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Rjukan, ville industrielle chargée d’histoire et le plateau d’Hardangervidda, 18 – 24 juin 2026

Avant d’arriver à Rjukan, nous voulions visiter le centre d’information du parc national Hardanger; celui-ci est le plus grand plateau d’altitude européen, la partie protégée en parc national est plus grande que le canton de Vaud, peuplé de rennes sauvages (env. 10000) depuis la dernière glaciation. Exposition fermée pour rénovation, départ pour le téléphérique historique Krossobanen, qui devait nous monter au départ de belles balades. Fermé subitement par le gouvernement pour raison de sécurité, il avait été construit en 1928 et son aspect initial conservé malgré les maintenances. Cette fois, il semble qu’une nouvelle installation soit requise. Content que la sécurité soit appliquée, mais constatant que le point faible universel des informations en ligne reste leur mise à jour,  nous partons visiter le musée norvégien de la condition ouvrière de Vemork (ouvert à 12h., à 10h sur le site!).

La compagnie Norsk Hydro a créé la plus grande centrale électrique du monde en 1911 et la ville de Rjukan, à l’endroit d’une des cascades les plus hautes du monde. Cette énergie a été utilisée pour la production d’un d’engrais azoté, le salpêtre, pour augmenter les rendements des cultures et « diminuer la faim dans le monde »… L’ usine située au fond d’une gorge a compté jusqu’à 600 employés, la ville toute proche au fond de la vallée très étroite plus de 10000 habitants. Norsk Hydro a construit en 1928 le téléphérique Krossobanen pour permettre à ses employés d’aller au soleil. 

La production de cet engrais azoté comportait une étape d’électrolyse (courant électrique passé dans l’eau) menant à un enrichissement de l’eau en deutérium. Pour rappel, l’eau est composée de 2 atomes d’hydrogène liés à un atome d’oxygène. L’hydrogène standard est composée d’un proton et d’un électron, le deutérium d’un électron, d’un proton et d’un neutron, donnant son nom « d’eau lourde » à l’eau enrichie en deutérium. Les Norvégiens diminuent la production de ce sous-produit, puis les années passant, les scientifiques réalisent que cette eau lourde est un ingrédient requis pour gérer l’explosion d’une bombe atomique à base d’uranium. Cette usine est la seule à maîtriser l’eau lourde, « maîtriser »….les ouvriers travaillent à des températures extrêmes, froides ou chaudes suvant les étapes et respirent des vapeurs d’acide nitrique. 

Au début de la guerre, une partie du stock de deutérium est livré aux Français, mais l’usine passera  aux mains de l’occupant nazi avec pour objectif la production de tonnes de cette eau lourde à des fins commerciales officiellement…. Les différentes opérations de sabotage organisées et menées par des Norvégiens et des Britanniques, acheminés par planeurs (échec, aucun survivant), puis parachutés en hiver et atteignant le site à skis pour saboter avec succès la production pendant quelques mois, puis le bombardement intensif du bâtiment vitré de 8 étages et finalement la destruction du bac sur le lac de Tinn servant au transport du reste du stock à destination de l’Allemagne sont présentés comme des étapes cruciales ayant fortement empêché la production de la bombe atomique par les Nazis. La production d’eau lourde a toutefois repris jusqu’en 1971, celle d’électricité est toujours d’actualité. La production d’engrais a été fermée car d’autres procédés recourant à la pétrochimie plus qu’à l’électrolyse sont utilisés, et le site devenu un musée en 1988. La compagnie Norsk Hydro a offert à la ville en 2013, trois gigantesques miroirs pivotables (héliostats) reflétant le soleil pour éclairer la place du village.

Ainsi les habitants ont un endroit ensoleillé l’hiver, et socialisent même durant ces mois sombres. L’idée avait été proposée 100 ans plus tôt par le créateur de la ville.

L’architecture reflète ce passé industriel, petites maisons semblables, alignées le long de la route principale, et sur l’autre rive, complexe industriel de production d’électricité.

Les sabotages de Vemork ont été romancés dans le film « les héros du Télémark ».

Un petit rayon de soleil, alors n’attendons pas demain, hop nous grimpons la petite route raide (10%) jusqu’au départ du funiculaire de Gaustabanen. Ce funiculaire servait à la maintenance de l’antenne de l’OTAN située sur le sommet Gausta, à 1885 m., contribuant à assombrir à Rjukan.

Cette altitude est vraiment exceptionnelle dans cette région, les plateaux,  la limite des arbres étant aux environs de 1000 m. Le funiculaire est vraiment vieillot, minuscule, il grimpe à 40 ° dans un tunnel.

