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Danemark, le vent de la Baltique, 29 août -10 septembre 2022

De retour à Hirtshals, départ pour Skagen, la rencontre des deux mers. Comme d’autres, je ne résiste pas à continuer à marcher, même dans l’eau sur la bande de sable séparant la mer du Nord et la Baltique.  Les vagues s’entrechoquent mais l’océan est peu formé. Beaucoup de monde, et subitement devant nous sur le sable, il est là, solitaire, tranquille ; impossible de respecter la distance de sécurité de 50 mètres recommandée pour ne pas le déranger, le cordon de plage est bien trop étroit.  

Une autre rencontre imprévue …

Skagen, fresques sociales au musée

August Hagborg, 1879
P.S. Krøyer pêche infructueuse
P.S. Krøyer

Au bord de la Baltique, à peine plus au sud, escale dans les dunes, à Kanalvejen

Ålbaek, fish & ships au port

Près d’Ebeltoft (Blushoj), nous nous installons dans un camping en terrasses où nous contemplons le phare et les voiliers, depuis notre place. Notre voisin est un habitué, très sympathique, qui alerte Pierre-Olivier le matin suivant, je me sors des plumes au plus vite :  les marsouins nagent au large. L’endroit est superbe, mais la plage a des algues et des cailloux.

Qu’importe, nous partons visiter Ebeltoft à vélo, il fait grisouille, alors hop pour le musée du verre soufflé. La démonstration par une souffleuse est intéressante, polissage, technique pour obtenir un verre à bulles, bien des étapes en plus du travail du souffleur de verres de nos laboratoires, coincé dans son minuscule atelier ….Le reste du musée ….c’est-à-dire presque rien! Juste de quoi se demander pourquoi du bel art moderne n’est jamais présenté, remplacé par des complications intellectuelles perdant le visiteur.

La ville est mignonne, rues pavées, maisons à colombages colorées, petites cours, boutiques d’artistes, terrasses.

Mairie de 1789, encore en fonction

Une autre ballade pour aller à une belle plage, de cailloux aussi mais presque sans algues, l’eau est encore agréable. En chemin nous ramassons quelques mirabelles plutôt que de leur rouler dessus.

L’ambiance du camping est particulièrement chaleureuse, le soir subitement le « da, da » retentit, un voisin a ses jumelles, et finalement toute une équipe contemple les marsouins depuis chez nous ; évidemment c’est le soir de grillade (première viande depuis le départ !) et nous nous mettons à table là au milieu.

En route pour Faaborg, départ du ferry pour l’île d’Aero, encore des rues pittoresques, des maisons de commerçants témoignant de la navigation marchande du 19ème siècle. Une artiste céramiste a mis une table de plus devant son échoppe, pour y vendre à vraiment petits prix les jouets de ses petits-enfants, ayant passé à une autre étape.  Le seconde-main est vraiment présent partout. Terrasses sympathiques, il fait beau, un glacier attirant bien du monde, enseigne alléchante, nous tentons pour la seconde fois la spécialité des glaces danoises, soft-ice recouvertes de paillettes…Énormes, avec une base de crème glacée au goût peu défini, elles ont beaucoup de succès mais après l’essai en taille moyenne ou enfant, on ne nous y reprendra plus malgré notre gourmandise reconnue!

Ile d’Aero, 30 – 40 km de long : une oasis encore plus calme que le reste du pays. Championne du développement durable (prix européen de l’île responsable 2021), panneaux solaires thermiques pour le chauffage, bus gratuit, encore plus de vente d’objets en self-service par des particuliers avec une petite tirelire : habits, bibelots, pommes, miel, confitures, (et bocaux vides ramenés) sont présentés sur des étagères  devant les portes d’entrée. Parfois, une corbeille de pommes gratuites ! mais la saison touche à sa fin, nombreuses au sol mais pas toujours bonnes.

Ah, le vélo, sa lenteur, porte ouverte sur les découvertes spontanées

Aeroskoping: le plus charmant des  ports, la quintessence en terme de maisons à colombages colorées biscornues, roses trémières devant les portes, bougies et objets décoratifs sur les rebords de fenêtres. Un glacier proposant des glaces aux fruits artisanales, riches en fruits, absolument exceptionnelles, l’antidote aux glaces danoises courantes.

Une soirée en haut de falaises de roche tendre, riche en fossiles, endroit idyllique …sauf les nuages de poussière à chaque passage du paysan qui sème.

Le lendemain, samedi, grande résolution de tour à vélo mais une panne de gaz nous occupe. Sans solution le week-end, nous visitons Marstal, un des autres petits ports de l’île, plongeon dans l’histoire de la marine marchande à voiles. Petit paradis hors taxe, les grands voiliers amenant céréales de Russie, charbon d’Angleterre, poissons de Bergen, bois de Finlande et de Suède y faisaient escale. Port d’attache d’un peintre de navires et de paysages du Groenland (Jens Erik Carl Rasmussen) et d’un auteur (Carsten Jensen) relatant cette époque (Nous, les noyés) et la vie du peintre, (le dernier voyage), deux livres que je glisse dans ma « to-read list ». Incroyablement riche mais de présentation désuète, le musée bat le record du nombre d’illustrations et d’objets par mètre cube, avec l’odeur de vieux en prime, ce qui participe à nous plonger dans ce siècle maritime aventureux. 

Cabanes de plage

Dimanche soir

Le magicien d’Alice, version brune, bien dodu dans une prairie ne nous porte pas chance. Le moteur qui remonte notre marchepied fonctionne (ouf, nous pouvons rouler) mais fait un bruit horrible de vieille ferraille pendant un bon moment, à chaque utilisation avant de se taire (Re-Ouf!). Nous utilisons ce marchepied car notre hanneton est haut, vu que sa garde au sol a été surélevée pour lui permettre d’utiliser de mauvaises routes ou chemins. Premier réel incident, je regarde le compteur : 99’999 km ! (Pas triché,  ….promis). Nous n’avions pas de champagne à bord pour fêter les 100’000 km sans pannes ! 

Lundi 5 septembre

Retour à notre petit problème de gaz (bonbonne de réserve suisse sensée être pleine s’avérant vide) et à notre intention de tour à vélo. Le gaz c’est le casse-tête pour qui aime varier ses destinations démontrant la non-harmonisation européenne où elle serait juste pratique et ne porterait pas atteinte à la spécificité culturelle !  Problème résolu grâce à l’extrême gentillesse de la famille gérant le camping de Soby. Nous ne pouvons toutefois pas échapper au fait de revenir avec une bonbonne danoise, enrichissant notre collection. Après s’être renseigné sur la possibilité de remplir une de nos bonbonnes, avoir cherché sans succès sur internet une bonbonne d’occasion, ils nous fournissent une bonbonne danoise à conditions spéciales. Devant tant de dévouement, nous leur demandons une place dans leur camping, mais l’ordinateur est lent ce jour, le camping minuscule bien plein, alors la propriétaire me suggère d’aller me mettre sur la plage et de revenir pour tout besoin telle que la lessive ! (Sans nous acquitter d’un emplacement). Cela va avec le verger de pommiers juste à côté…

Nous pouvons finalement pédaler, contre le vent sur plus de 30 km pour constater que le lundi est jour de fermeture du glacier testé le premier jour. Drame, c’était l’objectif.

Mardi, en retournant au port d’Aeroskoping pour prendre le ferry, RE-drame : le glacier a deux jours de fermeture hebdomadaire…Lundi et mardi.

Svendborg, petite balade admirative sur le quai des voiliers en bois.

Fort de Langeland : une ancienne base de l’armée danoise, donc de l’OTAN, convertie en musée dédié à la guerre froide. Les efforts militaires déployés pendant cette période, l’importante perception du risque, le recrutement important de jeunes Danois dans des unités sur terre, sur eau, de protection aérienne et impliqués à l’étranger mais également le scepticisme de certains militants pacifistes y sont abordés. Malheureusement, nous souffrons du peu de traductions en anglais ou allemand. La guerre froide et les risques de guerre présentés comme une page tournée laissent songeurs…

La météo maussade nous pousse vers le sud, et nous nous retrouvons du coup plus vite que prévu en Allemagne. Aie, plus de « Roggeri » (fumoir de poissons) ouvert, les petits achats de maquereaux fumés n’ont pas été possibles. Cette côte du Danemark ne peut laisser personne insensible au charme de ses petits ports. Par contre, les champs à l’intérieur des terres sont un peu monotones à notre goût et nous n’avons pas vu de belles plages de sable comme au bord de la mer du nord. Nous ne sommes toutefois pas allés aux destinations réputées pour la baignade, nous sommes en septembre et depuis notre retour de Bergen, la météo a tourné en lumières automnales.

Nous gardions un excellent souvenir des plages de la Baltique allemande longées lors de notre voyage à vélo, qui date quelque peu (2010). Mais dans cette baie de Neustadt en Holstein, les campings sont denses, la côte construite, nous trouvons une ferme accueillant les nomades de notre style ; la pluie nous fait renoncer à flâner dans les rues de Lübeck. Pendant ce temps, vers Lausanne, l’eau monte dans la cour de notre ancienne maison, chez notre fille et sa famille. Autant rouler pour profiter du soleil quand il sera revenu en Suisse.

Arrêt à Seebourg, puis à Bald Waldsee, patrie des campings cars Hymer, (tout près du lac de Constance). Au moins, nous pouvons savoir quelle pièce est à commander avant de donner notre Hanneton pour réparation du marchepied, ce sera certainement un gain de temps énorme.

Nous nous réjouissons beaucoup de retrouver toute notre famille à Amden où nous avons organisé un week-end de regroupement familial. Amden? Juste logique entre Bretigny, Innsbruck (notre fils est en congrès) et Paris.

Les dunes de la mer du Nord puis un saut à Bergen, 14-29 août 2022

La fête chez nos amis : une belle soirée sans vent, une halle à bateaux transformée en halle de fête, un orchestre , des food trucks, un bon mélange  de générations, des Québecois prêts à venir skier chez nous,  un bar à cocktail et un barman pro, une nouvelle occasion de boire un bon vin blanc allemand.

Le lendemain de la fête, en selle pour le château Renaissance de Glücksburg. A l’époque, mariages plutôt que réseaux sociaux, Christian IX, un de ses propriétaires surnommé le père de l’Europe, a établi de nombreux liens entre familles royales, de la Suède à la Grèce grâce à ses nombreuses filles.

Puis départ pour Flensburg, ville sympathique, ses quais sentent les vacances, j’adore toujours autant les vieux voiliers en bois.

Nous dégottons un mini-bistrot dans une ruelle pour un petit dîner. Quelques tables aguichées sur une mini-terrasse en bois, un ou deux plats proposés, très simples, la fille du patron aide au service, une ado, ce n’est même pas 15h et elle est déjà rentrée de l’école. Un petit coin hors du temps, alternatif et propret sans être bobo-chic. Par contre, durant ce voyage, nous constatons que l’utilisation vaisselle non jetable n’est pas du tout répandue dans les snacks, dommage.

Une nuit bien au calme le long d’un chenal du port et nous partons pour la côte ouest, au sud de Hvide Sande.

Nous campons entre lagune et mer, d’un côté les kite-surfs, de l’autre la dune et la plage s’étirant sas fin le long de cette côte. La piste cyclable EV12 (piste nationale N°1) serpente entre la bruyère, les monticules et les résidences de vacances, en deçà de la dune, bucolique, un peu ensablée parfois. Ce cordon de sable créé par le vent aurait totalement fermé la lagune en un lac si une écluse n’avait pas été aménagée à Hvide Sande. L’atmosphère de ce port développé il n’y a qu’un siècle lors de l’aménagement de l’écluse est particulière, entre port de pêche industrielle et station touristique.  Tout le monde se rend au magasin de poissons, le fumoir est sur place.

