Le retour: 10 – 29 août

Halifax – Hambourg:
Traversons l’Atlantique à bord de l’Atlantic Sun, un des deux plus grands navires jumeaux étant équipés pour le transport des containers, et des véhicules, plusieurs étages de garages.

Avons appareillé avec un jour de retard à cause d’une erreur de manoeuvre lors du chargement d’une machine de chantier ayant eu comme conséquence d’endommager une porte, devant être réparée pour que nous puissions partir.


Souvent du soleil, une cabine avec fenêtre, des chaises sur le pont, vent arrière de sorte que nous pouvons être dehors en ne sentant aucun courant d’air, même à une vitesse de 35 km/h, (plus de 19 noeuds), donc une belle traversée, très rapide. Seul notre capitaine est très en soucis car il a donné rendez-vous au pilote de port de Liverpool en s’engageant à rattraper le retard.

Un matin, réveil dans un brouillard épais, aussi dense que celui qui nous fait perdre l’équilibre sur les pistes de ski! Impressionnant d’être sur le pont, aucun repère, on flotte dans le coton et on continue toujours à presque 20 noeuds.

Nos co-passagers sont trois étudiants, scientifiques, intérêt respectivement pour la physique liée à l’environnement et aux conséquences économiques du réchauffement, pour l’écotoxicologie de l’’eau, et la génétique, tous ayant modifié leur façon de vivre pour diminuer leur impact CO2. C’est dire que les discussions sont d’un niveau élevé, ils rentrent très critiques face aux Américains après leur séjour dans la Silicon Valley par exemple. Tout se passe très bien, même si l’ingénieur des machines est plus enthousiaste pour nous montrer les pistons que le traitement des eaux usées, ou que le capitaine très fier de ce bateau « green », c’est-à-dire équipé d’un filtre spécial pour retenir les composés soufrés entre autres, de sorte que notre fumée est blanche, spécifie qu’évidemment le filtre est enclenché que dans les zones spécifiques où cela est requis!
Parmi les bons moments, quelques soirées de jeux comme le Quoridor,

aie….ils sont jeunes, rapides, réfléchissent avec stratégie…mais doivent quand même se mettre à deux ensemble pour battre P.-Olivier aux échecs! Nous nous retrouvons un autre soir les 3 filles devant les cartes du Dobble, Sarah aimerait trouver le schéma mathématique pour sa création. Alors si vous voulez de la gymnastique à neurones: il y a en tout 50 symboles différents, 55 cartes comportant chacune 8 symboles différents, et toute paire de cartes a exactement UN symbole commun. Comment créer les cartes, pourrait-il y en avoir plus? (en fait, 57 serait le maximum).

L’arrivée à Liverpool est impressionnante, le navire remplit l’écluse, il reste entre 20 et 40 cm de chaque côté, et on y arrive de biais! Notre paquebot fait 300 m. de long, à « enfiler » de biais et à ressortir en droite ligne; silence et concentration dans le pont de pilotage, nous sommes envoyés sur le toit, pour suivre à plus de 40m mètres au-dessus de l’eau la manoeuvre sans gêner du tout la visibilité.

Nous pouvons flâner une journée à Liverpool, où l’ancien port a été transformé en zone de promenade très agréable; décidément l’architecture industrielle aux briques rouges nous plaît énormément dans sa version rénovée, y mêlant des lignes et des matériaux modernes comme le verre.

Hambourg: arrivée complexe également puisque nous aurons pilote de mer, puis de rivière, puis finalement de port auprès de notre capitaine. Mais surtout spectaculaire, jusqu’en ville, passant tout près du nouveau bâtiment Elbharmonie, (salles de concert pour orchestre philarmonique, hôtels et….). Le public situé au-dessus de la partie en briques (7 -9 étages?) nous fait signe, nous sommes à leur hauteur, dans une position parfaite pour admirer la ville. Nous irons nous balader au centre, canaux, terrasses, un charmant tout petit bistrot indiqué par des locaux.

Après une matinée de queue et de formalités dont l’utilité et la logique nous échappent totalement, nous retrouvons notre Hanneton, cap sur Amsterdam. Visite que nous résumerons par: des kilomètres de canaux et de belles balades par une chaleur incroyable, des terrasses prises d’assaut par une foule impressionnante et en conséquence pas de billets disponibles pour le musée Van Gogh, mais bien du plaisir quand même.

Etape balnéaire le long de la mer du Nord, en Belgique. Chaleur parfois caniculaire, eau agréable, immense plage, tellement large:du linge à l‘eau, on marche…Paysage pastel à l’extrême, sable beige et brun mouillé, eau gris-bleue, ciel voilé, lumière surnaturelle. Une ligne d’horizon si peu nette, qu’un voilier tout proche, dont la voile et le génois sont bien visibles, semble flotter en l’air, largement au-dessus de l’eau. A ce paysage si spécial, s’ajoute les barres de blocs de béton, gris, surplombant la plage de leur dizaine d’étages. La brume atténue les sons, dans le silence, des pêcheurs ramassent des vers dans le sable, j’observe ce tableau pastel, silencieux mais plein de vie, en appréciant une chaleur y semblant étrangère.


Dernier souper en table d’hôtes dans une ancienne abbaye, l’abbaye du val de Choues, habité par un couple élevant une meute de chiens pour la chasse à courre. Nous nous endormons avec les hululements des chouettes, au milieu de la forêt bourguignonne.
Le lendemain,…..

Ainsi s’achèvent 24529 km, 149 jours de voyage formidable.

Traverser l’Atlantique avec son propre camping car, une bonne idée?

OUI, définitivement.
Mais voici une esquisse de réponse plus rationnelle prenant comme hypothèse que nous avons arrêté de travailler pour voyager et que le sud-ouest des USA était une des régions de nos rêves.
Esquisse de bilan CO2 pour les 5 mois, début avril-début septembre, pour nous deux
  • Trajet en cargo transportant des containers, des machines de chantier et autres camions: Le Hanneton n’a pas compté pour un millième de la charge transportée, notre cabine était une cabine non occupée par l’équipage. Nous considérons donc notre contribution CO2 comme nulle. Pour rappel, nous avons vu sur le bateau le traitement des eaux usées avec inactivation bactérienne et la gestion des déchets.
  • 23500 km avec notre Hanneton, 9.3 l de diesel/100km (valeur de l’ordinateur de bord) : 8.5 tonnes CO2 (référence site web My climate). Là, vous dites Aie,Aie….comme nous!
  • Autres consommations liées à notre vie en camping-car:
  • Environ 25 litres d’eau par jour, en restant fréquentables: 1 douche par jour et par personne) et en en consommant beaucoup sous forme de thé, tisanes et eaux de cuisson.
  • Environ 20 litres de propane par mois (un peu de chauffage, frigo, petit compartiment congélateur, eau chaude). La consommation serait doublée par des températures hivernales.
  • 40 ml de produit à vaisselle par mois. Astuce: laver sans produit, puis une goutte de produit sur la brosse, laver sans autre eau puis rincer. Produit de douche et autres utilisés avec la même parcimonie.
  • Liquide pour les toilettes: adapter les quantités au besoin selon la chaleur. En Europe, produit compatible avec les fosses septiques, ou produit biodégradable aux USA. La variante serait de passer aux toilettes sèches, ce qui est faisable si vous partez avec un camping-car fait sur mesure.
  • Electricité: autonomie complète grâce au panneau solaire: ventilation du chauffage, lumières LED, pompe à eau, recharge des téléphones, lampe anti-moustiques, appareil de photo. Ondulateur branché sur le moteur pendant que nous roulons pour recharger l’ordinateur.
  • Surface impactée pour notre logement (facteur important des bilans écologiques): nous avons quitté la maison familiale située dans un environnement propice à une famille active professionnellement au profit d’un appartement dans un endroit de vacances où les logements sont généralement vides. Notre société devrait aider financièrement les retraités pour ce genre de déménagements, vu la peine que les jeunes ont à se loger.
  • Autre consommation liée à la vie nord américaine:
  • Les aliments sont sur-emballés et la vaisselle de tous les petits restaurants et snacks est jetable. Nous avons donc généré beaucoup plus de déchets que d’habitude. Nous avons au moins utilisé nos sacs pour les courses et essayé de dialoguer à ce sujet, avec des retours positifs.
Si nous n’avions pas pris notre Hanneton,
  • Option 1: vol à San Francisco et voiture louée, impensable financièrement vu les hôtels et les repas au restaurant à ajouter.
  • Vol: 7.1 tonnes CO2.
  • Voiture: 15000 km à 7l/100km: 3.8 tonnes. Les kilomètres ont été diminués vu que nous n’aurions pas eu à traverser le continent.
  • Total : 10.9 tonnes CO2.
  • A cela s’ajoutent les impacts annexes de la vie en hôtels et aux restaurants, vaisselle jetable par exemple.
  • Option 2: vol à San Francisco et location d’un camping-car
  • Vol: 7.1 tonnes CO2.
  • Camping car américain au départ de San Francisco: 15000 km à 20l essence/100km:10.9 tonnes. C’est la consommation des plus petits camping-cars américains!
  • Total : 18 tonnes CO2.
  • Option 3: vol pour nous et son propre camping car sur le cargo.
  • Vol 7.1 tonnes CO2.
  • Camping-car: 8.5 tonnes CO2.
  • Total CO2 : 15.6 tonnes. C’est une option couramment choisie, quel dommage quand on a le temps! En plus, la traversée est une expérience intéressante.
  • Option 4: rester à la maison et ….déprimer, vu que nous ne sommes pas des artistes capables de s’évader grâce à nos compétences…. La moyenne suisse est de plus de 4.5 tonnes de CO2 par personne, sans considérer le transport international maritime et en avion (OFEV 2017). Mais en comptant les marchandises importées, elle grimpe à 14 tonnes! (OFEV, 2015) Vu notre consommation diminuée de manière globale (peu de biens de consommation) et le peu d’utilisation de la voiture en Suisse, il est difficile d’estimer si 4.25 tonnes par personne pour 5 mois (8.5/2) nous mènent en-dessous ou au-dessus de 14.5 tonnes. Disons que l’impact de notre voyage est au moins partiellement compensé par celui de notre changement de mode de vie.
Notre bilan CO2 est beaucoup trop élevé relativement aux objectifs qu’il faudrait atteindre pour la santé ou plutôt la convalescence de notre planète (1.5 t. /hab.en 2050, OFEV 2017), mais l’option de voyager en cargo avec notre camping-car permet de diminuer son impact environnemental relativement à celui engendré par les moyens de transport courants.
Alors, une question à tous les retraités voyageurs si nombreux que nous croisons: Pourquoi des voyages si souvent courts et en avion?
  • Pour gagner du temps pour….? Partir ailleurs et encore augmenter votre impact?
    Je provoque, non c’est humain. Si notre visite des USA n’avait pris qu’un mois, d’autres projets nous auraient tentés pour les autres mois.
  • 12 jours sur un bateau c’est long, mais chez vous ne vous arrive-t-il pas de flegmer une semaine entre lectures et autres activités sédentaires? Parfois d’autres considérations entrent en ligne de compte, la famille, des événements spéciaux mais pas systématiquement.
  • Des voyages longs sont plus difficiles pour la famille qui reste, et là il est vrai que chaque personne a son histoire et décidera du compromis acceptable.
  • Des voyages longs demandent plus d’organisation, paiements à distance etc…Mais nous sommes de mieux en mieux rôdés; et est-ce normal de nos jours que certaines organisations refusent un système de paiement à distance! A eux de s’adapter, pas à nous!
  • Le plus difficile, émotionnellement: s’alléger définitivement de tous « nos fils à la patte » tels que le jardin, le chat, et autre poisson rouge ainsi que des souvenirs matériels encombrants sans léser un animal évidemment… Que d’autres en profitent est aussi une satisfaction.
  • Ce mode de vie est déséquilibré, nous ne voyons pas notre entourage pendant quelques mois, sauf 24h/24h son adorable conjoint…Et ensuite c’est la grande vie d’invitations en rencontres. J’ai adoré avoir du monde chaque semaine pendant 10 semaines de la saison de ski chez nous à la montagne; on apprécie tellement mieux sa région en la faisant découvrir aux autres! Pour maintenir une bonne vie saine active et régulière, ce n’est pas top mais pour un esprit jeune et créatif, il paraît que le changement perpétuel c’est la santé!