Son utilisation est uniquement touristique actuellement, la descente peut se faire à skis l’hiver, et différents bons sentiers l’été seraient une option. Pour notre part, ma toux et de profiter du beau temps cet fin d’après-midi nous a incités à nous plier dans le funiculaire. Nuages et ciel bleu, nous voyons très loin ces étendues de toundra (ou fjell) parsemées de petits lacs, et les montagnes enneigées.

Potentiellement, notre vue s’étend jusqu’à la Suède et comprend un sixième de la Norvège, mais en l’absence de points de repères, nous contemplons les étendues infinies et sauvages. 

De retour en ville, l’office du tourisme s’arrange avec le centre d’exposition sur le parc Hardangervidda pour nous faire entrer dans l’exposition, en finitions de rénovation, car le système en ligne n’avait pas été déconnecté et nous avions nos billets. Nous sommes donc très bien reçus par des jeunes naturalistes sur place, et apprécions vraiment ce geste. Dans cette exposition, située au départ de randonnées et de pistes de fond à Skinnerbu, nous nous immergeons dans le parc à toutes saisons grâce à un casque de réalité virtuelle et à un film. Ce parc national est le seul assez grand pour que les rennes puissent effectuer leurs migrations saisonnières, à l’ouest et au sud au printemps pour les naissances et au nord-est en hiver, sans sortir du parc. Les rennes y sont sauvages, contrairement à ceux du nord, domestiqués par les Samis. L’hiver, ils sentent l’hiver les randonneurs à skis à plusieurs kilomètres et sont donc impossibles à rencontrer. 

Nous restons dormir deux nuits sur le parking vide de l’exposition pour profiter de faire une balade. Partis pour quelques pas par temps mitigé, nous profitons de magnifiques paysages, rayons de soleil et une bonne averse pour terminer notre dizaine de kilomètres.

Grassette commune, plante carnivore qui dissout les petits insectes qu’elle attire
Myrtilles et busserole alpine

Pour s’immerger une dernière fois dans cette ambiance, nous roulons jusqu’à Kalhovd, hameau, par une route en terre et nous marchons toujours seuls dans le fjell.

En rejoignant le sud, le thermomètre se met à dépasser les 20 degrés, une vraie vague de chaleur, ou une étape pour nous préparer à notre retour à 30 degrés.

Eglise en bois debout à Heddal
Masques vikings sculptés comme assurance…

C’est notre anniversaire de mariage mais n’ayant pas trouvé de restaurant alléchant et vu que c’est la soirée du conseil communal portant sur notre initiative à Gryon, nous soupons de poissons et salade en attendant les messages whatsap!

Mais pour notre dernier soir en Norvège, le lendemain, bon souper à l’intérieur du hanneton pour éviter la compagnie d’un millier de moucherons et moustiques après passage au Vinmonopolet!

Cap au sud, balade au-dessus du Hardangerfjord, 12 – 17 juin,2026

Réveil avec du soleil; le calme, la grandeur du paysage, le lac, la neige sur les hauteurs, une ambiance très paisible malgré une certaine austérité, nous sommes pleins d’énergie; et hop la gym et la physio dans ce cadre grandiose.

De vues sur les lacs d’altitude en tunnels, nous atteignons un petit col vers Skoda, où nous allons nous balader, la vue plonge sur les vallées bien vertes vers le sud. Deux petits téléskis sur la crête d’en face, la piste équipée de lampadaires, nous sommes déjà au nord et pourtant encore si loin du cercle polaire!

Partout des linaigrettes

En roulant ce vendredi 16h, la circulation est un peu plus dense et nous choisissons de suivre le lac Jolstravatnet par la petite route et découvrons ainsi la passion des locaux pour la pêche. Sur chaque petit promontoire rocailleux, un pêcheur à la ligne, sa petite cabane, sa table, ses bancs en bois et le brasero déjà allumé. Nous n’avons pas voulu enfeindre leur moment de tranquilité par une photo.

Nous rejoignons le Sognefjord à Balestrand par une route en lacets digne d’une carte postale, agneaux au milieu de la route en plein virage en plus.

En route, le hameau de Eldalen et une Berlinoise ayant quitté l’agitation pour tenir un petit café très cosy, quelques logements touristiques, et mettre à disposition ses compétences d’horlogère, au moins pour les réparations. En plus, elle confectionne des semelles en laine.

Balestrand est aussi une petite bourgade blanche, d’où nous suivons le Sogneford, magnifique paysage mais une route un peu lassante, pente raide tombant dans le fjord, la route toujours étroite épousant la côte par une succession de petits virages sans visibilité, le jeu consistant à atteindre une zone élargie pour croiser à chaque moment opportun.

