Zion – Lake Powell – Grand Canyon North – Death Valley – Mammoth lake – Yosemite, du 8 au 23 juin.

Chaleur et soleil au rendez-vous tous les jours pour ces étapes très variées, en altitude, en ambiance, et en couleurs.
Zion
Arrivant par l’est, cheminement entre des dômes dont les couches sont fendues perpendiculairement, (eau et gel), de véritables damiers.
Nuit à la sortie ouest du parc, en plein désert avec vue sur les montagnes.
Mais une foule incroyable, des chemins fermés pour cause de chutes de pierres et un paysage moins spectaculaire à nos yeux, nous sommes partis après une demi-journée. P.-Olivier a renoncé à la seule grimpette costaude, n’ayant pas l’habitude de faire la queue en montagne pour tenir la chaîne le long d’une falaise.
Je me balade vers des cascades, rencontre une Ranger, apprend qu’une des espèces de renard de ce parc grimpe aux arbres pour chercher les oeufs dans les nids.
Lake Powell
L’idée d’une pause balnéaire. Même cette activité classique et standard est différente ici qu’en Europe. Camping-cars alignés sur le sable surplombant la plage, le niveau d’eau étant beaucoup descendu cette dernière décennie. Non, nous ne nous enlisons pas du tout! Bateaux, jet skis et quelques jeeps sur la plage, peu nombreux, mais déjà trop présents.
L’eau est sablonneuse, donc pas translucide du tout, bien tempérée, bordant une plage de sable fin bien chaud! D’ailleurs, il n’y a pas de broussailles donc il fait trop chaud pour les serpents! (j’avais un mauvais souvenir à ce sujet sur cette plage).
Visuellement, tout est nu, couleurs pâles, un paysage minéral, beige-rosé, éclatant de luminosité.
Le soir, beaucoup de feux, un ciel étoilé, un grand calme. Le feu pour le plaisir plus que pour la grillade, une valeur traditionnelle extrêmement ancrée.

Nous quittons le lac Powell par la route du sud, passant le barrage et descendant au niveau du Colorado pour le traverser. L’ancien pont, un élément capital pour les échanges commerciaux est devenu piétonnier et a été doublé d’un nouveau pont routier, s’intégrant parfaitement.

La vallée est totalement plate et le Colorado dessine ses méandres, ayant creusé tout-à-fait verticalement son chemin dans ce plateau qui a été surélevé, il y a bien des millions d’années, par les mouvements des plaques tectoniques. Aucune pente intermédiaire, aucune transition entre l’horizontalité et la verticalité parfaites.

Puis nous grimpons pour arriver dans le parc national du Grand Canyon, rive nord. Des forêts diversifiées splendides, toutes sortes de pins, c’est vert, chaud et nous sommes déjà à plus de 2000m. d’altitude.