Le plaisir de voyager c’est d’essayer de comprendre ce qu’on voit….alors cette structure sur 4 pieux, en partie dans l’eau?

Ce bateau peut soit flotter et être autonome pour se déplacer, soit être stabilisé par les pieux, soit être totalement surélevé, reposant totalement sur ses 4 pieux, posés sur le fonds de la mer. Son équipement de grue sert à la construction des socles, et à la pose des mâts et des pâles d’éoliennes en mer, travaux exigeant grande précision et stabilité. Il est vrai que le paysage en est couvert. Ce sera notre apprentissage du jour avant de pédaler pour rentrer à notre Hanneton, tout en grimpant pour voir la mer de temps à autre.

L’architecture en briques de Ringkobing, les entrées surélevées, une ambiance au passé industriel.

En reprenant la route vers le nord, la flore se modifie, moins de bruyère, moins de vert, des herbes sèches, des falaises de sable nous offrant une place 5 étoiles près du phare de  Bovbjerg à Ferring avec vue sur la mer et coucher de soleil, mais soirée à l’intérieur; il vente, et nous ne sortons de toute façon pas la table sur les emplacements dans la nature.

Nous partons voir le phare et …un panneau propose un parcours vélo panoramique. Adjugé, nous pédalons à l’intérieur des terres, d’églises blanches en collines, les rouleaux de paille attendent dans les champs d’être amenés vers les fermes. Là, le tableau serein et grandiose perd de son charme ; alors que les fermes sont de belles bâtisses en briques, immenses, elles sont affublées de longs hangars à cochons, l’odeur de la mer n’arrive pas en étouffer les émanations.

Nous passons près de plages calmes, ambiance de lac mais d’eau salée, puis à Lemvig, petite station balnéaire. La boucherie y est très alléchante, le porc sous toutes ses formes ! Mais le coup d’oeil jeté dans un hangar ne nous a évidemment pas convaincu.

Il paraît que notre altitude ne dépassera pas 53mètres et pourtant que de minuscules grimpettes, raides, du gravier parfois aussi, nous rentrons bien fatigués (route 409 , 50 km), passant à nouveau vers le phare et les falaises de sable les plus élevées du Danemark. L’érosion œuvre, un bout de la piste cyclable doit être contourné car il n’existe plus, tombé en bas de cette falaise. Des panneaux parlent de naufrages, nous rappelant que l’ambiance chaude et ensoleillée n’est pas la règle, et que l’hiver doit être extrêmement rude. Pour le moment, de bonnes vagues, des pêcheurs à la ligne le soir, notre voisin ramène 4 maquereaux mais aucun baigneur ou presque, donc nous aurons à nouveau pédalé et contemplé la mer sans s’y baigner, alors qu’elle a 20°, une hérésie !

Le lendemain, avant de continuer notre route toujours vers le nord, nous nous baladons dans la dune, le long d’un des tracés balisé « Vélo ». A pied, c’est splendide, les rosiers rugueux ont des fruits mûrs, des « gratte-à-culs » gros comme de petites tomates, les argousiers sont pleins de baies orange. Mais cyclistes, choisissez l’itinéraire en deçà de la lagune et non cette piste entre mer et lagune, car nous malaxons le sable …

Rester car c’est beau, partir, découvrir plus loin, s’arrêter un peu pour flegmer, trouver de l’eau, aller en camping nous offrant quelques services utiles, comme la machine à laver ….notre vie est pleine de questions « existentielles », sans réponse correcte ou fausse  mais juste le risque d’y consacrer trop de temps!

Question courses et gastronomie, nous apprécions les tomates danoises, serres ? actives ou passives ? en tout cas moins de légumes et fruits espagnols que chez nous, moins de fruits et de salades en général et, comme nous voyageons pour apprécier les différences et les spécificités de chaque endroit, nous optons pour la cure de poissons, sans la prétendre « bien sous tout rapport, écologiquement ». Nous nous régalons, et voyons les fumoirs, les structures de tri à l’arrivée des bateaux. Nous mangeons donc du poisson local, la plupart comme le maquereau et le hareng, de source sauvage, le saumon, lui étant de production en aquaculture. Au moins, c’est clairement dit quand nous nous intéressons à la question.

Nos hésitations nous mènent à Norre Vorupor, une station balnéaire aux nombreuses résidences de vacances dispersées dans les dunes, un parking où se regroupent les surfeurs, dormant dans van, bus ou voiture, aie ! Des sanitaires publics entretenus participent clairement à ce regroupement bohème, nous admirons la propreté de l’endroit, l’ordre, l’absence de bruit le soir.  Nous sommes les vieux et les seuls sans surf ! Comme bien d’autres, nous allons admirer le coucher du soleil après notre souper, classique mais splendide, rigolote cette immersion dans une zone touristique tellement différente de ce que nous connaissons au sud. Beaucoup de glaces, dégustées en bon pull, des snacks, d’anciens bateaux de pêche rénovés grâce à un projet européen, un grand choix de poissons présentés frais encore dans les caisses remplies de glace ou déjà fumés, le fumoir jouxtant à nouveau le magasin.

Le lendemain, de fortes averses nous font apprécier notre Hanneton comme un palace, puis de magnifiques éclaircies même en ce jour le plus maussade depuis notre départ.

A la plage surnommée « cold Hawai », à Klitmoller, pas de vagues, mais du bon vent. Nous admirons le ballet des véliplanchistes dont les planches ont des dérives à foil et de surfeurs tenant une petite voile sans mât ni câbles, composée de 2 parties, leur donnant des allures de papillons volant sur l’eau. Leur position sur leur petit surf est celle d’un snowboardeur, les pieds ne changeant pas de côté suivant l’amure.

aBeau ballet mais nous décidons de changer de décor, cap sur l’île de Fur dans la lagune de Limfjorden.

Camping en terrasses avec vue, il se dégage de cette île un calme des plus sereins,…un peu farceur, son tour à vélo s’avère peu plat et passablement ensablé! Les plages de galets sont jonchées de coquillages, de coques de couteaux (coquillages allongés) et même de coques d’huîtres. Ce serait un des derniers endroits d’huîtres sauvages. Je vais me baigner le soir, le sable est argileux, nager rend l’eau opaque. Cette île a une géologie particulière, couches de sédiments et de diatomées bien visibles, son argile avait été exploité.

Nous nous rapprochons du week end et d’Hirtshals, et après quelques contacts, nous décidons d’aller passer le week end chez notre fils Joseph, à Bergen. Auparavant, nous marchons dans les dunes autour du phare de Rudbjerg Knude. L’érosion de la côte est impressionnante, il reste le cimetière, l’église a dû être détruite car elle était en mauvaise posture. Un touriste allemand me parle de maisons où il a passé ses vacances dans sa jeunesse qui sont à la mer, de splendides résidences à baie vitrée sont très près de la falaise de sable. Beaucoup de monde se promène dans cette dune, toboggan de sable fin marrant, présenté comme une curiosité naturelle. La luminosité du sable extrêmement fin, la météo splendide masque le côté dramatique de l’endroit et de cette érosion ; le réchauffement climatique augmente les tempêtes….Le phare est une telle attraction touristique, qu’il a été « sauvé » en étant déplacé de 80 mètres en 2019 malgré son poids de 700 tonnes, pour éviter qu’il ne s’effondre. Plus assez visible, trop entouré des dunes, il n’est plus en fonction.

Pour la nuit, nous sommes restés loin de la falaise …

Nous filons au nord et les plages deviennent de plus en plus idylliques, du joli sable, sans cailloux, eau claire, pas de vagues, un peu d’air rendant les 28 degrés agréables, arrêts baignades, notamment au nord de Lokken, en pensant chaque fois que ce sera le dernier de la saison. Bon, Pierre-Olivier ne demanderait pas mieux, il a la fausse impression que l’eau devient fraîche….20° selon le relevé quotidien publié.

A Hirtshals, port qui n’a pas plus d’âme que lors de nos derniers passages, nous confions notre Hanneton aux bons soins d’un parking d’hôtel rôdé à la démarche et à nous le buffet de poissons du ferry, la nuit à bord.

Le lendemain, vendredi, dîner avec Joseph sur un banc en ville pendant sa pause de midi, lunettes de soleil requises, cela mérite d’être souligné à Bergen ! Excellente soirée chez lui, Il nous héberge, c’est aussi sympathique que petit, la vue est splendide le lendemain matin, encore du soleil.

Samedi, grimpette à Ulriken, quelque 1300 marches d’escaliers, (leur descente l’après-midi demandera plus de patience à mes coéquipiers), quelques nuages, puis à nouveau du soleil avant de repasser une seconde soirée ensemble. Le lendemain dimanche, nous reprenons le ferry en milieu de journée et le laissons préparer sa semaine de travail sur le terrain.

Bergen avec le sommet d’Ulriken à droite, vers l’antenne

Départ pour le Danemark, 3 – 13 août 2022

Un mois au chalet à vivre sur la terrasse en shorts,  une grosse flegme vu la chaleur, quelques baignades à Frience, d’excellentes retrouvailles avec les copines du travail, aussi en vacances définitives, et nous voilà repartis avec notre hanneton et nos vélos pour des excursions à la journée, plus indiquées pour le moment. 

Un arrêt à Scherwiller (Alsace), histoire de dormir après une dégustation de vins bio.

Après une soirée à Göttingen, où nous y prendrions même l’habitude d’y manger au café de l’hôtel de ville, nous arrivons sur la côte ouest allemande de la mer du nord.

Bösum: charmante découverte, vent, soleil, bateaux de pêche, plages et lagunes aménagées, Strandkorb alignées sur le sable, restaurant de poissons, vente directe de maquereaux et harengs fumés, vinaigrés ou aigre-doux, tous les symboles de la mer du nord dans cette petite station touristique groupée autour de son phare rouge et blanc.

6 août:  c’est parti pour une journée vélo, vers le nord le long de l’EV12 (Eurovélo de la mer du nord), balisée à l’intérieur de la digue, mais nous reviendrons par l’extérieur, beaucoup plus intéressant. La digue est recouverte de prairie, peuplée de moutons. A l’extérieur, le terrain est drainé, de petits « murets » de branchages et de paille retiennent les sédiments déposés, des petits canaux et quelques stations de pompage permettent de maintenir ces terres non inondées, ou moins inondées à marée haute. Les moutons,   comme les échassiers et de nombreuses hirondelles, profitent de ce magnifique espace. Même si ce temps sec et la fin de l’été ne sont pas les meilleures conditions pour admirer les fleurs, nous en admirons quand même, toutes adaptées à cet environnement salé. Ambiance contemplative à souhait: une piste cyclable droite et plate, des moutons partout, parfois la mer, parfois que des polders,(ou koog, ou vasières ), une pause dans une Strandkorb  et une lumière qui varie vite, avec beaucoup de soleil, des nuages, quelques gouttes et toujours du vent. Notre but du jour sera l’embouchure de l’Eider, traversée par un tunnel routier, sorte de tuyau de béton hors de l’eau, sur lequel la piste cyclable et piétonne est aménagée. D’un côté du passage, une écluse, que la route traverse également sur un pont levis. Ces écluses le long de la côte sont fermées en tout cas lors de forts vents d’ouest, de tempêtes pour protéger l’intérieur du pays des inondations.

A Husum, nous arrivons le dernier jour de la fête du port, beaucoup de monde, quelques carrousels, « street food », musiques, il fait bon même le soir. Un théâtre de marionnettes extrêmement simple: un conteur, 3 marionnettes sur bâton, un décor et une histoire de pirates a un franc succès auprès des petits mômes; quel plaisir à l’époque des écrans! Quant à nous, soirée de musique celte.