Balestrand

Nous retrouvons Joseph à Voss et continuons notre descente vers le sud, traversant l’Hardangerfjord pour rejoindre Utne, et à Vines, la cabine louée pour deux nuits.  Idyllique comme espéré, campée sur quelques gros cailloux au bord du fjord, une petite terrasse, un paysage aux couleurs chaudes pendant la longue soirée jusqu’au coucher du soleil bien tardif, nous passons une excellente soirée.

Le lendemain, à nouveau grand soleil, départ avec le Hanneton pour un départ de sentier de montagne. Les routes publics sont en plaine en Norvège, les petites routes de gravier permettant de prendre de la hauteur sont généralement privées, entretenues par des paysans qui mettent aussi à disposition un petit parking contre une légère rétribution. Mais la  route du jour étant spécialement raide, elle nous est interdite. Nous montons donc à pied, pour atteindre le début du sentier, et sortons progressivement des forêts de bouleaux. Nous progressons sur de larges blocs lisses typiquement érodés par le glacier et dans des zones bien gorgées d’eau; nos yeux s’habituent à voir les pierres en transparence, salvatrices pour nous éviter presqu’une aspiration par le terrain. Le paysage est large, moins pentu dans les hauteurs, ça et là de petits lacs. Et toujours la vue sur le Sogneford 900m plus bas que le petit sommet Sata que nous atteignons. Nous décidons de redescendre par le même trajet pour éviter d’éventuelles pentes raides en sentiers forestiers boueux. 

Un peu de vent le soir, nous sommes en bord de mer, mais aussi en montagne avec vue sur les névés, une excellente soirée pour attaquer les restes de la soutenance…..nous ressortons le four à raclettes, la demi-meule.

Le lendemain, après avoir déposé Joseph au port à Rosendal pour qu’il retourne dans ses pénates, nous longeons le parc national Hardangervidda par le sud, à nouveau une succession de névés et de petits lacs.

Malheureusement, les nuages, un peu de flegme et de toux et finalement la pluie viennent à bout de notre motivation de marcher. 

Le sommet  et notre petite cabine au bord de l’eau resteront le meilleur de ces quelques jours.

Nous devons aussi quitter mentalement les grands plateaux et les cascades par moments, pour s’intéresser aux nouveaux développements de notre lutte contre différents projets touristiques totalement incongrus et destructeurs chez nous. Faut-il être au milieu d’une nature si imposante pour être ramenés dans les soucis du retour.

En route pour le Sognefjord et contourner le Jostedalsbreen, 8-11 juin 2026

Notre route nous mène dormir à Gudvangen, en passant par Voss. La météo est exécrable, les cascades se jetant dans le Naeroyfjord n’en sont que plus impressionnantes, l’eau se jette de falaises de plus de 1000m. Nous longeons à pied le fjord jusqu’à Bakka (petite balade de 9km, vu la météo je grommelle au départ), église blanche, hameau, où nous rencontrons le seul habitant de moins de 60 ans et son troupeau de chèvres. Le chemin (évitant le tunnel) traverse des éboulements plus ou moins anciens, la route n’existe que depuis 1978, le tunnel date de 2001 permettant d’atteindre le hameau la plupart du temps, même en hiver. Partout des cascades, des traces d’éboulements et des histoires relatant que lors d’avalanches, même en ramant au milieu de l’étroit fjord, les barques étaient renversées. Sur le petit parking, nous sommes quelques petits camping cars bien serrés, les pizzas du port sont excellentes. Les bateaux de croisière sont électriques, catamarans dont le design permettrait à chacun d’avoir la vue, mais les touristes sont à l’intérieur; et nous, nous en avons marre de l’humidité.

Premiers passages en altitude, le paysage change très rapidement.

Gudvangen-Vik, le bac pour Hella, Sogndal par une route très étroite longeons le fjord puis nous nous engageons sur la route 55 pour dormir à Solvorn, région de vergers de pommiers.

Camping à la ferme, Solvorn
Solvorn depuis Urnes

Le lendemain, à pied, bac pour Urnes, visite de la plus ancienne église en bois debout de Norvège, la 4ième sur ce site, ayant été préservée grâce à son socle en pierres. La première datait de 1070, transformée, rénovée, agrandie par la suite, certaines décorations font référence à des dieux celtiques.

Sur les piliers, le bien et le mal sont représentés par un lion mordant un serpent, mais au Moyen-Age, les sculpteurs avaient une idée des lions…juste par la Bible.

Nous continuons sur la route panoramique 55, passant à 1300m. d’altitude. Nuages, petite bruine intermittente, mais une ambiance extraordinaire le long des lacs partiellement gelés. La route est étroite, bien aménagée parfois bien pentue. Nous nous arrêtons avant Lom.