Grand Canyon nord
Le parc est bordé par une « national forest » ce qui signifie que nous n’avons pas besoin de permis pour dormir n’importe où. (Nous ne dormons jamais dans les parcs car les campings y sont pleins, et que le bivouac hors camping y est interdit). Tout campeur dans ce pays finit son voyage avec une certaine connaissance du cadastre et de ses termes!. Nous nous écartons juste de la route principale…..juste 40 km de terre battue pour arriver à une prairie terrasse, « Marble view point, » surplombant un canyon latéral. Une sérénité incroyable!
Une tente remorque est cachée entre les arbres, nous faisons connaissance d’un couple extrêmement sympathique ayant beaucoup d’humour. Intéressant équipage: la cuisine se tire hors de la remorque, la suspension de la tente pliée sur remorque est faite pour du tout-terrain costaud, les vélos se mettent par dessus une grille couvercle, mise en position verticale à l’arrêt pour fixer la douche! Nous finirons la soirée au Hanneton, avec le whisky US pour ces messieurs. Leur fille est en Suisse, peut-être les reverrons-nous chez nous!
Allant au bout du chemin pour le coucher du soleil, nous rencontrons un autre couple, jeune, installé aussi dans une tente sur remorque. Par une fin de journée aux couleurs splendides, nous sommes invités à jouer au « Horseshoe», une pétanque cow-boy!
2 équipes, deux piquets distant de plus de 10 mètres et des fers à cheval plus grands que les authentiques, lourds, à lancer depuis un piquet vers l’autre piquet. 3 points si votre fer tombe enroulé autour du piquet, bonne chance, cela n’est jamais arrivé! 2 points si votre fer à cheval touche le piquet et 1 point s’il est distant du piquet de moins d’une largeur de fer. C’est lourd, cela ne roule pas, la distance est longue, la lumière au coucher du soleil diminue…..bref, encore bien plus difficile que sympa comme jeu!!! mais les jeunes s’étaient beaucoup exercés la journée, être vers leur campement dans un beau coin de nature, perdu, sans forcément faire de grandes marches, c’est je crois le plaisir de nombreux campeurs rencontrés.
Visite de la rive nord proprement dite, dans le parc national: splendide. Le Colorado est plus éloigné que depuis la rive sud, nous contemplons surtout des canyons latéraux, mais c’est magnifique. Un hôtel ancien, plein de charme borde la falaise.
Nous faisons un petit bout du chemin de descente, celui emprunté pour relier en 2 ou 3 jours les deux rives puis une balade sur le plateau, parmi les pins et menant à un point de vue (uncle Jim trail).
Nous nous rendons en voiture au point le plus élevé (alt. 2700m. env.) au dessus du Colorado (alt.735 m.). Splendide de contempler la vallée si plate ainsi que les barres de rochers rouges que nous avons traversées en venant du lac Powell ainsi que tous les canyons rejoignant celui du Colorado. Pour rester dans la magie de ce coup d’oeil, nous retournons au vieil hôtel pour un souper buffet délicieux, coucher de soleil inclus! Dormons à nouveau dans la forêt hors du parc, chevreuils le long de la route. Les autres points de vue sont inaccessibles, trop de neige l’hiver dernier, route bloquée par des troncs tombés.
Nous quittons le grand canyon nord par une piste (route 22) à travers la forêt. En prenant juste un peu d’altitude, les bouleaux remplacent progressivement les pins. Les forêts ici m’apparaissent vivantes, visions de champs de bataille, traces d’ouragan, de foudres, les troncs enroulés en tire-bouchon des genévriers se décomposent couchés sur le sol, creusés en leur centre. Mieux que nulle part ailleurs, l’arbre mort est avant-tout source de vie!
