Après cette semaine riche en tout, huîtres, poissons grillées, cours de sport, soleil, plage, matinées et soirées fraîches, nous partons pour l’ile d’Oléron où nous visitons le phare de Chassiron.



Nous apprécions la vue et son histoire: le premier phare à cet endroit, remplacé, réhaussé, repeint en bandes pour être mieux visible par brouillard, les combustibles utilisés du bois à l’électricité en passant par certaines huiles. L’île est vraiment plate et très construite, nous partons pour les marais salants au sud de la région de Marennes et la « La Cité de l’Huître ».


Par des vidéos, des animations, dégustation délicieuse d’huitres gratinées, ce mollusque n’aura presque plus de secrets pour nous. Par exemple, le pire prédateur de l’huître est le bigorneau perceur, perçant la coquille avec sa trompe secrétant un acide; mais aussi redoutable, l’étoile de mer écarte les coquilles avec ses bras munis de ventouses pour y glisser son estomac et gober l’huître avant de se retirer. Les marais étaient destinés à l’origine à la production de sel, puis utilisés pour la conservation des huîtres et moules et enfin à la production d’huîtres et de plantes halophiles (adaptées aux marais salés) comme les salicornes, la bette marine, l’ail maritime. L’huître est élevée 3 ans dans des parcs en pleine mer pour être ensuite affinée dans ces bassins; la salinicité plus faible, le sol argileux du fond des bassins, le phytoplancton particulier modifieront le goût et la couleur de l’huître et de sa coquille (reflets verts dûs à une bactérie). Cette exposition très vivante, installée dans des cabanons rappelant ceux des ostréiculteurs va fermer définitivement par manque de soutien financier étatique. Pierre-Olivier va au cours « d’ouverture des huîtres » et dote le Hanneton du couteau idoine; mais chaque objet doit avoir au moins deux fonctions pour avoir son visa, à suivre. Moi je ne mange que quelques huîtres donc les restaurants me simplifient la tâche. La région fournit aussi la Bretagne et la Normandie où ces mollusques peuvent être élevés mais ne peuvent pas se reproduire, les conditions précises de salinicité, moins de 30 g/l. et de température de l’eau, min. 20°C, n’étant pas remplies. Au sud, vers le bassin d’Arcachon, l’étape d’affinage en marais n’est pas pratiquée. Comme ailleurs, la relève par les jeunes n’est pas du tout assurée, le producteur est mal payé, 2 à 3 euros /douzaine alors que le prix en supermarché est d’environ 12 euros. Mais avant de quitter la région…



Prochaine étape Rochefort: ville fort plaisante au bord de la Charente.

Le centre ville est parfaitement quadrillé de grands bâtiments anciens majestueux, résonnant tous de l’exploration du monde par les grands grééments, la période royale, les guerres sur l’eau avec l’Angleterre.


Le plus emblématique est la Corderie royale, construite sous Louis XIV en 1666.



Bâtiment long de 374 mètres sur 7 mètres de large, il permettait de produire les cordes en chanvre pour les navires d’une encablure: 300 mètres de fibrilles de chanvre étant nécessaires pour fabriquer une corde de 195 mètres, soit une encablure, unité officielle de l’époque. Ce bâtiment a été controversé dès sa construction vu les méandres de la Charente le distançant de l’océan et le caractère vaseux du sol nécessitant de le construire sur un radeau de bois, fixé sur de profonds pieux. La façon de tordre les fibrilles de chanvre pour les assembler en torons, « commis » (commettre: réunir en spirales les brins les uns autour des autres) à leur tour en aussières est présentée grâce à un système miniaturisé.

Nous nous plongeons dans les épissures, surliures, épissoires,…un musée vivant, technique parfait pour les amateurs de Scrabble! Quasiment détruit en 1944, il a été reconstruit à partir des années 1970, entouré d’un jardin, un bel endroit calme et vert à deux pas du centre.
Le soleil est de la partie, les gens souriants, le choix des petits bistrots recommandés par des locaux très vaste. Nous arpentons les rues, profitant d’une halte citadine, shopping bien sympathique, coiffeuse excellente guide locale comme toujours. J’ai peine à ne pas craquer devant bien des livres d’enfants….
Quand nous décidons de nous acheter un pic-nic pour enfin arrêter d’aller au restaurant, le boucher nous recommande un établissement à Brouage servant une recette locale de ragoût de poissons et de crustacés, la Chaudrée, nous ne pouvons pas ne pas tester! Ce sera notre ènième dernier restaurant, quel pays. Et ce jour était jour de marché aux Halles, alors….
Brouage abrite « la Halle aux Vivres ».

Courez-y ne serait-ce que pour la culture et l’enthousiasme de la jeune dame nous y accueillant! Et pourtant, elle est toute prise émotionnellement par sa nièce, petite fille en train de terminer un sans-faute à un concours hyppique, la famille semble être un fan’s club des plus engagés!



Brouage était une petite ville fortifiée au bord du golfe, donc de l’océan, située actuellement en pleine terre, suite à l’ensablement progressif. Place fortifiée de 4000 âmes, négociants hollandais, militaires, c’était une plateforme commerciale pour le négoce du sel et le commerce maritime en général et un départ pour la pêche à la morue en Terre-Neuve, sans guerrre de religions entre ses murs malgré le protestantisme des Flamands. Le commerce passait déjà au-dessus de toute autre considération. Jadis, les Romains exploitaient ces marais en y râclant le sel lors de l’évaporation à maréée basse. L’ensablement progressif a toujours été un problème connu, les bâtiments comme cette halle étaient construits sur des pieux, soutenant des plateaux de bois, surmontés de couches de pierres pour finalement accueillir le bâtiment hors de l’eau. Les dépôts d’alluvions sont favorisés par la présence de l’île d’Oléron qui bloque et renvoie vers la terre les sédiments amenés par les différents fleuves. Lorsque l’ensablement a condamné Brouage comme port, ce bourg a été presque totalement abandonné, ne comptant plus que 10 personnes et Rochefort développée.

L’intendant de Louis XIV nommé Bégon a dessiné l’urbanisme quadrillé de Rochefort, passionné de botanique, il a laissé son nom au bégonia.
Le sel, surnommé l’or blanc, était évidemment encore plus essentiel à cette époque que de nos jours pour la conservation des viandes, des poissons et le tannage des cuirs. Brouage a été utilisée comme place forte par Richelieu pour assiéger La Rochelle, protestante, en l’encerclant et l’affamant au point de diminuer drastiquement sa population. Notre guide a l’habitude de faire remarquer aux classes que les histoires d’aphyxie de populations, comme à Gaza, ainsi que la lutte pour « l’or » blanc ou noir se répète tristement à travers les siècles. Nourris intellectuellement par ces éclairages sur ce coin perdu au milieu de ce plat pays, nous attaquons avec plaisir notre Chaudrée.





Poursuivant nos buts gourmands, nous rentrons en rencontrant deux vignerons, dans les Côtes de Bourg, le long de la rive droite de l’estuaire de la Gironde, l’un enseignant en viticulture exploitant un minuscule domaine, le second ayant monté un domaine moyen pour la région, 27 ha, dont un des vins nous avait beaucoup plus au restaurant. L’étape suivante sera à partager chez nous!





















































































































































































































































































































