour le long de la rivière Fildrich. Conquis par cette région, nous restons à une altitude de 800 à 1400m. pour profiter des fleurs et plus globalement des couleurs printanières, ainsi sans découvrir le haut de la vallée nous laissant des envies d’y revenir.

Visite à notre campement.

Notre hanneton suivant la Simme, arrêt à la Lenk, le temps d’admirer les chutes d’Iffig (Iffigfall) et de monter pique-niquer à Iffigenalp, l’alpage en amont. Fonte des neiges et pluies récentes,  les cascades dégagent une énergie extraordinaire.

Lenk design

Les jeunes pousses de pins sylvestres les déguisent en sapin de Noël parés de bougies


Nous jetons un coup d’oeil ensoleillé aux chutes de la Simme, (Simmenfall)  avant de rentrer à la maison, précédant les orages annoncés. 

Nos têtes sont pleines d’images de lacs entourés de montagnes,  de  forêts enneigées en arrière-fonds, de glaciers et de pics aux allures hivernales,  mais celles qui dominent par leurs couleurs éclatantes sont les prairies fleuries .

Lac des 4 cantons, la Suisse entre mythe et réalités, 31 mai-1er juin

Vous l’avez compris, cette année nous visitons la Suisse en touristes; notre tour opérateur, nommé météo,  avait bien failli nous oublier au sud des Alpes.  Mais là, il se rattrape….En ce 31 mai, départ dès le matin au mont Pilate, dans le célèbre train à crémaillère le plus raide du monde, avec  passage le long d’une falaise.  Nous admirons la pente impressionnante devant les rails, jusqu’à 48%, ceci d’autant mieux que le train est quasi vide. A l’arrivée,  le calme, les personnes chuchotant  sur le point de vue rendent le sommet encore plus grandiose. La brume nous cache  L’Eiger, la Jungfrau et le Mönch mais il y en a tant d’autres.

Sur la pointe proche du point de vue (un seul est ouvert à cause  de l’enneigement), trois bouquetins se prélassent au-dessus de falaises vertigineuses, une famille?  En tout cas, une énorme bête majestueuse, bien âgée au vu de ses cornes, un beau bouquetin plus fin que nous pensons être une étagne  et un cabri portant déjà  de belles petites cornes.

L’infrastructure pur style aéroport, les boutiques de luxe fermées, les porte-montres vides dans la vitrine laissent entrevoir une atmosphère fort différente en période de haute fréquentation.

Visite touristique, autant choisir la version complète….Nous redescendons donc en téléphérique, télécabine et bus pour prendre le bateau à Lucerne pour Alpnach. Une heure et demi de plein soleil à se laisser promener sur le lac, du rêve pour ce mois de mai!

Le lendemain sera plus suisse que suisse, mythique! Nous apprenons à Altdorf que l’histoire de Guillaume Tell viendrait d’une légende danoise. Sa statue est devant « la petite tour », qui a abrité une des premières horloges de ville dont le fonctionnement par les poids suspendus est encore bien visible. 

Le théâtre d’Altdorf créé pour y jouer le drame de Guillaume Tell, tel qu’écrit par Friedrich von Schiller mais joué selon différentes adaptations.

De Fluelen, juste à côté, nous prenons le bateau pour rejoindre la prairie du Grütli. De l’herbe, une belle vue, un drapeau, une entassée de sacs à dos d’une course d’école, quel autre pays pousse la sobriété si loin? 

Cette prairie, qui serait un exemple de lieu où les Waldstätten se sont réunis secrètement lors de leur conjuration contre les baillis autrichiens, a été décrétée « bien national inaliénable » de la Confédération en 1859.

De cette époque date le restaurant, dont deux petites salles sont splendides: fenêtres avec écussons, grand poêle, tables bois-ardoise. Là non plus, pas de luxe inutile sur la terrasse, ou dans les assiettes,  mais le peu d’explications historiques, notamment au sujet de la réunion des 300 officiers supérieurs menée par le général Guisan en juin 40, nous étonne. Nous n’avons toutefois pas exploré la « voie suisse » ni le sentier thématique du Grütli, esquissant déjà des projets…

Val Poschiavo, 25 – 30 mai

Etonnante vallée…

  • Aux Grisons, mais l’italien est de mise,
  • Reliée au reste de la Suisse que par le col de la Bernina; nous entendons siffler le train rhétique depuis notre petit camping, comme un coeur rythmant la vallée,
  • Entourées de montagnes, des maisons patriciennes d’architecture citadine, opulentes, du 19ième siècle dans la bourgade de Poschiavo: leurs propriétaires protestants firent fortune dans toute l’Europe comme négociants,
  • Une vallée très isolée qui a choisi de prendre un nouvel élan économique très avant-gardiste plutôt que de se vider de ses habitants ou de ne se vendre qu’aux touristes: région agricole et d’élevage à 90% bio, et ce depuis 2014, où la production d’herbes aromatiques, pour les tisanes entre autres, y est importante,
  • Le camping est peu occupé, bien que ce soit la plus méridionale des vallées grisonnes, donc à la limite des régions « permises » en cette période.

Une intéressante découverte, où nous prenons du bon temps à flâner dans les rues et à être magnifiquement accueillis à une terrasse de restaurant typique par le patron nous ouvrant les portes de sa cuisine pour la préparation de nos capunets (spätzlis aux épinards avec beurre fondu, fromage, ail rôti et épices).

Nous nous amusons comme des enfants à contempler du train et à pied le viaduc circulaire,  reprenons le train avec enthousiasme pour le col de la Bernina , encore bien enneigé. Les quelques skieurs vont  d’îlot blanc en îlot blanc à la fin de leur descente, avec l’air réjoui de celui qui a défié la saison  en rigolant d’être tout de même un peu décalé.  La neige de haute altitude est belle blanche alors que les traces jaunes des tempêtes de sable sont encore très visibles sur la neige des pentes inférieures.

Vraie journée touristique train-téléphérique pour admirer  les sommets du Palu, de Bella Vista et de la Bernina depuis Diavolezza, avec même la gourmandise à la terrasse, il fait chaud ce jour du 28 mai, même à 3000m. Bons lézards profitant du soleil, nous admirons les skieurs grimpant le Palu et les parapentistes.  Au retour, une petite balade parmi les marmites géantes, sculptées par l’eau sous le glacier en d’autres temps.


Un autre jour, bien grisouille, nous suivons le  ruisseau et l’aménagement permettant aux truites de sortir du lac de Poschiavo et de remonter le courant  jusqu’à leur lieu de ponte.

La balade de Sfazu au lac de Saoseo sera vraiment magnifique, les mélèzes ont quitté leur apparence d’hiver grise et nue, pour le vert printanier, les gentianes, oeillets et autres fleurs égaient le bord du chemin et seuls subsistent de tout petits névés.

Après un pic-nic au bord du lac, nous quittons le val Poschiavo par le col de la Bernina, cette fois routier,  passons à St Moritz avant d’apprécier le splendide coup d’oeil depuis la montée au col du Julier, sa longue descente  et arrivons finalement à Alpnach (départ du train pour le Mt Pilate), près de Lucerne, tout ceci avec le soleil. 

Nous nous installons vers la zone sportive et le port, place calme, où personne ne viendra nous demander quoi que ce soit , sauf le tenancier de la petite buvette, très prévenant avec ses deux clients non locaux, s’inquiétant de savoir si nous étions contents de sa saucisse et de ses frites!

Surprises au retour à Locarno, 18 – 25 mai

Une première surprise pour l’anniversaire de Pierre-Olivier, un dîner avec nos amis Jacques et Jacqueline au grotto Baldoria à Ascona, un bijou de jardin intérieur, une ambiance à la bonne franquette.  Une balade au jardin des camélias et une grillade au hanneton le soir complèteront cette journée différente de nos marches en solitaire.

Val Verzasca: de Sonogno, nous redescendons le long de la rivière à pied pendant quelques heures avant de reprendre le bus pour rentrer, toujours à notre camping de Gudo.

Visite de Corippo, village accroché au flanc de la Verzasca, en voie de rénovation, belles maisons traditionnelles mais hameau-musée sans vie.

Une deuxième surprise au val Maggia, à Cavergno, un jour où la pluie nous menace fortement : un couple en répétition à l’église, elle, organiste et lui au cor des Alpes. Nous nous permettons de rester à les écouter, ce qui leur réchauffe le cœur selon leurs propres aveux.  Des morceaux pour cor des Alpes et un psaume, étonnant, captivant dans cette église au bout de la vallée, par ce temps maussade et humide. Quel luxe de ne pas avoir d’horaire, de pouvoir changer notre programme, remplaçant notre marche par un pique-nique de l’autre côté du petit pont suspendu.

La troisième surprise est un concert de flûte de pan par le musicien et compositeur Michel Tirabosco, à Intragna au début des Centovalli. Un moment de partage magique entre ce virtuose et le public réuni dans une petite cour en amphithéâtre au milieu du village : une vingtaine de personnes , des locaux, des amis et le couple confectionnant des flûtes de pan pour Michel Tirabosco et notre ami Christian, lui-même flûtiste, qui nous a convié à ce moment incroyable. Le concert est généreux, varié, musique roumaine, pays d’origine de cet instrument, mélodie juive très rapide, danses, musique classique et rythmes d’Amérique du Sud. Un concert magnifique, incroyable dans un lieu un peu perdu, tellement inattendu.

Michel TIRABOSCO, son nouvel album L’ENVOL
https://www.youtube.com/watch?v=pjswApeA1no

Nous en profitons pour visiter Intragna aux belles maisons et au clocher le plus haut du Tessin, puis grimpons à Costa, petit pont, ancien moulin, maisons de pierre fleuries en route.

Marche, train, télécabine, nous visitons Verdasio, aux grandes maisons cossues, ancienne étape sur le chemin muletier international, et terminons par la vue depuis le Monte di Comino

Val Blenio 11 mai-18 mai

Pour l’Ascension, les campings avec réservation sont complets et nous émigrons dans un camping sans réservation ni place délimitée à Acquarossa, dans le val Blenio le mardi 11 mai, qui nous reste en mémoire comme étant Le Déluge: un jour grisouille le lundi puis une nuit et une journée de grosse pluie non-stop; l’installation est délicate, pour minimiser le  labourage de la prairie entre les flaques. Puis il n y a qu’à attendre, écouter le tam-tam de la douche perpétuelle, savourant notre chez nous bien douillet, relativement aux quelques bus VW et jeep  qui sont déjà en place.Les jours suivants, continuant à profiter des transports publics tessinois, nous marchons dans la région d’Olivone-Campra aux torrents bien grossis par le déluge, ou suivons le sentier historique descendant la vallée le long du Brenio en admirant entre autres bâtiments historiques un pressoir à levier et une glacière, c’est-à-dire une ancienne petite maison de pierre équipée d’un puits intérieur où la neige arrosée pour être maintenue en glace restait gelée jusqu’à la fin de l’été, servant évidemment à la conservation du vin, des viandes, et des fromages.

Un autre jour, nous partons de Ghirone (atteint en bus),  et grimpons le val di Camadra; nous sommes sur l’itinéraire pédestre national  des cols alpins (6) qui fait rêver Pierre-Olivier (qui est intéressé? 39 étapes pour 44000m. de dénivelé en montée et idem en  descente). Sur notre petit tronçon, nous atteignons la limite des forêts vers 1300m. d’altitude déjà, traversons le hameau de Greina  et vers 1750m. à  Alpe di Camadra di Fuori nous nous arrêtons face au cirque blanc magnifique face à la crête du Piz Medel.

