
Quelques jours à visiter cette ville nous laissent des souvenirs comme si nous y étions une semaine. La vieille ville est de dimension idéale pour l’arpenter à pied, nous trouvons des places de concert pour le jour même, il fait beau, nous profitons au maximum, partant le matin de notre camping pour n’y retourner que pour dormir.



Première soirée, premier pas en ville juste entre la maison de résidence de Mozart et celle de Christian Doppler, le ton est donné. La cathédrale baroque du 17ième siècle est très impressionnante; son dôme est si haut que nous peinons à pencher la tête assez en arrière pour en voir le plafond. Nous pouvons y apprécier un concert d’orgue, la cathédrale en comporte six plus un petit transportable.




La luminosité et la perspective très marquée des peintures sont une découverte pour nous. Dans les salles de résidence du palais, nous apprécions les sols en marbre, ou le magnifique parquet.



Rappelons juste que les archêvèques avaient le pouvoir séculier et religieux, et tenaient à le montrer en exhibant leur richesse. Bien que ni spécialiste de l’histoire de l’empire austro-hongrois, ni de musique classique, nous aimons nous plonger dans la spécificité des lieux que nous visitons.

Ainsi, nous écoutons un concert de musique de chambre de Mozart dans la salle du palais Mirabell où Mozart a joué, un concert donné par un duo de jeunes pianiste et violoniste, et finalement nous aurons la grande chance qu’un choeur de près de 100 choristes accompagné d’un grand orchestre soit de passage à la cathédrale pour y jouer le requiem de Mozart. La sonorité est tout-à-fait particulière.

Plus terre-à-terre, nous identifions la bonne adresse pour les tourtes et les « boules de Mozart », (Fürst), et une vraie brasserie (Sternbrau), jardin en cour intérieur, salle pleine de charme pour le soir, saucisse de veau maison et choucroute au cumin à se relever la nuit. Les vins autrichiens ont été laissés bien au sud, ici la bière est reine comme le montre notre recherche infructueuse d’un bar à vins en sortant du concert (vu qu’ici nous ne sommes pas intéressés par les vins italiens des pizzérias! ). Toutefois, en avance, nous fêtons l’anniversaire de Pierre-Olivier dans un établissement au choix de vins tellement étendu que les cépages autrichiens y sont représentés (das Magasin).


La visite de la forteresse dominant la ville nous plonge dans le Moyen-Age. Les salles des appartements sont peintes, les plafonds sont bleus pour représenter le ciel mais aussi parce que cette couleur était la plus coûteuse, à nouveau la richesse devait être très visible, éblouissant les invités. Une poutre porteuse, horizontale au milieu du plafond a 16 mètres de long, construite en imbriquant plusieurs poutres entre elles, taillées en escaliers de façon très spécifique.






Après un après-midi et deux jours intenses à arpenter et visiter quartier de la cathédrale, forteresse, maison de naissance de Mozart , nous sortons de la ville pour monter en téléphérique sur la montagne Untersberg, à 1700m.




Sommet le plus haut des environs, la vue y est plendide sur la plaine de la Salzbach et Salzbourg, les Alpes au sud, et quelques autres sommets plus proches. La base de cette montagne abrite un lac souterrain collectant les eaux de ruissellement, fournissant les 80% des besoins en eaux de Salzbourg. Il fait frais, quelques restes de neige, un pic nic et hop, sitôt descendus, nous voilà en route pour la résidence Hellbrun et ses jardins aux jeux d’eau (toujours en bus pour nous faciliter la vie).

Hellbrun comporte des bassins et fontaines datant de plus de 400 ans pleins de surprises. Des jets d’eau sortent de la gueule et des bois de cerfs à votre passage, les invités attablés à la grande table en pierre au jardin se voyaient arrosés en fin de soirée (arrosée aussi) par un jet d’eau sortant de leur tabouret, et il n’était pas de bon ton de se lever! Le tabouret de l’archévêque, lui, est entouré par les jets mais ne le mouillait pas…..





Nous sommes en plein dans l’époque du maniérisme: le but était de surprendre ses invités, de les étonner, sur une base de décors intégrant la mythologie grecque ainsi que la mode italienne d’où venait bon nombre d’artistes et d’architectes. Des petits théâtres mettant en scènes des personnages animés ainsi qu’une grande scène de plusieurs mètres et certainement plus de 100 personnages animés fonctionnent encore, et tous sont des automates hydrauliques.


Un réservoir situé 10 mètres plus haut, des moulins, et toutes sortes de mécanismes sont en arrière-plan et encore aujourd’hui l’énergie hydraulique est la seule utilisée. Le plus surprenant est peut-être la salle où des imitations de chants d’oiseaux sont produites par un mécanisme de moulin à eau, de pistons et de sifflets placés dans des récipients d’eau plus ou moins remplis. Dans cette salle-grotte au décor de forêt, nous entendons les chants mais ne voyons absolument rien du mécanisme.

Des animations nous paraissent complètement kitsches, comme un monstre qui tire la langue, mais l’aspect technique est époustouflant.

Ailleurs un chapeau triangulaire monte et descend, propulsé par le jet d’une fontaine, symbolisant le pouvoir qui monte et retombe inexorablement.

Une salle dans une des grottes du jardin a l’air de tomber en ruines: elle est en parfait état, voulue ainsi pour symboliser que toute chose a une fin.
Nous visitons ces jardins en même temps qu’une classe d’adolescents, les guides se font un plaisir d’actionner plus de fois qu’il n’en faut les différents « jets surprises », visite assez ludique, à faire par temps chaud!
Après ce séjour en ville, nous nous déplaçons au bord du Wolfgangsee, un des nombreux lacs glaciaires de la région de Salzkammergut, littéralement « ensemble de fiefs du sel ». La richesse grâce au sel, similitude avec l’histoire de notre région du Chablais vaudois! Soleil et magnifiques couleurs du lac terminent cette journée relax.



Le lendemain, traversée du lac avec un ferry pour piétons et cyclistes, puis nous visitons St. Wolfgang (on en sort pas dans la région!), mignon mais très touristique, et continuons à pédaler le long du lac, vers l’ouest. Nous avons idée de tenter la montée vers le Schwarzensee, un petit lac situé à quelque 300-400 mètres plus haut. Beaucoup de tours sont proposés, juste que c’est tout-à-fait iconoclaste de ne pas avoir d’assistance électrique. Nous grimpons au Schwarzensee par une magnifique forêt. J’avais crû suivre une boucle vélo, mais c’était un circuit pédestre. C’est beau, raide, caillouteux et nous poussons quelques kilomètres. Mais à l’arrivée, le lac est splendide, entouré de clairières, de petits ruisseaux, relativement peu de monde, un couple de canards comme compagnons de pic-nic.



L’endroit respire la sérénité, moment superbe. Nous descendons par la route vélos et voitures, asphaltée, raide aussi, nettement moins bucolique que notre montée! Retour par le bord du Wolfangsee, malgré le tourisme, toute une roselière est protégée, on ne peut y pénétrer qu’à pied, sur un chemin limité. Une très belle journée, que nous terminons en chargeant Monsieur Vélo et Luciférine de charbon, brochettes, fraises et asperges de la région!























































