Surprises au retour à Locarno, 18 – 25 mai

Une première surprise pour l’anniversaire de Pierre-Olivier, un dîner avec nos amis Jacques et Jacqueline au grotto Baldoria à Ascona, un bijou de jardin intérieur, une ambiance à la bonne franquette.  Une balade au jardin des camélias et une grillade au hanneton le soir complèteront cette journée différente de nos marches en solitaire.

Val Verzasca: de Sonogno, nous redescendons le long de la rivière à pied pendant quelques heures avant de reprendre le bus pour rentrer, toujours à notre camping de Gudo.

Visite de Corippo, village accroché au flanc de la Verzasca, en voie de rénovation, belles maisons traditionnelles mais hameau-musée sans vie.

Une deuxième surprise au val Maggia, à Cavergno, un jour où la pluie nous menace fortement : un couple en répétition à l’église, elle, organiste et lui au cor des Alpes. Nous nous permettons de rester à les écouter, ce qui leur réchauffe le cœur selon leurs propres aveux.  Des morceaux pour cor des Alpes et un psaume, étonnant, captivant dans cette église au bout de la vallée, par ce temps maussade et humide. Quel luxe de ne pas avoir d’horaire, de pouvoir changer notre programme, remplaçant notre marche par un pique-nique de l’autre côté du petit pont suspendu.

La troisième surprise est un concert de flûte de pan par le musicien et compositeur Michel Tirabosco, à Intragna au début des Centovalli. Un moment de partage magique entre ce virtuose et le public réuni dans une petite cour en amphithéâtre au milieu du village : une vingtaine de personnes , des locaux, des amis et le couple confectionnant des flûtes de pan pour Michel Tirabosco et notre ami Christian, lui-même flûtiste, qui nous a convié à ce moment incroyable. Le concert est généreux, varié, musique roumaine, pays d’origine de cet instrument, mélodie juive très rapide, danses, musique classique et rythmes d’Amérique du Sud. Un concert magnifique, incroyable dans un lieu un peu perdu, tellement inattendu.

Michel TIRABOSCO, son nouvel album L’ENVOL
https://www.youtube.com/watch?v=pjswApeA1no

Nous en profitons pour visiter Intragna aux belles maisons et au clocher le plus haut du Tessin, puis grimpons à Costa, petit pont, ancien moulin, maisons de pierre fleuries en route.

Marche, train, télécabine, nous visitons Verdasio, aux grandes maisons cossues, ancienne étape sur le chemin muletier international, et terminons par la vue depuis le Monte di Comino

Val Blenio 11 mai-18 mai

Pour l’Ascension, les campings avec réservation sont complets et nous émigrons dans un camping sans réservation ni place délimitée à Acquarossa, dans le val Blenio le mardi 11 mai, qui nous reste en mémoire comme étant Le Déluge: un jour grisouille le lundi puis une nuit et une journée de grosse pluie non-stop; l’installation est délicate, pour minimiser le  labourage de la prairie entre les flaques. Puis il n y a qu’à attendre, écouter le tam-tam de la douche perpétuelle, savourant notre chez nous bien douillet, relativement aux quelques bus VW et jeep  qui sont déjà en place.Les jours suivants, continuant à profiter des transports publics tessinois, nous marchons dans la région d’Olivone-Campra aux torrents bien grossis par le déluge, ou suivons le sentier historique descendant la vallée le long du Brenio en admirant entre autres bâtiments historiques un pressoir à levier et une glacière, c’est-à-dire une ancienne petite maison de pierre équipée d’un puits intérieur où la neige arrosée pour être maintenue en glace restait gelée jusqu’à la fin de l’été, servant évidemment à la conservation du vin, des viandes, et des fromages.

Un autre jour, nous partons de Ghirone (atteint en bus),  et grimpons le val di Camadra; nous sommes sur l’itinéraire pédestre national  des cols alpins (6) qui fait rêver Pierre-Olivier (qui est intéressé? 39 étapes pour 44000m. de dénivelé en montée et idem en  descente). Sur notre petit tronçon, nous atteignons la limite des forêts vers 1300m. d’altitude déjà, traversons le hameau de Greina  et vers 1750m. à  Alpe di Camadra di Fuori nous nous arrêtons face au cirque blanc magnifique face à la crête du Piz Medel.