Les névés ralentissent ma progression (je n’aime pas la neige d’été) et le hameau suivant n’est pas atteignable facilement. Ce jour-là, aucun randonneur rencontré, mais des chevreuils et de nombreuses marmottes. Le parcours suit souvent une petite route , jonchée de restes de coulées, cailloux, terre, neige. Mais cette vallée est large et ouverte, il y a des pâturages et toujours la vue sur la vallée derrière nous et le Sosto en forme de pyramide et ce cirque d’une blancheur éclatante, magnifique mais fort peu printanière. En attendant le bus de retour, un petit feu juste pour nous, bien éteint en le quittant.

Notre prairie aux 4-5 VW bus s’est transformée en une exposition de VW bus,  nous sommes accueillis au retour  par l’air désolé de nos voisins……Une tente sur remorque s’est installée, si large que notre table est sous leur avant-toit…Cet incident se solde par un déménagement à l’intérieur du camping, nous nous retrouvons au milieu d’un groupe joyeux organisant grillade, slack line, bien nombreux,  et envahissant, se voulant charmant mais ne comprenant absolument pas que nous n’apprécions pas leur veillée jusqu’à passé 3h du matin autour d’un splendide feu de moins en moins surveillé, à moins de 4 mètres d’au moins 4-5 bus VW, bloquant notre éventuelle sortie du camping le lendemain car le hanneton ne saute jamais les feux  même à la  St- Jean.
C’est un  vrai camping:  on nous emprunte tire-bouchons et plaques pour mettre à l’horizontale un bus,  la vaisselle se fait dehors, y a du monde, mais pour le prélavage, un chien est toujours d’accord (lui, pas nous) de faire du zèle, le réseau électrique est  saturé, et on vient nous poser des questions sur notre hanneton.  Et en montagne, nous étions seuls avec les marmottes!

Nous aimerions aller admirer les arolles  sur la route du col de Lucmanier. Cette initiative se solde par notre trajet à Acquacalda, mettant note hanneton au bord de la rivière, pour constater que la pluie ne va pas cesser mais certainement devenir de la neige. Nous redescendons donc à Campo Blénio,  au bord du Brenno de la Greinia.  Le lendemain, montée dans le val di Campo, quelques gouttes, des nuages, quelques flocons mouillés, on avance sans dynamisme pour….aller où? Bon an mal an, nous rejoignons une grande forêt de mélèzes encore  sans aucuns bourgeons, mais des rayons de soleil, le sol très tendre améliorent notre pique-nique et nous donne envie de prolonger notre grimpette. Finalement , nous apprécions la splendide vue de l’alpage de Predasca, à 1742m. ; absolument seuls parmi les étables. Pour la fin du parcours nous suivons la route d’alpage, où une petite fraiseuse a été abandonnée, augmentant encore l’atmosphère de région désertée, le sentier n’était même plus visible sous la neige.  Une nouvelle nuit bercée par le Brenno  termine notre semaine dans le val Blénio.

Second Départ

Un voyage très classique, des destinations courues et touristiques au vu des prévisions météo  engageantes qu’au Tessin. Laissant 10 cm de neige fraîche  par chez nous, après un arrêt vaccin à Lausanne, nous filons directement vers Locarno, nous installer sur LA place de camping disponible pour une nuit, où nous resterons une semaine, confirmant l’idée que l’imprévu fait partie d’une planification optimiste. Cette base nous permettra de visiter la région à vélo, en téléphérique et à pied combinés aux transports publics.  Ils sont gratuits et au vu de la circulation, aucun doute quant à ce choix. Nous pédalons jusqu’à Locarno, Ascona et grimpons à la Madonna del Sasso. Que de monde, en  soi-disant basse-saison!

Nous avons passé par le Jaunpass, alors ….

Magnifique vue sur le lac Majeur depuis le haut du téléphérique  Cardada. Notre grimpette vers  la Cimetta est interrompue par la tentation de la terrasse de l’auberge de l’Alpe Cardada croisée en cours de route. Les nuages, une délicieuse polenta avec ragoût de boeuf, un personnel très sympatique dès qu’on sort nos quelques mots d’italien,  de bons vins locaux et un net rafraîchissement  et la température nous détourneront définitivement du petit sommet. La vue est magnifique mais la forêt de bouleaux est sèche et clairsemée.

Partis de Tegna, nous grimpons à la chapelle Santa Anna par de nombreux escaliers  de pierres, puis rejoignons le charmant  vallon de Riei. Magnifiques châtaigniers,  ruisseau bucolique, que de la verdure et quelques anciennes maisons de pierres , juste un Grotto fermé . Après un col, nous permettant de rejoindre le val Maggia, nous descendons sur le village du même nom. Délaissant l’église connue pour ses fresques de la Renaissance, Madonna della Grazie, nous avons un coup de coeur pour la charpente et la sobriété de la  chapelle  del Carmelo.

Dans le val Verzasca, le sentier ethnographique (Suissemobile 629) ponctué de belles vues et d’escaliers en veux-tu en-voilà, nous amène à travers de magnifiques forêts vers des hameaux en ruine, datant du 16ième siècle équipé d’un réseau hydrique très complet pour palier au manque d’eau de surface, d’une capacité de rétention de 33600 litres. Puits intérieurs et extérieurs, collecte d’eau des toits de pierres dirigées vers des bassins devant les étables, les restes de l’organisation de la vie pastorale sont bien visibles et agrémentés d’explications. Après une descente en lacets, le retour au village de départ  Lavertezzo  longe la Maggia pour se terminer par le pont de pierres à deux arches. La circulation, l’étroitesse des vallées, le peu d’espace pour des parkings et autres espaces pour dormir est inhabituel pour nous, et ne nous incite pas à tenter les nuits  hors structure.

Pour le dernier jour annoncé comme ensoleillé, nous remontons au val de Riei pour profiter du Grotto da Rosy repéré deux jours plus tôt. La descente sur Verscio est une option de retour plus rapide, qui nous pose devant le théâtre Dimitri.

1er départ

24 avril et pourtant aucune baignade printanière à Frience cette année. Nous partons en laissant  la piste de luge dans sa solitude,  prête  à offrir encore ses services.

On entend le coucou,  seuls sur notre alpe, nous tournons finalement la page de l’hiver en gardant le merveilleux souvenir de notre montée au Pas de Cheville juste une semaine plus tôt, grimpette très printanière jusqu’à Enzeindaz,  puis neige immaculée jusqu’au Pas de Cheville, ambiance féérique d’un brouillard lumineux sur le plateau, et finalement la descente avec des flocons. Si près de chez nous, une ambiance de paysage immense, seuls, plus personne ne voulait profiter de ce rallongis d’hiver, que nous avons eu la chance de partager avec un ami.

Nous nous évadons aux Paccots, dans les Préalpes fribourgeoises, ballade parmi les crocus, une multitude de gentianes, oui comme chaque printemps je me répète, mais j’adore cette fleur! Cette année, en plus le vol très proche d’un milan royal, splendide.

Après un arrêt vers notre ancien chez nous, et une halte familiale, évasion à Champ-Pittet (bord du lac de Neuchâtel) dans les vergers en fleurs, les potagers en permaculture, la roselière, où nous admirons une bécassine des marais,  ainsi que la nage d’une couleuvre à collier jaune parmi des dizaines de crapauds.

Après le lac de Neuchâtel, celui de Bienne, et le plaisir de ressortir Luciférine et Monsieur Vélo, juste pour aller goûter un Oeil de Perdrix au cloître de l’île St Pierre.

Nous, nos souliers….longeons la rive nord parmi  jardins de villas puis vignes et forêts, après avoir flâné au Landeron et à la Neuveville.

Pique-nique à l’église de Gléresse

(gothique tardif, baroque à l’intérieur) surplombant merveilleusement le lac, pour arriver à Twann (Douanne), village vinicole où vinothèque, cafés et caveaux sont fermés (Covid)  sauf celui de Martin Muerset, propriétaire du plus petit domaine, moins de 1 ha. Dégustation très conviviale alourdissant nos sacs à dos de « Blanc de Noir »:  pinot noir pressé après seulement 1 heure de macération contrairement à l’Oeil de Perdrix qui est pressé après 15h de macération ainsi que d’un beau Treberwurst, long saucisson fumé au marc du domaine vendu dans son bouillon. De Twann, nous gagnons des forêts de hêtres par une pente à nous faire oublier notre dégustation!
Au vu de la météo annoncée très pluvieuse pour les prochains jours, nous rentrons chez nous, regarder tomber la neige, comme les huit derniers mois! Nos renards en ont aussi marre, l’un est totalement amaigri, l’autre boîte bas.

Départ pour la Bretagne (10 août-19 août)

Une lessive, un coup de nettoyage du hanneton et une trempette dans notre petit lac de Frience plus tard, nous voilà repartis en direction de la Bretagne. La traversée de la France est pour nous l’occasion d’un arrêt à Vallon-en-Sully (ne cherchez pas sur vos cartes, c’est exactement au milieu du pays), chez nos amis Marie-Odile et Rémy qui tiennent une location de cycles, des chambres d’hôtes et se donnent pour faire revivre le canal de Berry, la région, un tourisme vert. Pour nous, l’occasion de passer de bons moments ensemble, de pédaler le long du canal et du Cher. Je nous trouve braves par cette canicule, bien que le temps soit frais relativement aux jours précédents. Magnifique ballade vers le nord, pays du grand Maulne, un bon petit exercice avant de savourer quelques fromages de la région, ils sont si nombreux à aguicher nos papilles!
Pour notre première étape en Bretagne, (12-19 août), nous séjournons  à Pors Peron, dans la baie de Douarnenez.

Au menu:

  • la charmante cité médiévale de Pont Croix, et le petit port d’Audierne, leurs marchés, musiciens et crêpes, l’odeur de l’océan, la marée; des tableaux de belle lumière que nous pénétrons à coups de pédales.
  • le GR 34 , sentier côtier que nous suivons des heures sans nous lasser de la bruyère en fleurs parsemées d’ajoncs, de genets et d’autres fleurs jaunes ainsi que de quelques chèvrefeuilles encore fleuris.
  • Nos pas traversent aussi d’immenses prairies de hautes fougères, très denses, participant à tenir la terre du talus descendant abruptement jusqu’aux rochers surplombant l’océan. Des heures sans une maison, ou presque, suivant le contour de chaque crique, à monter et descendre sans arrêt en restant pourtant toujours à quelques dizaines de mètres au-dessus de l’eau, c est magnifique. Pour notre sérénité et notre plaisir, nous boycottons la pointe du Raz , endroit le plus connu de la région, survolée continuellement par un  scandaleux hélicoptère-navette touristique, symbole de bruit et de pollution stupide et égoïste.
  • A quelques kilomètres de là, un environnementaliste renseignant sur les oiseaux, les plantes, prêtant sa longue-vue et ses jumelles pour admirer les dauphins et les fous de Bassin attablés ensemble pour un festin de sardines, est une rencontre beaucoup plus intéressante et sympathique. 

