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Paris, 14-19 mars 2023

Mardi 14 : Divalala, théâtre du Grand point Virgule. 3 chansonnières voix superbes,  chansons françaises re-visitées, drôles,  dynamiques,  A Capella superbes.
Souper ensuite au Bouillon de Montparnasse, magnifique brasserie, énormément de monde, un peu usine, chaîne apparemment très en vogue parmi les Parisiens. Mercredi 15 : Cité des Sciences. Jour adéquat, la Cité des Sciences est au nord, importante manifestation pour les retraites au sud, rive Gauche. Expo sur les foules, approche sécuritaire. Une foule: danger potentiel mais aussi levier de changement puissant comme le montre l’histoire. Photos et vidéos impressionnantes de foules dans le  monde, Inde, Japon . Également une exposition sur l’évolution industrielle, la démographie et un planétarium, présentant la création de la Terre. Souper au restaurant Le Riché, rue Riché. Nouvelle cuisine, belles présentations, ingrédients inhabituels, très bon. Nous étions à Paris aussi pour acheminer des cadeaux de Noël n’ayant pas pu suivre leur destinataire en voyage. L’excellent chef de cuisine étant notre intermédiaire. Jeudi 16 : pause shopping (BHV). Que de gaité et de couleurs vives dans la nouvelle mode: orange, rose fuchsia et vert herbe combiné éventuellement à du bleu vif. Retour aux années 80! A quand les pattes d’éléphant? Black Legends, théâtre de Bobino. Superbe spectacle dansé et chanté avec passion, émotion retraçant un siècle de lutte des Noirs aux USA pour  leurs droits. Les grands tubes de Jazz, Soul, Hip hop sont superbement interprétés,  chorégraphies exigeantes, fantastiques. Beaucoup d’enthousiasme dans le public, des connaissances ou des fans  saluent les danseurs à leur sortie dans la rue.  Ces artistes participent à des comédies musicales à budget plus important, mais tous s’impliquent à cause du thème. Toujours aucune perturbation due aux grèves ou manifestations, mais, dans ce quartier spécialement, nous nous faufilons parmi de grands amoncellements de déchets, suite à la grève des éboueurs. Vendredi 17: journée balade, vers Montmartre. Dîner « chez Georges », rue du Mail, brasserie indiquée par des « locales » rencontrées au restaurant du magasin BHV la veille. Le contact est facile, sympathique, mais celles-là en particulier votent Le Pen et estiment que seuls les journalistes la positionnent bien à droite. La manière dont Macron  prend les décisions de façon dictatoriale les heurte plus que le contenu des décisions.

Suite à la recommandation de nos voisins de table dans un bistrot, nous sacrifions au dieu US en allant voir Le Roi Lion au théâtre du Mogador. Décors, accessoires incroyables, beau théâtre. C’est splendide, parfaitement mené mais sans la dimension émotionnelle de Black Legends. Samedi 18: Musée d’Orsay, impressionnistes, jardin des Tuileries, début de plate-bandes fleuries, les magnolias en fleurs, moins de déchets, les sportifs s’en donnent à coeur joie, course, mais aussi boxe, gymnastique entre autres au bord de la Seine. Les quais sont piétonniers.

Dîner réservé à la brasserie Bofinger, choucroute. Très grande brasserie, délicieux vins alsaciens, la choucroute nous surprend, peu acide. Nous sommes bien décalés, dîner à 14h30! Retour à pied par la rue des Rosiers, charmante, animée, tombons sur la chocolaterie « La mère de famille » dont nous avions reçu des chocolats à Noël. Excellente pièce de théâtre dans une toute petite salle: théâtre de Passy, sur la vie d’exil en Suisse de Coco Chanel (Coco Chanel en hiver).  Diction parfaite, page d’histoire intéressante et portrait de cette femme diabolique.  Sans sentiments, à part probablement pour un officier allemand, elle gravite autant dans le milieu des collabos et des nazis, qu’elle a de contacts avec Wilson Churchill, le duc de Westminster ainsi que des artistes surréalistes, Cocteau, Picasso, notamment. Dimanche 19, nous rejoignons notre TGV, toujours sans avoir vu un manifestant. Seules quelques gares de métro étaient fermées par moments. Quatre jours sur place, cinq soirées dont quatre spectacles, c’était une réussite totale, mais nous ne jouerions pas les prolongations. Plongés dans un autre monde, où les traditions culturelles, y compris gastronomiques, le patrimoine architectural si riche, l’histoire à chaque coin de rue, ainsi que les problèmes concrets et immédiats d’une partie de la population, rendent la projection dans le futur et la transition énergétique difficilement imaginables à nos yeux. La ville nous apparaît comme une magnifique tourte  mais meringuée* par les problèmes sociaux.

*Meringuée? Vous avez déjà essayé de couper un gâteau meringué? Cela est impossible, la coque se fend en grosses plaques aléatoires, craquante elle n’a aucune souplesse pour les compromis, mais elle est bien réelle, importante et ne peut ni ne doit être négligée. Au contraire, le respect est la seule appréhension collaborante. En l’état, elle empêche d’atteindre l’essentiel, le cœur, les autres problèmes plus profonds, urgents liés au réchauffement climatique, y compris l’adaptation de la mobilité et du bâti. Ici tout renvoie au passé, architecture, conditions sociales et « Rois Soleil ». Comment rêver le futur dans ce cadre rigide?