Réseau familial en voyage

L’étape au parc de Bialowiesa sera malheureusement attristée par la nouvelle que Nathalie et Maxime sont bloqués à l’aéroport de Münich à cause de la suppression des vols suite à une alerte liée à la sécurité. J’avais préparé leur voyage de noces avec tant d’enthousiasme, je suis triste comme vous ne pouvez l’imaginer. Voyage de noces à leur image: randonnée et bivouacs en kayak au nord de la Norvège, une surprise.
Nous sommes dans un petit camping sans wifi, mais avec une prise à côté de l’unique évier. La famille, le partage prennent totalement le dessus, nous essayons de trouver vols et bus de remplacement, de les contacter.

Nos outils sont un petit banc que nous déplaçons pour trouver du réseau, deux téléphones portables avec des forfaits internet, dont celui d’Isabelle qui nous donne l’excellente idée du Flexibus et essaie de me remonter le moral avec philosophie, un petit accumulateur, une prise où il n’y a pas de réseau, du réseau où il y a du soleil et une chaleur humide tropicale. L’initiative d’Isabelle Joy for the planet est passionnante et pleines de questions pour nous, mais je suis absorbée, on ne se change pas en voyage!

Le lendemain après-midi, nous partons quand même nous renseigner pour visiter la forêt et tombons sur un groupe de Français sur le départ avec une guide francophone.

Nous nous joignons, unique opportunité de ces jours, et Joseph, depuis son île groenlandaise prend le relais et aide efficacement Nathalie et Maxime à sortir de cet aéroport de Münich après 36 heures pour gagner la Norvège en bus, et sans bagages. Nathalie et Maxime auront voyagé sans nuit réelle de samedi 3h du matin à mardi soir! Quand vous partez avec un guide dans la nature, les nuits d’hôtel ne vous rapprochant pas de votre but et les vêtements de première nécessité payés par la compagnie sont peu de choses à côté de vos souliers de marche, sac de couchage, bonne polaire, réchaud, matelas etc….Mardi soir 31 juillet, ils seront à destination, ayant manqué deux jours d’activité, bravo, le moral a tenu! Chacun se rappelle de son voyage de noces,…pour des raisons diverses.

Décisions, rencontres, serviabilité des Polonais

Le 28 juillet, nous roulons de vallons en collines progressant toujours le long de la green vélo vers l’est; les paturages et les troupeaux de vaches ont largement remplacé les champs de céréales. Nous atteignons la borne « point triple », frontière entre la Pologne, la Lituanie et Kaliningrad. De la nouvelle borne de 2010, des angles sont dessinés sur le sol, montrant la partie fermée de Kaliningrad, entourée de barbelés et d’un couloir vide.

Nous rencontrons deux cyclo voyageurs français, premier contact dans notre langue. Nous sommes le long d’une petite route: devant nous à l’est la Lituanie, au sud la perspective de visiter la forêt primaire de Bialowieza, et au nord notre fil rouge qui est de rejoindre la Baltique.

Pour la Lituanie: pas de carte, pas d’itinéraire balisé mais l’espoir de bus de campagne, passant plus d’une fois par semaine (?) et acceptant nos vélos (??).
Deux petits coups de chance: un peu de 3G à cet emplacement et un Polonais parlant l’anglais, en route sur la green avec son fiston venant nous demander si nous avons besoin d’aide. Avec lui, l’option du sud, vers la belle forêt et potentiellement les derniers bisons d’Europe en liberté est retenue car elle nous fait passer par Bialystok, grande ville avec bus et trains pouvant nous ramener vers le nord. En route donc pour le sud, par la green velo, juste 47 km pour une après-midi de montées, descentes et virolets pour atteindre Suwalki, grande ville, chantier d’autoroute, les locatifs blocs, similaires à ceux de toute autre bourgade, sont bien repeints, entretenus, colorés.

Nous trouvons vite la gare, un vieux bâtiment traditionnel de briques rouges, complètement fermé, 2 quais, passage d’un quai à l’autre par les voies évidemment et un panneau avec l’horaire des trains!

Le but est de gagner du temps pour rejoindre le parc. Pour Bialystok, avec le symbole vélo, il y en a deux par semaine dont un le lendemain matin, une bonne étoile nous suit. Trouvant un bon hôtel, avec un bon restaurant et du wifi, nous recevons le coup de téléphone d’Isabelle, qui progresse dans son tour d’Europe pour amener, partager et relater la joie de personnes rencontrées, toutes exceptionnelles à leur façon. Bizarre, saugrenu….allez voir joyfortheplanet.org , un bol d’énergie positive. Rendez-vous pris pour le lendemain.

Le lendemain, 29 juillet, nous allons à la gare où arrivent progressivement 2 autres paires de cyclistes. Sourires, échanges, et même présentation en bonne et dûe forme. Arrive le train, deux petits wagons dont les espaces vélos sont déjà pleins. L’employé nous dit qu’il n y a pas de place, nous montons un vélo, un polonais explique que nous sommes ensemble, et nous voilà les deux dedans. L’occasion de pousser, tasser, enlever les sacoches, et les deux Polonaises qui avaient, elles, billets et réservations sont dedans. Les deux hommes ont l’air d’accepter avec le sourire de rester à quai, alors qu’ils ont discuté pour nous et pour elles et qu’il y a deux trains hebdomadaires. Nous comprenons qu’une fois de plus, nous avons été privilégiés parce que nous sommes étrangers. L’employé se radoucit, les embarque par l’autre porte, il peut arpenter ses 2 wagons malgré son bon format. Une technique nouvelle pour nous est de serrer les vélos sans bagages et de mettre des vélos couchés horizontalement par-dessus. Bonne humeur assurée, poignée de mains pour se féliciter d’être tous dedans, et à l’arrivée pour se dire au revoir et bon voyage.

J’avais envie de vous faire partager cette attention et tous ces coups de pouce qui nous sont très discrètement accordés.

A Bialystok, nous retrouvons Isabelle et chargeons vélos et bagages dans son camping car Begodee, un poème, un musée, de bois, de décoration, et nous roulons au sud, vers la réserve de bialowiesa en prenant soin d’arrimer Christophe qui se croit un peu trop au Lunapark. Christophe? C’est sa plante verte, pendue au plafond.