Retour à l’Est et au Canada, du 16 au 31 juillet.

Nous traversons les grandes plaines vers l’est, quelques formations rocheuses, puis de l’agriculture et de l’élevage, le pays est vert!

Après la descente du col de Beartooth, nous nous mettons en route pour 2 jours et demi de route sans visite, « avalant » jusqu’à 780 km d’une journée.
Nous rendons visite à Carmen, venue quelques jours chez nous dans le cadre d’un voyage d’étude avec sa classe de français il y a une douzaine d’années. Retrouvailles dans sa belle maison de Bayfield, une petite station sur la rive sud du lac Supérieur. Ambiance de vacances, terrasses, une boutique de glaces « home made » incroyable, petites maisons blanches et beaucoup de cultures de fraises, et de vergers de pommiers et cerisiers. Le temps est bien chaud, certains se trempent même dans le lac, l’air très humide convient encore mieux que la normale aux moustiques, réputés déjà bien établis dans les état du Wisconsin et du Minnesota.

Nous nous baladons le long des rives, le sol est sablonneux et les berges s’érodent fortement malgré les arbres. La forêt est dense, une vraie jungle.

Ici les ours noirs sont chassés, l’espace est immense relativement à la présence humaine, donc les promeneurs ne les voient pas. Carmen voit par contre des coyotes depuis ses fenêtres.

Le lendemain, marché des artisans à Bayfield, la belle-famille de Carmen est là, pour vendre des petites flûtes de confection maison et quelques pendentifs en pierres fluorescentes, collectées sur les plages du lac.
Nous contournons le lac Supérieur par l’ouest, passant la frontière canadienne à temps, notre visa expire le lendemain. Nous avions comme il se doit terminé nos aliments frais mais la douanière canadienne très aimable n’est pas montée à bord et ne nous a pas posé de questions à ce sujet. Seuls les armes, les alcools et les cigarettes ont fait l’objet de ses questions et notre retour prévu en bateau. C’est à ce poste d’entrée au Canada que notre petite fiche est enlevée du passeport pour quittancer notre sortie des USA, la douane canadienne la transmettra aux douanes US. Nous pensons qu’il est important de demander que cette fiche soit enlevée du passeport à la sortie des USA, mais n’avons pas testé les conséquences d’une omission.
Une étape à dormir dans la forêt au bord d’un petit lac, la moindre place répertoriée est prise, c’est samedi soir! Mais de ce fait, nous dormons hors place, directement au bord de l’eau, bien plus joli que les emplacements enfouis dans le bois; tout aussi habité….par un choix d’insectes divers.

Nous avons beaucoup roulé ces derniers temps, s’impose une étape dans un camping près de Thunder Bay, rive nord du lac Supérieur, lessive et baignade dans la rivière, piscine naturelle de plus de 2 mètres de profond.

Le temps est changeant, brumeux d’humidité, nous dépassons plusieurs cyclistes, le tour du lac est un classique de quelque 2300 kilomètres! Beaucoup de parcs, de sentiers de ballades indiqués mais nous préférons avancer, dormant à Terrace Bay, une magnifique plage puis arrivant près de Wawa. Pour éviter les autoroutes de Montréal, Québec, nous décidons de passer par le nord, apparemment, nous avons de la peine à l’idée de retourner dans la civilisation! Mais au carrefour, une hésitation: et si nous allions juste prospecter à Wawa où il semble qu’il ait une bonne location de kayaks, histoire d’avoir des renseignements pour une autre fois…

Les deux plages de chaque côté du promontoire sont idylliques, connues des peintres naturalistes, l’eau excellente mais fraîche pour se baigner (selon moi, donc comprenez que j’étais seule à nager), le temps annoncé beau pour le lendemain. Rendez-vous pris: ce sera 3 heures avec une monitrice, puis les kayaks pour nous le reste de la journée. Nous faisons un peu d’échauffement et de théorie puis une petite sortie sur la rivière avec beaucoup d’exercices, virages longs et courts, safran à l’eau ou relevé, exercices de chavirage et remontée à bord, le plus difficile. L’après-midi, des bonnes petites vagues courtes ont corsé notre sortie sur le lac; alors nous sommes revenus admirer la hutte de castors sur la rivière.


Le soir, une des plages pour nous, et notre feu.


Enfin, nous pensions être tout seuls quand dame cane a passé….Cet espèce groupe les jeunes de plusieurs familles, une garderie? Oui, dans une stratégie de protection. La masse de canetons est plus imposante et leur chance de survie augmentée; à terre, une grosse boule, sur l’eau une ligne dense et serrée; nous peinons à compter la vingtaine de becs.