Par des étendues de plus en plus désertiques, nous perdons de l’altitude, rejoignons Las Vegas et remontons pour dormir dans la forêt juste avant Death Valley, à 2000m. d’altitude, agréable. En pleine nature, des places assez plates, avec foyers, à disposition des campeurs de passage. Le BLM, Bureau of Land Management organise ces places, dans les zones dont le Bureau a la responsabilité, différentes des zones communales des forêts et des parcs nationaux. En zone « sauvage »,(wilderness), un permis peut être requis pour camper ou pour faire un feu d’agrément, mais pas forcément pour un barbecue. Ces permis sont gratuits, peut-être plus une façon de savoir un peu où vont se perdre les humains dans ces immenses territoires en cas de problème. Le personnel dans les Visitor Center sait expliquer toutes ces différences avec le sourire, ayant la sauvegarde de la nature comme priorité. En conséquence, l’organisation des campings nous étonne. S’il y a de l’eau, elle est potable, disponible à une pompe mais chacun doit prendre son récipient à sa place pour la vaisselle et se laver. Pour les campings cars, aucun problème, nous collectons nos eaux usées et les vidons dans des endroits de vidange officiels mais pour les campeurs… Nous voyons peu de réchauds, peu de vaisselle, autre que les cartons venant de snacks. Des douches payantes sont parfois disponibles en-dehors des campings, comme des buanderies, mais en camping, rien d’autre que des toilettes bien souvent. Nous ne fréquentons pas les grands campings ayant tout le confort car ils sont au bord des routes, dans le bruit, ressemblant plus à des parkings.
Death Valley
Nous l’abordons très tôt; avant le lever du soleil, nous sommes à Zabriskie point. Les couleurs sont dans les mauves, gris, oranges pâles.
Paysage minéral, un peu de verdure au début tout de même, le thermomètre grimpe à mesure que nous descendons jusqu’au niveau de la mer, puis en-dessous. Petit-déjeuner vers 7h, puis balade sur le sel, 39 degrés!. L’eau des montagnes environnantes arrivent de façon souterraine dans cette vallée, point le plus bas et le plus sec du continent américain, ainsi que le plus chaud de la planète. L’eau s’évapore, reste le sel de la roche solubilisé. Cette région a été explorée par les chercheurs d’or, d’argent et exploitée pour le borax servant à la production de lessives. Nous marchons sur une couche de sel mou, humide puis sur des dunes de sable brûlant.
La luminosité est incroyable. Cette vallée est bordée par des failles, issue du déplacement des plaques tectoniques; le magma y a laissé ses traces aussi. Une tribu d’Indiens y est encore présente, revendiquant ces terres les reliant au Créateur, et pourtant cet environnement est hostile de par sa chaleur et sa sécheresse. Même le serpent à sonnette de la région a une stratégie spéciale, il fait des mouvements pour que son corps ne touche que très peu le sable. Certains rongeurs peuvent survivre sans aucun autre liquide ingéré que celui des graines mangées. Le « Visitor center » est riche en explications, mais nous ne voyons évidemment aucune trace de vie; le parc est immense et nous, les touristes, sommes concentrés en quelques points. Nous ne visitons que superficiellement ce parc, la température est de 47 degrés l’après-midi, limitant toute autre activité que la visite en voiture avec la climatisation. Il faudrait savoir peindre, pour rendre les couleurs, la chaleur, la lumière.