Le lendemain, la presqu’île de Nordstrand à vélo, la piste est à l’extérieur de la digue, nous pédalons parmi des centaines de moutons, « piétinez-bien », vous solidifiez les terres gagnées sur la mer! La digue ne date que de 1980, auparavant les inondations étaient plus fréquentes. Etant en haute saison, contrairement à nos habitudes, et le long d’une côte touristique, j’avais réservé un emplacement dans un camping, ce qui s’est avéré totalement inutile. Nous avons une magnifique place car à l’abri du vent et toute proche de la mer, c’est-à-dire qu’on donne droit sur la digue!

Le parking du quai d’embarquement à Nordstrand sera une place tout aussi calme. Excursion en bateau pour l’île d’Amrum,  et sa plage de 10km de sable blanc. Nous choisissons de marcher dans les dunes, le long des sentiers bien aménagés pour préserver ce biotope si fragile. La bruyère en fleurs, la multitude de mini-collines de sable, la plage blanche tellement large, deux phares et une belle forêt, le coup de foudre pour moi.  Nous finissons par tant marcher (Norddorf -Nebel par les dunes) que je ne me suis pas baignée!  Nous avons trop chaud avec nos souliers de randonneurs! On ne se change pas, souliers, sac à dos, mini-pharmacie, eau, pic-nic,….nous avons tout! La  baignade se mériterait aussi, il faut brasser le sable hyper fin sur des centaines de mètres avant de se mouiller.  A marée basse, en fin de journée, notre reprenons le bateau à regret. Il se faufile et se tortille pour suivre le balisage, touchera une fois le fonds et excellente surprise, nous passons à côté de quatre phoques se prélassant sur un banc de sable.

Hameaux fermiers, une vingtaine d’habitants par îles

Nos tout petits pas de hanneton, nous mènent à Ribe, plus ancienne ville du Danemark. Maisons à colombages colorées,  paraissant très anciennes, d’autres toute blanches qui sont en fait les plus anciennes, épargnées par le grave incendie du 17ième siècle , comme nous l’apprend la visite nocturne à pied guidée par un veilleur de nuit. Petite ville très touristique mais au charme fou, c’était le principal port de commerce danois au Moyen-Age. Nous soupons dans une des plus anciennes auberges, biscornue à souhait.  Un parking est à disposition des camping cars pour 2 nuits tout près du centre, superbe accueil qui favorise la tentation du restaurant!

L’anneau métallique supérieur montre le niveau de la plus grande inondation de la ville (+ 6m en 1634)

Excursion en tracto-bus  à l’île de Mando. L’accès est un chemin en graviers plus ou moins inondé suivant la marée. A posteriori, faisable à vélo et en camping car , moyennant de choisir la bonne tranche horaire relativement à la marée. L’île est si petite qu’un transport collectif est de toute façon judicieux. Nous marchons dans l’eau tiède, vraiment tiède, pas juste pour moi, de la mer du Nord. Un bras de moins d’un mètre de profond nous sépare d’un banc de sable où des formes arrondies vues aux jumelles doivent être des phoques. La marée basse laisse apparaître des milliers de monticules de sable moulés, déjection de vers. Il y a des baigneurs, on se lézarde au soleil, juste un peu d’air, une météo des plus agréables à défaut d’être habituelle, et saine pour la planète.

Le centre des visiteurs de la merdes Wadden, Vadehavs centret, présente le plus grand marais d’Europe, étape lors de leur migration pour 12 millions d’oiseaux, de façon artistique et instructive, en anglais et allemand en plus du danois évidemment. Nous contemplons surtout les photos, vidéos conscients de notre capacité très limitée à retenir des noms d’espèces! N’étant pas à la saison des migrations et n’ayant pas vu les phoques de près, ce qui au moins a l’avantage de ne pas les déranger, nous complétons notre vision réelle du paysage en se détendant devant ces présentations artistiques.

Le thermomètre ayant l’abonnement au 29 degrés, nous partons nous baigner la fin de l’après-midi au sud de l’île de Romo. Après avoir marché un bon moment dans le sable parmi les chars à voiles, nous réalisons que les baigneurs sont encore plus loin, et que leurs véhicules sont parqués sur la plage. Le Hanneton s’offre donc un moment de rêve de retour aux US, à nous le sable. Ainsi nous atteignons finalement l’eau, et elle est tempérée pour ne pas dire tiède. La marche continue, c’est tout aussi plat dans l’eau que sur la plage, mais nous pouvons finalement nager, sans toutefois être parvenus à n’avoir plus pied. Nous quittons cette île très touristique pour dormir dans un camping à la ferme, à recommander aux petits enfants tellement le bac ou plutôt la parcelle de sable est grande et nombreux sont les tracteurs à pédales.

Le prétexte à ce périple au Danemark est une invitation par des amis rencontrés sur le cargo nous menant à Halifax en 2019 à leur fête de mariage. Nous nous installons donc parmi les autres invités venus avec caravane ou camping car sur leur terrain, à Dollerup (Allemagne).

Vaucluse, Var et Côte d’Azur (10 mai – 11 juin 2022)

Ayant laissé nos amis, nous décidons de partir au sud, non sans être retournés voir la forêt de Saou par l’intérieur du synclinal. Les souvenirs d’une escapade dans cette région 13 ans plus tôt me reviennent, mon enquête pour retrouver une auberge formidable aboutit : elle n’existe plus, devenue résidence privée.

Près de Nyons, nous nous baladons (tiens, pas très nouveau !) dans les Baronnies.

Notre hanneton nous loge dans la cour d’une ferme productrice de lavandin (lavande de basse altitude contenant plus de camphre), de pois chiches et de petit épeautre. Nous verrons le pois chiche dans différents marchés, intéressant vu le potentiel de cette légumineuse par les temps qui courent où nous devons diminuer notre consommation de viande. Les fromages et les charcuteries restent  néanmoins surreprésentés dans les étals, variés et alléchants. Le pois chiche ne rapporte pas grand-chose à l’agriculteur, semble-t-il.  Il fait chaud, les genêts sont en fleurs, la forêt a des odeurs du sud. Dégustation au Mas Sylvia, très sympathique jeune œnologue ayant repris le domaine paternel, à Saint Jalle, adresse recommandée par des randonneuses.

Notre premier marché sera celui de Nyons, manifestement pas destiné qu’aux touristes, auquel nous accédons par un beau pont roman. Variété de gourmandises provençales, couleurs,  amalgame de produits du terroir et d’ailleurs, objets d’utilisation courante, habits.

Le Vaucluse est le pays des cyclistes, de routes, rapides, des petites descriptions de circuits sont disponibles ; Luciférine et Monsieur Vélo sont d’allure très exotiques ici mais nous permettent d’apprécier entre autres quelques beaux villages perchés et le marché de Carpentras où nous dînons sur une place, table réservée pour nous à une bonne adresse par une dame rencontrée au marché. Le Mont Ventoux nous domine de partout, pelé, imposant. Nous irons à son sommet en touristes, avec le Hanneton.

Fuyant un auto cross tout près du camping, comment un tel événement peut-il encore être autorisé !  Nous visitons Vaison la Romaine, sa cité et son pont romains.

A Caromb, magnifique journée de dégustation, 12 vignerons du village présents, 3 couleurs de vin chez chacun, 3 chefs ayant préparé différents amuse-bouche constituant un repas, un couple de musiciens chanteurs, une chaleur caniculaire sur la place d’un village authentique. Le tout fut une excellente journée, des comparaisons de goûts intéressantes, des contacts très sympathiques, les discussions en deviennent même philosophiques.  L’ambiance est estivale, décontractée, le contact facile, mais ce n’est pas du tout la « grosse foire ».  Nous logeons à nouveau dans la cour d’un domaine, (adresse listée sur France Passions) chez une œnologue très chaleureuse, nous félicitant de nous être installés même sans avoir pu la prévenir; évidemment, elle est justement à la fête. Nos tentatives de téléphone et notre billet laissé sur le pare-brise seront toutefois appréciés. 

Soirée coucher de soleil et magnifique lune avec vue sur les dentelles de Montmirail avant La Roque-Alric ; le lendemain, balade superbe depuis le charmant village de Suzette:  la montée à l’antenne de la crête de St Amand,  se terminant par un sentier bien raide et rocailleux, avec des vues splendides sur les dentelles , les vignes et des échappées sur le village.  De quoi nous ouvrir l’appétit pour le souper d’anniversaire de Pierre-Olivier à Caromb au Vin Ensèn, (en provençal : « boire du vin ensemble »), tables sur le trottoir, petit restaurant et bar à vin d’apparence bonne franquette mais tenu par un passionné de gastronomie, et sa complice. Une carte des vins beaucoup trop longue pour être consultée, mais qu’importe, il suffit de se laisser guider, paraît que ce n’est pas le client qui décide…

Villes-sur-Auzon, la piscine devient de plus en plus recherchée, le thermomètre restant bloqué aux alentours des 30 degrés jour après jour; ce qui ne décourage pas Pierre-Olivier d’aller immédiatement tester les gorges de la Nesque à vélo, itinéraire incontournable de tout cycliste, où nous pédalerons ensemble quelques jours plus tard.

L’ambiance au camping est des plus calmes, imaginez des retraités en pleine lecture au bord de la piscine, presque traumatisant pour les exceptionnels parents accompagnés de leur progéniture ! Accueil très sympathique, proposant des suggestions de randonnée au départ du camping, en plus des tours à vélo. 

Ballade sur les défens (pâturages): ancienne citerne à eau avec chéneau de pierres collectant l’eau. L’eau entre par l’arrière.

Nous profitons du marché, des fraises, de la fin des asperges et dégustons diverses sortes de tomates, y a pas que les vins que diable ! Déambuler dans Villes sur Auzon , y rencontrer une habitante, c’est se plonger dans l’époque où 300 ouvriers travaillaient dans les carrières d’ocre, un pigment naturel, lorsque les nombreuses fontaines ont dû être installées suite au tarissement de la source auprès de laquelle la ville avait été fondée.

Ville sur Auzon, bourgade bien serrée autour de son centre, malheureusement traversé par la circulation automobile, où les ruelles anciennes permettant d’y accéder sont si étroites qu’elles auraient permis un bon contrôle du trafic marchand dans les années 1720, épargnant ainsi aux habitants l’épidémie de  peste. Le mur contre la peste n’est pas loin, nous pédalerons jusqu’au col de la Ligne (sous-entendu ligne sanitaire) pour le voir, suivant à nouveau des gorges puis une bonne grimpette ! Un certificat de santé était exigé pour le traverser, les paysans discutant fermement avec les autorités car leurs champs étaient de part et d’autre, le commerce bloqué…quelle ressemblance! La diminution des échanges commerciaux avec l’Asie avait favorisé le développement des importations des Amériques.

Paysage vallonné de lavandes, pas encore fleuries autour de Sault, une escapade vélo, avec arrêt terrasse à Ferrassières, bien connue des locaux comme lieu de retrouvailles , et remontée au col de Brouville pour s’offrir une belle descente bordée de pins, de chênes et de fleurs. Les 3km de montée bien soutenue sont largement récompensés.

Nous soupons en costume de bain vers 20h au camping, le short est trop chaud !

D’autres balades, à pied, en camping-car, mais que les routes sont étroites ! ou à vélo nous mèneront à d’anciennes carrières d’ocre par exemple, au marché de St Didier (terrasse chez Juliette à recommander), à Méthamis entre autres villages perchés.

Banon : le paysage évolue, moins de vignes, plus d’air nous avons pris un peu d’altitude. Petite bourgade dont la librairie  pleine de recoins est connue loin à la ronde; contrairement au glacier juste à côté au sorbet chocolat oranges confites incontournable ! Un rossignol infatigable qu’on entend chanter depuis notre place de camping, bien au calme vers le maquis, une balade au haut Monsalier, des trempettes à la piscine, des soirées au camping,…estival et sympathique  tout ça mais …la mer me fait envie.