En conclusion, n’oublions pas de nous poser les bonnes questions à chaque départ, et si nous choisissons l’avion dans certains cas, au moins payons nos compensations même si ce n’est qu’une solution très partielle, et militons au maximum pour faciliter la diminution de notre impact:
  • Pour plus de trains de nuit,
  • Pour la possibilité d’être embarqué sur les cargos sans que cela devienne des croisières de luxe déguisées,
  • Pour améliorer la prise en charge et la place des bagages dans les trains,
  • Pour plus de wagons cyclo-compatibles,
  • Pour plus de transports de voitures par le train, même en-dehors des mois d’été.
Nous, les retraités représentons une forte proportion des voyageurs de loisir avec en plus un pouvoir d’achat certain, donc nous pouvons et devons faire entendre nos revendications.
Et notre hanneton a vécu une vie de starlette pendant 3 mois et demi
Fini les:
« I love your véhicule, so cute! » reçus à la volée dans les parkings
Les visiteurs dans chaque camping, presqu’en file…
« It must be so nice to drive it » par les chauffeurs d’immenses pick up avec caravane
9.3 l/100km: Amazing! Unbelievable!
Les pouces levés et les sourires aux feux rouges, « I love it »
« No electricity required and no generator? How do you do? » A l’entrée des campings alors que la région est si généreuse en soleil

La plage, 1er au 11 août

Nous terminons notre voyage par de belles plages, à Bouctouche au Nouveau Brunschwig puis vers Pictou en Nouvelle Ecosse. Villages de petites maisons en bois blanches avec quelque touches de couleurs vives, pays de homards, palourdes, crabes et océan turquoise.
Bouctouche: la route suit la côte, traverse la station.

Camping à la ferme, production de différents « vins » de bleuets (myrtilles), sureaux rouges et fraises.

Promenade le long d’une partie de la magnifique dune sauvage de 12km s’éloignant progressivement de la côte pour former une presqu’île très étroite et enfin complètement au calme, voyons des traces de renard sur le sable. L’eau est calme, mais assez fraîche.

Pictou: magnifique plage dans un parc provincial, loin de toute route, le camping est dans la forêt bordant la plage. L’eau est bonne, fantastique, pas de moustiques en journée, seulement quelques uns de ces plus gros insectes ressemblant à des taons.

Retour à Halifax où nous étions à Pâques avec un temps humide et froid: arrivés par le soleil et le chaud, la pluie sera vite de retour.

Le pub « the Triangle » est toujours aussi sympa, le bon cidre local, les bières, la musique, aussi chaleureux dedans que maussade dehors, un vrai retour en Ecosse comme préparation au grand retour.

Nous logeons dans une chambre d’étudiants à l’université, grandes bâtisses de pierres, salle austère pour le déjeuner, Harry Potter n’est pas loin. Rencontrons un couple, Sarah et Simon, environnementalistes rentrant en Allemagne à bord du même cargo que nous.

Départ prévu pour Hambourg dimanche 11 août au petit matin.

Retour à l’Est et au Canada, du 16 au 31 juillet.

Nous traversons les grandes plaines vers l’est, quelques formations rocheuses, puis de l’agriculture et de l’élevage, le pays est vert!

Après la descente du col de Beartooth, nous nous mettons en route pour 2 jours et demi de route sans visite, « avalant » jusqu’à 780 km d’une journée.
Nous rendons visite à Carmen, venue quelques jours chez nous dans le cadre d’un voyage d’étude avec sa classe de français il y a une douzaine d’années. Retrouvailles dans sa belle maison de Bayfield, une petite station sur la rive sud du lac Supérieur. Ambiance de vacances, terrasses, une boutique de glaces « home made » incroyable, petites maisons blanches et beaucoup de cultures de fraises, et de vergers de pommiers et cerisiers. Le temps est bien chaud, certains se trempent même dans le lac, l’air très humide convient encore mieux que la normale aux moustiques, réputés déjà bien établis dans les état du Wisconsin et du Minnesota.

Nous nous baladons le long des rives, le sol est sablonneux et les berges s’érodent fortement malgré les arbres. La forêt est dense, une vraie jungle.

Ici les ours noirs sont chassés, l’espace est immense relativement à la présence humaine, donc les promeneurs ne les voient pas. Carmen voit par contre des coyotes depuis ses fenêtres.

Le lendemain, marché des artisans à Bayfield, la belle-famille de Carmen est là, pour vendre des petites flûtes de confection maison et quelques pendentifs en pierres fluorescentes, collectées sur les plages du lac.
Nous contournons le lac Supérieur par l’ouest, passant la frontière canadienne à temps, notre visa expire le lendemain. Nous avions comme il se doit terminé nos aliments frais mais la douanière canadienne très aimable n’est pas montée à bord et ne nous a pas posé de questions à ce sujet. Seuls les armes, les alcools et les cigarettes ont fait l’objet de ses questions et notre retour prévu en bateau. C’est à ce poste d’entrée au Canada que notre petite fiche est enlevée du passeport pour quittancer notre sortie des USA, la douane canadienne la transmettra aux douanes US. Nous pensons qu’il est important de demander que cette fiche soit enlevée du passeport à la sortie des USA, mais n’avons pas testé les conséquences d’une omission.
Une étape à dormir dans la forêt au bord d’un petit lac, la moindre place répertoriée est prise, c’est samedi soir! Mais de ce fait, nous dormons hors place, directement au bord de l’eau, bien plus joli que les emplacements enfouis dans le bois; tout aussi habité….par un choix d’insectes divers.

Nous avons beaucoup roulé ces derniers temps, s’impose une étape dans un camping près de Thunder Bay, rive nord du lac Supérieur, lessive et baignade dans la rivière, piscine naturelle de plus de 2 mètres de profond.

Le temps est changeant, brumeux d’humidité, nous dépassons plusieurs cyclistes, le tour du lac est un classique de quelque 2300 kilomètres! Beaucoup de parcs, de sentiers de ballades indiqués mais nous préférons avancer, dormant à Terrace Bay, une magnifique plage puis arrivant près de Wawa. Pour éviter les autoroutes de Montréal, Québec, nous décidons de passer par le nord, apparemment, nous avons de la peine à l’idée de retourner dans la civilisation! Mais au carrefour, une hésitation: et si nous allions juste prospecter à Wawa où il semble qu’il ait une bonne location de kayaks, histoire d’avoir des renseignements pour une autre fois…

Les deux plages de chaque côté du promontoire sont idylliques, connues des peintres naturalistes, l’eau excellente mais fraîche pour se baigner (selon moi, donc comprenez que j’étais seule à nager), le temps annoncé beau pour le lendemain. Rendez-vous pris: ce sera 3 heures avec une monitrice, puis les kayaks pour nous le reste de la journée. Nous faisons un peu d’échauffement et de théorie puis une petite sortie sur la rivière avec beaucoup d’exercices, virages longs et courts, safran à l’eau ou relevé, exercices de chavirage et remontée à bord, le plus difficile. L’après-midi, des bonnes petites vagues courtes ont corsé notre sortie sur le lac; alors nous sommes revenus admirer la hutte de castors sur la rivière.


Le soir, une des plages pour nous, et notre feu.


Enfin, nous pensions être tout seuls quand dame cane a passé….Cet espèce groupe les jeunes de plusieurs familles, une garderie? Oui, dans une stratégie de protection. La masse de canetons est plus imposante et leur chance de survie augmentée; à terre, une grosse boule, sur l’eau une ligne dense et serrée; nous peinons à compter la vingtaine de becs.

Le second soir, un jeune couple plante son gros 4X4 sur la plage bien en pente, et de sable bien profond … Je vous épargne nos commentaires et leur étonnement de s’être enlisés. Ainsi, nous savons que nos plaques de désensablement sont très efficaces sans s’être enlisés nous-mêmes!
Enchantés de nos débuts en kayak, nous filons au nord, longue route de plusieurs centaines de kilomètres dans la forêt pour Val d’Or puis Chibougamau. Le Canada des rivières, étangs, lacs, est bien présent mais se voit peu depuis la route car la forêt est très dense. En allant vers le nord, les épinettes si typiques laissent un peu plus d’espace aux marais, la canopée perd aussi de la hauteur, le paysage s’ouvre plus.

Val d’Or:

  • Des mines d’or encore en fonction, un village minier historique aux jolies maisons de rondins entièrement bâti par la compagnie dans les années 1933-34, donc relançant l’économie en pleine dépression,
  • La terrasse sympathique d’une microbrasserie où le serveur, aussi assistant social actif chez les Indiens nous parle du long chemin qu’il reste à combler entre Blancs et autochtones, du racisme encore présent, des différences de qualité entre écoles en ville et écoles en villages autochtones, de la délinquance des jeunes, de l’argent vite gagné dans les mines, mais de l’absence totale de sécurité de l’emploi.

Chibougamau:

  • Une île en quelque sorte: au bout de 400km de forêt, oû il est souvent difficile de s’écarter ne serait-ce que pour la pause de midi,
  • Une ville aux maisons proprettes, aux jardins fleuris, quelques boutiques. Malheureusement pour ma recherche d’ aiguille circulaire, ce sont les vacances et la boutique de laines est close. Je remarque que c’est également une structure sociale d’écoute pour les femmes, en cas de violence par exemple, et un centre de promotion de l’allaitement! Du social pratique, génial, non?
  • Nous dormons au bord d’un lac, sur le petit parking des employés du service des eaux, comme nous le réalisons le lendemain matin. Mais personne n’y trouve à redire quoi que ce soit.

Village Oujé Bougoumou, proche de Chibougamau:

Village Oujé Bougoumou, proche de Chibougamau:

  • Village Cri (nation indienne), architecture moderne mais inspirée par la culture cri,
  • Bâti de toutes pièces avec le support de la compagnie hydraulique ayant construit des barrages dans ce territoire pour les Cris devant se reloger. Le village est au ralenti, un week end durant les vacances, donc impossible d’essayer de sentir s’il a une âme,
  • Des affiches encourageant à garder sa culture tout en prenant son avenir professionnel en mains,

Quittons l’Ontario pour arriver au Québec, nous nous délectons de l’accent et des expressions, d’une baignade dans le lac St Jean, d’un petit arrêt à Chicoutimi où nous étions venus en hiver trouver Joseph qui y étudiait. Souvenirs, souvenirs aussi à Tadoussac et en passant devant le zoo de St Félicien, une région que nous avions visitée en famille lors d’un précédent voyage.

Visite d’une cabane à sucre familiale. L’eau d’érable est concentrée par osmose et par évaporation en sirop. La collecte ne se fait qu’au printemps, idéalement lors de températures de-5C la nuit et +5C le jour.

Nuit au joli village de Sainte Rose du Nord.

Depuis des mois que nous vivons au rythme des bonnes surprises, de notre envie de s’arrêter ou d’avancer, notre programme se construit au jour le jour, alors dans l’après-midi nous nous rendons aux Escoumins pour prendre le traversier et continuer notre périple sur la rive Sud du St Laurent.
« Pas sûr que vous embarquiez, mon traversier est plein »
« Pas de soucis nous attendrons le suivant »
« Il n’y en a plus ce soir et aucune place avant deux semaines ». Moi qui avait la réputation de l’organisation détaillée bien à l’avance et qui réservait les vacances d’été familiales à Noël, cela me semble juste impensable de m’organiser deux semaines à l’avance!!!
Après nous avoir donné de l’espoir, nous n’embarquerons pas et filerons à St Siméon (pas de réservation) où nous aurons plus de chance en étant le dernier véhicule embarqué. Mon sens de l’organisation s’est mué en plaisir de savourer l’imprévu jour après jour.


