Rjukan, ville industrielle chargée d’histoire et le plateau d’Hardangervidda, 18 – 24 juin 2026

Avant d’arriver à Rjukan, nous voulions visiter le centre d’information du parc national Hardanger; celui-ci est le plus grand plateau d’altitude européen, la partie protégée en parc national est plus grande que le canton de Vaud, peuplé de rennes sauvages (env. 10000) depuis la dernière glaciation. Exposition fermée pour rénovation, départ pour le téléphérique historique Krossobanen, qui devait nous monter au départ de belles balades. Fermé subitement par le gouvernement pour raison de sécurité, il avait été construit en 1928 et son aspect initial conservé malgré les maintenances. Cette fois, il semble qu’une nouvelle installation soit requise. Content que la sécurité soit appliquée, mais constatant que le point faible universel des informations en ligne reste leur mise à jour,  nous partons visiter le musée norvégien de la condition ouvrière de Vemork (ouvert à 12h., à 10h sur le site!).

La compagnie Norsk Hydro a créé la plus grande centrale électrique du monde en 1911 et la ville de Rjukan, à l’endroit d’une des cascades les plus hautes du monde. Cette énergie a été utilisée pour la production d’un d’engrais azoté, le salpêtre, pour augmenter les rendements des cultures et « diminuer la faim dans le monde »… L’ usine située au fond d’une gorge a compté jusqu’à 600 employés, la ville toute proche au fond de la vallée très étroite plus de 10000 habitants. Norsk Hydro a construit en 1928 le téléphérique Krossobanen pour permettre à ses employés d’aller au soleil. 

La production de cet engrais azoté comportait une étape d’électrolyse (courant électrique passé dans l’eau) menant à un enrichissement de l’eau en deutérium. Pour rappel, l’eau est composée de 2 atomes d’hydrogène liés à un atome d’oxygène. L’hydrogène standard est composée d’un proton et d’un électron, le deutérium d’un électron, d’un proton et d’un neutron, donnant son nom « d’eau lourde » à l’eau enrichie en deutérium. Les Norvégiens diminuent la production de ce sous-produit, puis les années passant, les scientifiques réalisent que cette eau lourde est un ingrédient requis pour gérer l’explosion d’une bombe atomique à base d’uranium. Cette usine est la seule à maîtriser l’eau lourde, « maîtriser »….les ouvriers travaillent à des températures extrêmes, froides ou chaudes suvant les étapes et respirent des vapeurs d’acide nitrique. 

Au début de la guerre, une partie du stock de deutérium est livré aux Français, mais l’usine passera  aux mains de l’occupant nazi avec pour objectif la production de tonnes de cette eau lourde à des fins commerciales officiellement…. Les différentes opérations de sabotage organisées et menées par des Norvégiens et des Britanniques, acheminés par planeurs (échec, aucun survivant), puis parachutés en hiver et atteignant le site à skis pour saboter avec succès la production pendant quelques mois, puis le bombardement intensif du bâtiment vitré de 8 étages et finalement la destruction du bac sur le lac de Tinn servant au transport du reste du stock à destination de l’Allemagne sont présentés comme des étapes cruciales ayant fortement empêché la production de la bombe atomique par les Nazis. La production d’eau lourde a toutefois repris jusqu’en 1971, celle d’électricité est toujours d’actualité. La production d’engrais a été fermée car d’autres procédés recourant à la pétrochimie plus qu’à l’électrolyse sont utilisés, et le site devenu un musée en 1988. La compagnie Norsk Hydro a offert à la ville en 2013, trois gigantesques miroirs pivotables (héliostats) reflétant le soleil pour éclairer la place du village.

Ainsi les habitants ont un endroit ensoleillé l’hiver, et socialisent même durant ces mois sombres. L’idée avait été proposée 100 ans plus tôt par le créateur de la ville.

L’architecture reflète ce passé industriel, petites maisons semblables, alignées le long de la route principale, et sur l’autre rive, complexe industriel de production d’électricité.

Les sabotages de Vemork ont été romancés dans le film « les héros du Télémark ».