A Audierne, nous apprécions l’arrivée du petit bateau de pêche « les copains d’abord » et de sa cargaison et guignons dans les caisses mais ils ne sont que deux pêcheurs à bord, pressés de décharger et de mettre au frais leur cargaison, la criée aura lieu dans deux jours (c’est un samedi).

Quelques badauds, une jeune femme avec un bébé et une petite fille étaient aussi impatients que nous de les voir accoster. Celui qui a le temps et l’envie de parler, et peut-être pitié de ces touristes intéressés mais sans aucune compétence ichtyologique est un homme âgé, petit-fils de pêcheur. Il nous parle des bateaux ligneurs et des bateaux fileurs, du goût différent d’un poisson saigné après avoir été pêché à la ligne ou noyé dans un filet, de la pénibilité beaucoup plus importante de la pêche à la ligne justifiant un prix différent pour le même poisson et de l’arnaque connue consistant à mettre un hameçon dans la geule d’un specimen attrapé dans un filet pour faire croire qu’il a été pêché à la ligne et le vendre ainsi plus cher. Le lieu, le bar (ou loup de mer), la lotte (ou baudroie) et le germon (thon blanc) sont parmi les espèces les plus pêchées ici et le spécimen présentant d’énormes pics sur le dos était un St Pierre, poisson recherché par les gastronomes.

Notre camping est riche en haies, bien vert, petit, près de deux plages de sable, criques magnifiques, calme bien que résonnant de vie du côté de la petite piscine et du trampoline, malgré les grosses pluies de certains soirs. Il est à classer assurément dans la catégorie: « guitare le soir », et nos voisines chantent bien!  

Un petit tour en Suisse du 15 juillet au 3 août

Chic, nous allons au Lac-Noir, où j’ai appris à skier il y a juste quelques décennies. La Singine a un lit large jonché de troncs morts, de cailloux propices aux à la nidification des chevaliers guignettes. Rivière aux berges naturelles, prairies bien fleuries, pâturages verts, tout ce dont nous nous réjouissions sauf cette couche de nuages masquant toute vue ou presque. Nous nous baladons le long de la Singine puis grimpons à la buvette d’alpage du Gürli déguster une fondue fribourgeoise, juste récompense d’une journée à 800 m. de dénivellation dans les forêts et hautes herbes trempes.

Triton

Quelques petits joyaux en route, un accueil sympathique au camping de Füllmattli, font oublier le temps maussade. Le lendemain, le programme était de monter à Riggisalp et de parcourir la vallée de la Brecca mais les nuages encore plus bas que la veille nous font fuir vers le lac de Constance plus tôt que prévu. Au lac de Constance, nous pédalons en Thurgovie parmi les pommiers, et prenons un peu de hauteur pour voir le Säntis au loin, (circuits de Apfelweg et Panoramaweg).

Nous profitons de déguster différents jus de pommes, alcoolisés ou non, dont un jus tiré au fût chez le producteur.

Petit cours agronomique en route grâce aux panneaux expliquant les différentes sortes de pommes et  leur saison. 

Vacances familiales, rejoints par notre fille et sa famille terminant périple à vélo, et excursions autour du lac qui se prête bien aux excursions combinant vélo et bateau. Nous partageons avec vous quelques images de Mainau,

notre intérêt pour le musée sur les Zeppelin, ces dirigeables ayant traversé maintes fois l’Atlantique beaucoup plus rapidement que les bateaux empruntés par les émigrants avant l’aviation commerciale.

Imperia, statue en l’honneur des prostituées qui ont accompagné le Concile de Constance entre 1414 et 1418 pour l’élection d’un pape… A chacun sa morale…

Au retour, nous nous approchons définitivement du Säntis en allant à Appenzell.

1er août au Kronberg

Magnifique marche vers le Seealp See, petit crochet (! il court comme un lièvre!) pour Pierre-Olivier à Ebenalp quasi-vide.

Appenzell est une petite ville au charme certain, notre séjour une vraie page de Suisse typique, qui se termine par un déluge, se prolongeant de telle manière que nous nous retrouvons à la maison…par les autoroutes, plus tôt que prévu. Nous apprendrons que le col du Grimsel par lequel nous voulions rentrer est fermé pour cause d’éboulement dû à la pluie. L’avantage pour nous, c’est que nous pouvons juste penser que ce n’est que partie remise.

Moselle à vélo, 12 au 25 juin

L’équipage du hanneton s’embourgeoise et se sociabilise en partant à quatre visiter Schaffhouse et les chutes du Rhin.





Arrivés vers Perl le 15 juin, nous visitons Schengen le 16.




Pour Emilie et sa compréhension future du blog de Grand-Papa et Grand-maman de la montagne, je rappelle que le 15 juin 2020, les frontières entre la Suisse et ses pays voisins se sont ouvertes après les restrictions mises en place pour lutter contre la propagation du virus Covid 19. Accompagnés de nos amis Jacqueline et Jacques, nous laissons nos roulottes au camping près de Perl pour enfourcher nos montures, les VTT sans-Noms de nos co-équipiers, Monsieur Vélo et Luciférine.

Une pensée à notre dernier périple à deux roues terminé dans les pays baltes, où nous peinions au début à reconnaître les magasins, et où nous avions été au restaurant en plein après-midi après notre pic-nic de poisson séché pour ne pas manquer une telle opportunité nous rappelle la diversité des voyages à vélo. Ici le défi est plutôt de pédaler entre les tentations. Le vélo, école de persévérance, sur le plateau aride de quelques dizaines de kilomètres en Espagne ou traversant la même forêt toute une journée en Lettonie, nous lance ici le défi de trouver un rythme régulier entre les nombreuses invitations vinicoles aux effluves de Riesling mais aussi gastronomiques, culturelles, ou des paysages romantiques, malheureusement souvent perturbées par le bruit de la route. 







Luciférine et monsieur Vélo ne participent pas à la soirée de chaque étape, accompagnée de boudin et Flammkuchen dont ils ne doivent déceler aucune trace le lendemain. 

En attente que la pluie cesse.


Le vélo, toujours une question d’équilibre. Nous terminons notre itinéraire cycliste par  la visite de Coblence, ses jardins, son château, ses vues sur le confluent du Rhin et de la Moselle, retrouvant des souvenirs d’enfance au détour d’une exposition Ravensburg.




Partie de jeu à l’expo Ravensburg

Nos 35 ans de mariage

Flâner à Porrentruy, en s’immergeant dans ses révoltes paysannes ou jacqueries dont la plus connue s’est terminée par une tête tranchée à la hache et des membres pendus à chaque porte de la ville, et dans son histoire liée à la fuite de l’évêque de Bâle à la Réforme, nous a fait apprécier cette ville par un temps superbe pour perdre ses pas au  jardin botanique et rentrer par le chemin des écoliers.

Le jardin botanique de Porrentruy

Le chemin de Croix

Tu rêvais de Mongolie, l’Iran serait déjà magnifique

J’avais envie de mer et de soleil turcs, la Grèce pourrait suffire

Pour rentrer par les Balkans, visiter les Pouilles à vélo, un bon départ

A début mars? Non, priorités à l’entraide familiale

Déménagement en EMS et Emilie sitting, bien des rigolades à l’agenda

Pas encore assez dégénérés pour avoir inventé le télébaby sitting

Le congé paternité imprévu prend le relais

Le Hanneton déguisé en camion de déménagement pourra faire le détour par Bergen, amener à Joseph skis et vélo

L’équipage rêve de pédaler le long des côtes sud de Norvège et de Suède

Mais notre fils saisit une aubaine sur la route scandinave

Un cours de terrain dans les Andes péruviennes

Où rencontrer une partie de l’équipe norvégienne,

En prime un exercice d’évacuation de 40 scientifiques et d’un camion de matériel

Tu rêvais d’Arctique, te voilà près de l’Equateur

La nature est ton nid, ton cloître est d’architecture hispanique

Echantillons de terrain stockés, vos ordis chauffent

Comme vos coeurs, vive les nouvelles amitiés

L’université de Bergen est ton nouveau foyer, sans que tu y aies mis les pieds.

Pour les nouvelles: https://mobile.twitter.com/hashtag/quarantrait

Sur l’Alpe, deux téléphones peuvent sonner en permanence

Sans risque pour les voisins absents et les destinataires inatteignables,

Les sites web des compagnies aériennes sont parfaits,

Promenant l’internaute en boucles et labyrinthes sans risque de les atteindre

Et si par chance un téléphone aboutit,

La ligne si mauvaise ouvre les paris

Pour localiser notre interlocuteur

Alors le Hanneton est au parking et nous au soleil de l’alpage

Aucune trace dans la neige du chemin menant à Croix

Donc, là nous sommes allés

il y a toujours un projet qui peut se réaliser

Magnifique, splendide, calme et ensoleillé

PS : Courage pour le télétravail….si vous devez créer un site occupant bien votre client sans lui donner la possibilité de vous atteindre, inspirez-vous de Swiss.com

Pour la délégation des tâches à votre voisin: prenez exemple sur le DFAE
Et pour des remboursements rapides , sur celui de la SNCF (non ironique).

Comme nous espérons que vous ayez tous gardés votre âme d’enfant, nous n’aimerions pas que vous, adulte, soyez frustrés de fiche, alors voilà une proposition permettant de relier à chaque activité son commentaire adéquat:

1. Vous promener seul sur l’Alpe des Chaux

  1. Recevoir votre courrier

  2. Avertir Swiss de votre non-embarquement 24h avant le départ de l’avion

  3. Retenir Pierre-Olivier dans notre pays

  4. Faire ses courses qu’une fois par semaine

  5. Devenir contaminé par la flegme ambiante

  6. Manquer de crème solaire

  7. Devenir totalement accro à Watsapp

Et les commentaires
A. Aléatoire, mais sans importance
B. En cours
C. De plus en plus difficile
D. Impossible
E. Pourrait arriver
F. Formidable
G. Permet d’innover
H. Probable

