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Gryon-Bergen, 28 mai-2 juin 2026

Un costume de bain, une grosse polaire,

Une natte de gym, des souliers de marche,

La robe des journées spéciales, un blouson élégant,

Un vélo et son rouleau pour pédaler sur place,

Un lot de bouteilles d’excellent mousseux valaisan bio,

Une meule de fromage à raclette,

Mais quel bazar dans ce hanneton qui se demande où il va étrenner ses nouveaux pneus.

Départ tranquille, premier arrêt pic-nic à Môtier au bord du lac de Morat, aux couleurs émeraudes par cette belle journée.

L’occasion de goûter du « Choc agricole », une pâte à tartiner brune comme du Nutella, au goût rôti chocolaté, avec une note noisette. La dégustation du Choc agricole variante « Connaisseur » nous convainc, sa note noisette rappelle les préparations à base de pois chiche (Ferme Chautems, Champ du bœuf 1, Lugnorre, Vully).

Mais le Choc agricole, c’est 100% d’ingrédients locaux: tournesol et lupin, cette plante aux belles fleurs en forme de bougies, une légumineuse, que j’avais étudiée, testée en recettes et pour laquelle j’étais allée en Australie à un congrès, il ya quelques…dizaines d’années. Peut-être avions-nous des années d’avance? Qui dit légumineuse dit source de protéines végétales, et fixation d’azote atmosphérique, grâce à la  symbiose avec un rhizobium (bactérie) accroché à ses racines. Une plante riche en protéines et utile pour l’environnement, puisqu’elle recharge le sol en azote à partir de l’air, annulant tout intérêt d’apport par des fertilisants naturels ou chimiques.  

Le soir, arrêt à Ranspach au pied des Vosges. C’est vert , entouré de hautes collines, pardon de montagnes, Pierre-Olivier en rejoint la crête à la course pendant que je me mets au défi de continuer mes exercices de physiothérapie en voyage, mon nouveau genou ne datant que de 3 mois. Le temps est chaud, la terrasse et les joues de bœuf bien agréables.

Nous continuons à filer vers le nord, entre camions et travaux, nous voulions aller visiter le château de Marienburg. Nous nous arrêtons au bord de la Weser, à Heinsen pour apprendre que ce château est en rénovation mais aussi que la Weser en abrite bien d’autres parmi ses méandres. Cette rivière est une idée à retenir pour pédaler, visiter, son tracé est encore naturel, en tout cas dans cette région. Je teste mon fixe-roue sur Luciférine, n’osant pas encore pédaler normalement. Depuis notre départ, et même en ayant fait route au nord, la température approche les 30 degrés.

Le lendemain, nous visitons Hamelin, petite bourgade le long de la Weser aux maisons à colombages.

Chœur et orchestre devant l’hôtel de ville, un centre piétonnier, le soleil, et le carillon sur la façade illustrant la légende de la ville, le joueur de flûte de Hamelin, transcrite notamment par les frères Grimm, reprise dans une comédie musicale, une chanson d’Hugues Audray (le joueur de pipeau) et même un manga. Au Moyen-Age en1284, alors que la ville est infestée de rats, un dératiseur inconnu se présente auquel la prime de mille écus est promise pour en nettoyer la ville.

Au son de sa flûte, ce personnage attire tous les rats qui le suivent et se noient dans la Weser. La population ne tiend pas sa promesse. Devant ce refus d’être payé, il retourne quelques semaines plus tard en ville alors que les adultes sont réunis à l’église et attirent avec sa musique tous les enfants et les servantes hors de la ville.

Selon les versions, ils seront enfermés dans une grotte ou partis pour la Transylvanie. Les parents ne les reverront plus, sauf un enfant aveugle et un boîteux qui n’avaient pas réussi à suivre le groupe. Une interprétation serait aussi que la légende attire l’attention sur l’exode des jeunes, déjà à cette époque.

Nous optons pour la visite du château de Bückeburg, en fait 2 châteaux.

Nous ne verrons que le mausolée au plafond en mosaïques d’or et les jardins car ils étaient exceptionnellement fermés! Décidément, ce sera un voyage sans château!

Lever à 4h le lendemain, passer Hambourg sans aucune circulation, pari réussi, un plaisir après les bouchons des deux premiers jours.

Nous nous arrêtons au bord de la Baltique, à Oster Hurup, plage, petite dune, couleurs délavées, églantiers, rhododendrons en fleurs, petite bruine et chute de la température. Grande balade sur la plage et passage chez une poissonière du crû pour un souper de poissons fumés pour l’un, vélo immobile et physio pour l’autre après la petite balade sur le sable. 

Bonne petite journée de pause, soleil et nuages alternent, course, vélo immobile, piscine avant d’aller prendre le ferry et s’attabler au dorénavant traditionnel buffet de poissons.

Notre arrivée à Bergen est tristounette, il pleut, tout est gris, nous réglons des petits aspects administratifs, en mode d’hibernation,  depuis un nouveau grand parking pour camping-cars, aussi pratique que sans charme. J’arrive aussi à cocher quelques cases de mon programme de physio et me plonge dans un excellent livre (Comme des pas dans la neige de Louise Erdrich).