Lom est un petit centre intéressant car au carrefour de plusieurs parcs nationaux, dont le Jotunheimen, entouré de montagnes de tous les côtés. Les possibilités de randonnées de toutes longueurs et dénivellés semblent nombreuses, l’office du tourisme regorge d’informations. Nous visitons l’église en bois et reprenons la route en négligeant le musée de la montagne norvégienne, de bonne renommée, à mettre au programme une autre fois, car il fait beau!

Nous nous arrêtons à un point de vue, pour grimper dans le parc national Reinheimen. Des cascades, l’énergie fabuleuse de l’eau, un sentier  nous mène au-dessus des arbres. Nous devions traverser le torrent sur de grosses pierres pour redescendre par un bon chemin sur la rive droite; l’endroit est magnifique, puissant, le torrent diffiicle à photographier car trop étroit. Le passage nécessite de grimper sur des blocs, trop difficile pour moi, nous redescendons par le même sentier, après avoir grimpé sur un petit sommet d’où la vue est superbe. 

Continuant à rouler avec le soleil, nous nous arrêtons pour la soirée en altitude, au bord du lac de Breiddalsvatnet, après Grotli.

Norvège à ski: aventures à Voss, 2-7 avril 2024

Retour à Oslo, température douce, et ambiance presque printanière nous y attendent. Le lendemain, départ avec notre sac à skis complet et la valise pour l’ouest par le train traversant les « montagnes » ou plutôt le haut plateau, notamment à Finse, que nous avions beaucoup aimé en été.

A Voss, nous prenons possession de notre appartement AirBnB et notre flls Joseph arrive rapidement. Soleil et prévisions mauvaises pour les jours suivants, donc départ immédiat pour une randonnée à skis de 17h à 20h. Je n’ai que très peu skié tous ces derniers hivers pour différentes raisons de santé, ne suis pas du tout à même de faire une vraie randonnée à peaux de phoque; accepter c’est m’épargner le temps de me poser des questions et retrouver Joseph dans son élément. Mais quel départ !

Plus haut, les pins et les bouleaux s’espacent et nous avons la vue sur les montagnes avec une magnifique lumière de fin d’après-midi. Nous sommes au nord, les jours et les ombres s’allongent, splendide ! Mes deux hommes vont jusqu’à un sommet, le Horn à 1103 mètres d’altitude, accélérant le rythme pour ne pas être pris par le « regel » et la nuit.  La descente est agréable tant que nous sommes au-dessus de la forêt; puis tout se complique ! Je finis à pied, en m’enfonçant plus ou moins, choyée par notre guide qui zigzague entre pins et ruisseaux en snowboard, mes skis à la main. La vue, la lumière étaient parfaites pour découvrir le ski à la norvégienne.

Suivent deux jours de temps gris, parfois ventés. Nous visitons le « Folks Museum » constitué par un ensemble de fermes intactes, et une exposition sur l’histoire et les traditions de Voss.

Costumes pour un mariage
Chopes de bière

Station de sport été comme hiver, berceau de médaillés olympiques, son développement est entièrement lié à la construction de la voie ferrée, amenant les premiers touristes venant pêcher le saumon, l’armée et sa base de parachutistes puis les skieurs lors de la construction du téléphérique. Nous sommes sur les hauts de Voss, il vente fort par un froid humide et le chauffage du bâtiment d’exposition est à l’arrêt pour des travaux. Transis, après la visite, nous rentrons et ne prendrons pas le téléphérique.

Vendredi, randonnée à skis, l’objectif pour le départ est la fin d’une petite route forestière à 415 m. d’altitude, au-dessus du fjord d’Hardanger, ce qui signifie déjà une montée raide à partir d’Ulvik (au bord du fjord donc à 0 mètre d’alt.). De plus en plus pentue, la route devient enneigée ou plutôt glacée. La voiture 4×4 patine à sa guise, s’arrête puis glisse à reculons assez rapidement, se met en travers pour glisser latéralement en touchant de temps à autre les petits murs de neige de chaque côté. Nous nous arrêtons vers une petite place de parking sans dégâts ou presque, à 350 m. d’altitude, et maintenant ? Nous repartons sur la même route, pour notre point de départ, à skis « peautés » et avec les crampons pour moi qui n’aime pas la glace, puis trouvons l’itinéraire grimpant entre les arbres.