Brouillard sur le St Laurent

Yellowstone ou une semaine sur un couvercle de marmite à vapeur en surchauffe

La surprise de l’étape: qui est ce nageur?Nous sommes en camping au milieu du parc grâce à une colocation de place in extremis, avec un jeune couple de Bernois. Partis à 6h20 avant déjeuner, nous sommes arrivés vers 9h30, bien trop tard. Ils étaient devant nous dans la file et ont eu l’avant-dernière place, ouf! Après 2 jours, nous gardons la place pour nous, prêts à la partager, mais n’avons aucune demande dans ce sens. Ce n’est pas trop la coutume.Nous roulons de geyser en vapeur fumante, et en petits lacs bouillants de différentes couleurs. C’est magique!
En résumé: Une éruption a eu lieu il y a 640000 ans, laissant un immense cratère de plusieurs dizaines de kilomètres de diamètre. Ce cratère solidifié est mince, la croûte terrestre n’a que 2 à 5 km d’épaisseur. L’eau de pluie et la neige percolent à travers cette croûte et atteignent des roches chauffées  par le magma. Sous pression par la chaleur,  et surélevé de 600 mètres par le jeu des plaques tectoniques, cette eau sort un peu partout dans ce parc. S’il y a constriction, cela fait des geysers, si le canal de sortie est plus large, des lacs fumants, des sources chaudes et des lacs de boue en ébullition continue si l’eau a dissout beaucoup de roches lors de sa montée. La vapeur , qui peut atteindre plus de 200°C,  se chargent aussi de minéraux tels que l’arsenic, le manganèse, le fer par exemple, tous colorés.
Mais la géothermie se complète par la microbiologie! Un voyage aux origines de la vie. Nous pouvons contempler les mares et lacs d’un turquoise parfait et lumineux et les ruisseaux oranges et verts d’un oeil purement artistique, ou réaliser que nous sommes devant des populations de bactéries vivant dans des conditions extrêmes, étudiées comme « modèle » du début de la vie. Des algues et des bactéries dont des thermophiles extrêmes, vivent à l’aise certaines à 70°c, d’autres à 50°C, certaines en milieu alcalin, d’autres en milieu acide. Les bactéries spécifiques à diverses températures ont des pigments différents d’où des mares vertes pour les algues (préférant le tiède), oranges ou bleues turquoises pour les bactéries. Un vrai thermomètre coloré! Certaines bactéries spécifiques se royaument dans une eau acide, transformant les oxydes de soufre en acide sulfurique dans un milieu très riche en fer. Elles sont étudiées car ce sont des conditions assez similaires à celles de la planète Mars. La palette de dame Nature peintre est donc bien odorante! Ailleurs, la silice à la blancheur de porcelaine se dépose autour de certains geysers.  

La fréquence des éruptions est très variable, les geysers connectés par leur réseaux souterrains ont des éruptions aléatoires alors que les solitaires sont plus réguliers, pour la joie des touristes qui arrivent au spectacle à la bonne heure.
Entre les groupes de geysers, sources chaudes, trous bouillonnants et rugissant comme des portes de l’enfer, nous parcourons des étendues de forêts, de prairies de sauges et de zones humides incroyables, entre 1900m. et 2700m. d’altitude. Là, c’est la traque à la faune, en voiture, assez rocambolesque. Les photographes de petites fleurs peuvent créer un attroupement, un bouchon….comme les bisons ou les wapitis décidant de traverser la route.  

Pour nous, la bonne surprise aura été un bison décidant de changer de rive de rivière. Nage tranquille, sortie de l’eau un peu lourdaude, puis il s’est ébroué la tête comme le font les chiens! Mais la tête d’un bison, c’est vraiment impressionnant!Nous optons pour des levers tôt, retour à la tombée de la nuit, histoire d’admirer les geysers sans la foule et de voir plus d’animaux le soir. 
Troupeaux de wapitisUn coyote un peu paniqué m’oblige à bien ralentir
Pour les balades, nous peinons un peu à dire vrai. Les geysers sont ce qu’il y a de plus spécial relativement aux autres parcs et pas besoin de grandes marches pour les admirer, de jolies petites balades permettent quelques beaux points de vue relativement tranquilles. Nous sommes drillés à chaque début de sentier, à chaque discussion avec les rangers, sur chaque table de chaque place de camping, lors de l’achat de….notre spray contre les ours. Nous pourrions mimer en dormant les bons gestes devant l’ours non agressif, le grizzli agressif, et celui ayant passé à l’attaque, également différencier l’ours noir et le grizzli par le profil et par les traces. Mais pour partir en longue marche, nous avons un peu d’hésitation, bien que les risques pris en roulant jusqu’ici soient bien plus importants! 

Un jour nous roulons plus de 200 km dans le parc, pique-niquant, nous arrêtant systématiquement aux bonnes clairières à la bonne heure pour admirer enfin ces fameux ours. Rentrés bredouille de nuit au camping, le voisin arrive: « Faites attention, ne sortez pas de nuit, une ourse et ses 2 rejetons étaient ici même, dans le camping, aujourd’hui ».  
Le lendemain, nous améliorons notre technique: nous nous arrêtons comme toujours lorsque nous voyons des voitures arrêtées pour apprendre qu’il ya eu des ours, qui sont maintenant partis. Schéma classique. Nous décidons de rester sur place lorsque tout le monde s’en va, et en effet les 2 ours noirs se sont remis en marche, nous les avons vus!
Nous quittons le parc par le nord est, la vallée de Lamar, vallée glaciaire magnifique. Là, de petits groupes de voitures se sont arrêtés pour différentes mères ourses noires avec leur ourson. Nous les avons manqué de peu et décidons de rester sur notre place d’évitement. L’avantage avec notre hanneton, c’est que nous avons toujours le garde manger, le tricot, la lecture, les jumelles avec nous! L’ourson revient, mais je le repère en marchant, où est la mère? Nos jumelles et nos regards bien dirigés vers cet « adorable » ourson noir au museau clair, commencent déjà à créer un début d’attroupement. Là, la mère arrive tranquillement, …et se dresse, quelle bête impressionnante, les consignes si bien répétées ne sont appliquées par personne! L’ourson choisit de brouter et fouiner le sol en se rapprochant toujours plus de nous, les 90 mètres de sécurité ont grandement rétréci, la mère ne suit pas, nous ne la verrons plus. Nous avons regagné la proximité de notre hanneton, et réalisons que cet ourson a déjà bien la taille d’un petit mouton. Perdu de vue, puis revu plus loin, l’ourson aura fait une promenade d’en tout cas 1 km le long de la route, créant un bel embouteillage. 

Nous quittons le Yellowstone, et passons le lendemain le col de Beartooth à plus de 3300m., névés, vent, grands plateaux, canyons avant de descendre dans les grandes plaines.

Départ pour le Nord: Bear lake, Jackson et Grand Teton National Park, 29 juin – 9 juillet

La question du jour: de quelle langue est issu le mot « orignal » ? Une bonne bouteille à partager sur l’Alpe est en jeu!
En route pour le Yellowstone, une découverte le « Bear lake », eau claire, nous nous baignons, campons à raz l’eau en compagnie d’un couple de pélicans.

S’ensuit un arrêt dans un vrai camping équipé, et une journée nettoyage, lessive, où tout est sorti du camping car, TOUT!! Nous retrouvons une bière qui avait filé dans les sous-sols….Par chance, nous avons pu obtenir une place pour tente et non pour camping-car: sans voisins avec générateur, avec plus d’arbres, le glouglou de la rivière et beaucoup d’espace!
Jackson:
Une petite station à 1900 m. d’altitude, des maisons en bois, style « cow-boy touristique », et surtout une poste restante supposée garder le courrier. Deux bureaux de poste, nous nous rendons dans le mauvais bureau, celui n’ayant pas la poste restante, mais nous y faisons la connaissance de Jane, venant nous proposer de nous mener au bon bureau et de nous loger dans sa cour quand nous le désirons, en tout cas pour le 4 juillet (fête de l’indépendance) qui est dans 2 jours. En attendant, nous partons pour Grand Teton NP.
Grand Teton National Park:
Une vallée glaciaire très large, verte, des prairies de sauge, des zones humides, de la forêt surtout sur les pentes et des montagnes enneigées bordant la vallée. Nous passons une journée à « traquer » l’animal sauvage en voiture….la meilleure tactique étant de s’arrêter où d’autres voitures sont stationnées. Nous admirons, souvent à l’aide de nos jumelles, quelques orignaux,

un grand troupeau de bisons (les mâles peuvent dépasser la tonne),

quelques wapitis et des antilopes américaines tellement gracieuses (la kératine de leur cornes pleines tombent chaque année, animal le plus rapide du continent américain, pointes à 86 km/h).

Nous prévoyons de marcher autour de 2 lacs, (two Ocean lake et Emma Matilda lake) moins peuplé que le lac Jenny, magnifique mais bondé. Des essaims denses de minuscules moustiques, un panneau « Etes-vous prêt à être attaqué par un ours » complétant les innombrables messages de prévention habituels nous font faire demi-tour.

Je suis piquée à travers les habits fins, c’est insupportable. Plus loin, un grand attroupement sur la route, des rangers, donc nous allons aux nouvelles. Une jeune grizzli de 2 ans, un peu perdue de vivre hors du giron maternel depuis quelques mois, fait la sieste dans la prairie. Nous voyons juste sa tête grâce à nos jumelles. C’est une bonne chasseuse qui a déjà tué plusieurs jeunes bisons mais a été rôder dans un camping tout proche. En conséquence, elle porte un collier pour être suivie. Si elle retourne trop souvent au camping, elle sera euthanasie comme d’autres de ses congénères chaque année. En attendant, il semble qu’elle n’ait pas envie de sortir de sa sieste, malgré ou à cause de l’énorme public qui la guette. L’occasion de discuter avec des rangers nous apprend que la balade que nous avions tentée se situe dans une zone réputée pour ses grizzlis mâles! Heureux d’y avoir renoncé, nous partons le lendemain autour des lacs Taggart et Bradley, site prisés des ours noirs (qui peuvent être de différentes couleurs mais sont plus peureux moins souvent agressifs).

D’ours, nous ne verrons qu’une crotte fraîche, mais une belle végétation, toujours beaucoup de fleurs, et la belle vue sur les Tetons, dominant la vallée de leur 4000m.

Retour à Jackson:
Nous nous installons dans la cour de Jane et Dick,

sommes immédiatement embarqués pour un apéro, un souper et une soirée dans un pub « cow boy », animaux empaillés, décoration de bois, grizzli empaillé ayant été tué à mains nues par un chasseur réputé, peintures de diligences, tout y est, sauf l’orchestre local pas du tout de style country.

On danse, P.-O se désespère de toute notre tablée qui a décidé de passer la soirée à l’eau du robinet avec glaçons. Il faut boire de l’eau à cause de l’altitude selon une bonne marcheuse sportive, nous transmettrons ….de retour en Suisse! Nous rentrons rapidement, mais tout de même les derniers de la tablée.

Le lendemain matin, parade du 4 juillet, Jackson est une ville réputée pour la fête nationale. Le cortège comporte beaucoup de véhicules, défilé de jeeps, de camions pompiers rutilants, voitures anciennes. A cela s’ajoute les scouts, les associations de toute sorte, et les représentations commerciales, comme les banques. peu de piétons, un seul orchestre, pas de char fleuri, mais la police à cheval.

Le soir, en route dans le vieil SUV, selon Dick cela fait partie de notre visite des US, nous sommes invités à un souper canadien extrêmement sympathique chez une de leurs amies architecte, mares dans le jardin, vue sur les montagnes. Une vingtaine de personnes, toutes plus intéressées par notre voyage les unes que les autres, nous sommes plus qu’accueillis, nous sommes attendus!

Tout ce monde est sportif, se connaît par les marches en montagne et est férocement démocrate! Jane et Dick viennent de New Jersey et ont de la parenté ayant travaillé directement pour les Clinton. La politique n’est pas un sujet favori tellement la situation de leur pays les révolte. Délicieux plats maisons, pies, mais vers 21h. la soirée est terminée.

Nous nous installons sur la terrasse du toit chez Jane et Dick pour admirer le feu d’artifice.