Joyeux Noël


English text below
Cher(e)s ami(e)s
La neige tombée ce jour,
Habillant notre montagne d’une robe de fée,
Les sapins décorés apparaissant aux fenêtres voisines,
Les jours si courts,
Le Solstice d’hiver fêté par les Romains comme le symbole du soleil invaincu,
L’épicéa, symbole de l’enfantement chez les Celtes,
Le recensement, la migration, l’accueil du voyageur,
La morale de tout un peuple basée sur l’humilité et l’affirmation qu’une richesse, même celle d’un roi, peut ne pas être matérielle,
En brassant le brouillard et la neige et en partageant l’esprit de Noël, nous baignons dans les symboles de renouveau, de simplicité, de partage et de rêves,
La période de Noël, un rappel de l’urgence actuelle,
Innover, pour atteindre des objectifs appartenant à un autre registre, aux moyens d’instruments à développer, jouant à une cadence accélérée
et croire que nous réalisons ce rêve et quittons l’utopie, tel est notre pari fou pour 2020.
Je nous souhaite du plaisir à faire nos courses par le plus court des circuits,
une grande richesse de nouveaux amis grâce aux trajets partagés,
une grande légèreté face à nos armoires vides de ce que nous n’aurons pas acheté, ni fait importer,
une grande mobilité et une grande liberté en récompense d’affranchissements face à de faux besoins,
un peu de folie nouvelle en observant les jeunes manifestant dans la rue.
P.S comme plaisir de partager, Pierre-Olivier a rénové notre carte postale, soit notre blog www.le-hanneton-farceur.com . Cliquez sur « suivre » pour vous abonner.
P.S bis: notre studio, 4 personnes, tout près des pistes de Barboleuse-Villars et de Frience, paradis familial pour la luge et les skieurs débutants, n’est que très peu occupé cet hiver. Osez vous annoncer, sans gêne, vous contribuerez aux frais! et se sera surtout un plaisir de passer une soirée ensemble . Transmettez cette info à votre famille, vos amis.
Joyeux Noël et tous nos voeux pour 2020
Danièle et Pierre-Olivier,
Dear friends
The magic landscape, full of snow, in magic foggy light at home, in our mountains,
The Christmas tree already celebrated by Celtic population as a symbol of birth,
The winter solstice celebrated already by Romans,
All Christmas messages speaking of humility, immaterial wealth, birth and innovation appear to us as hot topics specially this year, in the context of the climatic urgency,
Innovation, sharing, new goals, new values and believe that these are on-going dreams and not utopia, this is our challenge for 2020!
We wish to all of us
Pleasure to innovate new shoppings ways, nearer from the producers,
New friends thanks to shared mobility,
Freedom, lightness in front of our empty cupboards, alleviated of imported things, avoiding wrong needs,
Crazy hope looking the thousands of youngs in the streets in our country asking short term actions
It is our pleasure to send you some news, our « postcard » is our blog: www.le-hanneton-farceur.com in a renovated presentation, have a look!
It would be a pleasure to welcome you in our mountains, remember, we have a flat often available!
Merry Christmas and best wishes for 2020.
Danièle et Pierre-Olivier

Le retour: 10 – 29 août

Halifax – Hambourg:
Traversons l’Atlantique à bord de l’Atlantic Sun, un des deux plus grands navires jumeaux étant équipés pour le transport des containers, et des véhicules, plusieurs étages de garages.

Avons appareillé avec un jour de retard à cause d’une erreur de manoeuvre lors du chargement d’une machine de chantier ayant eu comme conséquence d’endommager une porte, devant être réparée pour que nous puissions partir.


Souvent du soleil, une cabine avec fenêtre, des chaises sur le pont, vent arrière de sorte que nous pouvons être dehors en ne sentant aucun courant d’air, même à une vitesse de 35 km/h, (plus de 19 noeuds), donc une belle traversée, très rapide. Seul notre capitaine est très en soucis car il a donné rendez-vous au pilote de port de Liverpool en s’engageant à rattraper le retard.

Un matin, réveil dans un brouillard épais, aussi dense que celui qui nous fait perdre l’équilibre sur les pistes de ski! Impressionnant d’être sur le pont, aucun repère, on flotte dans le coton et on continue toujours à presque 20 noeuds.

Nos co-passagers sont trois étudiants, scientifiques, intérêt respectivement pour la physique liée à l’environnement et aux conséquences économiques du réchauffement, pour l’écotoxicologie de l’’eau, et la génétique, tous ayant modifié leur façon de vivre pour diminuer leur impact CO2. C’est dire que les discussions sont d’un niveau élevé, ils rentrent très critiques face aux Américains après leur séjour dans la Silicon Valley par exemple. Tout se passe très bien, même si l’ingénieur des machines est plus enthousiaste pour nous montrer les pistons que le traitement des eaux usées, ou que le capitaine très fier de ce bateau « green », c’est-à-dire équipé d’un filtre spécial pour retenir les composés soufrés entre autres, de sorte que notre fumée est blanche, spécifie qu’évidemment le filtre est enclenché que dans les zones spécifiques où cela est requis!
Parmi les bons moments, quelques soirées de jeux comme le Quoridor,

aie….ils sont jeunes, rapides, réfléchissent avec stratégie…mais doivent quand même se mettre à deux ensemble pour battre P.-Olivier aux échecs! Nous nous retrouvons un autre soir les 3 filles devant les cartes du Dobble, Sarah aimerait trouver le schéma mathématique pour sa création. Alors si vous voulez de la gymnastique à neurones: il y a en tout 50 symboles différents, 55 cartes comportant chacune 8 symboles différents, et toute paire de cartes a exactement UN symbole commun. Comment créer les cartes, pourrait-il y en avoir plus? (en fait, 57 serait le maximum).

L’arrivée à Liverpool est impressionnante, le navire remplit l’écluse, il reste entre 20 et 40 cm de chaque côté, et on y arrive de biais! Notre paquebot fait 300 m. de long, à « enfiler » de biais et à ressortir en droite ligne; silence et concentration dans le pont de pilotage, nous sommes envoyés sur le toit, pour suivre à plus de 40m mètres au-dessus de l’eau la manoeuvre sans gêner du tout la visibilité.

Nous pouvons flâner une journée à Liverpool, où l’ancien port a été transformé en zone de promenade très agréable; décidément l’architecture industrielle aux briques rouges nous plaît énormément dans sa version rénovée, y mêlant des lignes et des matériaux modernes comme le verre.

Hambourg: arrivée complexe également puisque nous aurons pilote de mer, puis de rivière, puis finalement de port auprès de notre capitaine. Mais surtout spectaculaire, jusqu’en ville, passant tout près du nouveau bâtiment Elbharmonie, (salles de concert pour orchestre philarmonique, hôtels et….). Le public situé au-dessus de la partie en briques (7 -9 étages?) nous fait signe, nous sommes à leur hauteur, dans une position parfaite pour admirer la ville. Nous irons nous balader au centre, canaux, terrasses, un charmant tout petit bistrot indiqué par des locaux.

Après une matinée de queue et de formalités dont l’utilité et la logique nous échappent totalement, nous retrouvons notre Hanneton, cap sur Amsterdam. Visite que nous résumerons par: des kilomètres de canaux et de belles balades par une chaleur incroyable, des terrasses prises d’assaut par une foule impressionnante et en conséquence pas de billets disponibles pour le musée Van Gogh, mais bien du plaisir quand même.

Etape balnéaire le long de la mer du Nord, en Belgique. Chaleur parfois caniculaire, eau agréable, immense plage, tellement large:du linge à l‘eau, on marche…Paysage pastel à l’extrême, sable beige et brun mouillé, eau gris-bleue, ciel voilé, lumière surnaturelle. Une ligne d’horizon si peu nette, qu’un voilier tout proche, dont la voile et le génois sont bien visibles, semble flotter en l’air, largement au-dessus de l’eau. A ce paysage si spécial, s’ajoute les barres de blocs de béton, gris, surplombant la plage de leur dizaine d’étages. La brume atténue les sons, dans le silence, des pêcheurs ramassent des vers dans le sable, j’observe ce tableau pastel, silencieux mais plein de vie, en appréciant une chaleur y semblant étrangère.


Dernier souper en table d’hôtes dans une ancienne abbaye, l’abbaye du val de Choues, habité par un couple élevant une meute de chiens pour la chasse à courre. Nous nous endormons avec les hululements des chouettes, au milieu de la forêt bourguignonne.
Le lendemain,…..

Ainsi s’achèvent 24529 km, 149 jours de voyage formidable.

Traverser l’Atlantique avec son propre camping car, une bonne idée?

OUI, définitivement.
Mais voici une esquisse de réponse plus rationnelle prenant comme hypothèse que nous avons arrêté de travailler pour voyager et que le sud-ouest des USA était une des régions de nos rêves.
Esquisse de bilan CO2 pour les 5 mois, début avril-début septembre, pour nous deux
  • Trajet en cargo transportant des containers, des machines de chantier et autres camions: Le Hanneton n’a pas compté pour un millième de la charge transportée, notre cabine était une cabine non occupée par l’équipage. Nous considérons donc notre contribution CO2 comme nulle. Pour rappel, nous avons vu sur le bateau le traitement des eaux usées avec inactivation bactérienne et la gestion des déchets.
  • 23500 km avec notre Hanneton, 9.3 l de diesel/100km (valeur de l’ordinateur de bord) : 8.5 tonnes CO2 (référence site web My climate). Là, vous dites Aie,Aie….comme nous!
  • Autres consommations liées à notre vie en camping-car:
  • Environ 25 litres d’eau par jour, en restant fréquentables: 1 douche par jour et par personne) et en en consommant beaucoup sous forme de thé, tisanes et eaux de cuisson.
  • Environ 20 litres de propane par mois (un peu de chauffage, frigo, petit compartiment congélateur, eau chaude). La consommation serait doublée par des températures hivernales.
  • 40 ml de produit à vaisselle par mois. Astuce: laver sans produit, puis une goutte de produit sur la brosse, laver sans autre eau puis rincer. Produit de douche et autres utilisés avec la même parcimonie.
  • Liquide pour les toilettes: adapter les quantités au besoin selon la chaleur. En Europe, produit compatible avec les fosses septiques, ou produit biodégradable aux USA. La variante serait de passer aux toilettes sèches, ce qui est faisable si vous partez avec un camping-car fait sur mesure.
  • Electricité: autonomie complète grâce au panneau solaire: ventilation du chauffage, lumières LED, pompe à eau, recharge des téléphones, lampe anti-moustiques, appareil de photo. Ondulateur branché sur le moteur pendant que nous roulons pour recharger l’ordinateur.
  • Surface impactée pour notre logement (facteur important des bilans écologiques): nous avons quitté la maison familiale située dans un environnement propice à une famille active professionnellement au profit d’un appartement dans un endroit de vacances où les logements sont généralement vides. Notre société devrait aider financièrement les retraités pour ce genre de déménagements, vu la peine que les jeunes ont à se loger.
  • Autre consommation liée à la vie nord américaine:
  • Les aliments sont sur-emballés et la vaisselle de tous les petits restaurants et snacks est jetable. Nous avons donc généré beaucoup plus de déchets que d’habitude. Nous avons au moins utilisé nos sacs pour les courses et essayé de dialoguer à ce sujet, avec des retours positifs.
Si nous n’avions pas pris notre Hanneton,
  • Option 1: vol à San Francisco et voiture louée, impensable financièrement vu les hôtels et les repas au restaurant à ajouter.
  • Vol: 7.1 tonnes CO2.
  • Voiture: 15000 km à 7l/100km: 3.8 tonnes. Les kilomètres ont été diminués vu que nous n’aurions pas eu à traverser le continent.
  • Total : 10.9 tonnes CO2.
  • A cela s’ajoutent les impacts annexes de la vie en hôtels et aux restaurants, vaisselle jetable par exemple.
  • Option 2: vol à San Francisco et location d’un camping-car
  • Vol: 7.1 tonnes CO2.
  • Camping car américain au départ de San Francisco: 15000 km à 20l essence/100km:10.9 tonnes. C’est la consommation des plus petits camping-cars américains!
  • Total : 18 tonnes CO2.
  • Option 3: vol pour nous et son propre camping car sur le cargo.
  • Vol 7.1 tonnes CO2.
  • Camping-car: 8.5 tonnes CO2.
  • Total CO2 : 15.6 tonnes. C’est une option couramment choisie, quel dommage quand on a le temps! En plus, la traversée est une expérience intéressante.
  • Option 4: rester à la maison et ….déprimer, vu que nous ne sommes pas des artistes capables de s’évader grâce à nos compétences…. La moyenne suisse est de plus de 4.5 tonnes de CO2 par personne, sans considérer le transport international maritime et en avion (OFEV 2017). Mais en comptant les marchandises importées, elle grimpe à 14 tonnes! (OFEV, 2015) Vu notre consommation diminuée de manière globale (peu de biens de consommation) et le peu d’utilisation de la voiture en Suisse, il est difficile d’estimer si 4.25 tonnes par personne pour 5 mois (8.5/2) nous mènent en-dessous ou au-dessus de 14.5 tonnes. Disons que l’impact de notre voyage est au moins partiellement compensé par celui de notre changement de mode de vie.
Notre bilan CO2 est beaucoup trop élevé relativement aux objectifs qu’il faudrait atteindre pour la santé ou plutôt la convalescence de notre planète (1.5 t. /hab.en 2050, OFEV 2017), mais l’option de voyager en cargo avec notre camping-car permet de diminuer son impact environnemental relativement à celui engendré par les moyens de transport courants.
Alors, une question à tous les retraités voyageurs si nombreux que nous croisons: Pourquoi des voyages si souvent courts et en avion?
  • Pour gagner du temps pour….? Partir ailleurs et encore augmenter votre impact?
    Je provoque, non c’est humain. Si notre visite des USA n’avait pris qu’un mois, d’autres projets nous auraient tentés pour les autres mois.
  • 12 jours sur un bateau c’est long, mais chez vous ne vous arrive-t-il pas de flegmer une semaine entre lectures et autres activités sédentaires? Parfois d’autres considérations entrent en ligne de compte, la famille, des événements spéciaux mais pas systématiquement.
  • Des voyages longs sont plus difficiles pour la famille qui reste, et là il est vrai que chaque personne a son histoire et décidera du compromis acceptable.
  • Des voyages longs demandent plus d’organisation, paiements à distance etc…Mais nous sommes de mieux en mieux rôdés; et est-ce normal de nos jours que certaines organisations refusent un système de paiement à distance! A eux de s’adapter, pas à nous!
  • Le plus difficile, émotionnellement: s’alléger définitivement de tous « nos fils à la patte » tels que le jardin, le chat, et autre poisson rouge ainsi que des souvenirs matériels encombrants sans léser un animal évidemment… Que d’autres en profitent est aussi une satisfaction.
  • Ce mode de vie est déséquilibré, nous ne voyons pas notre entourage pendant quelques mois, sauf 24h/24h son adorable conjoint…Et ensuite c’est la grande vie d’invitations en rencontres. J’ai adoré avoir du monde chaque semaine pendant 10 semaines de la saison de ski chez nous à la montagne; on apprécie tellement mieux sa région en la faisant découvrir aux autres! Pour maintenir une bonne vie saine active et régulière, ce n’est pas top mais pour un esprit jeune et créatif, il paraît que le changement perpétuel c’est la santé!