Les névés ralentissent ma progression (je n’aime pas la neige d’été) et le hameau suivant n’est pas atteignable facilement. Ce jour-là, aucun randonneur rencontré, mais des chevreuils et de nombreuses marmottes. Le parcours suit souvent une petite route , jonchée de restes de coulées, cailloux, terre, neige. Mais cette vallée est large et ouverte, il y a des pâturages et toujours la vue sur la vallée derrière nous et le Sosto en forme de pyramide et ce cirque d’une blancheur éclatante, magnifique mais fort peu printanière. En attendant le bus de retour, un petit feu juste pour nous, bien éteint en le quittant.

Notre prairie aux 4-5 VW bus s’est transformée en une exposition de VW bus,  nous sommes accueillis au retour  par l’air désolé de nos voisins……Une tente sur remorque s’est installée, si large que notre table est sous leur avant-toit…Cet incident se solde par un déménagement à l’intérieur du camping, nous nous retrouvons au milieu d’un groupe joyeux organisant grillade, slack line, bien nombreux,  et envahissant, se voulant charmant mais ne comprenant absolument pas que nous n’apprécions pas leur veillée jusqu’à passé 3h du matin autour d’un splendide feu de moins en moins surveillé, à moins de 4 mètres d’au moins 4-5 bus VW, bloquant notre éventuelle sortie du camping le lendemain car le hanneton ne saute jamais les feux  même à la  St- Jean.
C’est un  vrai camping:  on nous emprunte tire-bouchons et plaques pour mettre à l’horizontale un bus,  la vaisselle se fait dehors, y a du monde, mais pour le prélavage, un chien est toujours d’accord (lui, pas nous) de faire du zèle, le réseau électrique est  saturé, et on vient nous poser des questions sur notre hanneton.  Et en montagne, nous étions seuls avec les marmottes!

Nous aimerions aller admirer les arolles  sur la route du col de Lucmanier. Cette initiative se solde par notre trajet à Acquacalda, mettant note hanneton au bord de la rivière, pour constater que la pluie ne va pas cesser mais certainement devenir de la neige. Nous redescendons donc à Campo Blénio,  au bord du Brenno de la Greinia.  Le lendemain, montée dans le val di Campo, quelques gouttes, des nuages, quelques flocons mouillés, on avance sans dynamisme pour….aller où? Bon an mal an, nous rejoignons une grande forêt de mélèzes encore  sans aucuns bourgeons, mais des rayons de soleil, le sol très tendre améliorent notre pique-nique et nous donne envie de prolonger notre grimpette. Finalement , nous apprécions la splendide vue de l’alpage de Predasca, à 1742m. ; absolument seuls parmi les étables. Pour la fin du parcours nous suivons la route d’alpage, où une petite fraiseuse a été abandonnée, augmentant encore l’atmosphère de région désertée, le sentier n’était même plus visible sous la neige.  Une nouvelle nuit bercée par le Brenno  termine notre semaine dans le val Blénio.

Second Départ

Un voyage très classique, des destinations courues et touristiques au vu des prévisions météo  engageantes qu’au Tessin. Laissant 10 cm de neige fraîche  par chez nous, après un arrêt vaccin à Lausanne, nous filons directement vers Locarno, nous installer sur LA place de camping disponible pour une nuit, où nous resterons une semaine, confirmant l’idée que l’imprévu fait partie d’une planification optimiste. Cette base nous permettra de visiter la région à vélo, en téléphérique et à pied combinés aux transports publics.  Ils sont gratuits et au vu de la circulation, aucun doute quant à ce choix. Nous pédalons jusqu’à Locarno, Ascona et grimpons à la Madonna del Sasso. Que de monde, en  soi-disant basse-saison!

Nous avons passé par le Jaunpass, alors ….

Magnifique vue sur le lac Majeur depuis le haut du téléphérique  Cardada. Notre grimpette vers  la Cimetta est interrompue par la tentation de la terrasse de l’auberge de l’Alpe Cardada croisée en cours de route. Les nuages, une délicieuse polenta avec ragoût de boeuf, un personnel très sympatique dès qu’on sort nos quelques mots d’italien,  de bons vins locaux et un net rafraîchissement  et la température nous détourneront définitivement du petit sommet. La vue est magnifique mais la forêt de bouleaux est sèche et clairsemée.