Cotignac: Deux chaleureuses journées avec des amis retrouvés après bien des années…..Un plaisir partagé comme si nous nous étions vus souvent, formidable. La ville est au-bas d’une falaise, le marché fort animé et suivre des guides locaux, c’est un luxe; leur jardin est un havre de calme, oliviers, herbes aromatiques, madame rouge-queue et famille au nid, petite cascade, piscine et délicieux repas en charmante compagnie, que pourrait-on désirer de mieux? En forêt, au camping oÙ nous dormons, le seul souci sont les sangliers bien nombreux dans la région, discrets durant notre passage.

Presqu’île de Giens, extrémité ouest, la Madrague. Un petit coin de nature, la mer avant de rentrer, eh oui, cela nous arrive…. L’eau est chaude, la côte rocheuse, le sentier du littoral magnifique.

Le camping …

  • une mini société, absolument calme dès le coucher du soleil, sans aucun son de musique, TV, où les moins de 4 ans sont les plus représentés, au côté du reste de la population des retraités, n’ayant pas encore abandonné la garderie. La vie y commence dès 7h., pas de temps à perdre pour la carabine à eau ou le premier biberon
  • Le vrai camping comme dans nos souvenirs d’enfant, tenues de toutes sortes rencontrées une brosse à dents à la main. Les sanitaires luxueux, l’eau chaude à profusion n’ont pas entraîné de grandes modifications des cris sous la douche de 18h. si ce n’est que certains pères se prennent pour des chanteurs d’opéra
  • L’observation que si dans les campings espagnols , un couple de séniors (ce sont les autres retraités, pas nous évidemment) occupe un grand emplacement, un camping-car de 7 mètres ou plus, avec un auvent et une cuisinière extérieure, la jeune famille  ici occupe une mini-place, avec un petit van ou un bus VW d’où sortent au moins 2 enfants et que certaines mamans enfilent le porte-bébé ventral pour le dernier comme on met son T-shirt le matin 

C’est toute une ambiance, marrante ou pas suivant son humeur …

Recommandée par nos amis de Cotignac, l’incontournable de cette étape est sans aucun doute la terrasse du Pradeau, restaurant de poissons à raz l’eau, atteignable  par chance à vélo.

Sur le retour, visite de l’abbaye de Sénanque, la sobriété de l’architecture, la blancheur de la pierre nous enchantent mais la lavande n’est toujours pas  en fleurs malgré le printemps extrêmement chaud et sec, la source de la Sorgue à Fontaine de Vaucluse n’est d’ailleurs pas spectaculaire.

Fontaine de Vaucluse

LIsle sur la Sorgue,  une bourgade  où il fait bon flâner le long de ses canaux et roues à aubes, vestiges industriels de l’époque des filatures et du tissage  dont il reste une entreprise familiale.  Mais le marché  est soufflé, mistral et tramontane s’y mettent ensemble pour renverser les parasols, étals et billets des caisses des marchands, …nous rentrons pour de bon, avec une belle surprise plus au nord: les premiers champs de lavande en fleurs.

Nous retrouvons notre chalet aux mains des différents maîtres d’état, peinture des façades, salle de bain en rénovation. Du coup, nous commençons de suite à nettoyer la poussière, faire des petits travaux de peinture intérieure, préparer la place pour le bois du prochain hiver, organiser la suite des  travaux d’entretien, vite….avant les vacances avec notre petite fille.

Drôme, sentier des Huguenots, cirque d’Archiane

Enfin nous repartons, après 7 mois sédentaires, non sans un petit tiraillement au cœur qui montre à quel point nous sommes bien dans notre nouveau nid adjoint d’une terrasse  à lézards. Pêle-mêle, un regard, une pensée pour

  • Les Ukrainiennes d’Arveyes qui nous ont rappelé la force des contacts non verbaux, le plaisir de rendre service. Le rire et la gaité que ces inconnues ont gardés nous ont impressionnés, leur histoire personnelle ne transparaît que rarement
  • Notre rhododendron arborant fièrement de nombreux boutons
  • Les tulipes roses ouvertes et les autres fermées…de quelle couleur sont-elles? ….plus très claire dans notre mémoire
  • Notre nouvelle vie sociale, les contacts noués suite  à notre désalpe, les cours de yoga, les cours de Chi gong….

Il fait beau, notre hanneton frétille d’aise à l’idée de partir au sud. Un soubresaut glacial lors de notre arrêt au Sentier pour écouter « La Passion » jouée par la « Microharmonie » et chantée par un choeur de femmes réunies pour ce spectacle, concert splendide aux effets musicaux inédits  nous démontrant une fois de plus qu’à partir d’un certain niveau, il n y a plus d’oppositions entre  le moderne et le classique.

Nous descendons dans la Drôme, rendez-vous avec notre groupe de randonneurs  à Le Poët-Laval. Visite du petit musée du protestantisme, intéressante grâce au récit du pasteur retraité, Monsieur Croissant. Livre d’histoire vivant sachant la raconter et avoir un regard critique, passionné, empreint d’humour, excellent narrateur, il nous fait partager l’épopée de cette fuite des Huguenots, leur cultes clandestins dans le « désert » (en forêt), le lien entre le protestantisme et la diffusion de la connaissance de l’écriture, de la lecture et de l’imprimerie.

Dans une  maison de caractère de 1750, nous nous endormons au son des crapauds, des grillons et du chat au désespoir printanier. Puis c’est parti pour 8 jours de marche.

Le Poët-Laval –  Les Grands Bois (18.5 km, +750m,-500m)

Magnifiques forêts de pins aux jeunes pives couleur de miel, de hêtres, et de bien d’autres arbres et arbustes en fleurs le long de romantiques chemins creux; dans les prairies, narcisses et orchis.  Chapelle romane de Comps et grands chênes pour la pause de midi. Ciel bleu, température agréable, splendide journée que je terminerai dans la piscine du « Grand Bois », petit hôtel entouré de  bungalows.  La terrasse nous permet d’apprécier les derniers rayons de soleil avant de de profiter d’une cuisine soignée.

Grands Bois – col de la Chaudière (17km,  +850m,-450m)

A nouveau un paysage doux, de jolis sentiers en forêt, un chemin en balcons , des amélanchiers en fleurs, très blancs . Pique-nique au soleil, sentier charmant entre les arbustes en fleurs, un  gué et une grimpette en forêt jusqu’au col du Gourdon puis de la Chaudière. La forêt n’est jamais monotone, déployant toute la palette des verts et plus encore, très diversifiée. Du gîte du col de la Chaudière émane une grande sérénité. Nous y resterons 2 nuits.

Randonnée sur les Trois Becs (9km, +/-980m)

Montée bien aménagée, beaucoup de marches d’escaliers, belle végétation. L’excellent chemin permet de gravir la côte raide, érodée du synclinal perché, donc un double plissement érodé à l’extérieur et préservé à l’intérieur, le plus haut d’Europe. Après la montée, quelques passages avec de bonnes marches de gros cailloux jusqu’au pas de la Siara, et nous débouchons dans la prairie, orchis, petites gentianes, un havre de douceur, d’où nous voyons le fond du synclinal, long de 13 km, boisé, aux pentes beaucoup plus douces. En montant au premier bec, le Veyou, de belles structures en branches pour canaliser l’eau de pluie, en levant le regard, que le ciel bleu, les larges marches et la grande prairie. Puis nous longeons la crête, perspectives sur les falaises et les pitons hauts et étroits résultant de l’érosion. Du premier bec, ciel un peu brumeux, plein ouest la vallée du Rhône, plus proche celle de la Drôme. Au troisième bec la lumière est plus nette, toujours des pitons, la vue sur les forêts à l’intérieur du synclinal splendide, mon point de vue préféré. Descente parmi des hêtres tout gris d’abord,  pas encore en feuilles ou définitivement secs pour certains; plus bas, ils arborent leur nouveau feuillage.

Col  de la Chaudière- Saint Benoit en Diois (13.5km,+250m, -900m)

Une petite étape sous la bruine. Quelle chance, cette météo la veille nous aurait empêché de profiter des 3 Becs. Les forêts sont luxuriantes avec l’humidité.

Par bus, nous rejoignons le camping de Saillans. Il pleut, nous logeons dans des bungalows style mobil-homes, un petit moment de chaos pour organiser nos affaires mouillées dans un espace restreint. La météo redevenue clémente nous permet d’apprécier le souper servi à l’extérieur. Il fait froid pour l’endroit et la saison, nous nous faisons amener les (petits-)déjeuners dans les bungalows le lendemain matin.

Rimons- Die (21km, +650m-1050m)

Longue étape démarrant par un plateau large, ouvert, puis vues sur la Drôme, les contreforts du Vercors. Plusieurs points de vue, une petite vire et finalement la descente sur Die qui n’en finit pas et se termine malheureusement par un pont n’amenant pas en ville directement, nous gratifiant des derniers kilomètres sur le bitume. Accueil très chaleureux dans un tout petit restaurant de Die.

Le lendemain, nous visitons la ville, appréciant notamment une splendide mosaïque, accessible en visite guidée uniquement.

Randonnée l’après-midi jusqu’à l’abbaye de Valcroissant (7.8km, +610m,-400m). Une bonne grimpette en forêt, raide mais régulière jusqu’au pas de Bret, de la vue, et une descente agréable jusqu’au joli vallon ou se niche cette abbaye, d’une grande sérénité, belle demeure convertie en chambres d’hôtes, habitée par une famille exploitant aussi le domaine.  Quelques salles anciennes de belle architecture, une salle de repas conçue pour n’avoir aucun écho, afin que les moines puissent manger et lire dans le silence, participent à la beauté du lieu, déjà splendide par l’environnement naturel.

Abbaye de Valcroissant- Chatillon en Diois (12.5km,+790m,-890m)

Une montée, encore une! jusqu’au col des Caux. Pique-nique entre les buis, crête jusqu’au Pié de Boeuf, point de vue avant de descendre raide par le sentier du balcon de Glandasse. La forêt fait place à une végétation plus basse de résineux, plus de cailloux, quelques pierriers de petits cailloux, ceux que les chevilles adorent! Une sérieuse averse nous a donné rendez-vous à Châtillon, pour la pause finale en terrasse. Notre tour ayant été organisé par l’un de nous et une agence (Semelles au vent), nous sommes ramenés à notre point de départ en petit bus.

Nous retrouvons notre Hanneton et départ pour Menée, un peu au Nord de notre arrivée, hameau qui ne s’atteint pas par hasard. Quel plaisir d’être reçus au gîte de la Bergerie. Sérénité, décoration soignée, fauteuils et tapis anciens inattendus, rénovation pleine de charme et d’ingéniosité comme la charpente mise en valeur mais néanmoins réaménagée, les échelles pour pendre ses affaires, les tapisseries exubérantes. Oui, tout ceci donne un tout qui allie design, rénovation, mise en valeur des murs de grosses pierres anciens, idées nouvelles. La fonctionnalité a laissé place à l’artistique. Le soir, les lumières du hameau embellissent la couleur de la pierre des maisons anciennes, sur lequel donne notre fenêtre. La cuisine préparée par nos hôtes Andréas et Nicolas est généreuse, servie autour d’une seule grande table réunissant avec eux tous les convives du moment. Un gîte que je n’oublierai pas.

Le lendemain, d’Archiane, juste à côté de Menée où nous laissons nos voitures, nous avons une vue sur le cirque du même nom, falaises ambrées se dressant devant nous; mais un passage se devine, d’où arrive la rivière. Nous empruntons un sentier de forêt assez raide nous rapprochant des falaises et surplombant le lit de la rivière, nous entrons dans le cirque. Bientôt nous suivons le lit du torrent asséché, certains passages ne sont que des éboulis de pierres. Finalement, quittant l’axe du vallon,  nous grimpons les 200 derniers mètres de dénivelé nous séparant du plateau du Vercors  dans le pierrier, que du galet roulant, bougeant sous les pieds. Un sentier en lacets y chemine, comme si un petit lutin y avait groupé les cailloux plus petits, les déposant pour constituer une trace aplanie, cassant la ligne de pente. Le cairn du haut dépassé, majestueux et radical changement de paysage, nous nous baladons à plat, parmi des pins isolés, de belles prairies bien vertes et plus loin du calcaire, des lapiaz aux trous de forme alambiquée. Des mousses et des plantes grasses émergent du calcaire,  quelques grammes de terre suffisent à leur développement. Nous arrêtons notre balade par un excellent pique-nique, comme chaque jour, et rebroussons chemin. La pluie menace et le dénivelé du jour a déjà été conséquent pour nous, plus de 1100m.

