Le retour: 10 – 29 août

Halifax – Hambourg:
Traversons l’Atlantique à bord de l’Atlantic Sun, un des deux plus grands navires jumeaux étant équipés pour le transport des containers, et des véhicules, plusieurs étages de garages.

Avons appareillé avec un jour de retard à cause d’une erreur de manoeuvre lors du chargement d’une machine de chantier ayant eu comme conséquence d’endommager une porte, devant être réparée pour que nous puissions partir.


Souvent du soleil, une cabine avec fenêtre, des chaises sur le pont, vent arrière de sorte que nous pouvons être dehors en ne sentant aucun courant d’air, même à une vitesse de 35 km/h, (plus de 19 noeuds), donc une belle traversée, très rapide. Seul notre capitaine est très en soucis car il a donné rendez-vous au pilote de port de Liverpool en s’engageant à rattraper le retard.

Un matin, réveil dans un brouillard épais, aussi dense que celui qui nous fait perdre l’équilibre sur les pistes de ski! Impressionnant d’être sur le pont, aucun repère, on flotte dans le coton et on continue toujours à presque 20 noeuds.

Nos co-passagers sont trois étudiants, scientifiques, intérêt respectivement pour la physique liée à l’environnement et aux conséquences économiques du réchauffement, pour l’écotoxicologie de l’’eau, et la génétique, tous ayant modifié leur façon de vivre pour diminuer leur impact CO2. C’est dire que les discussions sont d’un niveau élevé, ils rentrent très critiques face aux Américains après leur séjour dans la Silicon Valley par exemple. Tout se passe très bien, même si l’ingénieur des machines est plus enthousiaste pour nous montrer les pistons que le traitement des eaux usées, ou que le capitaine très fier de ce bateau « green », c’est-à-dire équipé d’un filtre spécial pour retenir les composés soufrés entre autres, de sorte que notre fumée est blanche, spécifie qu’évidemment le filtre est enclenché que dans les zones spécifiques où cela est requis!
Parmi les bons moments, quelques soirées de jeux comme le Quoridor,

aie….ils sont jeunes, rapides, réfléchissent avec stratégie…mais doivent quand même se mettre à deux ensemble pour battre P.-Olivier aux échecs! Nous nous retrouvons un autre soir les 3 filles devant les cartes du Dobble, Sarah aimerait trouver le schéma mathématique pour sa création. Alors si vous voulez de la gymnastique à neurones: il y a en tout 50 symboles différents, 55 cartes comportant chacune 8 symboles différents, et toute paire de cartes a exactement UN symbole commun. Comment créer les cartes, pourrait-il y en avoir plus? (en fait, 57 serait le maximum).

L’arrivée à Liverpool est impressionnante, le navire remplit l’écluse, il reste entre 20 et 40 cm de chaque côté, et on y arrive de biais! Notre paquebot fait 300 m. de long, à « enfiler » de biais et à ressortir en droite ligne; silence et concentration dans le pont de pilotage, nous sommes envoyés sur le toit, pour suivre à plus de 40m mètres au-dessus de l’eau la manoeuvre sans gêner du tout la visibilité.

Nous pouvons flâner une journée à Liverpool, où l’ancien port a été transformé en zone de promenade très agréable; décidément l’architecture industrielle aux briques rouges nous plaît énormément dans sa version rénovée, y mêlant des lignes et des matériaux modernes comme le verre.

Hambourg: arrivée complexe également puisque nous aurons pilote de mer, puis de rivière, puis finalement de port auprès de notre capitaine. Mais surtout spectaculaire, jusqu’en ville, passant tout près du nouveau bâtiment Elbharmonie, (salles de concert pour orchestre philarmonique, hôtels et….). Le public situé au-dessus de la partie en briques (7 -9 étages?) nous fait signe, nous sommes à leur hauteur, dans une position parfaite pour admirer la ville. Nous irons nous balader au centre, canaux, terrasses, un charmant tout petit bistrot indiqué par des locaux.

Après une matinée de queue et de formalités dont l’utilité et la logique nous échappent totalement, nous retrouvons notre Hanneton, cap sur Amsterdam. Visite que nous résumerons par: des kilomètres de canaux et de belles balades par une chaleur incroyable, des terrasses prises d’assaut par une foule impressionnante et en conséquence pas de billets disponibles pour le musée Van Gogh, mais bien du plaisir quand même.

Etape balnéaire le long de la mer du Nord, en Belgique. Chaleur parfois caniculaire, eau agréable, immense plage, tellement large:du linge à l‘eau, on marche…Paysage pastel à l’extrême, sable beige et brun mouillé, eau gris-bleue, ciel voilé, lumière surnaturelle. Une ligne d’horizon si peu nette, qu’un voilier tout proche, dont la voile et le génois sont bien visibles, semble flotter en l’air, largement au-dessus de l’eau. A ce paysage si spécial, s’ajoute les barres de blocs de béton, gris, surplombant la plage de leur dizaine d’étages. La brume atténue les sons, dans le silence, des pêcheurs ramassent des vers dans le sable, j’observe ce tableau pastel, silencieux mais plein de vie, en appréciant une chaleur y semblant étrangère.


Dernier souper en table d’hôtes dans une ancienne abbaye, l’abbaye du val de Choues, habité par un couple élevant une meute de chiens pour la chasse à courre. Nous nous endormons avec les hululements des chouettes, au milieu de la forêt bourguignonne.
Le lendemain,…..

Ainsi s’achèvent 24529 km, 149 jours de voyage formidable.

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