Un petit rayon de soleil, alors n’attendons pas demain, hop nous grimpons la petite route raide (10%) jusqu’au départ du funiculaire de Gaustabanen. Ce funiculaire servait à la maintenance de l’antenne de l’OTAN située sur le sommet Gausta, à 1885 m., contribuant à assombrir à Rjukan.

Cette altitude est vraiment exceptionnelle dans cette région, les plateaux,  la limite des arbres étant aux environs de 1000 m. Le funiculaire est vraiment vieillot, minuscule, il grimpe à 40 ° dans un tunnel.

Son utilisation est uniquement touristique actuellement, la descente peut se faire à skis l’hiver, et différents bons sentiers l’été seraient une option. Pour notre part, ma toux et de profiter du beau temps cet fin d’après-midi nous a incités à nous plier dans le funiculaire. Nuages et ciel bleu, nous voyons très loin ces étendues de toundra (ou fjell) parsemées de petits lacs, et les montagnes enneigées.

Potentiellement, notre vue s’étend jusqu’à la Suède et comprend un sixième de la Norvège, mais en l’absence de points de repères, nous contemplons les étendues infinies et sauvages. 

De retour en ville, l’office du tourisme s’arrange avec le centre d’exposition sur le parc Hardangervidda pour nous faire entrer dans l’exposition, en finitions de rénovation, car le système en ligne n’avait pas été déconnecté et nous avions nos billets. Nous sommes donc très bien reçus par des jeunes naturalistes sur place, et apprécions vraiment ce geste. Dans cette exposition, située au départ de randonnées et de pistes de fond à Skinnerbu, nous nous immergeons dans le parc à toutes saisons grâce à un casque de réalité virtuelle et à un film. Ce parc national est le seul assez grand pour que les rennes puissent effectuer leurs migrations saisonnières, à l’ouest et au sud au printemps pour les naissances et au nord-est en hiver, sans sortir du parc. Les rennes y sont sauvages, contrairement à ceux du nord, domestiqués par les Samis. L’hiver, ils sentent l’hiver les randonneurs à skis à plusieurs kilomètres et sont donc impossibles à rencontrer. 

Nous restons dormir deux nuits sur le parking vide de l’exposition pour profiter de faire une balade. Partis pour quelques pas par temps mitigé, nous profitons de magnifiques paysages, rayons de soleil et une bonne averse pour terminer notre dizaine de kilomètres.

Grassette commune, plante carnivore qui dissout les petits insectes qu’elle attire
Myrtilles et busserole alpine

Pour s’immerger une dernière fois dans cette ambiance, nous roulons jusqu’à Kalhovd, hameau, par une route en terre et nous marchons toujours seuls dans le fjell.

En rejoignant le sud, le thermomètre se met à dépasser les 20 degrés, une vraie vague de chaleur, ou une étape pour nous préparer à notre retour à 30 degrés.

Eglise en bois debout à Heddal
Masques vikings sculptés comme assurance…

C’est notre anniversaire de mariage mais n’ayant pas trouvé de restaurant alléchant et vu que c’est la soirée du conseil communal portant sur notre initiative à Gryon, nous soupons de poissons et salade en attendant les messages whatsap!

Mais pour notre dernier soir en Norvège, le lendemain, bon souper à l’intérieur du hanneton pour éviter la compagnie d’un millier de moucherons et moustiques après passage au Vinmonopolet!

Cap au sud, balade au-dessus du Hardangerfjord, 12 – 17 juin,2026

Réveil avec du soleil; le calme, la grandeur du paysage, le lac, la neige sur les hauteurs, une ambiance très paisible malgré une certaine austérité, nous sommes pleins d’énergie; et hop la gym et la physio dans ce cadre grandiose.

De vues sur les lacs d’altitude en tunnels, nous atteignons un petit col vers Skoda, où nous allons nous balader, la vue plonge sur les vallées bien vertes vers le sud. Deux petits téléskis sur la crête d’en face, la piste équipée de lampadaires, nous sommes déjà au nord et pourtant encore si loin du cercle polaire!