Après une seconde soirée à partager un excellent repas autour de la grande table, en écoutant quelques étapes de l’histoire de cette bergerie, comme le nettoyage  des murs noircis par la fumée, ou le fait que le chamois empaillé trônant sur son rocher au salon (un vrai chamois sur un vrai rocher) avait  été laissé à cette place  par l’ancien chasseur habitant le lieu; nous continuons seuls notre voyage.

Je retiendrai la beauté des forêts, la diversité de la végétation, les lignes douces du relief du début et les points de vue, la forme caractéristiques des 3 Becs, le synclinal perché mais aussi le plaisir de marcher de longues étapes, certains hébergements au charme particulier, le plaisir de partager, la dynamique et l’énergie supplémentaire dégagée par le groupe et plus spécialement lors des montées gravies au même rythme entre copines. J’ai évidemment été rassurée d’avoir retrouvé mon souffle après la pause forcée du dernier hiver et la radiothérapie.

Vœux 2037 : lettre à mon petit-fils, pour ses 15 ans

Début décembre 2021, neige exceptionnelle, nous nous réjouissions de t’accueillir.Alors maintenant, 15 ans plus tard,  

Tu nous questionnes, tu nous accuses, as-tu un regard condescendant qu’on pose sur les simple-d’esprits envers notre génération ?

Pourquoi n’avons-nous pas changé notre mode de vie au bon moment ? 

Ignorance ?

Non

Les journaux parlaient réchauffement, Les discussions de salon parlaient empreinte carbone, gaspillage,

La publicité vantait le durable, l’écologique était à la mode, cher et bien vu,

La télévision montrait les ouragans, les inondations et les incendies,

Les médias plus pointus reportaient un rapport du GIEC paniquant. 

Malheureusement les manifestations de jeunes pour le climat apparaissent comme une anecdote de 2020.

Relaté dans les faits divers : un père de famille mène une grève  de la faim devant le Palais fédéral pour obtenir la présentation par les experts du GIEC de leurs résultats à nos élus.

Mais l’attention sur la pandémie est plus forte, la Covid est un tunnel à passer avant de retrouver la route.

Exclus de tout ce flot d’informations, le lien entre la pandémie et le dérèglement climatique. Si mentionné, sa compréhension était plus ardue, dans un discours si difficile à accepter et si bouleversant que cela gênait les convaincus eux-mêmes de le défendre hors de leur cercle. 

Malveillance, égoïsme ?

Profitons pendant que nous pouvons sans penser à demain ?

Non, ce n’était absolument pas la tendance dominante, ou alors juste l’illustration de l’acceptation fataliste d’un condamné, d’un démuni devant un mal qui le dépasse, dont la complexité est telle qu’il ne peut être que spectateur ou victime, en tout cas pas acteur. 

Déni ?

Oui, un peu, beaucoup ? Non passionnément, à la folie mais sans conscience ni intentions. 

L’homme quitte le déni que s’il a la connaissance d’actions possibles.

La soif de connaissances se désaltère en cette période que de prophéties alarmantes, de fin de notre espèce, de déclin de notre monde, allant même à l’encontre de notre instinct de conservation, donc de notre biologie profonde, les rendant inacceptables, inimaginables. Un discours ressemblant celui de la pseudo-science galvaudée par des extrémistes et des sectes de tout bord, à ignorer par celui qui veut rester rationnel. Le déni est juste un outil de notre instinct de conservation. 

Quelques retraités ayant le temps, se triturent les méninges, lisent « hors chemins battus » et découvrent d’autres connaissances .Celles qui expliquent que l’effondrement prédit une série de catastrophes évolutives, donc moins facilement identifiables. Et si le feuilleton avait déjà commencé ?

La pandémie, un tunnel isolé à passer ? Non, une étape de l’effondrement dans les futurs résumés d’histoire du 21ième siècle. 

Les démocraties gardent une certaine honnêteté, mais leur lenteur de décision  s’accommode bien du déni nécessaire pour ne pas sombrer dans la folie.

Les révolutions, si loin de notre culture, ont l’efficacité et le dynamisme nécessaires aux changements requis mais auront toujours un coût, en souffrance, en martyrs. Serons-nous passés par là ?

Les dictatures gardent leur irrespect de l’humanité. Peut-être en dernier recours, aurons-nous à passer par cette étape ? Utopique, et bénéfique si transitoire et basée uniquement sur des valeurs écologiques. 

Alors devrions-nous être encore plus fatalistes ?

Non, au contraire, nous sommes dedans et quoiqu’on n’en dise, pour beaucoup d’entre nous, nantis, nous y vivons des moments heureux, nous y partageons de belles aventures. 

Le Covid, un arrêt forcé ?

Notre grand tort est de se concentrer sur les possibilités perdues plutôt que de se concentrer sur les opportunités de repartir autrement, par de minuscules changements, petites contraintes, mais grande nouveautés potentielles. Juste de quoi nous convaincre que nous avons une pagaie pour quitter le fil de l’eau dominant, menant à des réelles découvertes, donc des projets et l’action individuelle, bienfaitrice par définition, nous écartant de la rancune, nous tournant vers le futur avec intérêt.

L’individu ne peut agir seul, culpabilisé ou non.

Alors quelles actions sociétales étaient en route ?

Oui, le recyclage s’épanouissait , à défaut de la non-consommation.

Oui la production de tout ce que nous utilisions, mangions, consommait moins d’eau, moins d’énergie et émettait moins de CO2 par unité que quelques décennies précédentes, mais leur  production absolue fleurissait.

Oui , la publicité pour les voitures électriques portait ses fruits.

Oui les pistes cyclables se sont dessinées au rythme de l’expansion de la pandémie  

Mais quel était l’impact global ?

Faible, alors était-ce utile ?

Oui, car qui dit acteur dit plaisir à contribuer, et surtout à sortir du déni,  à accepter la flexibilité, l’innovation, la créativité, qui seront les nouvelles valeurs, accepter d’être freiné par différents murets à passer, dont un s’appelle Covid, plutôt qu’à éviter les murets pour aller directement s’écraser dans le gros mur final. 

Alors courbe ou virage serré en extrême urgence ?

Plus le temps passe, plus de monde est prêt à quitter la ligne droite. Les restaurants refusant le pass sanitaire l’ont réclamé deux mois plus tard. Alors agir vite, pour s’habituer à de petits virages, en concrétisant  des miettes de solutions nous permet d’être acteur, d’avoir des projets, de partager, ce qui est l’action la plus vitale. La solidarité et non l’individualité éclôt en période de crise, selon des études historiques épidémiologiques.  

Nos actions que nous te dédions, ainsi qu’à ta soeur nous permettent d’agir plutôt que de subir, d‘entrer dans un monde de transition, soit par une porte bien discrète encore, de voir les obstacles comme des petits murets plutôt que des coups du sort et ainsi de garder le dynamisme nécessaire à la joie de vivre, et espérons de partager un petit bout de chemin avec vous deux dans la bonne humeur.

Nous agissons et combattons le déni actuel mais l’acceptons partiellement comme bouée de sauvetage. Ouvrir les yeux, accéder à la connaissance totale actuelle, la considérer, fermerait presque tout espoir et serait totalement incompatible avec notre instinct de conservation. Notre vie autant que notre compagnie deviendraient insupportables.  Espérons que les lacunes de connaissance soient comblées positivement et que l’incroyable adaptabilité de l’humain soit encore sous-estimée.  

Et si tu as à ce jour des griefs envers nous, et si je suis là pour les écouter, c’est qu’au moins une porte vers la maison de ta grand-maman sera encore debout pour être ouverte et pour partager un bon moment autour d’une table, d’un verre, d’une discussion, d’un gâteau, bienvenue à toi et à ta sœur !  

Bergen, retrouvailles

Nous déménagerons le 12 août, cela nous laisse le temps de vite profiter de l’ouverture de la frontière norvégienne pour aller voir notre fils Joseph à Bergen. Départ le 15 juillet pour une halte extrêmement gourmande en Valais, à Bürchen, vive les Smartbox.

L’Allemagne le week end, c’est l’autoroute avec très peu de camions, mais un énorme trafic. Première nuit, au sud de Hambourg, arrêt au Vogelgarten de Walsrode, sorte de zoo d’oiseaux, dans une vaste forêt servant aussi de halte pour les migrateurs. La forêt est grande, nécessitant une promenade de quelques heures pour en profiter alors ce sera pour une autre fois. L’endroit calme est idéal pour une nuit d’étape. Le jour suivant, arrêt à Langballigau, près de Flensburg, la Baltique, les petits pains au poisson, l’ambiance de bord de mer, avant de retrouver nos amis Henning et Bianca qui nous font une visite de leur nouveau chantier: une ancienne ferme et ses annexes en cours de rénovation pour faire un camping à l’américaine (très grandes places avec des coins pour le feu) et des appartements de vacances. Leur camion aménagé, quasi home-made, que nous connaissions depuis notre traversée partagée de l’Atlantique, leur sert de domicile pendant les périodes de chantier.


Nous visualisons bien les futurs appartements de vacances et l’emplacement du camping. L’ambiance est dynamique,  nos amis sont architectes et charpentiers,  la famille au sens large est impliquée, complétée par un compagnon charpentier très engagé, ne se déplaçant de chantier en chantier qu’à pied ou en stop avec son minuscule bagage dont le portable est exclu. Ceci dans le but de compléter sa formation.

Le soleil et une chaleur inhabituelle baignent les bords de la Baltique depuis plusieurs semaines, mais pour notre soirée, il souffle sur la grillade.

Il n’y a pas foule pour embarquer….sur le ferry parti du Danemark. Nous nous réveillons tôt pour admirer Stavanger et la côte…..Surprise, ciel gris,  bruine, brouillard, on reprend la grasse matinée.

Nous retrouvons Joseph près du port et de son université. On transbahute dans sa voiture louée, chaises,  cadeaux de Noël encombrants et autres fins de déménagement,  la répartition des affaires familiales est un cycle perpétuel qui se ralentit ….
Installation à « Middtun motel et camping », à 10-15 km du centre, pratique pour rejoindre Bergen à vélo  après un galop d’essai assez catastrophique pour trouver le meilleur parcours. Nos monstres électriques sont bien confortables pour grimper au-dessus du centre, où habite Joseph. Première soirée, grillade dans son mini jardin à la vue panoramique sur Bergen. Excellente soirée de retrouvailles, encore absolument imprévisible il y a une dizaine de jours. Joseph va bien, après cette période si longue  d’absence de vie sociale et de télé-travail, ce démarrage d’une nouvelle activité professionnelle en étant cloîtré. Drôle de revoir certains de nos meubles, différentes  vaisselles  de nos mamans ou des objets que nous leur avions offerts.  Mélancolie, nostalgie ? Surtout joie de leur voir une nouvelle vie, dans notre famille.


Le lendemain, nous tentons une sortie avec le petit  voilier d’un de ses amis, mais le moteur boude. Souper à nouveau chez lui, dans sa cabane comme disent ses amis, boisée à l’intérieur comme à l’extérieur. Le quartier est chic, avec cette vue incroyable , la belle lumière du soir, mais l’habitation est une ancienne petite maison peu rénovée.

Excursion à Rosendal, en bateau, visite de la roseraie, splendide pendant que Joseph travaille.