Jane est extrêmement chaleureuse, Dick est dans une excellente forme physique, ayant passé adulte du télémark au snow board; nous espérons les accueillir chez nous un jour.

Et retour dans le Grand Teton NP
Nous nous installons dans la partie nord cette fois, à Colter Bay, au bord du Jackson lake.
Merveilleuse marche le long des rives et dans des forêts denses, où nous progressons seuls, poussant parfois une « boêlée », selon les recommandations dans les endroits sans visibilité sur la suite de notre trajectoire, pour éviter de surprendre un ours. L’idéal serait d’en observer un de loin, ou sans qu’il nous ait vu. Ce n’est pas encore pour aujourd’hui.

Magnifiques coup d’oeil sur les montagnes, les rives et retour le long de ruisseaux, de mares. Notre seconde marche nous fera suivre le « Cascade canyon », balade le long d’une importante rivière, neige sur les hauteurs vers 2700m., magnifiques reflets dans le torrent s’élargissant parfois en se partageant en plusieurs bras séparés par des îles recouvertes d’arbustes, un délice pour l’énorme orignal mâle (ou élan) que nous contemplons en plein repas.

Ses bois, tombant à chaque automne et repoussant chaque printemps, poussent de 2.5 cm/jour, pouvant atteindre un poids de 20 kg. Au début du printemps, ses bois sont recouverts d’une peau dite de velours.

Deux jours supplémentaires de calme et repos: téléphones en Suisse pour le plaisir d’avoir d’excellentes nouvelles, (bravo à Joseph pour son excellent master, bonne humeur de Nathalie en Pleine Forme); petite trempette pour moi dans le lac, pas si froid vu la neige et les cascades alentour, bricolage et entretien après plus de 16000km., grillade, amélioration de la fabrication maison du pain, une des rares mauvaises découvertes dans ce pays, à mettre dans la même catégorie que les générateurs des gros camping-cars.
Le nouveau jouet: une seule fonction mais elle est pliable ce qui lui a valu une exemption à la règle! (Jacqueline’s rule: tout objet doit avoir au moins deux utilisations pour entrer dans un cc).
L’occasion aussi d’aller à une causerie d’un rangers nous expliquant encore et encore que nous ne devons rien laisser comme déchets ou nourriture pour que la faune sauvage le reste, que l‘ancienne attitude dans les parcs favorisant le contact avec les ours est bien terminée. Personne ne peut ignorer la différence de morphologie entre un ours noir et un grizzli, le port recommandé du spray anti-ours, de ne jamais courir, ni de laisser de la nourriture dans sa voiture. Pour le moment, nous vivons au milieu des écureuils roux ou rayés et des petits rongeurs (pika) qui sont absolument partout en nombre,

et les mini-moustiques sont ceux qui nous agressent!

San Francisco, 23 – 27 juin 2019

Le détour était de taille, quelque mille kilomètres, mais Pierre-Olivier n’ était jamais allé….Alors en route….
Rouler en Californie, atteindre la ville par le Bay bridge, être dans la bonne présélection en ville, confier notre hanneton à un chauffeur qui l’a mis dans son parking privé, et ressortir de la ville 4 jours plus tard, rien n’a été simple et ce n’est pas le conducteur qui a eu le plus de sueurs froides. Il n’y a pas de parking-camping où nous aurions pu dormir.
La circulation beaucoup plus nerveuse, la grisaille, l’humidité du Pacifique, les prix qui prennent l’ascenseur, les sans-abris sur les trottoirs, nous arrivons par Tenderloin, un quartier où les guides recommandent de ne pas aller. Où est la Californie rêvée par les colons, celle des vergers, du soleil et du mythe américain ?
Choquant de voir un aveugle mendier pour pouvoir aller se faire soigner les yeux dans le pays des technologies de pointes. Ceci est connu, mais le constat sur le terrain est prenant. Est-ce encore la ville où le crack est bon marché, est-ce les prix si élèvés en Californie qui génèrent plus de pauvreté, je ne me permettrais aucune analyse hâtive, mais force est de constater que la déchéance humaine visible dans les rues du centre, même touristiques, animées, hors de Downtown ou Tenderloin, est triste, choquante par le nombre de personnes de tout âge totalement dans leur monde, au comportement parfois hystérique, au physique également en mauvais état. Ceci en plus de la pauvreté des sans-abris.
Mais aussi quelques bonnes découvertes:
Le quartier chinois, une ville authentique de 150’000 habitants, un petit restaurant où les clients se connaissent ( Pacific str. , ) de nombreuses épiceries. Avec les conseils d’une jeune Chinoise, nous nous achetons des fruits beaux rouges, des mangues jaunes bien différentes de celles que nous connaissons, délicieuses. Mais le soir, le quartier est mort, tout est fermé. Même la journée, ce quartier populaire par bien des aspects est exempt de sans-abris ou de drogue dure visible.

Quittance de restau

En-haut, en-bas, nous montons et descendons quelques-unes des collines; incroyables par leur nombre et la pente.

Une visite sympathique, celle de la centrale des câbles auxquels les fameux funiculaires s’accrochent grâce à un système de pince pour être tiré ou retenu. Le charme de la ville est là intact.

San Francisco, ville mythique pour notre génération, capitale de la contre culture en 1967, qu’en reste-t-il?

Aucune nostalgie dans les mentions de cette période il me semble. Reste le cannabis libre, voir promus dans les brochures destinées aux touristes, avec la recommandation de le consommer en privé et non dans la rue. Alors là, on tombe dans l’hypocrisie politiquement correcte!
La petite maison en mauvais état de Jimi Hendrix, des peintures murales présentant Janis Joplin entre autres, dans ce quartier de maisons victoriennes, délaissées après la seconde guerre mondiale par ses propriétaires riches lors du développement de la communauté noire. Une aubaine pour les 50 000 hippies s’installant dans le quartier et ses parcs durant ce fameux été 1967.

Le quartier Castro, est très calme, maisons victoriennes refaites, entretenues pour la plupart, une habitante nous confie qu’actuellement c’est le quartier où acquérir une maison est mission impossible.

A deux pas de là, un quartier bien animé, quelques ruelles extrêmement étroites où les magnifiques peintures murales appellent à la lutte des classes, à la justice, parlent racisme, exclusion, souffrance, parfois de façon simpliste. Nous y rencontrons un jeune professeur ou éducateur essayant de déclencher la passion chez un groupe d’adolescents, une caricature, autant par certaines explications simplistes, que par la non-réaction de son auditoire! Je n’ai pas pu m’empêcher de l’écouter sur le chapitre « mise en bouteilles de la totalité de l’eau mondiale par Nestlé et Coca Cola ». Ces peintures restent toutefois tristement d’actualité, celle concernant l’immigration en venant du Mexique interpelle évidemment dans le contexte actuel.

Et puis, nous L’AVONS TROUVÉE!

« C’est une maison bleue accrochée à la colline….. ». verte à l origine, repeinte, mais elle est mignonne, bien tranquille dans le quartier Castro.

Ainsi que le Golden Gate bridge comme les cartes postales ne le montrent pas!

Et la suite de la chanson « San Francisco s’embrume,…. »

Zion – Lake Powell – Grand Canyon North – Death Valley – Mammoth lake – Yosemite, du 8 au 23 juin.

Chaleur et soleil au rendez-vous tous les jours pour ces étapes très variées, en altitude, en ambiance, et en couleurs.
Zion
Arrivant par l’est, cheminement entre des dômes dont les couches sont fendues perpendiculairement, (eau et gel), de véritables damiers.
Nuit à la sortie ouest du parc, en plein désert avec vue sur les montagnes.
Mais une foule incroyable, des chemins fermés pour cause de chutes de pierres et un paysage moins spectaculaire à nos yeux, nous sommes partis après une demi-journée. P.-Olivier a renoncé à la seule grimpette costaude, n’ayant pas l’habitude de faire la queue en montagne pour tenir la chaîne le long d’une falaise.
Je me balade vers des cascades, rencontre une Ranger, apprend qu’une des espèces de renard de ce parc grimpe aux arbres pour chercher les oeufs dans les nids.
Lake Powell
L’idée d’une pause balnéaire. Même cette activité classique et standard est différente ici qu’en Europe. Camping-cars alignés sur le sable surplombant la plage, le niveau d’eau étant beaucoup descendu cette dernière décennie. Non, nous ne nous enlisons pas du tout! Bateaux, jet skis et quelques jeeps sur la plage, peu nombreux, mais déjà trop présents.
L’eau est sablonneuse, donc pas translucide du tout, bien tempérée, bordant une plage de sable fin bien chaud! D’ailleurs, il n’y a pas de broussailles donc il fait trop chaud pour les serpents! (j’avais un mauvais souvenir à ce sujet sur cette plage).
Visuellement, tout est nu, couleurs pâles, un paysage minéral, beige-rosé, éclatant de luminosité.
Le soir, beaucoup de feux, un ciel étoilé, un grand calme. Le feu pour le plaisir plus que pour la grillade, une valeur traditionnelle extrêmement ancrée.

Nous quittons le lac Powell par la route du sud, passant le barrage et descendant au niveau du Colorado pour le traverser. L’ancien pont, un élément capital pour les échanges commerciaux est devenu piétonnier et a été doublé d’un nouveau pont routier, s’intégrant parfaitement.

La vallée est totalement plate et le Colorado dessine ses méandres, ayant creusé tout-à-fait verticalement son chemin dans ce plateau qui a été surélevé, il y a bien des millions d’années, par les mouvements des plaques tectoniques. Aucune pente intermédiaire, aucune transition entre l’horizontalité et la verticalité parfaites.

Puis nous grimpons pour arriver dans le parc national du Grand Canyon, rive nord. Des forêts diversifiées splendides, toutes sortes de pins, c’est vert, chaud et nous sommes déjà à plus de 2000m. d’altitude.