Nous progressons en nous tortillant entre souches, troncs, ruisseaux et vieilles traces gelées pour rapidement gagner plus d’espace. Le ciel devient bleu, la neige s’améliore et la vue sur les montagnes tout autour de nous s’ouvre, très lumineuse. Nous voyons par moment le Midtjfellet, montagne qui est notre objectif, point culminant d’une longue et large crête en pente douce, l’autre face plongeant en falaise jusqu’au fjord. Les pentes sont peu raides, mais toujours bien assez pour moi, nous sommes dans un paysage ouvert, blanc, quelques grosses congères; une sorte de plateau où l’itinéraire que Joseph nous trace passe entre des mamelons. L’ensemble du paysage devient grandiose, peu de sommets nous dominent; d’autres chaînes de montagnes au loin sont visibles sur 360 degrés.

Je progresse très lentement, toujours avec mes couteaux, nous montons face à la pente, mais le sommet n’est plus visible et n’en finit pas d’être à 300, 150…50 mètres de dénivellation. Nous arrivons au cairn du Midtjfellet, la vue… un choc, incroyable, d’un coup à quelque trois mètres du cairn. Nous voyons les bras du fjord 1256 mètres plus bas sur trois côtés, juste en-dessous de nous, le 4ième étant celui par lequel nous sommes arrivés.

Le cairn, un plateau de quelques mètres, des cailloux dépassant éliminant la peur d’enfreindre la limite avec une corniche, me permettent d’admirer la vue très sereinement. Course des plus faciles pour les habitués de la peau de phoque, moi je suis très émue et ai un immense plaisir à me trouver là.

Subitement, le ciel n’est plus si bleu, le temps de se préparer et c’est le jour blanc total pour la descente. Nous ne voyons vraiment rien, vagues de neige soufflée et durcie, congères, plus aucune notion de la pente au point de complètement nous déséquilibrer à l’arrêt. Au départ, nous arrivions encore à admirer les bras de fjords, et à skier avec vue sur la mer, le mythe norvégien! La visibilité s’améliore en rejoignant les arbres mais la neige est totalement dure, parcourue de vieilles traces. Je ne prends aucun risque, je termine à pieds et même en crampons sur la route qui n’a que partiellement dégelé.

J’ai vraiment vécu une journée exceptionnelle, avec les montagnes rondes aux formes de soucoupes volantes, les nombreuses autres chaînes au-delà du fjord, la vue au sommet absolument fantastique, et le sentiment quand même que les conditions ne seront pas forcément souvent réunies pour réitérer une telle expérience. A pied d’œuvre avant 10h, nous serons de retour à la voiture avant 17h., un record de lenteur pour un dénivellé d’un bon 900 m., mais qu’importe, nous en avons plein les yeux, et avons redoublé de prudence dans la ouate puis dans les traces gelées. Ici, c’est le plaisir de s’immerger dans la nature grâce à nos skis, et non de dompter la nature pour améliorer nos descentes.

Le samedi, par un temps gris, nous tentons de la visite en voiture, nous rendant aux cascades de Voringfossen, mais la visite du site est totalement limitée par la neige. Le soleil du matin fait place à un temps maussade, l’apéro et le souper s’imposent comme le meilleur plan.

Le Midtjfellet vu du fjord, sommet au-dessus de la falaise

Nous avons pu skier à peaux de phoque deux fois et prendre du temps ensemble, un bon séjour au vu de la météo peu généreuse en soleil.

L’opéra d’Oslo vu depuis le 13ème étage du musée Munch.

Retour à Oslo le dimanche, et nous filons soigner notre culture générale au musée Munch. Le bâtiment et la vue sont superbes. Munch est un artiste torturé dont certains tableaux nous ont interpellés. Puis départ en ferry pour Kiel le lundi; après nos neiges et nos chemins de toutes sortes, souper feutré avec vue sur la mer et pianiste; Tina Turner, ABBA, rock et twist en fin de soirée, changement de tableaux, charme du voyage, et toujours les regards sur nos chaussons cabane ! Notre séjour se terminera mercredi soir si aucun transport n’a de retard, sinon jeudi, la montée à notre alpage en transports publics ne pouvant pas être tardive.

Nos attentes en termes de ski et de neige auront été comblées, malgré une météo mitigée. Le calme, l’atmosphère de ce pays permet un retour profond à la nature, et nous rentrons de vacances gastronomiques, un imprévu !

Bergen, retrouvailles

Nous déménagerons le 12 août, cela nous laisse le temps de vite profiter de l’ouverture de la frontière norvégienne pour aller voir notre fils Joseph à Bergen. Départ le 15 juillet pour une halte extrêmement gourmande en Valais, à Bürchen, vive les Smartbox.