En conclusion, n’oublions pas de nous poser les bonnes questions à chaque départ, et si nous choisissons l’avion dans certains cas, au moins payons nos compensations même si ce n’est qu’une solution très partielle, et militons au maximum pour faciliter la diminution de notre impact:
  • Pour plus de trains de nuit,
  • Pour la possibilité d’être embarqué sur les cargos sans que cela devienne des croisières de luxe déguisées,
  • Pour améliorer la prise en charge et la place des bagages dans les trains,
  • Pour plus de wagons cyclo-compatibles,
  • Pour plus de transports de voitures par le train, même en-dehors des mois d’été.
Nous, les retraités représentons une forte proportion des voyageurs de loisir avec en plus un pouvoir d’achat certain, donc nous pouvons et devons faire entendre nos revendications.
Et notre hanneton a vécu une vie de starlette pendant 3 mois et demi
Fini les:
« I love your véhicule, so cute! » reçus à la volée dans les parkings
Les visiteurs dans chaque camping, presqu’en file…
« It must be so nice to drive it » par les chauffeurs d’immenses pick up avec caravane
9.3 l/100km: Amazing! Unbelievable!
Les pouces levés et les sourires aux feux rouges, « I love it »
« No electricity required and no generator? How do you do? » A l’entrée des campings alors que la région est si généreuse en soleil

La plage, 1er au 11 août

Nous terminons notre voyage par de belles plages, à Bouctouche au Nouveau Brunschwig puis vers Pictou en Nouvelle Ecosse. Villages de petites maisons en bois blanches avec quelque touches de couleurs vives, pays de homards, palourdes, crabes et océan turquoise.
Bouctouche: la route suit la côte, traverse la station.

Camping à la ferme, production de différents « vins » de bleuets (myrtilles), sureaux rouges et fraises.

Promenade le long d’une partie de la magnifique dune sauvage de 12km s’éloignant progressivement de la côte pour former une presqu’île très étroite et enfin complètement au calme, voyons des traces de renard sur le sable. L’eau est calme, mais assez fraîche.

Pictou: magnifique plage dans un parc provincial, loin de toute route, le camping est dans la forêt bordant la plage. L’eau est bonne, fantastique, pas de moustiques en journée, seulement quelques uns de ces plus gros insectes ressemblant à des taons.

Retour à Halifax où nous étions à Pâques avec un temps humide et froid: arrivés par le soleil et le chaud, la pluie sera vite de retour.

Le pub « the Triangle » est toujours aussi sympa, le bon cidre local, les bières, la musique, aussi chaleureux dedans que maussade dehors, un vrai retour en Ecosse comme préparation au grand retour.

Nous logeons dans une chambre d’étudiants à l’université, grandes bâtisses de pierres, salle austère pour le déjeuner, Harry Potter n’est pas loin. Rencontrons un couple, Sarah et Simon, environnementalistes rentrant en Allemagne à bord du même cargo que nous.

Départ prévu pour Hambourg dimanche 11 août au petit matin.

Retour à l’Est et au Canada, du 16 au 31 juillet.

Nous traversons les grandes plaines vers l’est, quelques formations rocheuses, puis de l’agriculture et de l’élevage, le pays est vert!

Après la descente du col de Beartooth, nous nous mettons en route pour 2 jours et demi de route sans visite, « avalant » jusqu’à 780 km d’une journée.
Nous rendons visite à Carmen, venue quelques jours chez nous dans le cadre d’un voyage d’étude avec sa classe de français il y a une douzaine d’années. Retrouvailles dans sa belle maison de Bayfield, une petite station sur la rive sud du lac Supérieur. Ambiance de vacances, terrasses, une boutique de glaces « home made » incroyable, petites maisons blanches et beaucoup de cultures de fraises, et de vergers de pommiers et cerisiers. Le temps est bien chaud, certains se trempent même dans le lac, l’air très humide convient encore mieux que la normale aux moustiques, réputés déjà bien établis dans les état du Wisconsin et du Minnesota.

Nous nous baladons le long des rives, le sol est sablonneux et les berges s’érodent fortement malgré les arbres. La forêt est dense, une vraie jungle.

Ici les ours noirs sont chassés, l’espace est immense relativement à la présence humaine, donc les promeneurs ne les voient pas. Carmen voit par contre des coyotes depuis ses fenêtres.

Le lendemain, marché des artisans à Bayfield, la belle-famille de Carmen est là, pour vendre des petites flûtes de confection maison et quelques pendentifs en pierres fluorescentes, collectées sur les plages du lac.
Nous contournons le lac Supérieur par l’ouest, passant la frontière canadienne à temps, notre visa expire le lendemain. Nous avions comme il se doit terminé nos aliments frais mais la douanière canadienne très aimable n’est pas montée à bord et ne nous a pas posé de questions à ce sujet. Seuls les armes, les alcools et les cigarettes ont fait l’objet de ses questions et notre retour prévu en bateau. C’est à ce poste d’entrée au Canada que notre petite fiche est enlevée du passeport pour quittancer notre sortie des USA, la douane canadienne la transmettra aux douanes US. Nous pensons qu’il est important de demander que cette fiche soit enlevée du passeport à la sortie des USA, mais n’avons pas testé les conséquences d’une omission.
Une étape à dormir dans la forêt au bord d’un petit lac, la moindre place répertoriée est prise, c’est samedi soir! Mais de ce fait, nous dormons hors place, directement au bord de l’eau, bien plus joli que les emplacements enfouis dans le bois; tout aussi habité….par un choix d’insectes divers.

Nous avons beaucoup roulé ces derniers temps, s’impose une étape dans un camping près de Thunder Bay, rive nord du lac Supérieur, lessive et baignade dans la rivière, piscine naturelle de plus de 2 mètres de profond.

Le temps est changeant, brumeux d’humidité, nous dépassons plusieurs cyclistes, le tour du lac est un classique de quelque 2300 kilomètres! Beaucoup de parcs, de sentiers de ballades indiqués mais nous préférons avancer, dormant à Terrace Bay, une magnifique plage puis arrivant près de Wawa. Pour éviter les autoroutes de Montréal, Québec, nous décidons de passer par le nord, apparemment, nous avons de la peine à l’idée de retourner dans la civilisation! Mais au carrefour, une hésitation: et si nous allions juste prospecter à Wawa où il semble qu’il ait une bonne location de kayaks, histoire d’avoir des renseignements pour une autre fois…

Les deux plages de chaque côté du promontoire sont idylliques, connues des peintres naturalistes, l’eau excellente mais fraîche pour se baigner (selon moi, donc comprenez que j’étais seule à nager), le temps annoncé beau pour le lendemain. Rendez-vous pris: ce sera 3 heures avec une monitrice, puis les kayaks pour nous le reste de la journée. Nous faisons un peu d’échauffement et de théorie puis une petite sortie sur la rivière avec beaucoup d’exercices, virages longs et courts, safran à l’eau ou relevé, exercices de chavirage et remontée à bord, le plus difficile. L’après-midi, des bonnes petites vagues courtes ont corsé notre sortie sur le lac; alors nous sommes revenus admirer la hutte de castors sur la rivière.


Le soir, une des plages pour nous, et notre feu.


Enfin, nous pensions être tout seuls quand dame cane a passé….Cet espèce groupe les jeunes de plusieurs familles, une garderie? Oui, dans une stratégie de protection. La masse de canetons est plus imposante et leur chance de survie augmentée; à terre, une grosse boule, sur l’eau une ligne dense et serrée; nous peinons à compter la vingtaine de becs.

Le second soir, un jeune couple plante son gros 4X4 sur la plage bien en pente, et de sable bien profond … Je vous épargne nos commentaires et leur étonnement de s’être enlisés. Ainsi, nous savons que nos plaques de désensablement sont très efficaces sans s’être enlisés nous-mêmes!
Enchantés de nos débuts en kayak, nous filons au nord, longue route de plusieurs centaines de kilomètres dans la forêt pour Val d’Or puis Chibougamau. Le Canada des rivières, étangs, lacs, est bien présent mais se voit peu depuis la route car la forêt est très dense. En allant vers le nord, les épinettes si typiques laissent un peu plus d’espace aux marais, la canopée perd aussi de la hauteur, le paysage s’ouvre plus.

