Rust: une petite bourgade aux belles maisons baroques, tout près de la roselière qui borde le grand lac de steppe de Neusiedl.


Le paysage est plat, la température descend, le ciel est gris.



Nous trouvons notre cabanon dans les roseaux, que nous rejoignons par un dédalle de passerelles en bois. Les crapauds invisibles se font de plus en plus bruyants. Sur la terrasse, une impression d’être immergés dans la vie de ce marais dominé par un ciel aux tons pastels gris nuancés de turquoise. Un endroit pour aquarelliste, je sors la nuit pour imaginer les magnifiques levers et couchers de soleil potentiels.
Plus qu’un temps de visite ou de vacances lacustres, ce sera un temps de joyeuses retrouvailles et de discussions avec notre fils, qui était en congrès à Vienne.

A Rust, dégustation de vins (caveau Gabriel); la famille vigneronne tiend un local de dégustation avec un petit buffet froid, les vins sont servis en 1/16 de litre, très intéressant pour bien découvrir des cépages en buvant très raisonnablement.

Le cabanon triangulaire a une sorte de mezzanine atteignable par une échelle et de nombreuses poutres, du charme et quelques bosses si on mesure plus du mètre-septante.

La minuscule cuisine est complétée par un barbecue sur la terrasse, et la douche est dans un autre tout petit cabanon. Les ventilateurs, les moustiquaires, tout est pensé pour le chaud, mais malheureusement pour nous, nous apprécions le petit chauffage disponible. Nous tentons une balade le long de la roselière, jusqu’à Mörbisch aux infrastructures touristiques trop présentes mais absolument fermées, ambiance de station désertée.

Jours de pause, froid méditatif, ciel qui aurait pu avoir de merveilleuses nuances par une autre météo, le thermomètre a passé de 29 degrés à 7, les crapauds se taisent, les oiseaux sont discrets, peu de cigognes nous survolent et seules les oies et leurs oisons restent au bord de la route, en se chauffant sur le goudron.


Après cette pause dans ce cocon de roseaux, nous partons avec notre hanneton autour du lac, le paysage est vraiment plat, le lac brun, car riche en sédiments, le ciel gris, seules les vignes colorent ce tableau très pâle.


Une incursion en Hongrie nous dépayse immédiatement à Sopron, ville très ancienne où nous trouvons grâce à une habitante le bistrot comme on les aime: tout simple, avec des clients locaux.




Puis nous faisons route vers l’ouest pour traverser la Styrie. Des montagnes et des cols, quelques stations de moyenne altitude à l’entre-saison et un temps froid et humide. Le projet de vélo le long de la Mur, affluent de la Drave, est abandonné pour cause de pluie et nous continuons par les routes de montagnes jusqu’à Bad Ischl et la confiserie Zauner où Sisi aurait eu l’habitude de se rendre.



En tout cas, cet établissement familial datant de 190 ans vaut le déplacement pour son choix, sa présentation, l’ambiance « bonbonnière ». Kaiser par ci, Sisi par là, les références impériales sont nombreuses, quelques bâtiments splendides.





De plus, un parking est aménagé pour les camping cars à l’entrée de la ville; sous le charme de la bourgade et ayant conduit notre quota, nous y faisons étape et apprécions cet imprévu.