Grand Canyon nord
Le parc est bordé par une « national forest » ce qui signifie que nous n’avons pas besoin de permis pour dormir n’importe où. (Nous ne dormons jamais dans les parcs car les campings y sont pleins, et que le bivouac hors camping y est interdit). Tout campeur dans ce pays finit son voyage avec une certaine connaissance du cadastre et de ses termes!. Nous nous écartons juste de la route principale…..juste 40 km de terre battue pour arriver à une prairie terrasse, « Marble view point, » surplombant un canyon latéral. Une sérénité incroyable!
Une tente remorque est cachée entre les arbres, nous faisons connaissance d’un couple extrêmement sympathique ayant beaucoup d’humour. Intéressant équipage: la cuisine se tire hors de la remorque, la suspension de la tente pliée sur remorque est faite pour du tout-terrain costaud, les vélos se mettent par dessus une grille couvercle, mise en position verticale à l’arrêt pour fixer la douche! Nous finirons la soirée au Hanneton, avec le whisky US pour ces messieurs. Leur fille est en Suisse, peut-être les reverrons-nous chez nous!
Allant au bout du chemin pour le coucher du soleil, nous rencontrons un autre couple, jeune, installé aussi dans une tente sur remorque. Par une fin de journée aux couleurs splendides, nous sommes invités à jouer au « Horseshoe», une pétanque cow-boy!
2 équipes, deux piquets distant de plus de 10 mètres et des fers à cheval plus grands que les authentiques, lourds, à lancer depuis un piquet vers l’autre piquet. 3 points si votre fer tombe enroulé autour du piquet, bonne chance, cela n’est jamais arrivé! 2 points si votre fer à cheval touche le piquet et 1 point s’il est distant du piquet de moins d’une largeur de fer. C’est lourd, cela ne roule pas, la distance est longue, la lumière au coucher du soleil diminue…..bref, encore bien plus difficile que sympa comme jeu!!! mais les jeunes s’étaient beaucoup exercés la journée, être vers leur campement dans un beau coin de nature, perdu, sans forcément faire de grandes marches, c’est je crois le plaisir de nombreux campeurs rencontrés.
Visite de la rive nord proprement dite, dans le parc national: splendide. Le Colorado est plus éloigné que depuis la rive sud, nous contemplons surtout des canyons latéraux, mais c’est magnifique. Un hôtel ancien, plein de charme borde la falaise.
Nous faisons un petit bout du chemin de descente, celui emprunté pour relier en 2 ou 3 jours les deux rives puis une balade sur le plateau, parmi les pins et menant à un point de vue (uncle Jim trail).
Nous nous rendons en voiture au point le plus élevé (alt. 2700m. env.) au dessus du Colorado (alt.735 m.). Splendide de contempler la vallée si plate ainsi que les barres de rochers rouges que nous avons traversées en venant du lac Powell ainsi que tous les canyons rejoignant celui du Colorado. Pour rester dans la magie de ce coup d’oeil, nous retournons au vieil hôtel pour un souper buffet délicieux, coucher de soleil inclus! Dormons à nouveau dans la forêt hors du parc, chevreuils le long de la route. Les autres points de vue sont inaccessibles, trop de neige l’hiver dernier, route bloquée par des troncs tombés.
Nous quittons le grand canyon nord par une piste (route 22) à travers la forêt. En prenant juste un peu d’altitude, les bouleaux remplacent progressivement les pins. Les forêts ici m’apparaissent vivantes, visions de champs de bataille, traces d’ouragan, de foudres, les troncs enroulés en tire-bouchon des genévriers se décomposent couchés sur le sol, creusés en leur centre. Mieux que nulle part ailleurs, l’arbre mort est avant-tout source de vie!
Par des étendues de plus en plus désertiques, nous perdons de l’altitude, rejoignons Las Vegas et remontons pour dormir dans la forêt juste avant Death Valley, à 2000m. d’altitude, agréable. En pleine nature, des places assez plates, avec foyers, à disposition des campeurs de passage. Le BLM, Bureau of Land Management organise ces places, dans les zones dont le Bureau a la responsabilité, différentes des zones communales des forêts et des parcs nationaux. En zone « sauvage »,(wilderness), un permis peut être requis pour camper ou pour faire un feu d’agrément, mais pas forcément pour un barbecue. Ces permis sont gratuits, peut-être plus une façon de savoir un peu où vont se perdre les humains dans ces immenses territoires en cas de problème. Le personnel dans les Visitor Center sait expliquer toutes ces différences avec le sourire, ayant la sauvegarde de la nature comme priorité. En conséquence, l’organisation des campings nous étonne. S’il y a de l’eau, elle est potable, disponible à une pompe mais chacun doit prendre son récipient à sa place pour la vaisselle et se laver. Pour les campings cars, aucun problème, nous collectons nos eaux usées et les vidons dans des endroits de vidange officiels mais pour les campeurs… Nous voyons peu de réchauds, peu de vaisselle, autre que les cartons venant de snacks. Des douches payantes sont parfois disponibles en-dehors des campings, comme des buanderies, mais en camping, rien d’autre que des toilettes bien souvent. Nous ne fréquentons pas les grands campings ayant tout le confort car ils sont au bord des routes, dans le bruit, ressemblant plus à des parkings.
Death Valley
Nous l’abordons très tôt; avant le lever du soleil, nous sommes à Zabriskie point. Les couleurs sont dans les mauves, gris, oranges pâles.
Paysage minéral, un peu de verdure au début tout de même, le thermomètre grimpe à mesure que nous descendons jusqu’au niveau de la mer, puis en-dessous. Petit-déjeuner vers 7h, puis balade sur le sel, 39 degrés!. L’eau des montagnes environnantes arrivent de façon souterraine dans cette vallée, point le plus bas et le plus sec du continent américain, ainsi que le plus chaud de la planète. L’eau s’évapore, reste le sel de la roche solubilisé. Cette région a été explorée par les chercheurs d’or, d’argent et exploitée pour le borax servant à la production de lessives. Nous marchons sur une couche de sel mou, humide puis sur des dunes de sable brûlant.
La luminosité est incroyable. Cette vallée est bordée par des failles, issue du déplacement des plaques tectoniques; le magma y a laissé ses traces aussi. Une tribu d’Indiens y est encore présente, revendiquant ces terres les reliant au Créateur, et pourtant cet environnement est hostile de par sa chaleur et sa sécheresse. Même le serpent à sonnette de la région a une stratégie spéciale, il fait des mouvements pour que son corps ne touche que très peu le sable. Certains rongeurs peuvent survivre sans aucun autre liquide ingéré que celui des graines mangées. Le « Visitor center » est riche en explications, mais nous ne voyons évidemment aucune trace de vie; le parc est immense et nous, les touristes, sommes concentrés en quelques points. Nous ne visitons que superficiellement ce parc, la température est de 47 degrés l’après-midi, limitant toute autre activité que la visite en voiture avec la climatisation. Il faudrait savoir peindre, pour rendre les couleurs, la chaleur, la lumière.

Mammoth lake

Une station de ski et de randonnées dans les pins, à plus de 2200m. d’altitude. Nous y découvrons l’architecture, rustique, en bois et si différente de nos chalets, des jeunes en shorts vu la belle météo revenant avec …leur snowboard. L’hiver a vraiment été enneigé, les installations de ski fonctionnent le matin, nous comprenons que c’est plutôt inhabituel pour la saison. Partout les rivières, torrents, ont un débit très élevé, leur donnant des allures sauvages. Les lacs aussi sont manifestement beaucoup plus vastes qu’habituellement, les arbres ont les troncs dans l’eau.
Splendide balade en forêts, pins, et genévriers, sous-bois de « sauges (sagebrush, pas la sauge culinaire) » et d’autres petits buissons, de nouvelles fleurs, à nouveau des troncs au sol, des traces d’orages, de coups de vent et des petits lacs de montagne (Sherwin Lakes). Nous rebroussons chemin dans la neige!

Le lac Valentine, plus haut, vers 3000m est inatteignable pour nous (dernière grimpette glacée nécessitant les crampons, le piolet, tout ce que j’aime!!!!).
Nous sommes dans un camping, cela nous permet d’être sur le terrain communal, donc près de la station et du départ de la balade, tout en étant perdu dans la forêt en fait. Un colibri vient toquer à la fenêtre, nous entendons bien la rivière au débit impressionnant, mais aucun ours. Un ourson avait essayé de chaparder la veille, exactement où nous sommes. Une grande campagne de communication est en place pour que les animaux sauvages le reste; l’ours pouvant devenir dépendant des restes laissés par les humains, perdre ainsi son autonomie et devenir agressif, ce qui entraîne son élimination.
Boîte à nourriture contre les ours
Yosemite ou l’histoire d’une belle rencontre
Yosemite valley: l’exemple type d’une vallée glaciaire en U à environ 1200m. d’altitude. Des parois de granit impressionnantes, dont le célèbre El Capitan de 900m., le plus haut monolithe du monde et le Half Dome, et des cascades magnifiques tombant des vallées latérales.
Un parc immense, aux multiples chemins de randonnées, très verticaux, hors de la Yosemite valley qui ne représente que le centre touristique, l’arrivée en cul de sac de la route. Mais, toute la partie du nord du parc, surplombant à plus de 2000m. d’altitude est cette année encore fermée, la route n’ayant pas encore été remise en état après les dégâts de cet hiver très enneigé, rendant inatteignables les chemins et les campings. Arrivant de l’est, nous avons dû contourner le parc par le nord, par le col de Sonora, seule route ouverte, étroite avec des pentes de 25%. Sol recouvert de neige, quelques jeunes rentrant de peaux de phoque au milieu des pins, du soleil et d’une température tout-à-fait printanière, voire estivale.
Nous entrons dans le parc par l’ouest, et arrivons dans cette vallée où la route fait une boucle, vision quasi cauchemardesque de circulation, nous nous parquons dès que possible et réalisons que dormir à l’extérieur du parc (campings pleins des mois en avance, interdiction de camping sauvage dans les parcs) va signifier passer notre temps dans les bouchons.
Au Visitor Center, un camping affiche de la disponibilité, miracle? Le temps de nous rendre au bureau d’attribution des places de campings, nous sommes en 24ième position de la liste d’attente pour le soir même; mais nous avons le droit de partager la place avec des amis étant dans la liste avant nous, nous est-il spécifié. Par contre, il serait très mal vu d’aller dans les campings prospecter pour trouver des campeurs déjà installés avec qui partager une place. A 15h précise, les places disponibles sont distribuées pour la nuit à venir aux premiers de la liste et chaque jour le scénario se répète. Pendant la distribution des places, Pierre-Olivier contacte deux jeunes Américains qui ont eu une place, pour leur demander de partager, et nous voilà amis! Nous pensions avoir résolu le problème de la nuit à venir, alors quelle fut notre surprise quand Chris et Anthony, ces deux frères de 26 et 22 ans, nous ont informés que sur Internet, ils avaient déjà trouvé des places de dernière minute pour les 3 nuits suivantes, et que nous n’avions qu’à les suivre, de place en place chaque jour. Comme leur équipement se constituait d’une petite jeep louée, d’une tente achetée pour l’occasion, de deux fagots de bois de feu et de boîtes de conserve, il n’a pas été très difficile pour nous d’améliorer leur subsistance, ou de leur passer un jerrycan d’eau de temps en temps pour s’arroser au retour de grandes marches.
Les douches sont à l’extérieur des campings. Ces deux jeunes étaient charmants, ils nous ont parlé de leurs études, de leur famille, nous avons partagé la vie de cow-boy moderne, autour du feu tard le soir, alors que chacun faisait son programme la journée.
Nous avons admiré les chutes Yosemite depuis la vallée, les marches sont vraiment un peu verticales pour moi dans ce coin! et marché autour d’un point de vue surplombant la vallée: Glacier point.
Dans le sud du parc, près de Wavonna, nous avons cheminé parmi les séquoias, âgés de centaines d’année, les plus vieux même de plus de 2500 ans. Ce sont les arbres les plus massifs au monde, dont l’écorce très épaisse de couleur cuivrée souple, tendre, riche en tannins, les protége des maladies, du feu. Beaucoup ont survécu à de nombreux incendies, leur centre est creux, brûlé, entouré d’ une couronne de bois vivant. Le sous-bois est très vert et nous nous sentons comme Alice aux pays des merveilles, très petits dans un monde fantasmagorique.
Après les 4 nuits passées dans les différents campings avec Chris et Anthony, nous décidons tous de marcher encore un jour dans le parc mais nous devons dormir à l’extérieur. Grâce à l’application Ioverlander, (comme partout), nous trouvons à nous loger en forêt juste à la sortie sud du parc (hwy 41), Chris et Anthony sans aucun camping, sont heureux de nous accompagner. Le frigo du Hanneton ayant été décrété « Bear proof », nous donne à tous une certaine sécurité. Nous passons une dernière soirée autour du feu, à finir leurs boîtes et nos produits frais, vu que nous avons trouvé un hôtel pour notre prochaine étape à San Francisco.
Ce dernier jour, nous avons marché jusqu’aux cascades de Chilnualna. Une splendide balade suivant la rivière, puis grimpant dans une forêt très odorante pour arriver au-dessus d’une cascade très haute, et finalement vers un bassin où se jette une cascade à 5 paliers. C’était magnifique et là, nous avons pu parquer au départ du sentier. Avec les soirées tardives avec nos deux jeunes, quelques problèmes administratifs à résoudre avec un wifi pas féroce accessible qu’à un endroit de la vallée, nous étions un peu tardifs le matin et avons dû renoncer à aller le long des cascades les plus connues, Nevada et Vernal falls faute de trouver à se parquer au départ!

Canyonlands-Arches-Capitol reef-Escalante-Bryce, 25 mai-7 juin

Canyonlands est un immense parc, où se rejoignent la Green river et le Colorado. Il est divisé en 3 parties, les « Needles », « Islands in the sky » et « Maze ». Pour nous y rendre, nous prenons de l’altitude, la neige sur les sommets des « Henry Mountains », les pins, les bouleaux…Ouf, cela redescend pour arriver à Canyonland.

Needles: Camping sauvage sur un gros rocher plus ou moins plat, le long de la route 212 allant au parc. Nous sommes loin d’être tout seuls, le lundi est férié en l’honneur des soldats décédés au combat, et c’est le premier week end estival.