Partis de Tegna, nous grimpons à la chapelle Santa Anna par de nombreux escaliers  de pierres, puis rejoignons le charmant  vallon de Riei. Magnifiques châtaigniers,  ruisseau bucolique, que de la verdure et quelques anciennes maisons de pierres , juste un Grotto fermé . Après un col, nous permettant de rejoindre le val Maggia, nous descendons sur le village du même nom. Délaissant l’église connue pour ses fresques de la Renaissance, Madonna della Grazie, nous avons un coup de coeur pour la charpente et la sobriété de la  chapelle  del Carmelo.

Dans le val Verzasca, le sentier ethnographique (Suissemobile 629) ponctué de belles vues et d’escaliers en veux-tu en-voilà, nous amène à travers de magnifiques forêts vers des hameaux en ruine, datant du 16ième siècle équipé d’un réseau hydrique très complet pour palier au manque d’eau de surface, d’une capacité de rétention de 33600 litres. Puits intérieurs et extérieurs, collecte d’eau des toits de pierres dirigées vers des bassins devant les étables, les restes de l’organisation de la vie pastorale sont bien visibles et agrémentés d’explications. Après une descente en lacets, le retour au village de départ  Lavertezzo  longe la Maggia pour se terminer par le pont de pierres à deux arches. La circulation, l’étroitesse des vallées, le peu d’espace pour des parkings et autres espaces pour dormir est inhabituel pour nous, et ne nous incite pas à tenter les nuits  hors structure.

Pour le dernier jour annoncé comme ensoleillé, nous remontons au val de Riei pour profiter du Grotto da Rosy repéré deux jours plus tôt. La descente sur Verscio est une option de retour plus rapide, qui nous pose devant le théâtre Dimitri.

1er départ

24 avril et pourtant aucune baignade printanière à Frience cette année. Nous partons en laissant  la piste de luge dans sa solitude,  prête  à offrir encore ses services.

On entend le coucou,  seuls sur notre alpe, nous tournons finalement la page de l’hiver en gardant le merveilleux souvenir de notre montée au Pas de Cheville juste une semaine plus tôt, grimpette très printanière jusqu’à Enzeindaz,  puis neige immaculée jusqu’au Pas de Cheville, ambiance féérique d’un brouillard lumineux sur le plateau, et finalement la descente avec des flocons. Si près de chez nous, une ambiance de paysage immense, seuls, plus personne ne voulait profiter de ce rallongis d’hiver, que nous avons eu la chance de partager avec un ami.

Nous nous évadons aux Paccots, dans les Préalpes fribourgeoises, ballade parmi les crocus, une multitude de gentianes, oui comme chaque printemps je me répète, mais j’adore cette fleur! Cette année, en plus le vol très proche d’un milan royal, splendide.

Après un arrêt vers notre ancien chez nous, et une halte familiale, évasion à Champ-Pittet (bord du lac de Neuchâtel) dans les vergers en fleurs, les potagers en permaculture, la roselière, où nous admirons une bécassine des marais,  ainsi que la nage d’une couleuvre à collier jaune parmi des dizaines de crapauds.

Après le lac de Neuchâtel, celui de Bienne, et le plaisir de ressortir Luciférine et Monsieur Vélo, juste pour aller goûter un Oeil de Perdrix au cloître de l’île St Pierre.

Nous, nos souliers….longeons la rive nord parmi  jardins de villas puis vignes et forêts, après avoir flâné au Landeron et à la Neuveville.

Pique-nique à l’église de Gléresse

(gothique tardif, baroque à l’intérieur) surplombant merveilleusement le lac, pour arriver à Twann (Douanne), village vinicole où vinothèque, cafés et caveaux sont fermés (Covid)  sauf celui de Martin Muerset, propriétaire du plus petit domaine, moins de 1 ha. Dégustation très conviviale alourdissant nos sacs à dos de « Blanc de Noir »:  pinot noir pressé après seulement 1 heure de macération contrairement à l’Oeil de Perdrix qui est pressé après 15h de macération ainsi que d’un beau Treberwurst, long saucisson fumé au marc du domaine vendu dans son bouillon. De Twann, nous gagnons des forêts de hêtres par une pente à nous faire oublier notre dégustation!
Au vu de la météo annoncée très pluvieuse pour les prochains jours, nous rentrons chez nous, regarder tomber la neige, comme les huit derniers mois! Nos renards en ont aussi marre, l’un est totalement amaigri, l’autre boîte bas.