Partout des linaigrettes

En roulant ce vendredi 16h, la circulation est un peu plus dense et nous choisissons de suivre le lac Jolstravatnet par la petite route et découvrons ainsi la passion des locaux pour la pêche. Sur chaque petit promontoire rocailleux, un pêcheur à la ligne, sa petite cabane, sa table, ses bancs en bois et le brasero déjà allumé. Nous n’avons pas voulu enfeindre leur moment de tranquilité par une photo.

Nous rejoignons le Sognefjord à Balestrand par une route en lacets digne d’une carte postale, agneaux au milieu de la route en plein virage en plus.

En route, le hameau de Eldalen et une Berlinoise ayant quitté l’agitation pour tenir un petit café très cosy, quelques logements touristiques, et mettre à disposition ses compétences d’horlogère, au moins pour les réparations. En plus, elle confectionne des semelles en laine.

Balestrand est aussi une petite bourgade blanche, d’où nous suivons le Sogneford, magnifique paysage mais une route un peu lassante, pente raide tombant dans le fjord, la route toujours étroite épousant la côte par une succession de petits virages sans visibilité, le jeu consistant à atteindre une zone élargie pour croiser à chaque moment opportun.

Balestrand

Nous retrouvons Joseph à Voss et continuons notre descente vers le sud, traversant l’Hardangerfjord pour rejoindre Utne, et à Vines, la cabine louée pour deux nuits.  Idyllique comme espéré, campée sur quelques gros cailloux au bord du fjord, une petite terrasse, un paysage aux couleurs chaudes pendant la longue soirée jusqu’au coucher du soleil bien tardif, nous passons une excellente soirée.

Le lendemain, à nouveau grand soleil, départ avec le Hanneton pour un départ de sentier de montagne. Les routes publics sont en plaine en Norvège, les petites routes de gravier permettant de prendre de la hauteur sont généralement privées, entretenues par des paysans qui mettent aussi à disposition un petit parking contre une légère rétribution. Mais la  route du jour étant spécialement raide, elle nous est interdite. Nous montons donc à pied, pour atteindre le début du sentier, et sortons progressivement des forêts de bouleaux. Nous progressons sur de larges blocs lisses typiquement érodés par le glacier et dans des zones bien gorgées d’eau; nos yeux s’habituent à voir les pierres en transparence, salvatrices pour nous éviter presqu’une aspiration par le terrain. Le paysage est large, moins pentu dans les hauteurs, ça et là de petits lacs. Et toujours la vue sur le Sogneford 900m plus bas que le petit sommet Sata que nous atteignons. Nous décidons de redescendre par le même trajet pour éviter d’éventuelles pentes raides en sentiers forestiers boueux. 

Un peu de vent le soir, nous sommes en bord de mer, mais aussi en montagne avec vue sur les névés, une excellente soirée pour attaquer les restes de la soutenance…..nous ressortons le four à raclettes, la demi-meule.

Le lendemain, après avoir déposé Joseph au port à Rosendal pour qu’il retourne dans ses pénates, nous longeons le parc national Hardangervidda par le sud, à nouveau une succession de névés et de petits lacs.

Malheureusement, les nuages, un peu de flegme et de toux et finalement la pluie viennent à bout de notre motivation de marcher. 

Le sommet  et notre petite cabine au bord de l’eau resteront le meilleur de ces quelques jours.

Nous devons aussi quitter mentalement les grands plateaux et les cascades par moments, pour s’intéresser aux nouveaux développements de notre lutte contre différents projets touristiques totalement incongrus et destructeurs chez nous. Faut-il être au milieu d’une nature si imposante pour être ramenés dans les soucis du retour.