L’Allemagne le week end, c’est l’autoroute avec très peu de camions, mais un énorme trafic. Première nuit, au sud de Hambourg, arrêt au Vogelgarten de Walsrode, sorte de zoo d’oiseaux, dans une vaste forêt servant aussi de halte pour les migrateurs. La forêt est grande, nécessitant une promenade de quelques heures pour en profiter alors ce sera pour une autre fois. L’endroit calme est idéal pour une nuit d’étape. Le jour suivant, arrêt à Langballigau, près de Flensburg, la Baltique, les petits pains au poisson, l’ambiance de bord de mer, avant de retrouver nos amis Henning et Bianca qui nous font une visite de leur nouveau chantier: une ancienne ferme et ses annexes en cours de rénovation pour faire un camping à l’américaine (très grandes places avec des coins pour le feu) et des appartements de vacances. Leur camion aménagé, quasi home-made, que nous connaissions depuis notre traversée partagée de l’Atlantique, leur sert de domicile pendant les périodes de chantier.


Nous visualisons bien les futurs appartements de vacances et l’emplacement du camping. L’ambiance est dynamique,  nos amis sont architectes et charpentiers,  la famille au sens large est impliquée, complétée par un compagnon charpentier très engagé, ne se déplaçant de chantier en chantier qu’à pied ou en stop avec son minuscule bagage dont le portable est exclu. Ceci dans le but de compléter sa formation.

Le soleil et une chaleur inhabituelle baignent les bords de la Baltique depuis plusieurs semaines, mais pour notre soirée, il souffle sur la grillade.

Il n’y a pas foule pour embarquer….sur le ferry parti du Danemark. Nous nous réveillons tôt pour admirer Stavanger et la côte…..Surprise, ciel gris,  bruine, brouillard, on reprend la grasse matinée.

Nous retrouvons Joseph près du port et de son université. On transbahute dans sa voiture louée, chaises,  cadeaux de Noël encombrants et autres fins de déménagement,  la répartition des affaires familiales est un cycle perpétuel qui se ralentit ….
Installation à « Middtun motel et camping », à 10-15 km du centre, pratique pour rejoindre Bergen à vélo  après un galop d’essai assez catastrophique pour trouver le meilleur parcours. Nos monstres électriques sont bien confortables pour grimper au-dessus du centre, où habite Joseph. Première soirée, grillade dans son mini jardin à la vue panoramique sur Bergen. Excellente soirée de retrouvailles, encore absolument imprévisible il y a une dizaine de jours. Joseph va bien, après cette période si longue  d’absence de vie sociale et de télé-travail, ce démarrage d’une nouvelle activité professionnelle en étant cloîtré. Drôle de revoir certains de nos meubles, différentes  vaisselles  de nos mamans ou des objets que nous leur avions offerts.  Mélancolie, nostalgie ? Surtout joie de leur voir une nouvelle vie, dans notre famille.


Le lendemain, nous tentons une sortie avec le petit  voilier d’un de ses amis, mais le moteur boude. Souper à nouveau chez lui, dans sa cabane comme disent ses amis, boisée à l’intérieur comme à l’extérieur. Le quartier est chic, avec cette vue incroyable , la belle lumière du soir, mais l’habitation est une ancienne petite maison peu rénovée.

Excursion à Rosendal, en bateau, visite de la roseraie, splendide pendant que Joseph travaille.

Son amie Victoria est arrivée, son bagage resté à Paris. Nos soirées festives, le retour à notre Hanneton prenant quasiment une heure, le jour qui n’en finit pas, l’absence de moments de pluie,   (oui pendant la semaine de déluge en Suisse)…bien des raisons  pour lesquelles j’ai totalement négligé le blog que j’aime écrire.

Vue incroyable depuis le haut du funiculaire, Floyen.

La marche  vers Ulriken est remise à une autre année car les nuages sont bas, le temps un peu incertain. Mais en fin de journée ….baignade devant l’université, en pleine ville, l’eau n’est pas froide (20C) mais Pierre-Olivier a décidé de garder les affaires (!). Souper en terrasse dehors, c’est l’été, enfin presque .

Week end du 24-25 juillet: départ en bateau pour le Sogneford, le plus profond et le plus long des fjords, magnifique.