Mammoth lake

Une station de ski et de randonnées dans les pins, à plus de 2200m. d’altitude. Nous y découvrons l’architecture, rustique, en bois et si différente de nos chalets, des jeunes en shorts vu la belle météo revenant avec …leur snowboard. L’hiver a vraiment été enneigé, les installations de ski fonctionnent le matin, nous comprenons que c’est plutôt inhabituel pour la saison. Partout les rivières, torrents, ont un débit très élevé, leur donnant des allures sauvages. Les lacs aussi sont manifestement beaucoup plus vastes qu’habituellement, les arbres ont les troncs dans l’eau.
Splendide balade en forêts, pins, et genévriers, sous-bois de « sauges (sagebrush, pas la sauge culinaire) » et d’autres petits buissons, de nouvelles fleurs, à nouveau des troncs au sol, des traces d’orages, de coups de vent et des petits lacs de montagne (Sherwin Lakes). Nous rebroussons chemin dans la neige!

Le lac Valentine, plus haut, vers 3000m est inatteignable pour nous (dernière grimpette glacée nécessitant les crampons, le piolet, tout ce que j’aime!!!!).
Nous sommes dans un camping, cela nous permet d’être sur le terrain communal, donc près de la station et du départ de la balade, tout en étant perdu dans la forêt en fait. Un colibri vient toquer à la fenêtre, nous entendons bien la rivière au débit impressionnant, mais aucun ours. Un ourson avait essayé de chaparder la veille, exactement où nous sommes. Une grande campagne de communication est en place pour que les animaux sauvages le reste; l’ours pouvant devenir dépendant des restes laissés par les humains, perdre ainsi son autonomie et devenir agressif, ce qui entraîne son élimination.
Boîte à nourriture contre les ours
Yosemite ou l’histoire d’une belle rencontre
Yosemite valley: l’exemple type d’une vallée glaciaire en U à environ 1200m. d’altitude. Des parois de granit impressionnantes, dont le célèbre El Capitan de 900m., le plus haut monolithe du monde et le Half Dome, et des cascades magnifiques tombant des vallées latérales.
Un parc immense, aux multiples chemins de randonnées, très verticaux, hors de la Yosemite valley qui ne représente que le centre touristique, l’arrivée en cul de sac de la route. Mais, toute la partie du nord du parc, surplombant à plus de 2000m. d’altitude est cette année encore fermée, la route n’ayant pas encore été remise en état après les dégâts de cet hiver très enneigé, rendant inatteignables les chemins et les campings. Arrivant de l’est, nous avons dû contourner le parc par le nord, par le col de Sonora, seule route ouverte, étroite avec des pentes de 25%. Sol recouvert de neige, quelques jeunes rentrant de peaux de phoque au milieu des pins, du soleil et d’une température tout-à-fait printanière, voire estivale.
Nous entrons dans le parc par l’ouest, et arrivons dans cette vallée où la route fait une boucle, vision quasi cauchemardesque de circulation, nous nous parquons dès que possible et réalisons que dormir à l’extérieur du parc (campings pleins des mois en avance, interdiction de camping sauvage dans les parcs) va signifier passer notre temps dans les bouchons.
Au Visitor Center, un camping affiche de la disponibilité, miracle? Le temps de nous rendre au bureau d’attribution des places de campings, nous sommes en 24ième position de la liste d’attente pour le soir même; mais nous avons le droit de partager la place avec des amis étant dans la liste avant nous, nous est-il spécifié. Par contre, il serait très mal vu d’aller dans les campings prospecter pour trouver des campeurs déjà installés avec qui partager une place. A 15h précise, les places disponibles sont distribuées pour la nuit à venir aux premiers de la liste et chaque jour le scénario se répète. Pendant la distribution des places, Pierre-Olivier contacte deux jeunes Américains qui ont eu une place, pour leur demander de partager, et nous voilà amis! Nous pensions avoir résolu le problème de la nuit à venir, alors quelle fut notre surprise quand Chris et Anthony, ces deux frères de 26 et 22 ans, nous ont informés que sur Internet, ils avaient déjà trouvé des places de dernière minute pour les 3 nuits suivantes, et que nous n’avions qu’à les suivre, de place en place chaque jour. Comme leur équipement se constituait d’une petite jeep louée, d’une tente achetée pour l’occasion, de deux fagots de bois de feu et de boîtes de conserve, il n’a pas été très difficile pour nous d’améliorer leur subsistance, ou de leur passer un jerrycan d’eau de temps en temps pour s’arroser au retour de grandes marches.
Les douches sont à l’extérieur des campings. Ces deux jeunes étaient charmants, ils nous ont parlé de leurs études, de leur famille, nous avons partagé la vie de cow-boy moderne, autour du feu tard le soir, alors que chacun faisait son programme la journée.
Nous avons admiré les chutes Yosemite depuis la vallée, les marches sont vraiment un peu verticales pour moi dans ce coin! et marché autour d’un point de vue surplombant la vallée: Glacier point.
Dans le sud du parc, près de Wavonna, nous avons cheminé parmi les séquoias, âgés de centaines d’année, les plus vieux même de plus de 2500 ans. Ce sont les arbres les plus massifs au monde, dont l’écorce très épaisse de couleur cuivrée souple, tendre, riche en tannins, les protége des maladies, du feu. Beaucoup ont survécu à de nombreux incendies, leur centre est creux, brûlé, entouré d’ une couronne de bois vivant. Le sous-bois est très vert et nous nous sentons comme Alice aux pays des merveilles, très petits dans un monde fantasmagorique.
Après les 4 nuits passées dans les différents campings avec Chris et Anthony, nous décidons tous de marcher encore un jour dans le parc mais nous devons dormir à l’extérieur. Grâce à l’application Ioverlander, (comme partout), nous trouvons à nous loger en forêt juste à la sortie sud du parc (hwy 41), Chris et Anthony sans aucun camping, sont heureux de nous accompagner. Le frigo du Hanneton ayant été décrété « Bear proof », nous donne à tous une certaine sécurité. Nous passons une dernière soirée autour du feu, à finir leurs boîtes et nos produits frais, vu que nous avons trouvé un hôtel pour notre prochaine étape à San Francisco.
Ce dernier jour, nous avons marché jusqu’aux cascades de Chilnualna. Une splendide balade suivant la rivière, puis grimpant dans une forêt très odorante pour arriver au-dessus d’une cascade très haute, et finalement vers un bassin où se jette une cascade à 5 paliers. C’était magnifique et là, nous avons pu parquer au départ du sentier. Avec les soirées tardives avec nos deux jeunes, quelques problèmes administratifs à résoudre avec un wifi pas féroce accessible qu’à un endroit de la vallée, nous étions un peu tardifs le matin et avons dû renoncer à aller le long des cascades les plus connues, Nevada et Vernal falls faute de trouver à se parquer au départ!

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