Son amie Victoria est arrivée, son bagage resté à Paris. Nos soirées festives, le retour à notre Hanneton prenant quasiment une heure, le jour qui n’en finit pas, l’absence de moments de pluie,   (oui pendant la semaine de déluge en Suisse)…bien des raisons  pour lesquelles j’ai totalement négligé le blog que j’aime écrire.

Vue incroyable depuis le haut du funiculaire, Floyen.

La marche  vers Ulriken est remise à une autre année car les nuages sont bas, le temps un peu incertain. Mais en fin de journée ….baignade devant l’université, en pleine ville, l’eau n’est pas froide (20C) mais Pierre-Olivier a décidé de garder les affaires (!). Souper en terrasse dehors, c’est l’été, enfin presque .

Week end du 24-25 juillet: départ en bateau pour le Sogneford, le plus profond et le plus long des fjords, magnifique.

Arrêt à Aurland, stop incontournable à la boulangerie locale et bio, car nous suivons Joseph dans ses habitudes de terrain. Nous démarrons notre grimpette par une bonne heure de petite route bien au soleil, sous une canicule plutôt méditerranéenne que norvégienne pour continuer par un bon chemin très raide dans une forêt fort variée. Les bouleaux, parmi bien d’autres essences,  et les framboises s’estompent pour laisser l’espace aux saules de Laponie, arbustes très bas vert tendres, myrtilles, mousses et cailloux. Vers 1000m. d’altitude, nous atteignons Joasete, l’alpage où Joseph et toute l’équipe du projet de recherche ont un de leurs endroits d’étude. La vue sur le fjord 1000m. plus bas est magnifique, l’endroit est peu pentu, quelques sommets bien doux nous entourent, ainsi que quelques bons gros moutons. Une grande sérénité, beaucoup d’espace, une palette de verts et de gris, nous sommes conquis. La météo est au beau, un peu orageuse le soir. La cabane servant de logement aux petites équipes de 2-3 chercheurs séjournant sur l’alpage pour des périodes de quelques jours a été mise à disposition par le paysan possédant les moutons et une ferme située dans la montée. Petite cabane où les souvenirs familiaux du paysan ont laissé un grand nombre d’objets insolites,  meublée d’une étagère avec quelque vaisselle, 4 lits n’ayant pas tous la taille adulte, un petit poêle sur lequel Pierre-Olivier prépare notre fondue.  Nous passons une excellente soirée, sans prolongation car les 3h30 de montée directe, le lever matinal pour rejoindre le port, et la chaleur du début de la montée nous font vite bien dormir. Arrivés bien collants, nous avons dû remonter le lit du ruisseau à sec, pour trouver un filet d’eau, sommes-nous au Maroc? Le paysan est en soucis pour ses moutons, ce problème est tout-à-fait nouveau si tôt dans la saison.

Pendant ce temps, notre fille Nathalie et sa famille étrennent leur tente sous des sceaux d’eau en Suisse.
Joseph nous montre le carré de terrain expérimental et son appareillage. Leur terrain est quadrillé en petits emplacements dont les traitements varient. Par exemple, pour simuler le réchauffement climatique, des mottes de sol sont transplantées à une altitude inférieure, dans un autre terrain expérimental situé vers la ferme.  D’autres mottes proviennent, elles, du terrain situé quelque 400m. plus haut. L’effet du bétail est étudié par l’adjonction d’azote simulant le fumier et par coupage de la végétation aux ciseaux simulant l’action de brouter.  Sur chaque emplacement, une chambre le plus hermétique possible est posée les jours de mesure, la concentration en gaz carbonique et en oxygène étant suivie dans le temps par un nombre inimaginable de mesures extrêmement rapprochées permettant de dégager des courbes de simulation. La chambre est obscurcie pour pouvoir différencier l’effet de la photosynthèse de celui de la respiration.  La caractéristique vraiment impressionnante de telles études est le côté bricolage sur le terrain, couplé à une gestion informatique extrêmement complexe d’un nombre  inimaginable de mesures brutes.  C’est en tout cas, cette dualité que je ressens comme scientifique d’une autre génération, dualité qui va comme un gant à des jeunes aimant l’aventure du plein air tout en se formant à une recherche scientifique pointue très professionnelle. Maîtrise de modèles mathématiques, physique, statistiques, programmation, mesures de concentrations de gaz se mêlent et se complètent pour modéliser les échanges de carbone et prédire l’évolution de l’écosystème alpin et de son impact sur le bilan de CO2 dû aux perturbations climatiques actuelles et à venir. Mais le promeneur et  Bob le mouton foulent ces mousses et arbustes en toute rêverie, le paysan , lui, est bien intéressé de l’évolution qu’il devra donner à ses activités.

Retour par la ferme , histoire d’acheter quelques saucisses de chèvre et dîner près de LA boulangerie, avant un  retour en bateau tout aussi ensoleillé.

Moment loufoque: nous prenons un kayak de l’organisation « greenkayak » et pagayons dans Bergen pour collecter les déchets. Collecte très pauvre, pas de photos en route, nous ne nous sentions pas assez experts pour prendre du matériel sensible avec nous! Mais j’adore les manoeuvres et  demi-tour entre les voiliers amarrés du port.

Visite du charmant musée en plein air du vieux Bergen, « Glamle Bergen museum », réunissant d’anciennes maisons déplacées dans ce petit coin de Bergen nord, tout près de l’eau, pour les sauver de la démolition.

Retour à vélo par la Fjell veien (route de la montagne) revenant au centre par les hauteurs  le long d’un itinéraire piéton-cycliste très agréable, surplombant la ville.  Nous avons la chance de visiter le bateau d’un ami de Joseph, réplique d’un ancien voilier,  lieu d’habitation, comme bien d’autres bateaux de la marina.
Après cette bonne semaine, c’est le moment de partir six jours de notre  côté avec notre Hanneton.  Nous traversons quelques hauts plateaux, entre Flåm et Aurland par la route d’été aux points de vue époustouflants, et nous arrêtons à Undredal, le village de production des fromages de chèvres « blancs »,  par opposition à la spécialité norvégienne de fromage de chèvre sucré, brun, au goût de caramel nommée « brunnost » que peu d’étrangers apprécient apparemment.

A Undredal, la terrasse du camping est au bord du fjord, à raz l’eau. Par la route 50, contournant le parc du glacier d’Harvanger par l’est, nous traversons à nouveau un plateau d’altitude, l’occasion d’une magnifique balade vers des cascades, glanant quelques premières baies arctiques et myrtilles, peu de fruits sont déjà mûrs. Le vert des saules de Laponie est très doux, le sol est meuble mais un bon sentier donne envie de partir pour quelques jours. Le temps est beau, parfois nuageux.

A Hausgastol, nous prenons le train pour Finse et continuons à vélo sur le plateau le long de l’ancienne route ayant servi à la construction du train, actuellement la piste cyclable la plus populaire du pays. Névés proches, calotte glaciaire au loin, végétation basse, fraîcheur, nombreux petits lacs d’altitude, toute une ambiance nordique. Une famille repeignant sa maison de vacances nous explique qu’ils pratiquent le ski de fonds surtout et le ski sailing sur les lacs, c’est-à-dire du windsurfing à ski. Nous redescendons à Hausgastol à vélo, la gare nous offre une place calme pour la nuit, l’occasion d’échanger avec quelque autre vacancier norvégien. Le train se réserve si longtemps à l’avance que nous avons eu des billets grâce à une famille norvégienne nous faisant profiter de leurs billets non utilisés, encore un de ces coups  de chance comme seuls les voyages nous en offrent.

Nous rentrons en longeant le fjord d’Harvanger par le nord, nous arrêtant à la chute  Voringfossen avant Eidfjord, à Ulvik à  une splendide terrasse au bord du fjord  bordé par les vergers et à Oystese pour acheter du cidre. Cette côte est riche en vergers de pommiers, mais la saison débute en septembre; par contre nous nous régalons  de cerises (spécialité de Laerdal) et de framboises.

Pour notre dernière soirée norvégienne, nous campons sur l’île de Sotra, à Skogtun, avec une vue incroyable sur les îles, les rochers, les pins. Le ciel est bleu, la lumière étincelante, mais l’impression d’être au sud disparaît dès qu’on sort: il souffle et fait frais, bon pull pour nous, tenue de plage pour les locaux.

Après un dernier déjeuner chez Joseph, rentrés avec Victoria de leur trek autour du glacier d’Harvanger, nous prenons le ferry, 3 jours plus tard, nous mangeons notre traditionnelle fondue de retour. Le Hanneton  se vide, les cartons se remplissent, et moins d’une semaine après notre retour, nous emménageons dans notre nouveau logement.

Retour par le Simmental, 2- 4 juin 2021

A Oey au début du Diemtigtal,  vallée latérale du Simmental, accueil sympathique à l’ office du tourisme,  et nous voilà en balade le long du « Hausweg » du bas de la vallée. Nous découvrons Diemtigen, village ayant eu le prix Wakker décerné par « Patrimoine suisse » en 1986. En résumé, ce prix est basé sur une architecture respectant le bâti existant, un développement et une gestion respectueuse du paysage et de l’environnement. Nous admirons les fermes bernoises grandioses, leurs magnifique toit et façades peintes.

Bien que soleil et nuages se succèdent, nous décidons de poursuivre notre randonnée jusqu’au petit lac d’Ägelsee puis par  l’alpage de Tschugge nous offrant de splendides vues sur le Simmental et le Diemigtal. De bonnes averses et quelque 500m. supplémentaires de dénivellé montée et descente plus tard, il nous reste le retour le long de la rivière Fildrich. Conquis par cette région, nous restons à une altitude de 800 à 1400m. pour profiter des fleurs et plus globalement des couleurs printanières, ainsi sans découvrir le haut de la vallée nous laissant des envies d’y revenir.

Visite à notre campement.

Notre hanneton suivant la Simme, arrêt à la Lenk, le temps d’admirer les chutes d’Iffig (Iffigfall) et de monter pique-niquer à Iffigenalp, l’alpage en amont. Fonte des neiges et pluies récentes,  les cascades dégagent une énergie extraordinaire.

Lenk design

Les jeunes pousses de pins sylvestres les déguisent en sapin de Noël parés de bougies


Nous jetons un coup d’oeil ensoleillé aux chutes de la Simme, (Simmenfall)  avant de rentrer à la maison, précédant les orages annoncés. 

Nos têtes sont pleines d’images de lacs entourés de montagnes,  de  forêts enneigées en arrière-fonds, de glaciers et de pics aux allures hivernales,  mais celles qui dominent par leurs couleurs éclatantes sont les prairies fleuries .

Lac des 4 cantons, la Suisse entre mythe et réalités, 31 mai-1er juin

Vous l’avez compris, cette année nous visitons la Suisse en touristes; notre tour opérateur, nommé météo,  avait bien failli nous oublier au sud des Alpes.  Mais là, il se rattrape….En ce 31 mai, départ dès le matin au mont Pilate, dans le célèbre train à crémaillère le plus raide du monde, avec  passage le long d’une falaise.  Nous admirons la pente impressionnante devant les rails, jusqu’à 48%, ceci d’autant mieux que le train est quasi vide. A l’arrivée,  le calme, les personnes chuchotant  sur le point de vue rendent le sommet encore plus grandiose. La brume nous cache  L’Eiger, la Jungfrau et le Mönch mais il y en a tant d’autres.

Sur la pointe proche du point de vue (un seul est ouvert à cause  de l’enneigement), trois bouquetins se prélassent au-dessus de falaises vertigineuses, une famille?  En tout cas, une énorme bête majestueuse, bien âgée au vu de ses cornes, un beau bouquetin plus fin que nous pensons être une étagne  et un cabri portant déjà  de belles petites cornes.