Arrêt à Aurland, stop incontournable à la boulangerie locale et bio, car nous suivons Joseph dans ses habitudes de terrain. Nous démarrons notre grimpette par une bonne heure de petite route bien au soleil, sous une canicule plutôt méditerranéenne que norvégienne pour continuer par un bon chemin très raide dans une forêt fort variée. Les bouleaux, parmi bien d’autres essences,  et les framboises s’estompent pour laisser l’espace aux saules de Laponie, arbustes très bas vert tendres, myrtilles, mousses et cailloux. Vers 1000m. d’altitude, nous atteignons Joasete, l’alpage où Joseph et toute l’équipe du projet de recherche ont un de leurs endroits d’étude. La vue sur le fjord 1000m. plus bas est magnifique, l’endroit est peu pentu, quelques sommets bien doux nous entourent, ainsi que quelques bons gros moutons. Une grande sérénité, beaucoup d’espace, une palette de verts et de gris, nous sommes conquis. La météo est au beau, un peu orageuse le soir. La cabane servant de logement aux petites équipes de 2-3 chercheurs séjournant sur l’alpage pour des périodes de quelques jours a été mise à disposition par le paysan possédant les moutons et une ferme située dans la montée. Petite cabane où les souvenirs familiaux du paysan ont laissé un grand nombre d’objets insolites,  meublée d’une étagère avec quelque vaisselle, 4 lits n’ayant pas tous la taille adulte, un petit poêle sur lequel Pierre-Olivier prépare notre fondue.  Nous passons une excellente soirée, sans prolongation car les 3h30 de montée directe, le lever matinal pour rejoindre le port, et la chaleur du début de la montée nous font vite bien dormir. Arrivés bien collants, nous avons dû remonter le lit du ruisseau à sec, pour trouver un filet d’eau, sommes-nous au Maroc? Le paysan est en soucis pour ses moutons, ce problème est tout-à-fait nouveau si tôt dans la saison.

Pendant ce temps, notre fille Nathalie et sa famille étrennent leur tente sous des sceaux d’eau en Suisse.
Joseph nous montre le carré de terrain expérimental et son appareillage. Leur terrain est quadrillé en petits emplacements dont les traitements varient. Par exemple, pour simuler le réchauffement climatique, des mottes de sol sont transplantées à une altitude inférieure, dans un autre terrain expérimental situé vers la ferme.  D’autres mottes proviennent, elles, du terrain situé quelque 400m. plus haut. L’effet du bétail est étudié par l’adjonction d’azote simulant le fumier et par coupage de la végétation aux ciseaux simulant l’action de brouter.  Sur chaque emplacement, une chambre le plus hermétique possible est posée les jours de mesure, la concentration en gaz carbonique et en oxygène étant suivie dans le temps par un nombre inimaginable de mesures extrêmement rapprochées permettant de dégager des courbes de simulation. La chambre est obscurcie pour pouvoir différencier l’effet de la photosynthèse de celui de la respiration.  La caractéristique vraiment impressionnante de telles études est le côté bricolage sur le terrain, couplé à une gestion informatique extrêmement complexe d’un nombre  inimaginable de mesures brutes.  C’est en tout cas, cette dualité que je ressens comme scientifique d’une autre génération, dualité qui va comme un gant à des jeunes aimant l’aventure du plein air tout en se formant à une recherche scientifique pointue très professionnelle. Maîtrise de modèles mathématiques, physique, statistiques, programmation, mesures de concentrations de gaz se mêlent et se complètent pour modéliser les échanges de carbone et prédire l’évolution de l’écosystème alpin et de son impact sur le bilan de CO2 dû aux perturbations climatiques actuelles et à venir. Mais le promeneur et  Bob le mouton foulent ces mousses et arbustes en toute rêverie, le paysan , lui, est bien intéressé de l’évolution qu’il devra donner à ses activités.

Retour par la ferme , histoire d’acheter quelques saucisses de chèvre et dîner près de LA boulangerie, avant un  retour en bateau tout aussi ensoleillé.

Moment loufoque: nous prenons un kayak de l’organisation « greenkayak » et pagayons dans Bergen pour collecter les déchets. Collecte très pauvre, pas de photos en route, nous ne nous sentions pas assez experts pour prendre du matériel sensible avec nous! Mais j’adore les manoeuvres et  demi-tour entre les voiliers amarrés du port.

Visite du charmant musée en plein air du vieux Bergen, « Glamle Bergen museum », réunissant d’anciennes maisons déplacées dans ce petit coin de Bergen nord, tout près de l’eau, pour les sauver de la démolition.

Retour à vélo par la Fjell veien (route de la montagne) revenant au centre par les hauteurs  le long d’un itinéraire piéton-cycliste très agréable, surplombant la ville.  Nous avons la chance de visiter le bateau d’un ami de Joseph, réplique d’un ancien voilier,  lieu d’habitation, comme bien d’autres bateaux de la marina.
Après cette bonne semaine, c’est le moment de partir six jours de notre  côté avec notre Hanneton.  Nous traversons quelques hauts plateaux, entre Flåm et Aurland par la route d’été aux points de vue époustouflants, et nous arrêtons à Undredal, le village de production des fromages de chèvres « blancs »,  par opposition à la spécialité norvégienne de fromage de chèvre sucré, brun, au goût de caramel nommée « brunnost » que peu d’étrangers apprécient apparemment.