En route pour le Sognefjord et contourner le Jostedalsbreen, 8-11 juin 2026

Notre route nous mène dormir à Gudvangen, en passant par Voss. La météo est exécrable, les cascades se jetant dans le Naeroyfjord n’en sont que plus impressionnantes, l’eau se jette de falaises de plus de 1000m. Nous longeons à pied le fjord jusqu’à Bakka (petite balade de 9km, vu la météo je grommelle au départ), église blanche, hameau, où nous rencontrons le seul habitant de moins de 60 ans et son troupeau de chèvres. Le chemin (évitant le tunnel) traverse des éboulements plus ou moins anciens, la route n’existe que depuis 1978, le tunnel date de 2001 permettant d’atteindre le hameau la plupart du temps, même en hiver. Partout des cascades, des traces d’éboulements et des histoires relatant que lors d’avalanches, même en ramant au milieu de l’étroit fjord, les barques étaient renversées. Sur le petit parking, nous sommes quelques petits camping cars bien serrés, les pizzas du port sont excellentes. Les bateaux de croisière sont électriques, catamarans dont le design permettrait à chacun d’avoir la vue, mais les touristes sont à l’intérieur; et nous, nous en avons marre de l’humidité.

Premiers passages en altitude, le paysage change très rapidement.

Gudvangen-Vik, le bac pour Hella, Sogndal par une route très étroite longeons le fjord puis nous nous engageons sur la route 55 pour dormir à Solvorn, région de vergers de pommiers.

Camping à la ferme, Solvorn
Solvorn depuis Urnes

Le lendemain, à pied, bac pour Urnes, visite de la plus ancienne église en bois debout de Norvège, la 4ième sur ce site, ayant été préservée grâce à son socle en pierres. La première datait de 1070, transformée, rénovée, agrandie par la suite, certaines décorations font référence à des dieux celtiques.

Sur les piliers, le bien et le mal sont représentés par un lion mordant un serpent, mais au Moyen-Age, les sculpteurs avaient une idée des lions…juste par la Bible.

Nous continuons sur la route panoramique 55, passant à 1300m. d’altitude. Nuages, petite bruine intermittente, mais une ambiance extraordinaire le long des lacs partiellement gelés. La route est étroite, bien aménagée parfois bien pentue. Nous nous arrêtons avant Lom.

Lom est un petit centre intéressant car au carrefour de plusieurs parcs nationaux, dont le Jotunheimen, entouré de montagnes de tous les côtés. Les possibilités de randonnées de toutes longueurs et dénivellés semblent nombreuses, l’office du tourisme regorge d’informations. Nous visitons l’église en bois et reprenons la route en négligeant le musée de la montagne norvégienne, de bonne renommée, à mettre au programme une autre fois, car il fait beau!

Nous nous arrêtons à un point de vue, pour grimper dans le parc national Reinheimen. Des cascades, l’énergie fabuleuse de l’eau, un sentier  nous mène au-dessus des arbres. Nous devions traverser le torrent sur de grosses pierres pour redescendre par un bon chemin sur la rive droite; l’endroit est magnifique, puissant, le torrent diffiicle à photographier car trop étroit. Le passage nécessite de grimper sur des blocs, trop difficile pour moi, nous redescendons par le même sentier, après avoir grimpé sur un petit sommet d’où la vue est superbe. 

Continuant à rouler avec le soleil, nous nous arrêtons pour la soirée en altitude, au bord du lac de Breiddalsvatnet, après Grotli.

Bergen, soutenance de thèse, du 2 au 8 juin 2026

La météo est plutôt stable, il pleut. Nous rencontrons notre fils Joseph dans un café alternatif, rôtissage du café sur place, ambiance décontractée. Notre tâche du jour: les courses pour la soirée suivant sa soutenance de thèse, dans les conditions classiques c’est-à-dire sans connaître le nombre exact de personnes, ni savoir ce que chacun va apporter, et en plus avec d’autres habitudes que les nôtres.  L’étape importante est le passage au magasin étatique de vins…..