L’infrastructure pur style aéroport, les boutiques de luxe fermées, les porte-montres vides dans la vitrine laissent entrevoir une atmosphère fort différente en période de haute fréquentation.

Visite touristique, autant choisir la version complète….Nous redescendons donc en téléphérique, télécabine et bus pour prendre le bateau à Lucerne pour Alpnach. Une heure et demi de plein soleil à se laisser promener sur le lac, du rêve pour ce mois de mai!

Le lendemain sera plus suisse que suisse, mythique! Nous apprenons à Altdorf que l’histoire de Guillaume Tell viendrait d’une légende danoise. Sa statue est devant « la petite tour », qui a abrité une des premières horloges de ville dont le fonctionnement par les poids suspendus est encore bien visible. 

Le théâtre d’Altdorf créé pour y jouer le drame de Guillaume Tell, tel qu’écrit par Friedrich von Schiller mais joué selon différentes adaptations.

De Fluelen, juste à côté, nous prenons le bateau pour rejoindre la prairie du Grütli. De l’herbe, une belle vue, un drapeau, une entassée de sacs à dos d’une course d’école, quel autre pays pousse la sobriété si loin? 

Cette prairie, qui serait un exemple de lieu où les Waldstätten se sont réunis secrètement lors de leur conjuration contre les baillis autrichiens, a été décrétée « bien national inaliénable » de la Confédération en 1859.

De cette époque date le restaurant, dont deux petites salles sont splendides: fenêtres avec écussons, grand poêle, tables bois-ardoise. Là non plus, pas de luxe inutile sur la terrasse, ou dans les assiettes,  mais le peu d’explications historiques, notamment au sujet de la réunion des 300 officiers supérieurs menée par le général Guisan en juin 40, nous étonne. Nous n’avons toutefois pas exploré la « voie suisse » ni le sentier thématique du Grütli, esquissant déjà des projets…

Val Poschiavo, 25 – 30 mai

Etonnante vallée…

  • Aux Grisons, mais l’italien est de mise,
  • Reliée au reste de la Suisse que par le col de la Bernina; nous entendons siffler le train rhétique depuis notre petit camping, comme un coeur rythmant la vallée,
  • Entourées de montagnes, des maisons patriciennes d’architecture citadine, opulentes, du 19ième siècle dans la bourgade de Poschiavo: leurs propriétaires protestants firent fortune dans toute l’Europe comme négociants,
  • Une vallée très isolée qui a choisi de prendre un nouvel élan économique très avant-gardiste plutôt que de se vider de ses habitants ou de ne se vendre qu’aux touristes: région agricole et d’élevage à 90% bio, et ce depuis 2014, où la production d’herbes aromatiques, pour les tisanes entre autres, y est importante,
  • Le camping est peu occupé, bien que ce soit la plus méridionale des vallées grisonnes, donc à la limite des régions « permises » en cette période.

Une intéressante découverte, où nous prenons du bon temps à flâner dans les rues et à être magnifiquement accueillis à une terrasse de restaurant typique par le patron nous ouvrant les portes de sa cuisine pour la préparation de nos capunets (spätzlis aux épinards avec beurre fondu, fromage, ail rôti et épices).

Nous nous amusons comme des enfants à contempler du train et à pied le viaduc circulaire,  reprenons le train avec enthousiasme pour le col de la Bernina , encore bien enneigé. Les quelques skieurs vont  d’îlot blanc en îlot blanc à la fin de leur descente, avec l’air réjoui de celui qui a défié la saison  en rigolant d’être tout de même un peu décalé.  La neige de haute altitude est belle blanche alors que les traces jaunes des tempêtes de sable sont encore très visibles sur la neige des pentes inférieures.

Vraie journée touristique train-téléphérique pour admirer  les sommets du Palu, de Bella Vista et de la Bernina depuis Diavolezza, avec même la gourmandise à la terrasse, il fait chaud ce jour du 28 mai, même à 3000m. Bons lézards profitant du soleil, nous admirons les skieurs grimpant le Palu et les parapentistes.  Au retour, une petite balade parmi les marmites géantes, sculptées par l’eau sous le glacier en d’autres temps.


Un autre jour, bien grisouille, nous suivons le  ruisseau et l’aménagement permettant aux truites de sortir du lac de Poschiavo et de remonter le courant  jusqu’à leur lieu de ponte.

La balade de Sfazu au lac de Saoseo sera vraiment magnifique, les mélèzes ont quitté leur apparence d’hiver grise et nue, pour le vert printanier, les gentianes, oeillets et autres fleurs égaient le bord du chemin et seuls subsistent de tout petits névés.

Après un pic-nic au bord du lac, nous quittons le val Poschiavo par le col de la Bernina, cette fois routier,  passons à St Moritz avant d’apprécier le splendide coup d’oeil depuis la montée au col du Julier, sa longue descente  et arrivons finalement à Alpnach (départ du train pour le Mt Pilate), près de Lucerne, tout ceci avec le soleil. 

Nous nous installons vers la zone sportive et le port, place calme, où personne ne viendra nous demander quoi que ce soit , sauf le tenancier de la petite buvette, très prévenant avec ses deux clients non locaux, s’inquiétant de savoir si nous étions contents de sa saucisse et de ses frites!

Surprises au retour à Locarno, 18 – 25 mai

Une première surprise pour l’anniversaire de Pierre-Olivier, un dîner avec nos amis Jacques et Jacqueline au grotto Baldoria à Ascona, un bijou de jardin intérieur, une ambiance à la bonne franquette.  Une balade au jardin des camélias et une grillade au hanneton le soir complèteront cette journée différente de nos marches en solitaire.

Val Verzasca: de Sonogno, nous redescendons le long de la rivière à pied pendant quelques heures avant de reprendre le bus pour rentrer, toujours à notre camping de Gudo.

Visite de Corippo, village accroché au flanc de la Verzasca, en voie de rénovation, belles maisons traditionnelles mais hameau-musée sans vie.

Une deuxième surprise au val Maggia, à Cavergno, un jour où la pluie nous menace fortement : un couple en répétition à l’église, elle, organiste et lui au cor des Alpes. Nous nous permettons de rester à les écouter, ce qui leur réchauffe le cœur selon leurs propres aveux.  Des morceaux pour cor des Alpes et un psaume, étonnant, captivant dans cette église au bout de la vallée, par ce temps maussade et humide. Quel luxe de ne pas avoir d’horaire, de pouvoir changer notre programme, remplaçant notre marche par un pique-nique de l’autre côté du petit pont suspendu.

La troisième surprise est un concert de flûte de pan par le musicien et compositeur Michel Tirabosco, à Intragna au début des Centovalli. Un moment de partage magique entre ce virtuose et le public réuni dans une petite cour en amphithéâtre au milieu du village : une vingtaine de personnes , des locaux, des amis et le couple confectionnant des flûtes de pan pour Michel Tirabosco et notre ami Christian, lui-même flûtiste, qui nous a convié à ce moment incroyable. Le concert est généreux, varié, musique roumaine, pays d’origine de cet instrument, mélodie juive très rapide, danses, musique classique et rythmes d’Amérique du Sud. Un concert magnifique, incroyable dans un lieu un peu perdu, tellement inattendu.

Michel TIRABOSCO, son nouvel album L’ENVOL
https://www.youtube.com/watch?v=pjswApeA1no

Nous en profitons pour visiter Intragna aux belles maisons et au clocher le plus haut du Tessin, puis grimpons à Costa, petit pont, ancien moulin, maisons de pierre fleuries en route.

Marche, train, télécabine, nous visitons Verdasio, aux grandes maisons cossues, ancienne étape sur le chemin muletier international, et terminons par la vue depuis le Monte di Comino

Val Blenio 11 mai-18 mai

Pour l’Ascension, les campings avec réservation sont complets et nous émigrons dans un camping sans réservation ni place délimitée à Acquarossa, dans le val Blenio le mardi 11 mai, qui nous reste en mémoire comme étant Le Déluge: un jour grisouille le lundi puis une nuit et une journée de grosse pluie non-stop; l’installation est délicate, pour minimiser le  labourage de la prairie entre les flaques. Puis il n y a qu’à attendre, écouter le tam-tam de la douche perpétuelle, savourant notre chez nous bien douillet, relativement aux quelques bus VW et jeep  qui sont déjà en place.Les jours suivants, continuant à profiter des transports publics tessinois, nous marchons dans la région d’Olivone-Campra aux torrents bien grossis par le déluge, ou suivons le sentier historique descendant la vallée le long du Brenio en admirant entre autres bâtiments historiques un pressoir à levier et une glacière, c’est-à-dire une ancienne petite maison de pierre équipée d’un puits intérieur où la neige arrosée pour être maintenue en glace restait gelée jusqu’à la fin de l’été, servant évidemment à la conservation du vin, des viandes, et des fromages.

Un autre jour, nous partons de Ghirone (atteint en bus),  et grimpons le val di Camadra; nous sommes sur l’itinéraire pédestre national  des cols alpins (6) qui fait rêver Pierre-Olivier (qui est intéressé? 39 étapes pour 44000m. de dénivelé en montée et idem en  descente). Sur notre petit tronçon, nous atteignons la limite des forêts vers 1300m. d’altitude déjà, traversons le hameau de Greina  et vers 1750m. à  Alpe di Camadra di Fuori nous nous arrêtons face au cirque blanc magnifique face à la crête du Piz Medel.

Les névés ralentissent ma progression (je n’aime pas la neige d’été) et le hameau suivant n’est pas atteignable facilement. Ce jour-là, aucun randonneur rencontré, mais des chevreuils et de nombreuses marmottes. Le parcours suit souvent une petite route , jonchée de restes de coulées, cailloux, terre, neige. Mais cette vallée est large et ouverte, il y a des pâturages et toujours la vue sur la vallée derrière nous et le Sosto en forme de pyramide et ce cirque d’une blancheur éclatante, magnifique mais fort peu printanière. En attendant le bus de retour, un petit feu juste pour nous, bien éteint en le quittant.

Notre prairie aux 4-5 VW bus s’est transformée en une exposition de VW bus,  nous sommes accueillis au retour  par l’air désolé de nos voisins……Une tente sur remorque s’est installée, si large que notre table est sous leur avant-toit…Cet incident se solde par un déménagement à l’intérieur du camping, nous nous retrouvons au milieu d’un groupe joyeux organisant grillade, slack line, bien nombreux,  et envahissant, se voulant charmant mais ne comprenant absolument pas que nous n’apprécions pas leur veillée jusqu’à passé 3h du matin autour d’un splendide feu de moins en moins surveillé, à moins de 4 mètres d’au moins 4-5 bus VW, bloquant notre éventuelle sortie du camping le lendemain car le hanneton ne saute jamais les feux  même à la  St- Jean.
C’est un  vrai camping:  on nous emprunte tire-bouchons et plaques pour mettre à l’horizontale un bus,  la vaisselle se fait dehors, y a du monde, mais pour le prélavage, un chien est toujours d’accord (lui, pas nous) de faire du zèle, le réseau électrique est  saturé, et on vient nous poser des questions sur notre hanneton.  Et en montagne, nous étions seuls avec les marmottes!

Nous aimerions aller admirer les arolles  sur la route du col de Lucmanier. Cette initiative se solde par notre trajet à Acquacalda, mettant note hanneton au bord de la rivière, pour constater que la pluie ne va pas cesser mais certainement devenir de la neige. Nous redescendons donc à Campo Blénio,  au bord du Brenno de la Greinia.  Le lendemain, montée dans le val di Campo, quelques gouttes, des nuages, quelques flocons mouillés, on avance sans dynamisme pour….aller où? Bon an mal an, nous rejoignons une grande forêt de mélèzes encore  sans aucuns bourgeons, mais des rayons de soleil, le sol très tendre améliorent notre pique-nique et nous donne envie de prolonger notre grimpette. Finalement , nous apprécions la splendide vue de l’alpage de Predasca, à 1742m. ; absolument seuls parmi les étables. Pour la fin du parcours nous suivons la route d’alpage, où une petite fraiseuse a été abandonnée, augmentant encore l’atmosphère de région désertée, le sentier n’était même plus visible sous la neige.  Une nouvelle nuit bercée par le Brenno  termine notre semaine dans le val Blénio.