Val d’Or:

  • Des mines d’or encore en fonction, un village minier historique aux jolies maisons de rondins entièrement bâti par la compagnie dans les années 1933-34, donc relançant l’économie en pleine dépression,
  • La terrasse sympathique d’une microbrasserie où le serveur, aussi assistant social actif chez les Indiens nous parle du long chemin qu’il reste à combler entre Blancs et autochtones, du racisme encore présent, des différences de qualité entre écoles en ville et écoles en villages autochtones, de la délinquance des jeunes, de l’argent vite gagné dans les mines, mais de l’absence totale de sécurité de l’emploi.

Chibougamau:

  • Une île en quelque sorte: au bout de 400km de forêt, oû il est souvent difficile de s’écarter ne serait-ce que pour la pause de midi,
  • Une ville aux maisons proprettes, aux jardins fleuris, quelques boutiques. Malheureusement pour ma recherche d’ aiguille circulaire, ce sont les vacances et la boutique de laines est close. Je remarque que c’est également une structure sociale d’écoute pour les femmes, en cas de violence par exemple, et un centre de promotion de l’allaitement! Du social pratique, génial, non?
  • Nous dormons au bord d’un lac, sur le petit parking des employés du service des eaux, comme nous le réalisons le lendemain matin. Mais personne n’y trouve à redire quoi que ce soit.

Village Oujé Bougoumou, proche de Chibougamau:

Village Oujé Bougoumou, proche de Chibougamau:

  • Village Cri (nation indienne), architecture moderne mais inspirée par la culture cri,
  • Bâti de toutes pièces avec le support de la compagnie hydraulique ayant construit des barrages dans ce territoire pour les Cris devant se reloger. Le village est au ralenti, un week end durant les vacances, donc impossible d’essayer de sentir s’il a une âme,
  • Des affiches encourageant à garder sa culture tout en prenant son avenir professionnel en mains,

Quittons l’Ontario pour arriver au Québec, nous nous délectons de l’accent et des expressions, d’une baignade dans le lac St Jean, d’un petit arrêt à Chicoutimi où nous étions venus en hiver trouver Joseph qui y étudiait. Souvenirs, souvenirs aussi à Tadoussac et en passant devant le zoo de St Félicien, une région que nous avions visitée en famille lors d’un précédent voyage.

Visite d’une cabane à sucre familiale. L’eau d’érable est concentrée par osmose et par évaporation en sirop. La collecte ne se fait qu’au printemps, idéalement lors de températures de-5C la nuit et +5C le jour.

Nuit au joli village de Sainte Rose du Nord.

Depuis des mois que nous vivons au rythme des bonnes surprises, de notre envie de s’arrêter ou d’avancer, notre programme se construit au jour le jour, alors dans l’après-midi nous nous rendons aux Escoumins pour prendre le traversier et continuer notre périple sur la rive Sud du St Laurent.
« Pas sûr que vous embarquiez, mon traversier est plein »
« Pas de soucis nous attendrons le suivant »
« Il n’y en a plus ce soir et aucune place avant deux semaines ». Moi qui avait la réputation de l’organisation détaillée bien à l’avance et qui réservait les vacances d’été familiales à Noël, cela me semble juste impensable de m’organiser deux semaines à l’avance!!!
Après nous avoir donné de l’espoir, nous n’embarquerons pas et filerons à St Siméon (pas de réservation) où nous aurons plus de chance en étant le dernier véhicule embarqué. Mon sens de l’organisation s’est mué en plaisir de savourer l’imprévu jour après jour.


Brouillard sur le St Laurent

Yellowstone ou une semaine sur un couvercle de marmite à vapeur en surchauffe

La surprise de l’étape: qui est ce nageur?Nous sommes en camping au milieu du parc grâce à une colocation de place in extremis, avec un jeune couple de Bernois. Partis à 6h20 avant déjeuner, nous sommes arrivés vers 9h30, bien trop tard. Ils étaient devant nous dans la file et ont eu l’avant-dernière place, ouf! Après 2 jours, nous gardons la place pour nous, prêts à la partager, mais n’avons aucune demande dans ce sens. Ce n’est pas trop la coutume.Nous roulons de geyser en vapeur fumante, et en petits lacs bouillants de différentes couleurs. C’est magique!
En résumé: Une éruption a eu lieu il y a 640000 ans, laissant un immense cratère de plusieurs dizaines de kilomètres de diamètre. Ce cratère solidifié est mince, la croûte terrestre n’a que 2 à 5 km d’épaisseur. L’eau de pluie et la neige percolent à travers cette croûte et atteignent des roches chauffées  par le magma. Sous pression par la chaleur,  et surélevé de 600 mètres par le jeu des plaques tectoniques, cette eau sort un peu partout dans ce parc. S’il y a constriction, cela fait des geysers, si le canal de sortie est plus large, des lacs fumants, des sources chaudes et des lacs de boue en ébullition continue si l’eau a dissout beaucoup de roches lors de sa montée. La vapeur , qui peut atteindre plus de 200°C,  se chargent aussi de minéraux tels que l’arsenic, le manganèse, le fer par exemple, tous colorés.
Mais la géothermie se complète par la microbiologie! Un voyage aux origines de la vie. Nous pouvons contempler les mares et lacs d’un turquoise parfait et lumineux et les ruisseaux oranges et verts d’un oeil purement artistique, ou réaliser que nous sommes devant des populations de bactéries vivant dans des conditions extrêmes, étudiées comme « modèle » du début de la vie. Des algues et des bactéries dont des thermophiles extrêmes, vivent à l’aise certaines à 70°c, d’autres à 50°C, certaines en milieu alcalin, d’autres en milieu acide. Les bactéries spécifiques à diverses températures ont des pigments différents d’où des mares vertes pour les algues (préférant le tiède), oranges ou bleues turquoises pour les bactéries. Un vrai thermomètre coloré! Certaines bactéries spécifiques se royaument dans une eau acide, transformant les oxydes de soufre en acide sulfurique dans un milieu très riche en fer. Elles sont étudiées car ce sont des conditions assez similaires à celles de la planète Mars. La palette de dame Nature peintre est donc bien odorante! Ailleurs, la silice à la blancheur de porcelaine se dépose autour de certains geysers.  

La fréquence des éruptions est très variable, les geysers connectés par leur réseaux souterrains ont des éruptions aléatoires alors que les solitaires sont plus réguliers, pour la joie des touristes qui arrivent au spectacle à la bonne heure.
Entre les groupes de geysers, sources chaudes, trous bouillonnants et rugissant comme des portes de l’enfer, nous parcourons des étendues de forêts, de prairies de sauges et de zones humides incroyables, entre 1900m. et 2700m. d’altitude. Là, c’est la traque à la faune, en voiture, assez rocambolesque. Les photographes de petites fleurs peuvent créer un attroupement, un bouchon….comme les bisons ou les wapitis décidant de traverser la route.  

Pour nous, la bonne surprise aura été un bison décidant de changer de rive de rivière. Nage tranquille, sortie de l’eau un peu lourdaude, puis il s’est ébroué la tête comme le font les chiens! Mais la tête d’un bison, c’est vraiment impressionnant!Nous optons pour des levers tôt, retour à la tombée de la nuit, histoire d’admirer les geysers sans la foule et de voir plus d’animaux le soir. 
Troupeaux de wapitisUn coyote un peu paniqué m’oblige à bien ralentir
Pour les balades, nous peinons un peu à dire vrai. Les geysers sont ce qu’il y a de plus spécial relativement aux autres parcs et pas besoin de grandes marches pour les admirer, de jolies petites balades permettent quelques beaux points de vue relativement tranquilles. Nous sommes drillés à chaque début de sentier, à chaque discussion avec les rangers, sur chaque table de chaque place de camping, lors de l’achat de….notre spray contre les ours. Nous pourrions mimer en dormant les bons gestes devant l’ours non agressif, le grizzli agressif, et celui ayant passé à l’attaque, également différencier l’ours noir et le grizzli par le profil et par les traces. Mais pour partir en longue marche, nous avons un peu d’hésitation, bien que les risques pris en roulant jusqu’ici soient bien plus importants! 

Un jour nous roulons plus de 200 km dans le parc, pique-niquant, nous arrêtant systématiquement aux bonnes clairières à la bonne heure pour admirer enfin ces fameux ours. Rentrés bredouille de nuit au camping, le voisin arrive: « Faites attention, ne sortez pas de nuit, une ourse et ses 2 rejetons étaient ici même, dans le camping, aujourd’hui ».  
Le lendemain, nous améliorons notre technique: nous nous arrêtons comme toujours lorsque nous voyons des voitures arrêtées pour apprendre qu’il ya eu des ours, qui sont maintenant partis. Schéma classique. Nous décidons de rester sur place lorsque tout le monde s’en va, et en effet les 2 ours noirs se sont remis en marche, nous les avons vus!
Nous quittons le parc par le nord est, la vallée de Lamar, vallée glaciaire magnifique. Là, de petits groupes de voitures se sont arrêtés pour différentes mères ourses noires avec leur ourson. Nous les avons manqué de peu et décidons de rester sur notre place d’évitement. L’avantage avec notre hanneton, c’est que nous avons toujours le garde manger, le tricot, la lecture, les jumelles avec nous! L’ourson revient, mais je le repère en marchant, où est la mère? Nos jumelles et nos regards bien dirigés vers cet « adorable » ourson noir au museau clair, commencent déjà à créer un début d’attroupement. Là, la mère arrive tranquillement, …et se dresse, quelle bête impressionnante, les consignes si bien répétées ne sont appliquées par personne! L’ourson choisit de brouter et fouiner le sol en se rapprochant toujours plus de nous, les 90 mètres de sécurité ont grandement rétréci, la mère ne suit pas, nous ne la verrons plus. Nous avons regagné la proximité de notre hanneton, et réalisons que cet ourson a déjà bien la taille d’un petit mouton. Perdu de vue, puis revu plus loin, l’ourson aura fait une promenade d’en tout cas 1 km le long de la route, créant un bel embouteillage. 

Nous quittons le Yellowstone, et passons le lendemain le col de Beartooth à plus de 3300m., névés, vent, grands plateaux, canyons avant de descendre dans les grandes plaines.

Départ pour le Nord: Bear lake, Jackson et Grand Teton National Park, 29 juin – 9 juillet

La question du jour: de quelle langue est issu le mot « orignal » ? Une bonne bouteille à partager sur l’Alpe est en jeu!
En route pour le Yellowstone, une découverte le « Bear lake », eau claire, nous nous baignons, campons à raz l’eau en compagnie d’un couple de pélicans.

S’ensuit un arrêt dans un vrai camping équipé, et une journée nettoyage, lessive, où tout est sorti du camping car, TOUT!! Nous retrouvons une bière qui avait filé dans les sous-sols….Par chance, nous avons pu obtenir une place pour tente et non pour camping-car: sans voisins avec générateur, avec plus d’arbres, le glouglou de la rivière et beaucoup d’espace!
Jackson:
Une petite station à 1900 m. d’altitude, des maisons en bois, style « cow-boy touristique », et surtout une poste restante supposée garder le courrier. Deux bureaux de poste, nous nous rendons dans le mauvais bureau, celui n’ayant pas la poste restante, mais nous y faisons la connaissance de Jane, venant nous proposer de nous mener au bon bureau et de nous loger dans sa cour quand nous le désirons, en tout cas pour le 4 juillet (fête de l’indépendance) qui est dans 2 jours. En attendant, nous partons pour Grand Teton NP.
Grand Teton National Park:
Une vallée glaciaire très large, verte, des prairies de sauge, des zones humides, de la forêt surtout sur les pentes et des montagnes enneigées bordant la vallée. Nous passons une journée à « traquer » l’animal sauvage en voiture….la meilleure tactique étant de s’arrêter où d’autres voitures sont stationnées. Nous admirons, souvent à l’aide de nos jumelles, quelques orignaux,

un grand troupeau de bisons (les mâles peuvent dépasser la tonne),

quelques wapitis et des antilopes américaines tellement gracieuses (la kératine de leur cornes pleines tombent chaque année, animal le plus rapide du continent américain, pointes à 86 km/h).