Splendide marche jusqu’à un col passant les « Needles », ces aiguilles rouges, peu de monde dès que nous nous éloignons un peu, des rochers en forme de champignons, nommés Hamburger rocks, des genévriers tortueux, des passages un peu acrobatiques, et finalement la vue sur la barrière des Needles toute proche et une grimpette pour les passer. Nous redescendons par le même chemin, avec toujours la neige sur les montagnes en arrière fonds. Cette marche était vraiment splendide, et calme (de Elephant hill à Chester park).

Pour faire des marches de plusieurs jours, les places de campement se réservent 9 mois à l’avance! Certaines sont sur les chemins 4×4 d’autres pour les randonneurs le long des sentiers.

Islands in the sky: Nous sommes dans un petit camping très nature, avec une splendide vue, une belle place abritée des coups de vent, avec table, et anneau à feu, mais pas d’eau. Nous visitons les points de vue, touristiques et faisons quelques-unes des marches proposées, jamais bien longues (1-2 heures).

Comme dans beaucoup de parcs nationaux, le « visitor center » en plus d’être un centre de documentation, est pour nous aussi le lieu où il y a de l’eau, et du wifi pour tenter de téléphoner par skype. Ce jour-là, nous recevons la première mouture de la thèse de master de Joseph , intéressante lecture pour la soirée. A Bretigny tout va bien, sauf des mauvaises nouvelles concernant que le zoo, maladie et mauvaise rencontre avec le renard pour les poules, hérisson non sauvé après un empoisonnement. Nous rencontrons un couple zurichois-japonaise, en route pour 2 ans avec camping car très long, qu’ils vont amener au Japon pour ensuite rentrer par la Russie. Beaucoup de va—vient au « visitor center », donc quelques visites du hanneton, d’Américains voyageant en van, toujours intrigués et enthousiasmés par notre petite taille, notre équipement (peu ou pas de panneau solaire aux US), et nos gros pneus.

Les points de vue sur le Colorado et la Green river sont tous aussi incroyables les uns que les autres, spécialement vertigineux depuis « Dead Horse ».

Nous soupons sur place pour y être au coucher du soleil; les couleurs sont magnifiques lorsque le jour descend, mais l’astre du jour préfère se dorloter dans les nuages, comme bien d’autres fois.

De notre camping du « voleur de chevaux « Horsethief », nous visitons aussi le parc des Arches, très touristique mais splendide.

Nous avons réservé une marche avec une ranger, dans la partie du parc accessible qu’accompagné ou avec permis spécial. (Fiery Furnace). Balade très ludique, passages étroits, toboggans sur les rochers, grimpette de toutes sortes.

Nous nous arrêtons dans un cercle de quelques dizaines de mètres de diamètre, entourés de rochers très élevés, formant un cône percé sur nos têtes. Lors des dépôts de couches sédimentaires par-dessus la couche de plusieurs dizaines de centimètres de sel laissé par l’évaporation de la mer intérieure, des pressions ont été si fortes par endroits que le sel a fait éclater les couches sédimentaires ailleurs. Ainsi l’eau a pu atteindre la couche de sel par ces craquelures, l’a évidemment dissoute et nous nous trouvons dans une de ces bulles d’éclatement.

Les Arches ont saussi été formées par la dissolution du sel , ne laissant plus que les roches plus dures. je simplifie, mais ces paysages sont aussi simplement magnifiques pris comme des oeuvres d’art.

Nous restons au parc pour le coucher du soleil, que c’est bien d’avoir sa cuisine et son souper avec soi pour patienter. Nous retrouvons notre place au camping, notre étiquette avec notre jour de départ est en place, les américains nous apparaissent comme un peuple incroyablement discipliné. Moyennant d’aller le plus loin possible dans le parc, à Devil’s garden, nous trouvons des sentiers moins encombrés où nous marchons en toute sérénité parmi les cactus en fleurs.

A côté de tous paysages dont le point commun est toujours l’immensité, quelques clins d’oeil à des beautés de taille plus humaine, ou encore plus petites:
  • Le sol croûté (crust soils): tellement crucial pour cet environnement. La terre se présente comme une croûte bosselée. Un réseau de filaments composés de cyanobactéries, d’algues, de champignons ainsi que de leurs déchets fixe le sable sur les rochers, luttant contre l’érosion et permettant le développement de la vie en-dessous de cette croûte. Un sol brun, a mis déjà 100 ans à se former, une croûte dite mûre, noire, est beaucoup plus âgée. D’où l’importance de rester bien soigneusement sur les chemins!
  • Les Prickle pear cactus (donc cactus-poires?) sont en fleurs.
  • Accompagnés d’autres fleurs, comme celles du yucca à feuilles étroites par exemple.
  • Question arbustes, broussailles, voir grands arbres, le genévrier est présent partout. Ses racines peuvent aller jusqu’à 50 m. de profondeur et sur un rayon de 70 m. Les troncs sont toujours torsadés, en apparence complètement secs et pourtant du vert ça et là nous indique que l’arbre est bien vivant. Vu la longueur de ses racines, nous voyons en fait des ressurgescences du même arbre. Bois dense, de croissance lente, utilisé en construction, les spécimens que nous contemplons peuvent avoir au moins100 ans. Ce « Juniper » est toujours accompagné de pins à pignons. Très courant aussi, le « sagebrush » (Artemisia tridentata), plante médicinale des Indiens Navajo, dégage une odeur de camphre et n’est pas de la même famille que la sauge culinaire.
Notre parcours se poursuit par la traversée du désert de San Rafael pour arriver à Torrey, en traversant le parc de Capitol Reef. Immensité plate, bordée par une chaîne de rochers, vide, nous dînons en nous installant sur un chemin de traverse, seul loin à la ronde.

Torrey, arrêt gastro, le restaurant du coin sert des couronnes de « ribs » incroyables, en plus la sommelière locale a envie d’échanger. Elle est très contente de vivre dans cette région très isolée, de travailler juste certains jours pour élever 3 enfants avec son mari. Nous parlant de son organisation familiale, elle nous confie de s’être pas du tout intéressée à l’Obamacare car, comme la plupart des Américains, toute la famille est assurée par l’employeur de son mari pour maladie et accidents, y compris quand ils seront à la retraite. En fait, ils ne sont pas concernés par cette mesure sociale.
Le camping fournit douche et machine à laver; quel luxe!…..(le hanneton a une douche, pas de panique, nous sommes encore fréquentables!)
Prochaine étape par la route 212, très populaire comme route scénique. Elle grimpe à 3000 mètres avant de redescendre à Escalante. Nous retrouvons les pins, puis les bouleaux aux jeune feuilles vertes, puis les bouleaux sans feuilles et les taches de neige. La descente se fait par un tracé offrant de magnifiques vues, parfois même des deux côtés de la route, celle-ci serpentant sur la crête.

Pour visiter le sud d’Escalante, la piste est longue, variant entre tôle ondulée et sable, pauvre hanneton, qui résiste en tout cas pour le moment, signalant seulement tout couvercle de casseroles pas bien calé.

Balade vers Zébra canyon: trop d’eau, nous ne pourrons pas nous enfiler dans l’étroit passage.

Slot de Peek a Boo près de Zebra

En rentrant à pied, subitement, je vois nettement un puma (ou cougar) allant se mettre partiellement derrière un arbre devant nous, s’arrêter, puis repartir derrière une butte et je n’ai plus pu le suivre des yeux. Nous nous remettons en marche, en parlant fort, et en observant la petite butte des fois qu’il nous guetterait. J’ai une une énorme chance, ces félins ne se laissent pas voir facilement, je n’en reviens pas. Evidemment, pas de photos, tout est allé trop vite et j’avais d’autres pensées, je n’ai pas réussi à expliquer assez rapidement à Pierre-Olivier son emplacement. Immobile, il se confondait parfaitement à la couleur du sol, je ne l’ai vu que parce qu’il a bougé. Le lendemain, nous trouvons des panneaux d’explications claires et discutons avec un ranger expérimenté, notre attitude a été correcte, nous ajoutons juste des alarmes sonores à notre sac à dos. Le soir, nous dormons en pleine nature près de là, avec la visite de bonnes grosses vaches de leur veaux et de quelques lièvres.

Un foyer est déjà en place, c’est incroyable comme ce pays est fait pour vivre hors des structures, tout en étant propre.

Continuant la route scénique, arrêt au state park Kodachrome et au plus joli camping de notre périple. Logeons au pied des falaises, ponctuées de pitons dont l’origine reste mystérieuse. Ballades, la roche est beaucoup plus friable que les gros rochers ronds d’Arches.

Bryce Canyon
  • Visite de tous les points de vue, tous plus époustouflants les uns que les autres. Après le soulèvement du plateau, les couches sédimentaires ont été érodées par le vent, l’hiver, au dégel, l’eau dissout les parties plus tendres, créant d’abord des cavités, puis séparant des pitons rocheux. Le blanc est du calcaire, les roches colorées contiennent des minéraux, fer et manganèse.
  • Dormons en forêt, à quelques centaines de mètres de l’entrée du parc, comme une dizaine de camping cars éparpillés aux alentours.Nous rencontrons des Zurichois, en jeep, un couple en voyage pour 3 mois, l’autre pour une années, grands parents heureux d’avoir les jeunes générations les ayant rejoints pour des vacances.
  • Marche de « Bryce point », pour descendre jusqu’au fond de l’amphithéâtre de pitons, différents pins aux verts vifs splendides ressortant bien sur la couleur orange-rose saumon tellement typique de Bryce canyon.Remontons par un autre chemin, vers « Sunrise point », plus touristique.Bryce canyon est un endroit évoluant particulièrement vite, cela se voit que rien n’est solide! et connu pour avoir une grande obscurité et un ciel magnifique pour l’observation des astres. Pierre-Olivier fait quelques courtes sorties nocturnes, captivé par la voie lactée.
Lever du soleil 08.06 à 06h20,

Las Vegas- Grand Canyon-Mesa Verde-Monument Valley-Valley of the Gods, 13 – 24 mai

Nous commençons par faire étape à Chloride, dans un petit camping au charme cow-boy home sweet home craquant, dans un paysage grandiose, collines, couleurs ocres, broussailles aux alentours. Par un soleil tapant, ciel bleu sans nuages, plusieurs machines à laver et un étendage disponible. En quelques heures, le hanneton ne contient plus que du propre, de nos armoires à la cuisine en passant par notre coin à dormir. Chloride, petite ville minière fantôme, a un second souffle baba cool.

Grand Canyon National Park: Pierre-Olivier conduit, il sait que les rives du canyon sont à plus de 2000m. d’altitude, il ne peut s’empêcher de s’étonner de ce paysage plat, de ce canyon qu’on ne voit pas jusqu’aux derniers mètres. Nous arrivons en fin d’après-midi, les couleurs sont formidables de rose, de mauve et cette grandeur! Quelques nuages en fin d’après-midi nous masquent le coucher du soleil, tant pis.

Le camping à l’intérieur du parc est plein, comme prévu. Suivant les conseils reçus dans un camping moche hors du parc où il y avait de la place (!), nous allons dormir en forêt à une encablure de l’entrée du parc. Des foyers y sont même aménagés.

Le lendemain, nous marchons le long du bord du canyon, après quelques miles, il n’y a que des attroupements aux points de vue desservis par le bus. Je prends plaisir à juste contempler les couleurs, les reliefs et l’immensité de ces couches érodées par l’eau et le vent. Le musée géologique explique la formation de ce paysage incroyable, le choc d’une chaîne de volcans et de la plaque américaine, les périodes d’accumulation de sédiments lorsque toute la région n’était que mer, les soulèvements et plissements, fractures et l’action d’érosion du Colorado.

Le jour suivant, Pierre-Olivier descend dans le canyon, …. jusqu’à Plateau Point donc plus loin que le point atteignable en une journée de marche selon les Rangers (Indian Garden).