Second Départ

Un voyage très classique, des destinations courues et touristiques au vu des prévisions météo  engageantes qu’au Tessin. Laissant 10 cm de neige fraîche  par chez nous, après un arrêt vaccin à Lausanne, nous filons directement vers Locarno, nous installer sur LA place de camping disponible pour une nuit, où nous resterons une semaine, confirmant l’idée que l’imprévu fait partie d’une planification optimiste. Cette base nous permettra de visiter la région à vélo, en téléphérique et à pied combinés aux transports publics.  Ils sont gratuits et au vu de la circulation, aucun doute quant à ce choix. Nous pédalons jusqu’à Locarno, Ascona et grimpons à la Madonna del Sasso. Que de monde, en  soi-disant basse-saison!

Nous avons passé par le Jaunpass, alors ….

Magnifique vue sur le lac Majeur depuis le haut du téléphérique  Cardada. Notre grimpette vers  la Cimetta est interrompue par la tentation de la terrasse de l’auberge de l’Alpe Cardada croisée en cours de route. Les nuages, une délicieuse polenta avec ragoût de boeuf, un personnel très sympatique dès qu’on sort nos quelques mots d’italien,  de bons vins locaux et un net rafraîchissement  et la température nous détourneront définitivement du petit sommet. La vue est magnifique mais la forêt de bouleaux est sèche et clairsemée.

Partis de Tegna, nous grimpons à la chapelle Santa Anna par de nombreux escaliers  de pierres, puis rejoignons le charmant  vallon de Riei. Magnifiques châtaigniers,  ruisseau bucolique, que de la verdure et quelques anciennes maisons de pierres , juste un Grotto fermé . Après un col, nous permettant de rejoindre le val Maggia, nous descendons sur le village du même nom. Délaissant l’église connue pour ses fresques de la Renaissance, Madonna della Grazie, nous avons un coup de coeur pour la charpente et la sobriété de la  chapelle  del Carmelo.

Dans le val Verzasca, le sentier ethnographique (Suissemobile 629) ponctué de belles vues et d’escaliers en veux-tu en-voilà, nous amène à travers de magnifiques forêts vers des hameaux en ruine, datant du 16ième siècle équipé d’un réseau hydrique très complet pour palier au manque d’eau de surface, d’une capacité de rétention de 33600 litres. Puits intérieurs et extérieurs, collecte d’eau des toits de pierres dirigées vers des bassins devant les étables, les restes de l’organisation de la vie pastorale sont bien visibles et agrémentés d’explications. Après une descente en lacets, le retour au village de départ  Lavertezzo  longe la Verzasca pour se terminer par le pont de pierres à deux arches. La circulation, l’étroitesse des vallées, le peu d’espace pour des parkings et autres espaces pour dormir est inhabituel pour nous, et ne nous incite pas à tenter les nuits  hors structure.

Pour le dernier jour annoncé comme ensoleillé, nous remontons au val de Riei pour profiter du Grotto da Rosy repéré deux jours plus tôt. La descente sur Verscio est une option de retour plus rapide, qui nous pose devant le théâtre Dimitri.

1er départ

24 avril et pourtant aucune baignade printanière à Frience cette année. Nous partons en laissant  la piste de luge dans sa solitude,  prête  à offrir encore ses services.

On entend le coucou,  seuls sur notre alpe, nous tournons finalement la page de l’hiver en gardant le merveilleux souvenir de notre montée au Pas de Cheville juste une semaine plus tôt, grimpette très printanière jusqu’à Enzeindaz,  puis neige immaculée jusqu’au Pas de Cheville, ambiance féérique d’un brouillard lumineux sur le plateau, et finalement la descente avec des flocons. Si près de chez nous, une ambiance de paysage immense, seuls, plus personne ne voulait profiter de ce rallongis d’hiver, que nous avons eu la chance de partager avec un ami.

Nous nous évadons aux Paccots, dans les Préalpes fribourgeoises, ballade parmi les crocus, une multitude de gentianes, oui comme chaque printemps je me répète, mais j’adore cette fleur! Cette année, en plus le vol très proche d’un milan royal, splendide.

Après un arrêt vers notre ancien chez nous, et une halte familiale, évasion à Champ-Pittet (bord du lac de Neuchâtel) dans les vergers en fleurs, les potagers en permaculture, la roselière, où nous admirons une bécassine des marais,  ainsi que la nage d’une couleuvre à collier jaune parmi des dizaines de crapauds.

Après le lac de Neuchâtel, celui de Bienne, et le plaisir de ressortir Luciférine et Monsieur Vélo, juste pour aller goûter un Oeil de Perdrix au cloître de l’île St Pierre.

Nous, nos souliers….longeons la rive nord parmi  jardins de villas puis vignes et forêts, après avoir flâné au Landeron et à la Neuveville.

Pique-nique à l’église de Gléresse

(gothique tardif, baroque à l’intérieur) surplombant merveilleusement le lac, pour arriver à Twann (Douanne), village vinicole où vinothèque, cafés et caveaux sont fermés (Covid)  sauf celui de Martin Muerset, propriétaire du plus petit domaine, moins de 1 ha. Dégustation très conviviale alourdissant nos sacs à dos de « Blanc de Noir »:  pinot noir pressé après seulement 1 heure de macération contrairement à l’Oeil de Perdrix qui est pressé après 15h de macération ainsi que d’un beau Treberwurst, long saucisson fumé au marc du domaine vendu dans son bouillon. De Twann, nous gagnons des forêts de hêtres par une pente à nous faire oublier notre dégustation!
Au vu de la météo annoncée très pluvieuse pour les prochains jours, nous rentrons chez nous, regarder tomber la neige, comme les huit derniers mois! Nos renards en ont aussi marre, l’un est totalement amaigri, l’autre boîte bas.

Départ pour la Bretagne (10 août-19 août)

Une lessive, un coup de nettoyage du hanneton et une trempette dans notre petit lac de Frience plus tard, nous voilà repartis en direction de la Bretagne. La traversée de la France est pour nous l’occasion d’un arrêt à Vallon-en-Sully (ne cherchez pas sur vos cartes, c’est exactement au milieu du pays), chez nos amis Marie-Odile et Rémy qui tiennent une location de cycles, des chambres d’hôtes et se donnent pour faire revivre le canal de Berry, la région, un tourisme vert. Pour nous, l’occasion de passer de bons moments ensemble, de pédaler le long du canal et du Cher. Je nous trouve braves par cette canicule, bien que le temps soit frais relativement aux jours précédents. Magnifique ballade vers le nord, pays du grand Maulne, un bon petit exercice avant de savourer quelques fromages de la région, ils sont si nombreux à aguicher nos papilles!
Pour notre première étape en Bretagne, (12-19 août), nous séjournons  à Pors Peron, dans la baie de Douarnenez.

Au menu:

  • la charmante cité médiévale de Pont Croix, et le petit port d’Audierne, leurs marchés, musiciens et crêpes, l’odeur de l’océan, la marée; des tableaux de belle lumière que nous pénétrons à coups de pédales.
  • le GR 34 , sentier côtier que nous suivons des heures sans nous lasser de la bruyère en fleurs parsemées d’ajoncs, de genets et d’autres fleurs jaunes ainsi que de quelques chèvrefeuilles encore fleuris.
  • Nos pas traversent aussi d’immenses prairies de hautes fougères, très denses, participant à tenir la terre du talus descendant abruptement jusqu’aux rochers surplombant l’océan. Des heures sans une maison, ou presque, suivant le contour de chaque crique, à monter et descendre sans arrêt en restant pourtant toujours à quelques dizaines de mètres au-dessus de l’eau, c est magnifique. Pour notre sérénité et notre plaisir, nous boycottons la pointe du Raz , endroit le plus connu de la région, survolée continuellement par un  scandaleux hélicoptère-navette touristique, symbole de bruit et de pollution stupide et égoïste.
  • A quelques kilomètres de là, un environnementaliste renseignant sur les oiseaux, les plantes, prêtant sa longue-vue et ses jumelles pour admirer les dauphins et les fous de Bassin attablés ensemble pour un festin de sardines, est une rencontre beaucoup plus intéressante et sympathique. 

A Audierne, nous apprécions l’arrivée du petit bateau de pêche « les copains d’abord » et de sa cargaison et guignons dans les caisses mais ils ne sont que deux pêcheurs à bord, pressés de décharger et de mettre au frais leur cargaison, la criée aura lieu dans deux jours (c’est un samedi).

Quelques badauds, une jeune femme avec un bébé et une petite fille étaient aussi impatients que nous de les voir accoster. Celui qui a le temps et l’envie de parler, et peut-être pitié de ces touristes intéressés mais sans aucune compétence ichtyologique est un homme âgé, petit-fils de pêcheur. Il nous parle des bateaux ligneurs et des bateaux fileurs, du goût différent d’un poisson saigné après avoir été pêché à la ligne ou noyé dans un filet, de la pénibilité beaucoup plus importante de la pêche à la ligne justifiant un prix différent pour le même poisson et de l’arnaque connue consistant à mettre un hameçon dans la geule d’un specimen attrapé dans un filet pour faire croire qu’il a été pêché à la ligne et le vendre ainsi plus cher. Le lieu, le bar (ou loup de mer), la lotte (ou baudroie) et le germon (thon blanc) sont parmi les espèces les plus pêchées ici et le spécimen présentant d’énormes pics sur le dos était un St Pierre, poisson recherché par les gastronomes.

Notre camping est riche en haies, bien vert, petit, près de deux plages de sable, criques magnifiques, calme bien que résonnant de vie du côté de la petite piscine et du trampoline, malgré les grosses pluies de certains soirs. Il est à classer assurément dans la catégorie: « guitare le soir », et nos voisines chantent bien!  

Un petit tour en Suisse du 15 juillet au 3 août

Chic, nous allons au Lac-Noir, où j’ai appris à skier il y a juste quelques décennies. La Singine a un lit large jonché de troncs morts, de cailloux propices aux à la nidification des chevaliers guignettes. Rivière aux berges naturelles, prairies bien fleuries, pâturages verts, tout ce dont nous nous réjouissions sauf cette couche de nuages masquant toute vue ou presque. Nous nous baladons le long de la Singine puis grimpons à la buvette d’alpage du Gürli déguster une fondue fribourgeoise, juste récompense d’une journée à 800 m. de dénivellation dans les forêts et hautes herbes trempes.

Triton

Quelques petits joyaux en route, un accueil sympathique au camping de Füllmattli, font oublier le temps maussade. Le lendemain, le programme était de monter à Riggisalp et de parcourir la vallée de la Brecca mais les nuages encore plus bas que la veille nous font fuir vers le lac de Constance plus tôt que prévu. Au lac de Constance, nous pédalons en Thurgovie parmi les pommiers, et prenons un peu de hauteur pour voir le Säntis au loin, (circuits de Apfelweg et Panoramaweg).

Nous profitons de déguster différents jus de pommes, alcoolisés ou non, dont un jus tiré au fût chez le producteur.

Petit cours agronomique en route grâce aux panneaux expliquant les différentes sortes de pommes et  leur saison. 

Vacances familiales, rejoints par notre fille et sa famille terminant périple à vélo, et excursions autour du lac qui se prête bien aux excursions combinant vélo et bateau. Nous partageons avec vous quelques images de Mainau,

notre intérêt pour le musée sur les Zeppelin, ces dirigeables ayant traversé maintes fois l’Atlantique beaucoup plus rapidement que les bateaux empruntés par les émigrants avant l’aviation commerciale.