Notre conquête de l’Ouest, 19-30 avril

Point de départ: Halifax:
  • Le point d’arrivée d’un million d’immigrants entre 1928 et 1971 et le point de départ de 500 000 soldats canadiens durant le seconde guerre mondiale.

  • Juste devant le centre ville, dans le passage étroit menant à un grand bassin naturel utilisé depuis longtemps comme grand port commercial, une collision accidentelle entre un navire français rempli de munitions à destination d l’Europe et un navire norvégien a détruit une grande partie de la ville en 1917, tuant 2 000 personnes et en blessant des milliers d’autres. L’explosion engendra une onde de choc si puissante qu’elle cassa des arbres, plia des rails de chemin de fer et démolit des édifices, projetant des débris à des centaines de mètres. L’explosion fut entendue à 420 kilomètres de distance. Ce fut la plus puissante causée par l’activité humaine jusqu’au premier essai atomique en 1945.
  • Point de départ des secours pour le Titanic et lieu de funérailles pour nombre de ses victimes.
  • Un grand armateur (Cunard) y a développé la marine marchande où la vapeur remplace progressivement les voiles, et le métal le bois.
La ville est donc résolument tournée vers l’Atlantique nord.

Capitale de la Nouvelle-Ecosse, l’ambiance y est très irlandaise et écossaise. Nous avons testé quelques pubs, avec Guinness à la pression et toutefois un grand choix de bières locales et de cidres; violon, cornemuse, ambiance superbe!

Au marché, les produits locaux sont les pommes, le miel, les confitures, quelques vins. Apparemment la Nouvelle-Ecosse est très verte et bordée de splendides plages, ponctuées de villages de pêcheurs colorés. A voir plus tard dans la saison, il fait froid, gris, humide et l’architecture mélange anciennes maisons en bois et verre de façon non convaincante à nos yeux.

Le lundi de Pâques, 22 avril, les hommes de notre petit groupe prennent un taxi pour faire la tournée des bureaux: agent de liaison de Sea Bridge (à plusieurs kilomètres hors du centre), douane, port et nous restons à l’hôtel comme des épouses d’une autre époque, à finir les bagages, à attendre les nouvelles et à papoter: les bureaux seront-ils vraiment ouverts le lundi de Pâques? Finalement, malgré la pause de midi bien longue au port, nous pouvons partir lundi après-midi; moment d’émotion car nous quittons nos coéquipiers, sauf Henning et Bianca avec qui nous avons rendez-vous un peu plus loin pour la soirée. Gaz, diesel, eau prise dans un garage, notre système de jerrycans est bien pratique, quelques commissions et nous voilà en route.

Juergen et Gaby

Ruedi

Nous passons une excellente soirée à bord du Hanneton avec Bianca et Henning et visitons leur camion, tiny loft au design nordique, le lendemain. Quant un couple d’architectes imagine, crée, assemble les éléments d’une boîte à monter sur un ancien camion, le résultat est hors du commun, mais garde son poids de 10 tonnes et sa hauteur de 3mètres 70!

Halifax-St Louis
Quelque 3500 kilomètres parcourus en une semaine dont voici quelques observations:
  • Nous délaissons la grisaille et le froid de la Nouvelle-Ecosse, pour le New Brunswick inondé!


    Lac gelé près de l’océan

  • Nous passons la frontière américaine sans soucis, et pouvons ainsi enfin faire le plein de nourriture. Le lait entamé, nos 2 pommes déclarées sont acceptées par les douaniers. Un de ceux-ci visite notre camping car sans nous. Il semble avoir inspecté nos duvets, vraisemblablement plus intéressé par l’éventuelle présence de migrants que par celle de nourriture. Le visa ESTA nous a gagné du temps, nous évitant de remplir des formulaires, mais n’était pas nécessaire comme nous entrons aux USA par la terre.
  • Un trajet dans le Maine, hors autoroutes, nous révèle des villages avec des maisons en ruine et des masures dans la forêt dans un état pitoyable, rafistolées avec du plastique. Dans les jardins, bouts de caravanes, voitures n’en finissant pas de rouiller, anciens appareils ménagers éparpillés, parfois des tas avec un semblant de tri; ici un lot de ferraille, là un de jouets. Quelques cris d’espoir à la peinture: …Trump , Great America…. tellement incompréhensibles à nos yeux? Les écoles sont grandes, en bon état, beaucoup de panneaux concernant centre de soins, garderies.