Le lendemain, c’est le jour J, la soutenance a lieu dans un amphithéâtre, la cheffe de cérémonie en robe noire suit le protocole, mais avec le sourire. La soutenance se passe très bien, illustrée par des dessins du neveu et de la nièce de Joseph, nos petits-enfants; puis viennent les discussions du contexte scientifique et les questions des opposants, très constructives, intéressantes mais cela dure juste de 10h à 13h. Une chance pour moi que j’arrive à comprendre. Le sujet concerne les flux de CO2 entre les plantes et l’air dans les alpes de l’ouest de la Norvège et l’incapacité de cette région à rester un puits de carbone avec le réchauffement climatique, ainsi qu’un nouvel outil de code informatique développé spécifiquement pour le traitement d’un nombre gigantesque de mesures dans ce contexte. Les opposants se retirent pour revenir annoncer que la thèse est acceptée et tout le monde ressort de la salle, Joseph devant selon le protocole.

Les opposants et la chair woman
Les superviseurs

Nous sommes invités à la cafétéria de l’université, sandwichs au menu, puis filons chercher notre hanneton pour aller à la salle de la soirée. Il est plein à craquer de tous les vivres et boissons, une amie de Joseph, Morgane, vient avec nous installer la salle, une aide bien utile.

La soirée démarre tôt, vers 17h, le mousseux du parraîn de Joseph a un franc succès comme la raclette.

La raclette est complétée par un buffet sympathique de mets préparés maison. Le sirop de sureau aussi importé file plus vite que le blanc et le rouge. Les superviseurs restent toute la soirée, même la professeure dirigeant ce grand groupe de recherche, très occupée scientifiquement et politiquement pour la défense du climat, notamment par le GIEC (groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat). Les contacts sont faciles, sympathiques, chaleureux. Une des opposants, professeure à Trondheim, nous remercie devant toute l’assemblée pour notre organisation. Nous passons une excellente soirée, gérant l’intendance avec le plaisir de se sentir encore utile. Le lendemain, nous irons rendre la plupart de nos achats au magasin étatique de vins.

Le lendemain, vendredi, il pleut encore et nous passons la journée devant un dîner de restes chez Joseph, moment de repos bien apprécié..

Par chance, suit une belle journée nous permettant de monter en-haut du funiculaire Floibanen et d’aller marcher et pique-niquer au sommet du Blamanen, retour par le Rundemanen pour Pierre-Olivier et Joseph, par le même chemin pour moi à cause de mon genou. La vue sur Bergen est splendide, nous avons délaissé la foule du haut du funiculaire; et surtout tous les verts sont dans le paysage, avec des teintes brunes, pourpres en plus.

Nous redescendons à pied jusque chez Joseph et improvisons une grillade.

Dans son quartier et même en ville, de nombreux rhododendrons et cytises sont bien fleuris, les maisons anciennes en bois très blanches donnent une belle note claire sur la colline.

Nous complèterons notre séjour par une balade dans Bryggen, le vieux Bergen.

Pendant que je m’astreins au vélo et aux exercices sur le parking. Pierre-Olivier découvre un joli circuit de course, avec ou sans pluie, la ville court….impressionnant.

Gryon-Bergen, 28 mai-2 juin 2026

Un costume de bain, une grosse polaire,

Une natte de gym, des souliers de marche,

La robe des journées spéciales, un blouson élégant,

Un vélo et son rouleau pour pédaler sur place,

Un lot de bouteilles d’excellent mousseux valaisan bio,

Une meule de fromage à raclette,

Mais quel bazar dans ce hanneton qui se demande où il va étrenner ses nouveaux pneus.

Départ tranquille, premier arrêt pic-nic à Môtier au bord du lac de Morat, aux couleurs émeraudes par cette belle journée.

L’occasion de goûter du « Choc agricole », une pâte à tartiner brune comme du Nutella, au goût rôti chocolaté, avec une note noisette. La dégustation du Choc agricole variante « Connaisseur » nous convainc, sa note noisette rappelle les préparations à base de pois chiche (Ferme Chautems, Champ du bœuf 1, Lugnorre, Vully).

