Yellowstone ou une semaine sur un couvercle de marmite à vapeur en surchauffe

La surprise de l’étape: qui est ce nageur?Nous sommes en camping au milieu du parc grâce à une colocation de place in extremis, avec un jeune couple de Bernois. Partis à 6h20 avant déjeuner, nous sommes arrivés vers 9h30, bien trop tard. Ils étaient devant nous dans la file et ont eu l’avant-dernière place, ouf! Après 2 jours, nous gardons la place pour nous, prêts à la partager, mais n’avons aucune demande dans ce sens. Ce n’est pas trop la coutume.Nous roulons de geyser en vapeur fumante, et en petits lacs bouillants de différentes couleurs. C’est magique!
En résumé: Une éruption a eu lieu il y a 640000 ans, laissant un immense cratère de plusieurs dizaines de kilomètres de diamètre. Ce cratère solidifié est mince, la croûte terrestre n’a que 2 à 5 km d’épaisseur. L’eau de pluie et la neige percolent à travers cette croûte et atteignent des roches chauffées  par le magma. Sous pression par la chaleur,  et surélevé de 600 mètres par le jeu des plaques tectoniques, cette eau sort un peu partout dans ce parc. S’il y a constriction, cela fait des geysers, si le canal de sortie est plus large, des lacs fumants, des sources chaudes et des lacs de boue en ébullition continue si l’eau a dissout beaucoup de roches lors de sa montée. La vapeur , qui peut atteindre plus de 200°C,  se chargent aussi de minéraux tels que l’arsenic, le manganèse, le fer par exemple, tous colorés.
Mais la géothermie se complète par la microbiologie! Un voyage aux origines de la vie. Nous pouvons contempler les mares et lacs d’un turquoise parfait et lumineux et les ruisseaux oranges et verts d’un oeil purement artistique, ou réaliser que nous sommes devant des populations de bactéries vivant dans des conditions extrêmes, étudiées comme « modèle » du début de la vie. Des algues et des bactéries dont des thermophiles extrêmes, vivent à l’aise certaines à 70°c, d’autres à 50°C, certaines en milieu alcalin, d’autres en milieu acide. Les bactéries spécifiques à diverses températures ont des pigments différents d’où des mares vertes pour les algues (préférant le tiède), oranges ou bleues turquoises pour les bactéries. Un vrai thermomètre coloré! Certaines bactéries spécifiques se royaument dans une eau acide, transformant les oxydes de soufre en acide sulfurique dans un milieu très riche en fer. Elles sont étudiées car ce sont des conditions assez similaires à celles de la planète Mars. La palette de dame Nature peintre est donc bien odorante! Ailleurs, la silice à la blancheur de porcelaine se dépose autour de certains geysers.  

La fréquence des éruptions est très variable, les geysers connectés par leur réseaux souterrains ont des éruptions aléatoires alors que les solitaires sont plus réguliers, pour la joie des touristes qui arrivent au spectacle à la bonne heure.
Entre les groupes de geysers, sources chaudes, trous bouillonnants et rugissant comme des portes de l’enfer, nous parcourons des étendues de forêts, de prairies de sauges et de zones humides incroyables, entre 1900m. et 2700m. d’altitude. Là, c’est la traque à la faune, en voiture, assez rocambolesque. Les photographes de petites fleurs peuvent créer un attroupement, un bouchon….comme les bisons ou les wapitis décidant de traverser la route.  

Pour nous, la bonne surprise aura été un bison décidant de changer de rive de rivière. Nage tranquille, sortie de l’eau un peu lourdaude, puis il s’est ébroué la tête comme le font les chiens! Mais la tête d’un bison, c’est vraiment impressionnant!Nous optons pour des levers tôt, retour à la tombée de la nuit, histoire d’admirer les geysers sans la foule et de voir plus d’animaux le soir. 
Troupeaux de wapitisUn coyote un peu paniqué m’oblige à bien ralentir
Pour les balades, nous peinons un peu à dire vrai. Les geysers sont ce qu’il y a de plus spécial relativement aux autres parcs et pas besoin de grandes marches pour les admirer, de jolies petites balades permettent quelques beaux points de vue relativement tranquilles. Nous sommes drillés à chaque début de sentier, à chaque discussion avec les rangers, sur chaque table de chaque place de camping, lors de l’achat de….notre spray contre les ours. Nous pourrions mimer en dormant les bons gestes devant l’ours non agressif, le grizzli agressif, et celui ayant passé à l’attaque, également différencier l’ours noir et le grizzli par le profil et par les traces. Mais pour partir en longue marche, nous avons un peu d’hésitation, bien que les risques pris en roulant jusqu’ici soient bien plus importants! 

Un jour nous roulons plus de 200 km dans le parc, pique-niquant, nous arrêtant systématiquement aux bonnes clairières à la bonne heure pour admirer enfin ces fameux ours. Rentrés bredouille de nuit au camping, le voisin arrive: « Faites attention, ne sortez pas de nuit, une ourse et ses 2 rejetons étaient ici même, dans le camping, aujourd’hui ».  
Le lendemain, nous améliorons notre technique: nous nous arrêtons comme toujours lorsque nous voyons des voitures arrêtées pour apprendre qu’il ya eu des ours, qui sont maintenant partis. Schéma classique. Nous décidons de rester sur place lorsque tout le monde s’en va, et en effet les 2 ours noirs se sont remis en marche, nous les avons vus!
Nous quittons le parc par le nord est, la vallée de Lamar, vallée glaciaire magnifique. Là, de petits groupes de voitures se sont arrêtés pour différentes mères ourses noires avec leur ourson. Nous les avons manqué de peu et décidons de rester sur notre place d’évitement. L’avantage avec notre hanneton, c’est que nous avons toujours le garde manger, le tricot, la lecture, les jumelles avec nous! L’ourson revient, mais je le repère en marchant, où est la mère? Nos jumelles et nos regards bien dirigés vers cet « adorable » ourson noir au museau clair, commencent déjà à créer un début d’attroupement. Là, la mère arrive tranquillement, …et se dresse, quelle bête impressionnante, les consignes si bien répétées ne sont appliquées par personne! L’ourson choisit de brouter et fouiner le sol en se rapprochant toujours plus de nous, les 90 mètres de sécurité ont grandement rétréci, la mère ne suit pas, nous ne la verrons plus. Nous avons regagné la proximité de notre hanneton, et réalisons que cet ourson a déjà bien la taille d’un petit mouton. Perdu de vue, puis revu plus loin, l’ourson aura fait une promenade d’en tout cas 1 km le long de la route, créant un bel embouteillage. 

Nous quittons le Yellowstone, et passons le lendemain le col de Beartooth à plus de 3300m., névés, vent, grands plateaux, canyons avant de descendre dans les grandes plaines.

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