    Entre les masures, disséminées le long de la route, des petites églises, très proprettes, de toutes les tendances protestantes possibles! Combien d’heures chacun doit-il rouler pour trouver le culte lui convenant?

  • Dans le New Hampshire, plus montagneux, nous dormons le long d’un chemin forestier, l’accès au camping étant bien trop enneigé. Les gardes-chasses en tournée nous apprennent qu’il y a des ours noirs dans ce secteur et que généralement ils laissent les camping cars tranquilles.


  • En progressant toujours vers le
    sud ouest, état de New York, la forêt évolue, les bouleaux disparaissent et le tableau des verts printaniers s’égaient de magnifiques roses-fuchsia très vifs, ce sont les « Easter redbud », arbres en fleurs typiques de l’est américain. La température monte, le soleil brille, quel plaisir!


  • Nous changeons d’itinéraire à cause des trous sur l’autoroute gratuite, épargnons notre monture! Chaque début et fin de pont correspond à une grosse entaille, en plus des trous et du goudron en patchwork. Puis nous abandonnons l’autoroute payante en bon état à cause des rafales de vent (jusqu’à 70 km/h) rendant la conduite vraiment difficile .
  • Chacun sait qu’ici les distances sont grandes, que les surfaces boisées sont immenses, mais le réaliser en roulant des heures et des heures de collines en collines est une expérience différente.


  • Le thermomètre grimpe, nous avons bien gagné 20°C en quelques jours, le paysage s’aplatit, nous arrivons à St Louis, en fin de journée par l’autoroute jusqu’en ville, trouvant très facilement dans une circulation très fluide le camping-parking pour RV: récreational vehicles.

    Nous sommes près du centre de cette immense ville et n’avons rien vu de certains faubourgs réputés assez dangereux. L’accueil est sympathique, les sanitaires parfaits. Nous sommes parqués en début de ligne, comme une miniature parmi les maisons roulantes longues et hautes s’étirant en plusieurs segments élargis, à côté de leur pick up. Le plus ancien campeur y est depuis 7 ans, un autre depuis 4 ans. Pour des résidents de quelques semaines ou mois, le propriétaire fait des prix spéciaux lorsque la raison est un traitement ou un long séjour à l’hôpital concernant une des personnes du couple. Du coup, le prix plein pour notre miniature occupant un quart de place, sans raccordement à l’arrivée d’eau, ni aux égouts, ni à l’électricité est presqu’un plaisir!

St Louis
Vite, les sacs d’habits d’été, on refait les placards!!! Il fait plus de 25°C mais humide et les orages suivront.

Nous visitons le musée du Blues, le musée sur l’expansion à l’Ouest et allons, en ascenseur, au sommet de l’Arche, env. 200m.

Ascenseur de l’Arche

  • St Louis invite à se replonger dans la trilogie de Bagatelle (Denuzière). Française, puis espagnole pendant une trentaine d’années,Napoléon la racheter 1800 pour la donner aux Etats-Unis en 1803 en échange d’autres terres en Europe.
  • Lieu de passage, important port de commerce depuis des siècles à cause de sa situation stratégique sur le Mississippi, au confluent avec le Missouri. Départ vers l’Ouest, vers des terres promises fertiles au 18ème et 19ème siècle et fuite des états esclavagistes vers les terres espagnoles au 18ème s.; également point de départ de plus de 200 000 chercheurs d’or; lieu de passage vers le nord et ses villes industriels lorsque l’agriculture du sud s’est mécanisée, puis forte migration des populations vers la Californie suite à la crise de 1929.
  • La Louisiane étant vendue aux Américains en 1803, le droit romain ne s’y applique plus et les Noirs libres perdent leur citoyenneté, les femmes ne peuvent plus acquérir de terres, faire du commerce librement et entamer des poursuites. Un couple noir, nommé Scott, a fait recours à St Louis. et ce cas d’école a été décisif dans la lutte contre la ségrégation raciale.

  • L’Arche a été terminée en 1965, érigée en souvenir de l’importance de la ville et du port sur le Mississippi pour la conquête de l’Ouest. Le train, les autoroutes, le développement d’immenses faubourgs ayant progressivement diminué l’importance commerciale du centre ville et du port, des notables ont proposé d’y dresser un Mémorial: l’Arche fut le projet sélectionné.

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