Il rentre bien fatigué, mais aura mis que 6 heures aller et retour ! Je suis malade, les oscillations brusques entre les 32°C et la neige, en plus de la climatisation dans les bus et les casinos de Las Vegas ne m’ont pas convenu. Mais la contemplation des couleurs peut se faire magnifiquement bien par balade tranquille en-haut du canyon, quel plaisir!

Puis, après nous être mis en route à 5h. pour le lever du soleil, nous partons pour Desert view, le côté Est du parc où nous arrivons tôt (9h30) au camping et avons ainsi une place. Les départs se faisant entre 9h. et 11h., à 11h 10 il est plein! Nous sommes accueillis comme dans bien d’autres endroits par un couple charmant de volontaires, gérants. Ce sont des retraités, très motivés, souriants, prenant le temps de s’occuper de leurs hôtes, et arrondissant ainsi leur revenu. Ils logent sur place, dans un grand camping-car ou caravane, entouré de beaucoup de fantaisies décoratrices! Pour les campeurs, chaque place a une partie goudronnée pour la voiture ou le camping-car, un foyer, une table avec bancs, (manque juste un peu de chaleur….), une place plate pour une tente et un petit poteau pour marquer que la place est occupée. Ainsi, chacun peut s’absenter la journée, et retrouver sa place le soir. Pas de douche, pas de vidange des eaux et pas de grands camping-cars acceptés, mais un environnement sympa. Nous y apprécions d’avoir quelques contacts et la vue sur l’Utah, plat, et les autres canyons latéraux, sublime, est à quelques 10 minutes à pied.

Après une belle mais fraîche soirée d’anniversaire pour Pierre-Olivier avec grillade au feu de bois et pommes de terre à la braise, la pluie, le vent nous font enfin passer une journée de remise à niveau, concernant les écritures, les téléphones etc…Pour du travail avec internet, ce n’est pas facile. Imaginez des heures sur un parking de magasin….ou dans un hall, toujours avec des réseaux très lents, vous envoyant nos quelques photos progressivement…
Les prochains jours, les paysages de plaines caillouteuses, rouges, ocres ou vertes de broussailles clairsemées se suivront, coupées de barres rocheuses. L’immensité, les couleurs, les jeux de lumière, parfois quelques passages de pluie se succèderont comme un film artistique, une série de tableaux. Nous sommes juste frustrés de ne pas être capables de rendre par la photographie l’immensité et les nuances de chaque instant.

Après l’immensité du Grand Canyon, nous descendons à pied dans le canyon de Chelly, plus étroit, haut que de 300 mètres, tapissé de belles prairies au fond où des Navajos vivent encore actuellement.

Les plissements, les couleurs dorées des roches sont de véritables oeuvres d’art abstrait. En face de nous, une ruine de maison Pueblo dans la falaise comme celles que nous verrons à Mesa Verde.

Mesa Verde: tout d’abord une arrivée en fin d’après-midi à l’entrée du parc, dans une météo de brouillard et de pluie-neige.

Une employée charmante me demandant avec grand sourire: vous passez la nuit chez nous ce soir? Oui, cela nous semble évident,…Un peu moins quand la route continue à monter, en devenant de plus en plus blanche d’une bonne couche de neige mouillée. Le camping est à 2500 m. d’altitude, le ciel se dégage un peu, des chevreuils nous y accueillent. A l’entrée, nous recevons notre lot de consignes concernant notre comportement face aux ours, gestion de la nourriture et des déchets, usage des foyers, gestion du bois de feu. Par la tempête de neige, il paraît que les ours ne pensent pas plus aux balades que nous aux grillades! Le plan semble de redescendre au plus vite le lendemain.

Le jour se lève sur une bonne couche de nouvelle neige mais le ciel se dégage et les routes ont été en bonne partie ouvertes.

Nous allons voir depuis les falaises leur faisant face les habitations troglodytes des Pueblos, peuple agricole ayant vécu sur ces terres de 400 à 1300 ap.J.-C.

Le maïs, la confection de paniers, le tissages, l’élevage du dindon entre autres nourrissaient cette civilisation prospère jusqu’au 12ième siècle (autre que celle des Indiens Navajos ou Hopi). Une période de sécheresse et de vent a fait chuter les récoltes, les clans se faisant la compétition pour survivre, d’où un besoin de défense. La population a diminué, les familles ont construit des maisons aux nombreuses pièces à plusieurs étages y compris des salles de cérémonie, dans les cavités de la falaise du canyon. L’accès se faisait par des échelles, des cordes; mais ces structures collectives n’ont été utilisées que 75 ans environ. D’un coup, tous sont partis au sud s’intégrer dans d’autres tribus indiennes. Nous passons une bonne matinée à observer avec nos jumelles parfois, tous ces hameaux et redescendons de Mesa Verde pour un délicieux repas mexicain à Corteze, agglomération qui n’en finit pas de s’étaler le long de sa « main street ».

Les paysages deviennent plus arides, des barres rocheuses aux formes et aux couleurs variées ponctuent notre route en approchant de l’Utah. Nous sommes à nouveau en territoire Navajo; leur hameaux se composent de maisons traditionnelles, Hogan,

d’habitations modernes mais très simples et de mobil-homes. Les personnes âgées vivent dans les hogans, où se déroulent aussi les cérémonies. Les hameaux sont minuscules, chaque famille ou clan vit de façon très isolée. Au milieu du plateau, où on se sent parfaitement seul, un bus scolaire part dans un chemin de terre, un écriteau indique un arrêt.

Impressionnant de voir tous ces bus rentrer vers 16h. vides, et d’imaginer les kilomètres parcourus pour ramener les quelques enfants d’une famille.

L’Utah: paysages de westerns: les « mesas » , montagnes plates très larges comme des tables, les « buttes », mesa érodées se dressant tels des cubes et les aiguilles dressant leur forme étroite érodée par le vent et le sable leur donnant des allures de personnages, de colonnes, parfois chapeautées.

L’arrivée à Monument Valley, ce sont toutes ces formes rouges dans le lointain et finalement un point de vue dominant toute une vallée où ont été tournés les premiers westerns avec John Wayne. S’éloignant du monde, nous prenons plaisir à une randonnée parmi cette végétation de broussailles, sauge « sagebrush », cactus aux fleurs roses, genévriers.

Le silence est superbe. Puis, le temps étant sec, nous décidons de descendre en fin d’après-midi la piste pour aller découvrir les reliefs rouges. Quand on visite, il faut s’intégrer aux habitudes locales, donc en avant pour la visite en voiture! L’occasion pour notre hanneton muni d’une fonction traction + et de l’option « tortue « permettant les descentes raides au ralenti de s’aventurer où les campings-cars n’ont pas le droit de batifoler.

Cette piste nous emmène vers de beaux exemples de plateaux rouges érodés. Nous sommes seuls à John Wayne point.

Soirée passée avec deux frères, nos voisins campeurs; nous sommes quasi seuls dans ce « camping »: terrain vague à l’entrée du parc loué par un Indien y ayant bricolé quelques cahuttes sanitaires (que nous ignorons, évidemment).

Le luxe de ce camping, nous explique ces 2 jeunes très sympathiques, est le droit d’y faire du feu. Ainsi, nous nous retrouvons à passer une soirée très fraîche en leur compagnie. Ils ont apprécié mon gâteau au séré, mûres, confiture de fraises et biscuits à la cannelle!

Ils sont plus que polis, respectueux à l’extrême envers nous, et viennent du sud du Texas. Très vite, ils nous présentent un autre regard de la politique actuelle aux USA. Ouverts, ayant très conscience de ce qui étonne les Européens, comme la liberté de posséder des armes par exemple, insistant sur la manipulation opérée par les média (tant CNN anti-Trump que Fox pro-Trump), leur vision est que le gouvernement ne doit s’occuper que du maintien de l’unité du pays et de sa défense. Au Texas, peu de taxes, beaucoup d’opportunités de faire fortune surtout par des métiers manuels, donc assez de travail pour tous, juste le taux de chômage nécessaire à l’innovation; mais des gros problèmes de délits liés aux Mexicains illégaux. Un pouvoir économique augmenté depuis quelques années, la liberté des armes comme manière de garantir la démocratie et de diminuer les crimes et une certaine efficacité des murs dressés déjà dans certaines villes pour empêcher l’immigration illégale de personnes ne désirant pas travailler et l’exportation de certaines usines pour une production hors taxes. D’emblée, leur recommandation tout-à-fait sérieuse: aller en Californie et vous aurez une autre version, car le contexte y est différent. Pierre-Olivier partage leur bourbon, l’ambiance était à l’échange et à l’écoute.

Valley of the Gods: Continuons sur notre lancée!, autre visite d’un coin de nature sauvage en voiture! C’est 30 km quand même! Une piste en terre, avec cailloux, creux, dévers, lits de rivières, grimpette où il faut prendre de l’élan se terminant par un virage à flanc de coteau, sans aucune visibilité sur la suite mais des mesas, butes et aiguilles loin des touristes.

Le silence, la grandeur et la sérénité des ces paysages, et la constatation que beaucoup y campent nous amènent à nous nous y arrêter pour la fin de l’après-midi, la soirée et la nuit.

Je tricote un peu, en appréciant le paysage et le calme me demandant si ma laine transmettra le virus du voyage ou la passion pour la géologie à la prochaine génération. Enfin nous soupons dehors, en contemplant les changements de lumière.

Peu de cris d’oiseaux, aucune trace d’animaux le lendemain, j’ai beau chercher; la nuit a été très calme. Nous nous levons tôt pour le lever du soleil.

St Louis – Sante Fe – Las Vegas, 1er mai-12 mai

La question de cette étape: Qui a inventé l’auto-stop?
L‘état du Missouri nous apparaît comme splendide, des collines, des forêts, des haies, des prairies d’élevage, où de magnifiques troupeaux de vaches, taureaux et veaux paissent dans d’immenses espaces, souvent arborisés, ponctués de grands étangs.Nous roulons hors autoroute pour rejoindre les lacs Orzak, impression de lunapark: montées et descentes courtes mais raides et contours n’en finissent pas dans ce magnifique décor.

Après ce petit détour, juste 100 km!, nous campons parmi les chevreuils, les écureuils, toutes sortes d’oiseaux et dormons lorsque les crapauds s’en donnent à coeur joie. Première grillade au feu de bois, vin californien, que du bonheur…Dépêchons-nous d’en profiter car la pluie revient!

Visite intéressante de Red Oak II, village reconstruit par un artiste désirant faire revivre ses souvenirs d’enfance. Ce village déserté après la seconde guerre mondiale propose maintenant des maisons et nous y croisons du monde.

Toy Toy années 30

Puis nous arrivons dans l’Oklahoma, où nous visitons le musée Gil Crease à Tulsa:
  • Art amérindien traditionnel et moderne; illustrant le chemin des larmes (trail of tears), déplacement des Indiens de différentes tribus vers le sud-est pour laisser les terres aux colons, conditions de froid extrêmes, beaucoup sont décédés (1831-1838).

  • Exposition sur le tournage des westerns, aspect technique et surtout la réalité à la place du mythe hollywoodien donnant au colon un rôle de héros devant sécurisé l’ouest pour les futures générations. En réalité, les Indiens étaient pour la plupart des peuples très pacifiques, les premiers contacts ont été commerciaux et cordiaux, les locaux aidant les nouveaux arrivants vu que l’espace était suffisant pour tous. Très peu des 500’000 colons traversant le nord du Texas entre 1840 et 1860 ont été tués par des Indiens, beaucoup plus sont décédés accidentellement ou de maladies. Les colons ont décimé les troupeaux de bisons, surexploité les prairies, brûlé le peu de bois, pollué l’eau donc décimé toutes les ressources naturelles indiennes.

  • Photos du prix Pulitzer honorant des journalistes dénonçant des situations de guerre ou d’autres d’injustices. Images révoltantes, souvent des personnes prises de près, la ségrégation raciale très violente y apparaît tellement récente. Personnellement, la photo très pudique d’une jeune fille accroupie, regardant sous sa jupe son corps mutilé par l’excision opérée la veille me restera gravée en mémoire. Les explications mentionnent aussi certains suivis qu’ont pu apporter les journalistes aux victimes, mais beaucoup sont décédées.