A Undredal, la terrasse du camping est au bord du fjord, à raz l’eau. Par la route 50, contournant le parc du glacier d’Harvanger par l’est, nous traversons à nouveau un plateau d’altitude, l’occasion d’une magnifique balade vers des cascades, glanant quelques premières baies arctiques et myrtilles, peu de fruits sont déjà mûrs. Le vert des saules de Laponie est très doux, le sol est meuble mais un bon sentier donne envie de partir pour quelques jours. Le temps est beau, parfois nuageux.

A Hausgastol, nous prenons le train pour Finse et continuons à vélo sur le plateau le long de l’ancienne route ayant servi à la construction du train, actuellement la piste cyclable la plus populaire du pays. Névés proches, calotte glaciaire au loin, végétation basse, fraîcheur, nombreux petits lacs d’altitude, toute une ambiance nordique. Une famille repeignant sa maison de vacances nous explique qu’ils pratiquent le ski de fonds surtout et le ski sailing sur les lacs, c’est-à-dire du windsurfing à ski. Nous redescendons à Hausgastol à vélo, la gare nous offre une place calme pour la nuit, l’occasion d’échanger avec quelque autre vacancier norvégien. Le train se réserve si longtemps à l’avance que nous avons eu des billets grâce à une famille norvégienne nous faisant profiter de leurs billets non utilisés, encore un de ces coups  de chance comme seuls les voyages nous en offrent.

Nous rentrons en longeant le fjord d’Harvanger par le nord, nous arrêtant à la chute  Voringfossen avant Eidfjord, à Ulvik à  une splendide terrasse au bord du fjord  bordé par les vergers et à Oystese pour acheter du cidre. Cette côte est riche en vergers de pommiers, mais la saison débute en septembre; par contre nous nous régalons  de cerises (spécialité de Laerdal) et de framboises.

Pour notre dernière soirée norvégienne, nous campons sur l’île de Sotra, à Skogtun, avec une vue incroyable sur les îles, les rochers, les pins. Le ciel est bleu, la lumière étincelante, mais l’impression d’être au sud disparaît dès qu’on sort: il souffle et fait frais, bon pull pour nous, tenue de plage pour les locaux.

Après un dernier déjeuner chez Joseph, rentrés avec Victoria de leur trek autour du glacier d’Harvanger, nous prenons le ferry, 3 jours plus tard, nous mangeons notre traditionnelle fondue de retour. Le Hanneton  se vide, les cartons se remplissent, et moins d’une semaine après notre retour, nous emménageons dans notre nouveau logement.

Gaz propane en Finlande, en Suède et en Norvège, février 2017

Finlande

Nous avons trouvé sans difficultés des bouteilles de gaz propane de 11 kg en métal dans presque toutes les stations d’essence Neste. Le gaz coûte env 30 euros et la bouteille 70 euros. La bouteille est achetée et peut s’échanger mais ce n’est pas une caution. Nous avons une lyre  française et nous avons dû mettre un adaptateur spécifique que nous avons trouvé dans les jeux d’adaptateurs européens. 

Il existe une liste des stations services Neste sur Internet. D’autres distributeurs vendent des bouteilles de gaz d’autres marques. 

Suède

Il y a des bonbonnes de gaz dans les stations d’essence mais nous n’en avons pas acheté.

Norvège

Nous avons trouvé sans problèmes des bouteilles de gaz dans tout le pays y compris le Finmark mais il est indispensable de posséder un adaptateur à clip (voir photo adaptateur espagnol). Nous avions acheté un lot d’adaptateurs dit européen mais aucun n’était compatible avec les bouteilles à vis. Il y a 2 formats de bouteilles à clip, une en métal de 11 kg et une en plastique de 10 kg, (env 160 euros la bouteille,  achat et non caution,  et 30 euros le gaz). Il est possible de recharger les bonbonnes, y compris les françaises de moins de 10 ans,  chez certains spécialistes. Nous avons principalement échangé nos bouteilles dans des stations d’essence.

Laponie

Nous avons visité la Laponie pendant 3 mois dès février.  Nous avons un camping car très bien isolé (Hymer Crossover exis 414-t,  <6m.).  Notre chauffage est un Truma 6 au gaz. Nous chauffions le véhicule à 20C en début et en fin de journée et à 8 la nuit et durant la mi- journée où nous  étions dehors. Une bouteille durait une bonne semaine, cuisson et frigo compris, avec des températures de-25 à -10.