Nous prévoyons de marcher autour de 2 lacs, (two Ocean lake et Emma Matilda lake) moins peuplé que le lac Jenny, magnifique mais bondé. Des essaims denses de minuscules moustiques, un panneau « Etes-vous prêt à être attaqué par un ours » complétant les innombrables messages de prévention habituels nous font faire demi-tour.

Je suis piquée à travers les habits fins, c’est insupportable. Plus loin, un grand attroupement sur la route, des rangers, donc nous allons aux nouvelles. Une jeune grizzli de 2 ans, un peu perdue de vivre hors du giron maternel depuis quelques mois, fait la sieste dans la prairie. Nous voyons juste sa tête grâce à nos jumelles. C’est une bonne chasseuse qui a déjà tué plusieurs jeunes bisons mais a été rôder dans un camping tout proche. En conséquence, elle porte un collier pour être suivie. Si elle retourne trop souvent au camping, elle sera euthanasie comme d’autres de ses congénères chaque année. En attendant, il semble qu’elle n’ait pas envie de sortir de sa sieste, malgré ou à cause de l’énorme public qui la guette. L’occasion de discuter avec des rangers nous apprend que la balade que nous avions tentée se situe dans une zone réputée pour ses grizzlis mâles! Heureux d’y avoir renoncé, nous partons le lendemain autour des lacs Taggart et Bradley, site prisés des ours noirs (qui peuvent être de différentes couleurs mais sont plus peureux moins souvent agressifs).

D’ours, nous ne verrons qu’une crotte fraîche, mais une belle végétation, toujours beaucoup de fleurs, et la belle vue sur les Tetons, dominant la vallée de leur 4000m.

Retour à Jackson:
Nous nous installons dans la cour de Jane et Dick,

sommes immédiatement embarqués pour un apéro, un souper et une soirée dans un pub « cow boy », animaux empaillés, décoration de bois, grizzli empaillé ayant été tué à mains nues par un chasseur réputé, peintures de diligences, tout y est, sauf l’orchestre local pas du tout de style country.

On danse, P.-O se désespère de toute notre tablée qui a décidé de passer la soirée à l’eau du robinet avec glaçons. Il faut boire de l’eau à cause de l’altitude selon une bonne marcheuse sportive, nous transmettrons ….de retour en Suisse! Nous rentrons rapidement, mais tout de même les derniers de la tablée.

Le lendemain matin, parade du 4 juillet, Jackson est une ville réputée pour la fête nationale. Le cortège comporte beaucoup de véhicules, défilé de jeeps, de camions pompiers rutilants, voitures anciennes. A cela s’ajoute les scouts, les associations de toute sorte, et les représentations commerciales, comme les banques. peu de piétons, un seul orchestre, pas de char fleuri, mais la police à cheval.

Le soir, en route dans le vieil SUV, selon Dick cela fait partie de notre visite des US, nous sommes invités à un souper canadien extrêmement sympathique chez une de leurs amies architecte, mares dans le jardin, vue sur les montagnes. Une vingtaine de personnes, toutes plus intéressées par notre voyage les unes que les autres, nous sommes plus qu’accueillis, nous sommes attendus!

Tout ce monde est sportif, se connaît par les marches en montagne et est férocement démocrate! Jane et Dick viennent de New Jersey et ont de la parenté ayant travaillé directement pour les Clinton. La politique n’est pas un sujet favori tellement la situation de leur pays les révolte. Délicieux plats maisons, pies, mais vers 21h. la soirée est terminée.

Nous nous installons sur la terrasse du toit chez Jane et Dick pour admirer le feu d’artifice.

Jane est extrêmement chaleureuse, Dick est dans une excellente forme physique, ayant passé adulte du télémark au snow board; nous espérons les accueillir chez nous un jour.

Et retour dans le Grand Teton NP
Nous nous installons dans la partie nord cette fois, à Colter Bay, au bord du Jackson lake.
Merveilleuse marche le long des rives et dans des forêts denses, où nous progressons seuls, poussant parfois une « boêlée », selon les recommandations dans les endroits sans visibilité sur la suite de notre trajectoire, pour éviter de surprendre un ours. L’idéal serait d’en observer un de loin, ou sans qu’il nous ait vu. Ce n’est pas encore pour aujourd’hui.

Magnifiques coup d’oeil sur les montagnes, les rives et retour le long de ruisseaux, de mares. Notre seconde marche nous fera suivre le « Cascade canyon », balade le long d’une importante rivière, neige sur les hauteurs vers 2700m., magnifiques reflets dans le torrent s’élargissant parfois en se partageant en plusieurs bras séparés par des îles recouvertes d’arbustes, un délice pour l’énorme orignal mâle (ou élan) que nous contemplons en plein repas.

Ses bois, tombant à chaque automne et repoussant chaque printemps, poussent de 2.5 cm/jour, pouvant atteindre un poids de 20 kg. Au début du printemps, ses bois sont recouverts d’une peau dite de velours.

Deux jours supplémentaires de calme et repos: téléphones en Suisse pour le plaisir d’avoir d’excellentes nouvelles, (bravo à Joseph pour son excellent master, bonne humeur de Nathalie en Pleine Forme); petite trempette pour moi dans le lac, pas si froid vu la neige et les cascades alentour, bricolage et entretien après plus de 16000km., grillade, amélioration de la fabrication maison du pain, une des rares mauvaises découvertes dans ce pays, à mettre dans la même catégorie que les générateurs des gros camping-cars.
Le nouveau jouet: une seule fonction mais elle est pliable ce qui lui a valu une exemption à la règle! (Jacqueline’s rule: tout objet doit avoir au moins deux utilisations pour entrer dans un cc).
L’occasion aussi d’aller à une causerie d’un rangers nous expliquant encore et encore que nous ne devons rien laisser comme déchets ou nourriture pour que la faune sauvage le reste, que l‘ancienne attitude dans les parcs favorisant le contact avec les ours est bien terminée. Personne ne peut ignorer la différence de morphologie entre un ours noir et un grizzli, le port recommandé du spray anti-ours, de ne jamais courir, ni de laisser de la nourriture dans sa voiture. Pour le moment, nous vivons au milieu des écureuils roux ou rayés et des petits rongeurs (pika) qui sont absolument partout en nombre,

et les mini-moustiques sont ceux qui nous agressent!

San Francisco, 23 – 27 juin 2019

Le détour était de taille, quelque mille kilomètres, mais Pierre-Olivier n’ était jamais allé….Alors en route….
Rouler en Californie, atteindre la ville par le Bay bridge, être dans la bonne présélection en ville, confier notre hanneton à un chauffeur qui l’a mis dans son parking privé, et ressortir de la ville 4 jours plus tard, rien n’a été simple et ce n’est pas le conducteur qui a eu le plus de sueurs froides. Il n’y a pas de parking-camping où nous aurions pu dormir.
La circulation beaucoup plus nerveuse, la grisaille, l’humidité du Pacifique, les prix qui prennent l’ascenseur, les sans-abris sur les trottoirs, nous arrivons par Tenderloin, un quartier où les guides recommandent de ne pas aller. Où est la Californie rêvée par les colons, celle des vergers, du soleil et du mythe américain ?
Choquant de voir un aveugle mendier pour pouvoir aller se faire soigner les yeux dans le pays des technologies de pointes. Ceci est connu, mais le constat sur le terrain est prenant. Est-ce encore la ville où le crack est bon marché, est-ce les prix si élèvés en Californie qui génèrent plus de pauvreté, je ne me permettrais aucune analyse hâtive, mais force est de constater que la déchéance humaine visible dans les rues du centre, même touristiques, animées, hors de Downtown ou Tenderloin, est triste, choquante par le nombre de personnes de tout âge totalement dans leur monde, au comportement parfois hystérique, au physique également en mauvais état. Ceci en plus de la pauvreté des sans-abris.
Mais aussi quelques bonnes découvertes:
Le quartier chinois, une ville authentique de 150’000 habitants, un petit restaurant où les clients se connaissent ( Pacific str. , ) de nombreuses épiceries. Avec les conseils d’une jeune Chinoise, nous nous achetons des fruits beaux rouges, des mangues jaunes bien différentes de celles que nous connaissons, délicieuses. Mais le soir, le quartier est mort, tout est fermé. Même la journée, ce quartier populaire par bien des aspects est exempt de sans-abris ou de drogue dure visible.

Quittance de restau

En-haut, en-bas, nous montons et descendons quelques-unes des collines; incroyables par leur nombre et la pente.

Une visite sympathique, celle de la centrale des câbles auxquels les fameux funiculaires s’accrochent grâce à un système de pince pour être tiré ou retenu. Le charme de la ville est là intact.

San Francisco, ville mythique pour notre génération, capitale de la contre culture en 1967, qu’en reste-t-il?

Aucune nostalgie dans les mentions de cette période il me semble. Reste le cannabis libre, voir promus dans les brochures destinées aux touristes, avec la recommandation de le consommer en privé et non dans la rue. Alors là, on tombe dans l’hypocrisie politiquement correcte!
La petite maison en mauvais état de Jimi Hendrix, des peintures murales présentant Janis Joplin entre autres, dans ce quartier de maisons victoriennes, délaissées après la seconde guerre mondiale par ses propriétaires riches lors du développement de la communauté noire. Une aubaine pour les 50 000 hippies s’installant dans le quartier et ses parcs durant ce fameux été 1967.

Le quartier Castro, est très calme, maisons victoriennes refaites, entretenues pour la plupart, une habitante nous confie qu’actuellement c’est le quartier où acquérir une maison est mission impossible.

A deux pas de là, un quartier bien animé, quelques ruelles extrêmement étroites où les magnifiques peintures murales appellent à la lutte des classes, à la justice, parlent racisme, exclusion, souffrance, parfois de façon simpliste. Nous y rencontrons un jeune professeur ou éducateur essayant de déclencher la passion chez un groupe d’adolescents, une caricature, autant par certaines explications simplistes, que par la non-réaction de son auditoire! Je n’ai pas pu m’empêcher de l’écouter sur le chapitre « mise en bouteilles de la totalité de l’eau mondiale par Nestlé et Coca Cola ». Ces peintures restent toutefois tristement d’actualité, celle concernant l’immigration en venant du Mexique interpelle évidemment dans le contexte actuel.

Et puis, nous L’AVONS TROUVÉE!

« C’est une maison bleue accrochée à la colline….. ». verte à l origine, repeinte, mais elle est mignonne, bien tranquille dans le quartier Castro.

Ainsi que le Golden Gate bridge comme les cartes postales ne le montrent pas!

Et la suite de la chanson « San Francisco s’embrume,…. »

Zion – Lake Powell – Grand Canyon North – Death Valley – Mammoth lake – Yosemite, du 8 au 23 juin.