Le second soir, un jeune couple plante son gros 4X4 sur la plage bien en pente, et de sable bien profond … Je vous épargne nos commentaires et leur étonnement de s’être enlisés. Ainsi, nous savons que nos plaques de désensablement sont très efficaces sans s’être enlisés nous-mêmes!
Enchantés de nos débuts en kayak, nous filons au nord, longue route de plusieurs centaines de kilomètres dans la forêt pour Val d’Or puis Chibougamau. Le Canada des rivières, étangs, lacs, est bien présent mais se voit peu depuis la route car la forêt est très dense. En allant vers le nord, les épinettes si typiques laissent un peu plus d’espace aux marais, la canopée perd aussi de la hauteur, le paysage s’ouvre plus.

Val d’Or:

  • Des mines d’or encore en fonction, un village minier historique aux jolies maisons de rondins entièrement bâti par la compagnie dans les années 1933-34, donc relançant l’économie en pleine dépression,
  • La terrasse sympathique d’une microbrasserie où le serveur, aussi assistant social actif chez les Indiens nous parle du long chemin qu’il reste à combler entre Blancs et autochtones, du racisme encore présent, des différences de qualité entre écoles en ville et écoles en villages autochtones, de la délinquance des jeunes, de l’argent vite gagné dans les mines, mais de l’absence totale de sécurité de l’emploi.

Chibougamau:

  • Une île en quelque sorte: au bout de 400km de forêt, oû il est souvent difficile de s’écarter ne serait-ce que pour la pause de midi,
  • Une ville aux maisons proprettes, aux jardins fleuris, quelques boutiques. Malheureusement pour ma recherche d’ aiguille circulaire, ce sont les vacances et la boutique de laines est close. Je remarque que c’est également une structure sociale d’écoute pour les femmes, en cas de violence par exemple, et un centre de promotion de l’allaitement! Du social pratique, génial, non?
  • Nous dormons au bord d’un lac, sur le petit parking des employés du service des eaux, comme nous le réalisons le lendemain matin. Mais personne n’y trouve à redire quoi que ce soit.

Village Oujé Bougoumou, proche de Chibougamau:

Village Oujé Bougoumou, proche de Chibougamau:

  • Village Cri (nation indienne), architecture moderne mais inspirée par la culture cri,
  • Bâti de toutes pièces avec le support de la compagnie hydraulique ayant construit des barrages dans ce territoire pour les Cris devant se reloger. Le village est au ralenti, un week end durant les vacances, donc impossible d’essayer de sentir s’il a une âme,
  • Des affiches encourageant à garder sa culture tout en prenant son avenir professionnel en mains,

Quittons l’Ontario pour arriver au Québec, nous nous délectons de l’accent et des expressions, d’une baignade dans le lac St Jean, d’un petit arrêt à Chicoutimi où nous étions venus en hiver trouver Joseph qui y étudiait. Souvenirs, souvenirs aussi à Tadoussac et en passant devant le zoo de St Félicien, une région que nous avions visitée en famille lors d’un précédent voyage.

Visite d’une cabane à sucre familiale. L’eau d’érable est concentrée par osmose et par évaporation en sirop. La collecte ne se fait qu’au printemps, idéalement lors de températures de-5C la nuit et +5C le jour.

Nuit au joli village de Sainte Rose du Nord.

Depuis des mois que nous vivons au rythme des bonnes surprises, de notre envie de s’arrêter ou d’avancer, notre programme se construit au jour le jour, alors dans l’après-midi nous nous rendons aux Escoumins pour prendre le traversier et continuer notre périple sur la rive Sud du St Laurent.
« Pas sûr que vous embarquiez, mon traversier est plein »
« Pas de soucis nous attendrons le suivant »
« Il n’y en a plus ce soir et aucune place avant deux semaines ». Moi qui avait la réputation de l’organisation détaillée bien à l’avance et qui réservait les vacances d’été familiales à Noël, cela me semble juste impensable de m’organiser deux semaines à l’avance!!!
Après nous avoir donné de l’espoir, nous n’embarquerons pas et filerons à St Siméon (pas de réservation) où nous aurons plus de chance en étant le dernier véhicule embarqué. Mon sens de l’organisation s’est mué en plaisir de savourer l’imprévu jour après jour.


Brouillard sur le St Laurent

Une réflexion sur « Retour à l’Est et au Canada, du 16 au 31 juillet. »

  1. Bonjour
    Nous sommes un couple de camping cariste montagnard(isérois) qui trainons les roues de notre camping car(hymer van 512)dans toute l’Europe (bizarrement nous ne somme jamais allés en CC en Suisse….ça viendra).Cela fait un moment que l’idée d’envoyer notre CC au Canada via le bateau et nous avec dessus nous demande.Je suis tombé sur votre blog qui correspond tout à fait à ce que l’on reve de faire.Pourrions nous rentrer en contact pour avoir des tuyaux sur ce voyage?(transport,assurance,condition d’entrée au Canada et au USA avec le CC,intendance gaz…..)
    A très bientôt j’espère
    Cordialement
    Isa et Daniel.

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