Mais le Choc agricole, c’est 100% d’ingrédients locaux: tournesol et lupin, cette plante aux belles fleurs en forme de bougies, une légumineuse, que j’avais étudiée, testée en recettes et pour laquelle j’étais allée en Australie à un congrès, il ya quelques…dizaines d’années. Peut-être avions-nous des années d’avance? Qui dit légumineuse dit source de protéines végétales, et fixation d’azote atmosphérique, grâce à la  symbiose avec un rhizobium (bactérie) accroché à ses racines. Une plante riche en protéines et utile pour l’environnement, puisqu’elle recharge le sol en azote à partir de l’air, annulant tout intérêt d’apport par des fertilisants naturels ou chimiques.  

Le soir, arrêt à Ranspach au pied des Vosges. C’est vert , entouré de hautes collines, pardon de montagnes, Pierre-Olivier en rejoint la crête à la course pendant que je me mets au défi de continuer mes exercices de physiothérapie en voyage, mon nouveau genou ne datant que de 3 mois. Le temps est chaud, la terrasse et les joues de bœuf bien agréables.

Nous continuons à filer vers le nord, entre camions et travaux, nous voulions aller visiter le château de Marienburg. Nous nous arrêtons au bord de la Weser, à Heinsen pour apprendre que ce château est en rénovation mais aussi que la Weser en abrite bien d’autres parmi ses méandres. Cette rivière est une idée à retenir pour pédaler, visiter, son tracé est encore naturel, en tout cas dans cette région. Je teste mon fixe-roue sur Luciférine, n’osant pas encore pédaler normalement. Depuis notre départ, et même en ayant fait route au nord, la température approche les 30 degrés.

Le lendemain, nous visitons Hamelin, petite bourgade le long de la Weser aux maisons à colombages.

Chœur et orchestre devant l’hôtel de ville, un centre piétonnier, le soleil, et le carillon sur la façade illustrant la légende de la ville, le joueur de flûte de Hamelin, transcrite notamment par les frères Grimm, reprise dans une comédie musicale, une chanson d’Hugues Audray (le joueur de pipeau) et même un manga. Au Moyen-Age en1284, alors que la ville est infestée de rats, un dératiseur inconnu se présente auquel la prime de mille écus est promise pour en nettoyer la ville.

Au son de sa flûte, ce personnage attire tous les rats qui le suivent et se noient dans la Weser. La population ne tiend pas sa promesse. Devant ce refus d’être payé, il retourne quelques semaines plus tard en ville alors que les adultes sont réunis à l’église et attirent avec sa musique tous les enfants et les servantes hors de la ville.

Selon les versions, ils seront enfermés dans une grotte ou partis pour la Transylvanie. Les parents ne les reverront plus, sauf un enfant aveugle et un boîteux qui n’avaient pas réussi à suivre le groupe. Une interprétation serait aussi que la légende attire l’attention sur l’exode des jeunes, déjà à cette époque.

Nous optons pour la visite du château de Bückeburg, en fait 2 châteaux.

Nous ne verrons que le mausolée au plafond en mosaïques d’or et les jardins car ils étaient exceptionnellement fermés! Décidément, ce sera un voyage sans château!

Lever à 4h le lendemain, passer Hambourg sans aucune circulation, pari réussi, un plaisir après les bouchons des deux premiers jours.

Nous nous arrêtons au bord de la Baltique, à Oster Hurup, plage, petite dune, couleurs délavées, églantiers, rhododendrons en fleurs, petite bruine et chute de la température. Grande balade sur la plage et passage chez une poissonière du crû pour un souper de poissons fumés pour l’un, vélo immobile et physio pour l’autre après la petite balade sur le sable. 

Bonne petite journée de pause, soleil et nuages alternent, course, vélo immobile, piscine avant d’aller prendre le ferry et s’attabler au dorénavant traditionnel buffet de poissons.

Notre arrivée à Bergen est tristounette, il pleut, tout est gris, nous réglons des petits aspects administratifs, en mode d’hibernation,  depuis un nouveau grand parking pour camping-cars, aussi pratique que sans charme. J’arrive aussi à cocher quelques cases de mon programme de physio et me plonge dans un excellent livre (Comme des pas dans la neige de Louise Erdrich).