Chaleur et soleil au rendez-vous tous les jours pour ces étapes très variées, en altitude, en ambiance, et en couleurs.
Zion
Arrivant par l’est, cheminement entre des dômes dont les couches sont fendues perpendiculairement, (eau et gel), de véritables damiers.
Nuit à la sortie ouest du parc, en plein désert avec vue sur les montagnes.
Mais une foule incroyable, des chemins fermés pour cause de chutes de pierres et un paysage moins spectaculaire à nos yeux, nous sommes partis après une demi-journée. P.-Olivier a renoncé à la seule grimpette costaude, n’ayant pas l’habitude de faire la queue en montagne pour tenir la chaîne le long d’une falaise.
Je me balade vers des cascades, rencontre une Ranger, apprend qu’une des espèces de renard de ce parc grimpe aux arbres pour chercher les oeufs dans les nids.
Lake Powell
L’idée d’une pause balnéaire. Même cette activité classique et standard est différente ici qu’en Europe. Camping-cars alignés sur le sable surplombant la plage, le niveau d’eau étant beaucoup descendu cette dernière décennie. Non, nous ne nous enlisons pas du tout! Bateaux, jet skis et quelques jeeps sur la plage, peu nombreux, mais déjà trop présents.
L’eau est sablonneuse, donc pas translucide du tout, bien tempérée, bordant une plage de sable fin bien chaud! D’ailleurs, il n’y a pas de broussailles donc il fait trop chaud pour les serpents! (j’avais un mauvais souvenir à ce sujet sur cette plage).
Visuellement, tout est nu, couleurs pâles, un paysage minéral, beige-rosé, éclatant de luminosité.
Le soir, beaucoup de feux, un ciel étoilé, un grand calme. Le feu pour le plaisir plus que pour la grillade, une valeur traditionnelle extrêmement ancrée.

Nous quittons le lac Powell par la route du sud, passant le barrage et descendant au niveau du Colorado pour le traverser. L’ancien pont, un élément capital pour les échanges commerciaux est devenu piétonnier et a été doublé d’un nouveau pont routier, s’intégrant parfaitement.

La vallée est totalement plate et le Colorado dessine ses méandres, ayant creusé tout-à-fait verticalement son chemin dans ce plateau qui a été surélevé, il y a bien des millions d’années, par les mouvements des plaques tectoniques. Aucune pente intermédiaire, aucune transition entre l’horizontalité et la verticalité parfaites.

Puis nous grimpons pour arriver dans le parc national du Grand Canyon, rive nord. Des forêts diversifiées splendides, toutes sortes de pins, c’est vert, chaud et nous sommes déjà à plus de 2000m. d’altitude.

Grand Canyon nord
Le parc est bordé par une « national forest » ce qui signifie que nous n’avons pas besoin de permis pour dormir n’importe où. (Nous ne dormons jamais dans les parcs car les campings y sont pleins, et que le bivouac hors camping y est interdit). Tout campeur dans ce pays finit son voyage avec une certaine connaissance du cadastre et de ses termes!. Nous nous écartons juste de la route principale…..juste 40 km de terre battue pour arriver à une prairie terrasse, « Marble view point, » surplombant un canyon latéral. Une sérénité incroyable!
Une tente remorque est cachée entre les arbres, nous faisons connaissance d’un couple extrêmement sympathique ayant beaucoup d’humour. Intéressant équipage: la cuisine se tire hors de la remorque, la suspension de la tente pliée sur remorque est faite pour du tout-terrain costaud, les vélos se mettent par dessus une grille couvercle, mise en position verticale à l’arrêt pour fixer la douche! Nous finirons la soirée au Hanneton, avec le whisky US pour ces messieurs. Leur fille est en Suisse, peut-être les reverrons-nous chez nous!
Allant au bout du chemin pour le coucher du soleil, nous rencontrons un autre couple, jeune, installé aussi dans une tente sur remorque. Par une fin de journée aux couleurs splendides, nous sommes invités à jouer au « Horseshoe», une pétanque cow-boy!
2 équipes, deux piquets distant de plus de 10 mètres et des fers à cheval plus grands que les authentiques, lourds, à lancer depuis un piquet vers l’autre piquet. 3 points si votre fer tombe enroulé autour du piquet, bonne chance, cela n’est jamais arrivé! 2 points si votre fer à cheval touche le piquet et 1 point s’il est distant du piquet de moins d’une largeur de fer. C’est lourd, cela ne roule pas, la distance est longue, la lumière au coucher du soleil diminue…..bref, encore bien plus difficile que sympa comme jeu!!! mais les jeunes s’étaient beaucoup exercés la journée, être vers leur campement dans un beau coin de nature, perdu, sans forcément faire de grandes marches, c’est je crois le plaisir de nombreux campeurs rencontrés.
Visite de la rive nord proprement dite, dans le parc national: splendide. Le Colorado est plus éloigné que depuis la rive sud, nous contemplons surtout des canyons latéraux, mais c’est magnifique. Un hôtel ancien, plein de charme borde la falaise.
Nous faisons un petit bout du chemin de descente, celui emprunté pour relier en 2 ou 3 jours les deux rives puis une balade sur le plateau, parmi les pins et menant à un point de vue (uncle Jim trail).
Nous nous rendons en voiture au point le plus élevé (alt. 2700m. env.) au dessus du Colorado (alt.735 m.). Splendide de contempler la vallée si plate ainsi que les barres de rochers rouges que nous avons traversées en venant du lac Powell ainsi que tous les canyons rejoignant celui du Colorado. Pour rester dans la magie de ce coup d’oeil, nous retournons au vieil hôtel pour un souper buffet délicieux, coucher de soleil inclus! Dormons à nouveau dans la forêt hors du parc, chevreuils le long de la route. Les autres points de vue sont inaccessibles, trop de neige l’hiver dernier, route bloquée par des troncs tombés.
Nous quittons le grand canyon nord par une piste (route 22) à travers la forêt. En prenant juste un peu d’altitude, les bouleaux remplacent progressivement les pins. Les forêts ici m’apparaissent vivantes, visions de champs de bataille, traces d’ouragan, de foudres, les troncs enroulés en tire-bouchon des genévriers se décomposent couchés sur le sol, creusés en leur centre. Mieux que nulle part ailleurs, l’arbre mort est avant-tout source de vie!
Par des étendues de plus en plus désertiques, nous perdons de l’altitude, rejoignons Las Vegas et remontons pour dormir dans la forêt juste avant Death Valley, à 2000m. d’altitude, agréable. En pleine nature, des places assez plates, avec foyers, à disposition des campeurs de passage. Le BLM, Bureau of Land Management organise ces places, dans les zones dont le Bureau a la responsabilité, différentes des zones communales des forêts et des parcs nationaux. En zone « sauvage »,(wilderness), un permis peut être requis pour camper ou pour faire un feu d’agrément, mais pas forcément pour un barbecue. Ces permis sont gratuits, peut-être plus une façon de savoir un peu où vont se perdre les humains dans ces immenses territoires en cas de problème. Le personnel dans les Visitor Center sait expliquer toutes ces différences avec le sourire, ayant la sauvegarde de la nature comme priorité. En conséquence, l’organisation des campings nous étonne. S’il y a de l’eau, elle est potable, disponible à une pompe mais chacun doit prendre son récipient à sa place pour la vaisselle et se laver. Pour les campings cars, aucun problème, nous collectons nos eaux usées et les vidons dans des endroits de vidange officiels mais pour les campeurs… Nous voyons peu de réchauds, peu de vaisselle, autre que les cartons venant de snacks. Des douches payantes sont parfois disponibles en-dehors des campings, comme des buanderies, mais en camping, rien d’autre que des toilettes bien souvent. Nous ne fréquentons pas les grands campings ayant tout le confort car ils sont au bord des routes, dans le bruit, ressemblant plus à des parkings.
Death Valley
Nous l’abordons très tôt; avant le lever du soleil, nous sommes à Zabriskie point. Les couleurs sont dans les mauves, gris, oranges pâles.
Paysage minéral, un peu de verdure au début tout de même, le thermomètre grimpe à mesure que nous descendons jusqu’au niveau de la mer, puis en-dessous. Petit-déjeuner vers 7h, puis balade sur le sel, 39 degrés!. L’eau des montagnes environnantes arrivent de façon souterraine dans cette vallée, point le plus bas et le plus sec du continent américain, ainsi que le plus chaud de la planète. L’eau s’évapore, reste le sel de la roche solubilisé. Cette région a été explorée par les chercheurs d’or, d’argent et exploitée pour le borax servant à la production de lessives. Nous marchons sur une couche de sel mou, humide puis sur des dunes de sable brûlant.
La luminosité est incroyable. Cette vallée est bordée par des failles, issue du déplacement des plaques tectoniques; le magma y a laissé ses traces aussi. Une tribu d’Indiens y est encore présente, revendiquant ces terres les reliant au Créateur, et pourtant cet environnement est hostile de par sa chaleur et sa sécheresse. Même le serpent à sonnette de la région a une stratégie spéciale, il fait des mouvements pour que son corps ne touche que très peu le sable. Certains rongeurs peuvent survivre sans aucun autre liquide ingéré que celui des graines mangées. Le « Visitor center » est riche en explications, mais nous ne voyons évidemment aucune trace de vie; le parc est immense et nous, les touristes, sommes concentrés en quelques points. Nous ne visitons que superficiellement ce parc, la température est de 47 degrés l’après-midi, limitant toute autre activité que la visite en voiture avec la climatisation. Il faudrait savoir peindre, pour rendre les couleurs, la chaleur, la lumière.

Mammoth lake

Une station de ski et de randonnées dans les pins, à plus de 2200m. d’altitude. Nous y découvrons l’architecture, rustique, en bois et si différente de nos chalets, des jeunes en shorts vu la belle météo revenant avec …leur snowboard. L’hiver a vraiment été enneigé, les installations de ski fonctionnent le matin, nous comprenons que c’est plutôt inhabituel pour la saison. Partout les rivières, torrents, ont un débit très élevé, leur donnant des allures sauvages. Les lacs aussi sont manifestement beaucoup plus vastes qu’habituellement, les arbres ont les troncs dans l’eau.
Splendide balade en forêts, pins, et genévriers, sous-bois de « sauges (sagebrush, pas la sauge culinaire) » et d’autres petits buissons, de nouvelles fleurs, à nouveau des troncs au sol, des traces d’orages, de coups de vent et des petits lacs de montagne (Sherwin Lakes). Nous rebroussons chemin dans la neige!

Le lac Valentine, plus haut, vers 3000m est inatteignable pour nous (dernière grimpette glacée nécessitant les crampons, le piolet, tout ce que j’aime!!!!).
Nous sommes dans un camping, cela nous permet d’être sur le terrain communal, donc près de la station et du départ de la balade, tout en étant perdu dans la forêt en fait. Un colibri vient toquer à la fenêtre, nous entendons bien la rivière au débit impressionnant, mais aucun ours. Un ourson avait essayé de chaparder la veille, exactement où nous sommes. Une grande campagne de communication est en place pour que les animaux sauvages le reste; l’ours pouvant devenir dépendant des restes laissés par les humains, perdre ainsi son autonomie et devenir agressif, ce qui entraîne son élimination.