La route mythique 66:
Depuis St Louis nous suivons son tracé, ou celui de l’autoroute qui l’a remplacée. La route 66 a été construite comme première route traversant les US de Chicago à Santa Monica, près de Los Angeles à partir de 1926.
Le développement économique le long de son parcours a été très rapide, lié au commerce puis au début du voyage d’agrément avant la seconde guerre. Début des panneaux publicitaires, des restaurants , des motels, l’ère de la consommation démarre. La pose du revêtement en goudron rose a pris 12 ans de 1926 à 1938, chantier faisant partie du plan de relance économique de Roosevelt (new deal) après la grande dépression de 1929.
Dans les campagnes, où l’agriculture s’est intensifiée, les années 1930 à 34, ne voient aucune récolte: des conditions de sécheresse extrême conjointement à des vents violents ont raison des sols surexploités, rendus très durs. Les tempêtes de sable sont terribles, asphyxiant même jusqu’à la mort le bétail affamé. La route 66 est celle de l’exode de familles entières, ventres vides, en voiture brinquebalante, en tracteur, voire à pied, vers la Californie et ses vergers, quelques milliers de kilomètres à l’ouest (Steinbeck: les raisins de la colères).
Pendant la guerre, la route 66 était celle du départ et des retours des soldats.Les bus Greyond ont vu le jour, mais pour les retours à la maison, les transports publics ne suffisant pas, les soldats ont inventé l’auto-stop le long de la route 66!
Ces informations sont bien illustrées au sympathique musée de Clinton.

Une petite agglomération traversée par la route, quelques magasins, stations d’essence, tout est plat, beige doré de soleil, quasi personne et à nouveau un caissier tellement aimable au supermarché, qui prend le temps d’échanger quelques propos, nous indiquant le chemin pour le downtown avec les boutiques: … c’est un ou deux magasins et 3 piétons. Pierre-Olivier a dû lui montrer sa carte d’identité pour acheter du vin, apparemment il n’est pas le gérant, car il doit encore faire venir celui-ci pour valider le ticket et la présentation du passeport. La loi c’est ainsi, pas de vente d’alcools aux moins de 21 ans et aux sans-papier, mais appliquée avec le sourire. Beaucoup d’Américains n’ont pas de carte d’identité, bien que les démarches soient très faciles, selon une jeune américaine rencontrée plus loin, dont le travail est d’apprendre ce genre de base à des jeunes de quartiers pauvres. Le long de la route nous mangeons aussi dans des snacks de l’époque, à Carthage Deli (Missouri) tout y est: du feu de passage à niveau, au juke box, sièges de voitures roses. Nos étapes sont longues, nous sommes motivés d’arriver à Las Vegas pour le 10 mai car il y a un week end de rodéos avec des professionnels.

Nous traversons juste le nord du Texas, l’espace est grandiose encore plus plat que dans l’Oklahoma, nous ne pensions pas que c’était possible! Nous sommes en mai et les tornades sont la spécialité saisonnière. Le thermomètre grimpe, l’humidité aussi au cours de la journée et nous progressons subitement vers un petit rond de nuages noirs, isolé dans le ciel bleu. Des trombes d’eau, du vent, une atmosphère sombre pendant un quart d’heure et nous sommes quittes pour cette version minimaliste.

Nous rencontrons une voiture équipée d’instruments de surveillance de la météo à Amarillo, où nous allons au Stockyard: la vente hebdomadaire du bétail à la criée.

Que des veaux ce jour-là, les signes pour faire monter les prix sont si discrets que nous n’arrivons pas du tout à suivre le processus. Ce qui est sûr, c’est que nous sommes les seuls touristes européens; notre hanneton a été bien repéré sur le parking, tous les cow boy sont en jeans, chapeau, la plupart en bottes, nous remarquons même un colt à la ceinture. Nous allons manger au restaurant , quelle gentillesse, quel enthousiasme dans cette ville éclatée, les trains traversant les zones un peu terrain vague de ce marché. Chacun arrive avec sa pick up tirant une remorque à bestiaux.

Nous nous baladons dans un grand canyon, Palo Duro mais en fin d’après-midi, visons vite un camping, hanneton face au vent.Nous contemplons le bal des nuages, quelques gouttes et quelques bonnes rafales la nuit, et ce sera de nouveau tout.
En route pour Santa Fe, l’herbe devient clairsemée, les tons jaunes, les roches, remplacent la verdure. Le paysage prend du relief, avec des petites buttes plates sur le dessus, la terre est rouge. Nous grimpons continuellement sans s’en rendre compte pour aller dormir en forêt juste au-dessus de la ville à plus de 2000m. d’altitude.


Santa Fe (Nouveau Mexique): quel changement, rues étroites, tous les noms sont de consonance hispanique, et les maisons carrées à toit plat en adobe: briques de terre mélangée à la paille. Ville d’artistes, de galeries de peinture, de vente de bijoux indiens, d’habits artisanaux à prix exorbitants, un centre, une place, subitement l’impression d’avoir retraversé l’Atlantique.

En Arizona, les casinos apparaissent au milieu de la campagne, ressource financière pour les Indiens. Hameaux pauvres, groupements de quelques maisons ou mobil homes en mauvais état, toujours entourés de ferrailles en tout genre, rouillant, éparpillées.
Nuit au bord du parc national de Petrified Desert, (troncs entiers fossilisés), toujours des plateaux rosés, désertiques, que la route est longue, le paysage aride, même à notre époque, alors du temps des exodes!! A un moment donné, lorsque nous voyons la route droite jusqu’à l’horizon, nous avons le bus scolaire jaune devant et le train de plus de 100 wagons de containers à côté. Il annonce toujours son passage, c’est mythique.
Seligman,, Arizona,sur la route pour Las Vegas. Le mythique Snow Cap Drive In, café fondé en 1953.


Las Vegas: la ville des superlatifs et de la consommation

  • tout brille, tout scintille, tout est kitsch à un tel point que cela en devient drôle, fascinant,
  • Downtown: la bonne humeur, la danse dans la rue, la musique partout dans une ambiance bon enfant, messieurs vous pouvez vous faire photographier avec une nymphe bien déshabillée, ou mesdames avec un monsieur muscle, certaines limousines paraissent s’être encore allongées,…Si jamais vous avez un fantasme tel que faire du vélo en bikini dans la foule ou autre, c’est l’endroit idéal, ou passer en tyrolienne au-dessus de la rue piétonne la plus animée….
  • Las Vegas : le « strip » quartier des grands hôtels-casinos: nous en visitons l’intérieur de quelques-uns. L’intérieur…pour y voir reconstitués les canaux de Venise bordés de boutiques, les terrasses de Paris… Les salles de jeux sont immenses, nombreuses, bruyantes, ennuyeuses.

  • Pour le dimanche de la fête des mères, nous testons un brunch- buffet: quel plaisir, un régal de produits frais, au goût véritable et authentique. C’est dimanche, alors au champagne, c’est ainsi le week end.
  • Il fait très chaud, notamment la nuit sur notre parking à camping-cars au pied du Hilton, et très froid dans les hôtels et les bus climatisés.

  • Mais n’oublions pas la raison de notre visite: les rodéos.Nous ne serons pas déçus, près du centre, mais suivis essentiellement par un public de Las Vegas, il s’agit de différents concours impliquant l’usage par les cavaliers de lasso pour attraper un taurillon, soit pour rester en selle sur un cheval ou un bison dont le ventre est sanglé. L’animal rue continuellement pour essayer d’enlever cette sangle. Pour gagner des points, donc de l’argent, le cavalier doit rester en selle 8 secondes en ne se tenant que d’une main et sa position est également prise en compte pour la note.

    Des cow-girls (c’est ainsi que sont appelées ces cavalières hors pair) ouvrent la cérémonie de façon très solennelle, hymne national, drapeau, pièce droite sur leur monture au galop.

    Elles participent aussi à des parcours de vitesse avec obstacles. Une des meilleures cow-girl du monde fait un show d’acrobatie sur son cheval toujours au galop absolument incroyable. Elle est par exemple couchée horizontalement, totalement à côté de sa monture en ne se tenant que par les bottes à son cheval, ou passe aussi sous son cheval sans toucher terre pour se remettre en selle. Autant les démonstrations que les concours sont très rapides, les chevaux galopant à fond de train sans aucune pause. Un clown assure le lien entre les concours, il nous remercie d’être venu et vient nous serrer la main à la fin des festivités.

Nouvelles

Chère famille, cher amis, des nouvelles vous n’en recevez pas ces temps….Je n’ai pas pu écrire début mai, étapes trop importantes entre autres raisons et le wifi n’est pas disponible comme on pourrait le penser.
Alors, nous allons bien, bien qu’il neige!, ne vous oublions pas mais n’avons aucun réseau capable de vous envoyer des photos tous ces jours. Dormant dans la forêt ou dans des petits campings, les magasins, les parkings, halls d’administration ou d’hôtels sont nos lieux de travail, mais pas toujours satisfaisants. Alors à bientôt, vous aurez une double ou triple ration lors du prochain bon réseau!

Notre conquête de l’Ouest, 19-30 avril

Point de départ: Halifax:
  • Le point d’arrivée d’un million d’immigrants entre 1928 et 1971 et le point de départ de 500 000 soldats canadiens durant le seconde guerre mondiale.

  • Juste devant le centre ville, dans le passage étroit menant à un grand bassin naturel utilisé depuis longtemps comme grand port commercial, une collision accidentelle entre un navire français rempli de munitions à destination d l’Europe et un navire norvégien a détruit une grande partie de la ville en 1917, tuant 2 000 personnes et en blessant des milliers d’autres. L’explosion engendra une onde de choc si puissante qu’elle cassa des arbres, plia des rails de chemin de fer et démolit des édifices, projetant des débris à des centaines de mètres. L’explosion fut entendue à 420 kilomètres de distance. Ce fut la plus puissante causée par l’activité humaine jusqu’au premier essai atomique en 1945.
  • Point de départ des secours pour le Titanic et lieu de funérailles pour nombre de ses victimes.
  • Un grand armateur (Cunard) y a développé la marine marchande où la vapeur remplace progressivement les voiles, et le métal le bois.
La ville est donc résolument tournée vers l’Atlantique nord.

Capitale de la Nouvelle-Ecosse, l’ambiance y est très irlandaise et écossaise. Nous avons testé quelques pubs, avec Guinness à la pression et toutefois un grand choix de bières locales et de cidres; violon, cornemuse, ambiance superbe!

Au marché, les produits locaux sont les pommes, le miel, les confitures, quelques vins. Apparemment la Nouvelle-Ecosse est très verte et bordée de splendides plages, ponctuées de villages de pêcheurs colorés. A voir plus tard dans la saison, il fait froid, gris, humide et l’architecture mélange anciennes maisons en bois et verre de façon non convaincante à nos yeux.

Le lundi de Pâques, 22 avril, les hommes de notre petit groupe prennent un taxi pour faire la tournée des bureaux: agent de liaison de Sea Bridge (à plusieurs kilomètres hors du centre), douane, port et nous restons à l’hôtel comme des épouses d’une autre époque, à finir les bagages, à attendre les nouvelles et à papoter: les bureaux seront-ils vraiment ouverts le lundi de Pâques? Finalement, malgré la pause de midi bien longue au port, nous pouvons partir lundi après-midi; moment d’émotion car nous quittons nos coéquipiers, sauf Henning et Bianca avec qui nous avons rendez-vous un peu plus loin pour la soirée. Gaz, diesel, eau prise dans un garage, notre système de jerrycans est bien pratique, quelques commissions et nous voilà en route.

Juergen et Gaby

Ruedi

Nous passons une excellente soirée à bord du Hanneton avec Bianca et Henning et visitons leur camion, tiny loft au design nordique, le lendemain. Quant un couple d’architectes imagine, crée, assemble les éléments d’une boîte à monter sur un ancien camion, le résultat est hors du commun, mais garde son poids de 10 tonnes et sa hauteur de 3mètres 70!